lundi 7 avril 2008

La dissuasion, finalement, c'est comme les pizzas...


Pensez hybride (2)

Frank Hoffman fait partie de ces jeunes auteurs talentueux qui émergent aux Etats-Unis et qui, malgré leur jeunesse, ont un impact direct et important sur les nouvelles doctrines. En l’occurrence, Hoffman est lié aux Marines et a joué un rôle considérable dans l’émergence du concept de « guerre hybride » à présent au cœur des conceptions des « nuques de cuir » et, par effet-miroir, du « peristent conflict » de l’Army.

Dans Conflict in the 21st Century. The Rise of Hybrid Wars, une monographie assez dense, l’auteur explicite plus avant son concept et formalise conceptuellement ce qu’il considère comme la « guerre du futur ». Elle sera menée par des Etats ou des entités non-étatique, extrêmement violente (mais au cours d’opérations de stabilisation ou de rétablissement de la paix), complexe à mener, longue et sans aucune restriction.

Elle fera aussi feux de tous bois, les adversaires n’ayant plus aucune restriction d’ordre éthique, moral, juridique ou religieuse. Les moyens, dans cette optique, sont appelés à se diversifier. Ainsi, le « guerrier hybride » pourrait tout aussi bien se déplacer sur un âne tout en téléphonant avec un Turaya et en gardant, à côté de sa Kalashnikov vieille de 30 ans, un RPG-29. Aussi apocalyptique que Girard, la vision est néanmoins moins hallucinante (voire hallucinée).

Le propos est clair, les références nombreuses et le travail, précis et comprenant cette petite touche d’académisme – point trop n’en faut – qu’il manque souvent aux publications européennes continentales. Mais, en fait, Hoffman en revient de la sorte à une juste vision de ce que devrait être le spectre des conflits. Capitalisant sur Krulak – son « caporal stratégique » comme sa « guerre des trois pâtés de maisons » - l’auteur indique qu’il faudra tout savoir faire.

De ce point de vue, la guerre « traditionnelle » et conventionnelle ne sera pas éliminée. Mais l’émergence des guerres hybrides rend nettement plus complexe la planification comme la conduite des opérations. Il s’appuie ainsi sur l’expérience israélienne de 2006 – évidemment dérangeante parce qu’elle bouscule nos croyances (notre excessif appui sur la technologie comme sur nos vieilles structures présente tellement de signes d’une foi religieuse…) – et l’on regrettera sans doute qu’il n’ait pas pris en compte d’autres conflits.

Mais, chercheur pragmatique, Hoffman pousse plus loin son raisonnement et pose quelques réponses. L’entraînement et la formation sont cruciales. Le renseignement est absolument déterminant : plus que technologique, il doit être humain et culturel. L’agilité organisationnelle et matérielle – cette faculté d’adapter nos équipements pour des missions pour lesquels ils n’ont jamais été conçus – est considérée comme une posture de départ.

On le comprendra, Hoffman ouvre des portes qui seront dérangeantes pour nos armées. Mais qui ont également toutes les chances de devoir être empruntées. Aussi n’est-il pas étonnant de le voir batailler sur la notion de l’ethos : à la guerre, les perceptions sont plus importantes que les « effets cinétiques ».

Bucarest... et le reste

Bonjour l'Europe, il est 0820 et votre serviteur s'active sur des problèmes de stratégie navale théorique - rien de tel à l'heure du petit dej'. Vous allez me dire que ça ne fait pas votre affaire et vous aurriez bien raison.

En attendant, Rania Massoud de L'Orient/Le Jour (Beyrouth) m'a interviewé vendredi passé dans le cadre de la réalisation d'un article sur le sommet de Bucarest. Il peut-être lu en ligne.

L'ensemble des réponses qu'elle m'avait posé est quant à lui ici :

Quel est l'avenir de l'OTAN? L'Alliance, dès sa création, avait pour but de protéger l'Europe et l'Amérique du Nord contre toute attaque. Après les attentats du 11 Septembre, l'OTAN s'est vu attribué la mission de combattre en Afghanistan et d'assurer la formation de l'armée et des forces de sécurité afghanes - l'OTAN est pas ailleurs présent en Irak aussi. Est-il temps que les dirigeants réunis à Bucarest repensent l'avenir de l'Alliance?

JH : En fait, les débats sur les rôles et missions de l’OTAN n’ont jamais cessés. Si la menace soviétique a disparu, d’autres ont rapidement émergé : terrorismes, nationalismes « revendicatifs », risques environnementaux, etc. Aussi, Bucarest est surtout un sommet « opérationnel » entérinant un nouvel élargissement à la Croatie et à l’Albanie, permettant de faire avancer les débats sur les défenses antimissiles et de faire le point sur l’Afghanistan. Mais, de fait, les élargissements successifs et certaines propositions de parlementaires américains d’étendre l’Alliance à des pays comme l’Australie ou le Japon imposeront, à un moment, de redéfinir ce que doit être l’OTAN.

Quel est l'importance du rôle de l'OTAN aujourd'hui en Afghanistan? Les pays membres ont renforcé leur soutien, surtout la France. Mais est-ce suffisant? Et que pensez-vous du fait que le Pakistan, pays qui abrite sur sa frontière des Talibans, n'ai pas été invité au sommet?

JH : c’est un rôle de plus en plus important. On est passé d’un mandat sur Kaboul à un mandat sur l’ensemble du pays et de missions de reconstruction à des missions de reconstruction, de formation des forces afghanes et de combat/stabilisation. Les pays européens membres de l’OTAN sont, de ce point de vue, un réservoir de forces pour les Etats-Unis. Reste, effectivement, la question de savoir si c’est suffisant. En contre-insurrection, comme sur la frontière pakistanaise, ce ne sont pas quelques bataillons qui font la différence sur le terrain. L’essentiel est de savoir ce que l’on veut faire et avec quelle stratégie. Prises indépendamment, la reconstruction, la formation ou le combat sont naturellement insuffisantes. Il faut d’abord et avant tout gagner le soutien des populations et tout y concourt. Le facteur pakistanais est également un élément important, mais éminemment fragile. Inviter les Pakistanais, c’était aussi courir le risque de les voir « vendus » à l’OTAN et à déstabiliser un peu plus leurs assez peu confortables positions. Ceci dit, les contacts entre l’OTAN et le Pakistan sont fréquents.

Certains analystes prédisent que tout comme l'OTAN se trouve aujourd'hui en Afghanistan, il pourrait être également un jour impliqué au Moyen-Orient, surtout si cette région devienne un jour directement menaçante pour la sécurité européenne. Qu'en pensez-vous?

C’est une possibilité objective. Le sommet de Washington (1999) a entériné la possibilité pour l’OTAN de mener des opérations « hors-zone Article 5 » (soit en dehors des Etats-membres de l’OTAN).

Peut-on parler de marchandage au sommet, étant donné que les pays membres de l'OTAN ont refusé - pour le moment - l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie et ont accepté, en contre partie, de soutenir le projet de bouclier antimissile US en Pologne? Que pensez-vous de l'attitude de la Russie qui se sent "encerclée" par l'influence occidentale?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de « marchandage » à proprement parler : chaque Etat membre a son point de vue sur l’un ou l’autre dossier et il est un fait certain que la proposition de bouclier antimissile US peut paraître alléchante pour des Etats dont la compréhension des phénomènes militaires décline. Du point de vue russe cependant, ce bouclier est très mal vu et participe effectivement d’une perception d’encerclement. La Russie perd, peu à peu et en quelques années, un glacis protecteur qu’elle a mis des centaines d’années à constituer. La Russie est, par certains aspects « dans les cordes » et bombe le torse en multipliant des manœuvres militaires très voyantes, y compris à proximité immédiate des espaces aériens de l’OTAN. Cette posture, à terme, ne pourra que renforcer la volonté des alliés de disposer d’un bouclier… même s’il a de fortes probabilités d’être inefficace.

samedi 5 avril 2008

Plus d'argent pour l'OCAM... Oui, mais pourquoi faire ?

Selon RTL, le budget de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM) est presque quadruplé, passant de 454.000 euros en 2007 à 1.652.000 euros cette année. L'OCAM, opérationnel depuis un an environ, rassemble des informations pertinentes sur la menace terroriste qui émanent de toutes les instances (la Sûreté de l'Etat, le service de renseignements militaires, les services de police, le parquet fédéral, le Centre de crise) et les traite en vue d'une analyse commune de la menace.

Mais - il y a un mais - il y a de quoi se poser des questions :

-1- le SGRS (service de renseignement militaire, qui comprend une section "contre-ingérence" aurait vu (je souligne le conditionnel) son budget diminuer, alors pourtant qu'il est un des "capteurs" devant nourrir l'OCAM ;

-2- l'OCAM va engager, selon la télévision privée belge "12 analystes". Or, un "analyste" analyse. Il ne coordonne pas. Faut-il en déduire que l'on est en train de faire de l'OCAM un 4ème service de renseignement plutôt qu'un organe de coordination ?

-3- dans certains cas, l'OCAM ne peut pas demander d'informations aux services de renseignement et, selon certains commentateurs, son aptitude à générer une "common picture" au pouvoir politique en serait affectée.

D'où cette petite question : dans son empressement à rassurer le citoyen, le pouvoir politique n'est-il pas passé à côté d'une première étape pour laquelle l'OCAM a été créé - à savoir permettre aux services de se coordonner effectivement ? Quelle autorité est, aujourd'hui, en mesure de présenter aux pouvoirs publics une image claire de toutes les enquêtes en cours ? Est-on sûr que le travail est bien réparti et qu'aucune zone d'ombre n'a été délaissée ?

Y'a sondage !

Petite question à l'attention de nos estimés lecteurs en cette période de baisse du pouvoir d'achat : êtes-vous prêts à augmenter vos contributions aux impôts de 5% afin de financer les déficits de vos armées ?

Puisque l'on parle de piraterie

La prise d'assaut du Ponant nous rappelle que la région est particulièrement chaude, ce que montre cette carte publiée par l'ONU.

vendredi 4 avril 2008

T&A n°11 - le sommaire


T&A n°11 - avril/mai 2008
Editorial
Les news
Point de vue

Aux origines de la guerre de l’information
Par Joseph Henrotin

Les élémentaires

La guerre dans la 4ème dimension
Par Joseph Henrotin

Tendances, évolutions et défis de la guerre électronique des télécommunications
Entretien avec Valéry Rousset, Directeur Marketing & Développement Capacitaire SIO/SA2R, Unité Commandement & Renseignement, Thales systèmes Terre et Interarmées.

La torpille : comment s'en protéger ?
Par Jean-Louis Promé

La furtivité à la mer : évolution, enjeux et futurs
Par Joseph Henrotin

Brouillage et brouilleurs
Par Philippe Langloit

La guerre électronique en France

Le ROEM en France : la planète pour terrain de jeu !
Par Jean-Louis Promé

L'EPIGE 07.330 de Mont-de-Marsan
Par Véronique Sartini
ROEM à la DRM : les « grandes oreilles » de l’armée française
Par Véronique Sartini
La guerre électronique ailleurs

Corbeaux et corneilles. Les curiosités électroniques américaines
Par Philippe Langloit

Du Prowler au Growler
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier

Le Nimrod R1
Par Jean-Jacques Mercier

Vers de nouvelles percées en guerre électronique aérienne ?
Par Jean-Jacques Mercier

AGI - les marines aux avant-garde du SIGINT ?
Par Jean-Jacques Mercier

jeudi 3 avril 2008

Bucarest : deux nouveaux membres et demie de l'OTAN

Cette fois, c'est fait. La Croatie et l'Albanie vont rejoindre l'organisation intégrée de l'OTAN. La Macédoine le fera une fois que la (houleuse) polémique portant sur son nom sera réglée avec la Grèce.

Certes, les apports militaires des nouveaux membres apparaissent comme maigres (2 brigades d'infanterie mécanisée pour la Croatie ; une brigade d'infanterie mécanisée et un régiment commando pour l'Albanie). Cependant, politiquement parlant, le mouvement aura un impact direct sur les perceptions de la sécurité en Serbie et à Moscou.

mercredi 2 avril 2008

Sommet de Bucarest et question afghane

La vidéo de mon passage sur Mint ce matin est disponible juste ici.

Et vous pensiez sans doute que je n'avais rien à dire ? ;o) Certes, le positionnement à l'égard de l'Afghanistan apparaîtra somme toute brutal - en indiquant qu'il faut y rester, je ne me ferai certainement pas que des amis, une question sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir. Toutefois, en guise d'apéritif - même s'il est un peu tôt - posons-nous quelques questions :

- Un Etat effondré - sanctuaire de je ne sais quels mouvements qui nous sont intrinsèquement hostiles - à proximité du Pakistan est-il désirable ?

- A-t'on intérêt à voir le Pakistan tomber en de plus mauvaises mains qu'il ne l'est actuellement ?

- Les Etats-Unis ont-ils suffisament intégré la "culture du COIN" de sorte qu'ils seraient seuls en mesure d'obtenir un succès politique sur la zone ?

- L'ANA est-elle pour l'instant en mesure de faire face, seule, à une COIN dans les zones les plus "chaudes" du pays ?

mardi 1 avril 2008

La fragilité des B-2

Après la perte d’un B-2 Spirit, au décollage de Guam le 23 février 2008, plus aucun d’entre-eux n’a volé en plus d’un mois, les 3 appareils en détachement à Guam y étant par ailleurs toujours stationnés.

L’US Air Force indique cependant que ses 20 appareils restants ne sont en aucun cas maintenus au sol pour cause de défaillance.

Depuis 1989, les B-2 ont accumulé 75 000 heures de vol et ont été engagés dans 100 missions de guerre.

Sommet de Bucarest, enjeux et points sensibles

Pour ceux qui captent Mint FM (également sur le net - www.mint.fm), je suis l'invité du "Grand Oral" de demain matin, sur la question du commet OTAN de Bucarest. On s'en doutera, pas mal de choses sont à dire - et, au vu l'ambiance de l'émission - dans la bonne humeur. A écouter à partir de 0810.

dimanche 30 mars 2008

Mission accomplie ?

La nouvelle permet de terminer le week-end sur une note optimiste : Moqtada Sadr à indiqué dans un communiqué que "Nous voulons que les Irakiens arrêtent de verser le sang, et qu'ils défendent l'indépendance et la stabilité du pays et pour cela, nous avons décidé de nous retirer des rues de Bassorah et d'autres provinces".

Concrètement, les membres de l'armée du Mahdi sont ainsi invités à un cessez-le-feu, une bonne nouvelle a priori, alors que Bassorah connaît des combats depuis le 25 mars. Cependant, force est aussi de constater que ledit cessez-le feu apparaît comme fragile. Certes Sadr fait face à la pression combinée des forces britanniques, US (des forces spéciale ont été engagées) et irakiennes. Mais, surtout, Sadr doit gérer des dissentions internes à son mouvement. De ce point de vue, son communiqué pourrait n'être qu'une pause tactique permettant de regrouper ses forces et de les réarticuler.

Reste, toutefois, la possibilité que Sadr soit en train d'accepter les "règles du jeu" démocratique et qu'il cherche maintenant à augmenter son pouvoir non plus par les armes mais par des moyens d'influence. La bataille s'engagerait alors non plus tant sur le versant militaire des opérations que sur celui de la légitimité, sociale, économique et politique.

La situation est donc encore très loin d'être réglée - les "batailles de légitimation" peuvent aussi dégénérer en "batailles tout court".

vendredi 28 mars 2008

DSI 36 - le sommaire


Sommaire DSI 36, avril 2007

Editorial
Agenda et nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique

Flashs

Guerre électronique : un marché en pleine expansion

Argentine/Brésil : un sous-marin nucléaire en vue

États-Unis : La modernisation du F-16 n’est pas finie… ; Destruction de l’USA 193 ; Cyberwar : en plein renouveau ; KC-45 : Northrop Grummann/EADS vainqueur ; US Navy : Test du plus petit missile du monde ; Des squadrons d’UCAV en 2025 ; Les NSC de la classe Bertholf ; Le programme JLTV relancé ?

Europe : Infanteries : les progrès des soldats du futur

France : AASM en progrès ; SCORPION : coup d’accélérateur sur le programme

Russie : Radar Lejtusi : fin de chantier : Le RS-24 opérationnel en 2009 ? ; Armes spatiales : vers un nouveau traité ; Survols de porte-avions américains

Royaume-Uni : Sea King 7 : pas encore la quille

Suède : Vers une adhésion à l’OTAN ?

Chine : le J-11 proposé à l’export ? ; 150 PZL Polonais sur 10 ans ; le MRL Type 03

Inde : Hausse record du budget : + 10 % ; Des Aegis pour Delhi ? ; Le Pinaka enfin en ligne

Israël : opération Hiver Chaud : de nouvelles missions pour les drones ;

Indonésie : Programme d’armement : la synthèse

Japon : Présentation du Type-10

Hezbollah : La mort d’Imad Mughniyeh

Australie : Un nouveau Livre Blanc ? ; Vers une annulation des F-18F ? ; Annulation des SH-2G(A)

Sécurité

Les enjeux de Bucarest
Par Olivier Kempf, lieutenant-colonel, rédacteur en chef adjoint de Défense Nationale & Sécurité Collective

Les mutations de la recherche stratégique en France
Par François Géré, président de l’Institut Français d’Analyse Stratégique

Les mutations de Saint-Cyr
Entretien avec le général de division Nicolas de Lardemelle, commandant les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan

Stratégie

« L’esprit d’évolutionnisme militaire prôné par Fuller doit encore guider notre réflexion pour modifier nos sacro-saints principes »
Entretien avec Olivier Entraygues, chef de bataillon, auteur de Lorsque les tacticiens devinrent imaginatifs ou Approche heuristique de la numérisation de l’espace de bataille ! (La Plume avant l’épée, 2007, 265 p.)

Géopolitique maritime, géopolitique continentale : un débat d’actualité ?
Entretien avec Laurent Amelot, Enseignant à l’Institut d’Étude des Relations Internationales (ILERI) et animateur du groupe de réflexion Asie de l’Institut du Prospective et de Sécurité de l’Europe (IPSE).

Armées

Quels futurs pour la sécurité du Japon ?
Entretien avec Nicholas Szechenyi, sous-directeur et maître de conférences au département des Affaires Japonaises du Center for International and Strategic Studies (CSIS), Washington.

Les forces terrestres japonaises face à l’Info-RMA
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la Japanese Ground Self-Defense Force
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

CEAM de Mont-de Marsan : l’ « Air Warfare Center » français de demain ?
Par Véronique Sartini, journaliste

Prêts pour l’interarmées
Entretien avec le général Jérôme Huret, commandant le Centre d’Expériences Aériennes Militaires (CEAM).

Les escadrons du CEAM

Technologie & Armement

SSBN américains : les cavaliers de l’apocalypse
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Pékin et Delhi veulent des SNLE
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Classe Vanguard : l’ultime argument de Londres
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

L’ultime triomphe de de Gaulle
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

SNLE NG + M51 = une capacité de frappe intercontinentale
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

SNLE Projekt 667BDRM/Delta IV/Les SNLE russes sont-ils toujours opérationnels ?

Boeing E-3 Sentry/Les AWACS, pièces centrales de la stratégie aérienne de l’OTAN

Véhicule de reconnaissance KMWEG Fennek/Les mutations de la reconnaissance

Critiques de lecture

Cultures & Conflits, n°67, « Militaires et engagements extérieurs : à la conquête des cœurs et des esprits ? », automne 2007, 206 p.

Principes d’économie militaire, Collection « Stratégies et doctrines », Economica, Paris, 2008, 300 p. de Paul Poast

jeudi 27 mars 2008

Canberra envisage de disposer d'un porte-aéronefs

L’annonce de la rédaction d’un Livre Blanc sur la défense (Cf. DSI 36) semble avoir attisé les ambitions de la marine australienne dont un document secret a été source d’indiscrétions. En l’occurrence, en plus des programmes actuellement engagés (principalement les 3 destroyers F-100 et les deux LHD Canberra) ou escomptés (la montée en puissance de la flotte sous-marine), l’amirauté estime nécessaire de disposer d’un troisième LHD, d’un quatrième destroyer et de missiles de croisière Tomahawk.

Le troisième bâtiment amphibie serait, selon la presse australienne, spécifiquement dédié à l’emport de F-35B Lighting II, faisant ainsi renouer l’Australie avec la puissance aéronavale (le Melbourne avait été décommissionné en 1982). Reste, cependant, que Canberra fait actuellement face à un déficit de recrutement. On notera également qu'en posant l'hypothèse du missile de croisière, la marine romprait avec une tradition de rejet à son égard, dans la mesure où sa disposition nourrirait des risques de courses aux armements régionales.

mercredi 26 mars 2008

La France et l'Afghanistan

Nicolas Sarkozy a justifié le renforcement annoncé de la présence militaire française en Afghanistan, estimant dans un entretien à la BBC que l'OTAN ne pouvait "se permettre de perdre" contre le terrorisme.

"Est-ce que l'on peut se permettre, nous, l'Alliance, les alliés, de perdre en Afghanistan ? La réponse est non. Parce qu'en Afghanistan se joue une partie de la lutte contre le terrorisme mondial, donc on doit gagner. Deuxièmement, faut-il une nouvelle stratégie en Afghanistan qui fasse, par exemple, plus confiance aux Afghans ? La réponse est oui. Troisièmement, est-ce que la seule réponse, en Afghanistan, c'est la réponse militaire ? La réponse est non. Quatrièmement, est-ce que la France veut partir, la réponse est non. Mais elle demande à ses alliés: êtes-vous prêts à rester ? C'est un engagement de longue durée. Et si ces conditions sont réunies, pourquoi ne pas y aller plus nombreux ?".

De fait, c'est une bonne question !

mardi 25 mars 2008

Y'a sondage ! (3)

A la question "connaissez-vous et avez-vous déjà lu un T&A" ? (n = 74), vous avez répondu :

Je ne connais pas T&A : 13%
Je connais mais je ne lis pas : 21%
Je connais et je le lis occasionnellement : 29%
Je connais T&A et je le lis systématiquement : 35%

Ce qui m'amène - une fois de plus, je suis taquin de nature - à une autre question, cette fois sur le niveau technique de T&A : suffisant ou insuffisant ?

France : des Skylark pour les forces spéciales

Elbit a annoncé ce matin avoir décroché un contrat pour la fourniture d'un nombre inconnu de drones Skylark I aux forces spéciales françaises. Lancé à la main, le système est mû par un petit moteur électrique et peut franchir recueillir des renseignements image jusqu'à une distance de 10 km.

samedi 22 mars 2008

Dissuasion nucléaire française, pas de vrai changement, mais...

Le discours prononcé par N. Sarkozy à Cherbourg a été mis en ligne. Pas de véritable changement visible dans le discours stratégique français, une question dont j'ai eu l'occasion de discuter hier avec J-D. Merchet sur France-Info (le débat peut être écouté ici).

Par contre, il est une question qui n'a pas été évoquée hier mais qui me semble de la plus haute importance : celle des antimissiles. Si le Président français adopte une attitude prudente à leur égard, il les évoque tout de même. Concrètement, nous parlons ici de défense antimissiles de territoire et non tactiques, pour lesquelles l'Aster a été partiellement conçu (notez que des experts de l'ONERA s'exprimaient sur le fond technique de la question dans le T&A n°10).

Or, face au "mur budgétaire" qu'il évoque, le financement d'une telle infrastructure semble délicat dans les 10 prochaines années (celles durant lesquelles les reliquats du programme 2015 sera à payer)... sauf à ce que la France s'aligne sur les positions US en matière de bouclier sur le sol européen.

vendredi 21 mars 2008

Ils n'ont pas ratifié Kyoto, mais...

L'US Air Force annonce avoir procédé au premier vol supersonique - d'un B-1B - alors que l'appareil utilisait une combinaison 50/50 de "carburant vert" et de carburant classique. L'USAF maintient son objectif d'utilisation de cette combinaison pour tous ses appareils en 2011. Pour l'heure, le B-52 et le C-17 sont qualifiés.

Crash d'un Super Etendard

Un Super-Etendard de Landivisiau s'est abîmé aujourd'hui matin au large de Cavalaire (Var) lors d'un vol d'entraînement, annonce la préfecture maritime de la Méditerranée . Le pilote a pu s'éjecter et qu'il a été récupéré par un Super-Frelon dépêché depuis Hyères.

Lors de l'accident survenu vers 10h30 à deux milles nautiques au sud de Cavalaire, le CROSS Méditerranée a dépêché sur place deux vedettes de la SNSM et trois vedettes des sapeurs-pompiers. Le pilote a été transporté à l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon pour y être examiné.

The shape of things to come...


La saison des baptêmes (2)

C'est aujourd'hui que Le Terrible, dernier bâtiment du programme de SNLE-NG, sera lancé. Avouez que cela tombe plutôt bien, dans la mesure où le dossier "technologie" du prochain Défense & Sécurité Internationale sera consacré aux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Qui comprend, en l'occurrence, un article sur les Triomphant mais aussi et entre-autres un article de J-L. Promé sur les projets indiens et chinois.

La saison des baptêmes

C'est le 10 mars que la reine Sofia d'Espagne a baptisé le Juan Carlos 1er, le nouveau porte-aéronef/amphibie de la marine espagnole. Le Buque de Proyección Estratégica (BPE), d'un déplacement de 27 079 tonnes pour une longueur de 238 mètres, avait été examiné dans le Technologie & Armement n°6.

Colloque du 31 mars

Comme promis, voici le programme du colloque P&P "La Vème République, 1958-2008 : 50 ans de politique de défense" du 31 mars.

L'entrée est gratuite, sous réserve d'inscription et des places disponibles. Vous pouvez télécharger le von de réservation ici.

jeudi 20 mars 2008

Right on time

Aussi précis que l'heure d'arrivée de mon avion, le prochain Technologie & Armement est bien parti chez l'imprimeur parfaitement dans les délais. Je vous y promet même quelques révélations ;o)

Pour l'heure, votre serviteur va se replier sur son prochain ouvrage en compagnie d'une petite Pilsner.

Bonne soirée tout le monde !

Les SR suisses se regroupent

A noter, sur le site de la Revue Militaire Suisse, un post d'Hervé De Weck sur le regroupement des services de renseignement suisses.

Londres publie sa première National Security Strategy

Londres a fait paraître pour la première fois, ce 19 mars, une National Security Strategy (un document de 64 pages) selon laquelle il s’agit d’encadrer « notre obligation d’assurer la sécurité des Britanniques et de protéger l’intérêt national ». Cependant, « la nature des menaces et des risques a changé ».

Aussi, le document pointe, en particulier, la nécessité de mobiliser toutes les ressources disponibles : « la puissance de nos forces armées, de la police et des services de sécurité ; la force de persuasion et la portée de la diplomatie ; l’autorité d’institutions globales renforcées qui, avec notre soutien plein et entier, peut déployer des puissances « dures » et « souples » ; et, parce que les armes et l’autorité ne seront jamais suffisantes, la puissance des idées, des valeurs partagées et les espoirs qui peuvent gagner les cœurs et les esprits ».

Prenant en compte les leçons des expériences britanniques (dans les Balkans, en Sierra Leone, en Afghanistan, en Irak ou encore au Kenya), la stratégie s’inscrit dans les réflexions actuelles sur la multiplication des lignes d’opérations mais aussi sur la nécessité d’interventions menées au plan international. Londres demande ainsi une réforme et un renforcement de l’OTAN, de l’Union européenne mais aussi des Nations unies, dont le Conseil de sécurité n’est pas considéré comme suffisamment représentatif.

Si le document met en évidence le rôle de levier et d’influence que peut avoir la mondialisation, il indique également qu’elle génère de nouveaux risques en matière de terrorisme, de menaces sur les communications, sur le tourisme ou encore en matière de pandémies ou de prolifération nucléaire. De ce point de vue, Londres pourrait cette année encore réunir les Etats n’ayant pas accès à l’énergie nucléaire civile pour proposer une « négociation globale » permettant d’éviter la réédition du « cas iranien ».

Très complet et innovant, le document propose l’abandon de la notion de défense civile – remontant aux années 1930 – pour proposer la création d’un réseau de protection civile permettant de gérer les risques (dont le terrorisme) au plan local et une mise à jour du Registre national des risques (liste des points sensibles et vitaux).

Il met aussi en exergue le rôle plus offensif que devra jouer la diplomatie, l’attention se portant vers des régions-clés où les ambassades serviront de point d’appui à des missions de soutien à la sécurité. Par ailleurs, de nouvelles réformes organisationnelles sont attendues en matière de contre-terrorisme, tandis que l’investissement financier en la matière croîtra encore (il devrait passer de 2,5 milliards de livres actuellement à 3,5 milliards en 2011).

Au plan militaire, la progression budgétaire semble se confirmer, tandis que les forces de réserve seraient impliquées plus fréquemment dans les opérations de stabilisation et de reconstruction. Enfin, le gouvernement britannique souhaite associer plus étroitement les mondes académique, économique, culturels, militaire et sécuritaire dans un National Security Forum permanent.

mercredi 19 mars 2008

Mauvaise foi... crasse

Il faut tout de même être mal informé - un paradoxe pour des journalistes - pour dire ce que l'on vient d'entendre sur France 2, à propos de l'Irak. En bref : chaos, omniprésence des milices et obstacles à la liberté de parole sur fond d'images prises, pêle-mêle il y a quelques semaines (les murs de Bagdad) et... il y a quelques années (les civils se plaignant de l'insécurité).

Nous sommes tous d'accord, la partie est loin d'être gagnée pour les Américains (et ceux qui m'ont lu à mes débuts savent que je n'étais pas d'accord avec cette guerre). Mais, tout de même..., un peu de nuance, c'est précisément ce pour quoi nous payons une taxe audiovisuelle.

Vu un peu avant : des images si claires du Tibet montrant des Tibétains agressant des Chinois qu'elles ne sont certainement pas dues ni à des vidéos de touristes, ni à l'hypothétique télévision du Dalaï Lama... Belle opération, d'un point de vue analytique, de contre-propagande.

Un audit pour la SE

L'accord qui a (enfin) débouché sur la constitution du nouveau gouvernement belge comprend également un audit de la Sûreté de l'Etat (renseignement civil - équivalent de la DST) en fonction des résultats de l'enquête du comité de suivi des services de renseignement (Comité R) à la suite des "bugs" observés sur l'affaire Belliraj.

Reste, cependant, comme un petit goût de scepticisme : ce n'est pas la SE qui a révélé que Belliraj aurait été un de ses informateurs - s'il avait été agent, l'acte aurait été considéré comme une trahison aux Etats-Unis. Une réflexion en profondeur sur la coordination des services (qui comprennent également une branche de la police fédérale et le service militaire) ne serait-elle pas plus adaptée qu'un de ces audit conduit par une énième boîte spécialisée dans à peu près tout sauf dans une matière aussi spécifique que le renseignement ?

mardi 18 mars 2008

RIA - Revolution in Intelligence Affairs

On ne le sait guère en Europe continentale - où le sujet est tabou dans les Universités - mais il existe des "Intelligence studies" tout ce qu'il y a de plus honorable et de plus académiquement encadré. En pointe, les Américains et les Britanniques, bien sûr. Mais aussi les Hollandais. But du jeu : étudier, comprendre, cerner les enjeux et les défis, décortiquer les pratiques et tâcher d'en tirer des leçons utiles.

Après tout, le renseignement est un fait social comme un autre et, à ce titre, l'esprit n'a pas à abdiquer sous quelque prétexte que ce soit. Nous sommes aujourd'hui très loin des imageries populaires, tantôt du James Bond glamour ou du barbouze pataugeant quelque part entre le glorieux et le véreux.

L'explosion de ces Intelligence Studies est l'un de signes de ce que l'on appelle depuis quelques années la Revolution in Intelligence Affairs, en référence à la Rrevolution in Military Affairs. Cette fois, pas de gadgets robotisés et autres fantasmes d'ingénieurs. Non, là, le le mot clé est "réseau" - au sens social du terme. Couverture des sources ouvertes, interactivité avec les mondes journalistiques, militaires et académiques et, plus accessoirement, poursuite des programmes "technologiques" sont autant de figures d'un renseignement à la fois décomplexé mais aussi d'autant plus sur les charbons ardents qu'il représente bien souvent la premiière ligne de défense face au terrorisme.

Dans la foulée, il est aumusant de constater à quel point cette "révolution" est culturellement révolutionnaire : pour preuve, le très discret Shin bet israélien vient de mettre en place son blog. Pas d'informations "sexy" - une révolution n'est pas toujours un cataclysme - mais des témoignages d'agents. But du jeu : recruter les meilleurs en les mettant au parfum de ce qui les attend.

MRAP : le Pentagone en veut plus

Le Pentagone vient de confirmer la commande de 2 243 blindés à roue MRAP (Mine Resistant, Ambush Protected), pour un montant de 1,14 milliard de dollars. Il poursuit ainsi son programme d'acquisition de 17 000 véhicules qui doivent, à terme, remplacer tous les Humvees actuellement en service en Irak (8 000 exemplaires de ces derniers sont d'ailleurs en cours de don aux forces de sécurité et à l'armée irakienne).

La commande se répartit entre :

- 743 véhicules de Catégorie I à International Military and Government LLC (pour 410,73 millions de dollars) ;

- 1 024 véhicules de Catégorie II à Stewart & Stevenson (pour 481,835 millions) ;

- 3 engins pour le Special Operations Command, 51 ambulances et 393 véhicules de Catégorie II pour BAE Land Systems (pour 234,04 millions de dollars) ;

- et 12 véhicules de Catégorie I, 6 de Catégorie II et 11 de Catégorie III à Force Protection Industries (pour 17,54 millions de dollars).

On notera que ces acquisitions sont gérées par les Marines - malgré leur opposition à la poursuite du programme, consommatrice, selon eux, de ressources qui ne seraient pas affectées à la prochaine génération de véhicules - mais serviront essentiellement à l'Army.

lundi 17 mars 2008

Au revoir Monsieur...

Pour celui qui en revient,
Verdun, c'était bien.
Pour celui qui en est mort,
Verdun, c'est un port.

Mais pour ceux qui n'étaient pas nés,
Qu'étaient pas là pour apprécier,
C'est du passé dépassé,
Un champ perdu dans le nord-est,
Entre Epinal et Bucarest,
C'est une statue sur la grand place.

Finalement Verdun,
Ce n'est qu'un vieux qui passe.

Même si l'histoire nous joue souvent
Le mouvement tournant par Sedan,
C'est du passé.

C'est la chanson des Partisans,
C'est 1515, c'est Marignan,
Dépassé.

Une guerre qui s'est perdue sans doute
Entre Biarritz et Knokke-le-Zoute,
C'est une statue sur la grand place.

Finalement la terreur,
Ce n'est qu'un vieux qui passe.

Pour ceux qu'on n'a pas revus,
Verdun, n'est plus rien.
Pour ceux qui sont revenus,
Verdun, n'est pas loin.

C'est un champ brûlé tout petit,
Entre Monfaucon et Charny,
C'est à côté.

C'est une sortie dans le nord-est,
Sur l'autoroute de Reims à Metz.

On y va par la voie sacrée.
Finalement, Verdun,
C'est un vieillard rusé.

J'ai une tendresse particulière
Pour cette première des dernières guerres,
Dépassée.

Bien sûr que je n'étais pas né.
J'n'étais pas là pour apprécier
Mais j'avais un vieux à Verdun
Et comme je n'oublie jamais rien,
Je reviens,
Je reviens,
Je reviens

M. Sardou

Final run...

... before landing. Bien le bonjour chers amis, la température au sol est de 17°C, la vitesse du vent de 13 km/h de secteur nord et la campagne aixoise semble se réveiller. En bref, un temps idéal pour boucler le prochain Technologie & Armement, qui devrait être en kiosque d'ici le 8-9 avril.

Comme indiqué précédement, nous allons faire une petite plongée dans le monde de la guerre électronique, avec une série d'articles inédits couvrant le très large spectre de la discipline et dont je peut vous livrer une partie des secrets :

Les élémentaires

La guerre dans la 4ème dimension
Par Joseph Henrotin

La torpille : comment s'en protéger ?
Par Jean-Louis Promé

Tendances, évolutions et défis de la guerre électronique des télécommunications
Entretien avec Valéry Rousset, Directeur Marketing & Développement Capacitaire SIO/SA2R, Unité Commandement & Renseignement, Thales systèmes Terre et Interarmées.

La furtivité à la mer : évolution, enjeux et futurs
Par Joseph Henrotin

La guerre électronique en France

Le ROEM en France : la planète pour terrain de jeu !
Par Jean-Louis Promé

L'EPIGE 07.330 de Mont-de-Marsan
Par Véronique Sartini

Au service des forces : le centre de ciblage de Creil
Par Véronique Sartini

La guerre électronique ailleurs

Corbeaux et corneilles. Les curiosités électroniques américaines
Par Philippe Langloit

Du Prowler au Growler
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier

Le Nimrod R1
Par Jean-Jacques Mercier

Vers de nouvelles percées en guerre électronique aérienne ?
Par Jean-Jacques Mercier

AGI - les marines aux avant-garde du SIGINT ?
Par Jean-Jacques Mercier

vendredi 14 mars 2008

Arf...

Devenir pilote de combat pour séduire les filles va devenir un peu plus difficile (photo du HMD utilisé sur F-35 - certains ayant trouvé intelligent de supprimer le HUD...)...

Les 13 principes de combat du Hezbollah

L'un des sujets me fascinant le plus pour le moment réside en le positionnement de la convergence entre opérations de guérilla et opérations classiques. A bien des égards, un risque majeur pour les armées occidentales consiste à considérer que les unes et les autres sont foncièrement différentes.

Or, elles relèvent fondamentalement de la même grammaire théorique même si, dans la pratiques, tactiques et procédures peuvent différer. Toute l'utilité, on le comprendra, de localiser leur point de connectivité conceptuelle réside donc dans l'aptitude d'une force à basculer d'un mode à un autre, comme s'il s'agissait de retourner une pièce de monnaie.

De ce point de vue, bien conseillé par Stéphane "Mr. COIN" Taillat, je me suis attelé à la lecture de la monographie que le CAC vient de publier sur la "guerre de juillet". Il y est fait mention des 13 principes de combat du Hezbollah :


1. Avoid the strong, attack the weak—attack and withdrawal!

2. Protecting our fi ghters is more important than causing enemy casualties!

3. Strike only when success is assured!

4. Surprise is essential to success. If you are spotted, you have failed!

5. Don’t get into a set-piece battle. Slip away like smoke, before the enemy can drive home his advantage!

6. Attaining the goal demands patience, in order to discover the enemy’s weak points!

7. Keep moving; avoid formation of a front line!

8. Keep the enemy on constant alert, at the front and in the rear!

9. The road to the great victory passes through thousands of small victories!

10. Keep up the morale of the fi ghters; avoid notions of the enemy’s superiority!

11. The media has innumerable guns whose hits are like bullets. Use them in the battle!

12. The population is a treasure—nurture it!

13. Hurt the enemy and then stop before he abandons restraint

La question est, à ce moment : qu'est ce qui empêche nos armées de comprendre, d'intérioriser et de retourner à leur avantage ces prescriptions si limpides ?

jeudi 13 mars 2008

Le Meteor a achevé ses essais et est paré pour la production


Le dernier tir d'essai du missile air-air Meteor a été effectué à partir d'un JAS-39 Gripen, contre une cible aérienne MQM-107B Streaker subsonique manoeuvrante. Le missile a été tiré depuis l'appareil suédois, qui volait à Mach 0,9 Mach et à une altitude de 18 000 pieds. Après une phase d'accélération, le missile est passé sans problème en mode statoréacteur, pour atteindre sa vitesse opérationnelle. L'autodirecteur a ensuite effectué l'acquisition de la cible, puis l'a poursuivie jusqu'à l'interception, la liaison de données entre le missile et son vecteur a parfaitement fonctionné, indique MBDA.

Devant équiper les Rafale, Typhoon et Gripen européens, le Meteor est un BVRAAM à guidage terminal actif de plus de 150 km de portée (dans le profil de vol optimal). Durant sa première phase de vol, il reçoit les informations provenant de son vecteur via une liaison de données. Ce qui permet, par exemple, de nourrir le missile avec des informations provenant d'un AWACS, par exemple, permettant au vecteur de tirer sans utiliser son radar et, donc, sans se découvrir.


Missile dont le développement a commancé il y a plus de 13 ans, le Meteor touche à des enjeux majeurs, qu'examinait J-L. Promé dans le DSI n°3. Premièrement, il offre à l'Europe une indépendance technologique tout en lui permettant de renforcer ses compétences en missilerie. Deuxièmement, le missile permet d'engager des adversaires à plus grande distance que ce qu'ils sont en mesure, actuellement, de faire. En d'autres termes, face à la prolifération des appareils russes de la famille Flanker et des missiles associés, les appareils européens ont une réponse plus adaptée que les versions actuellement disponibles en Europe de l'AIM-120.

Interpénétration absolue

Avant de me remettre à la guerre électronique, juste un petit mot pour vous signaler un texte de François Duran sur l'apparition d'un 4ème cercle de défense qui me semble très intéressant et que je conseille vivement. Il y a quelques temps de cela, j'avais eu l'occasion d'écrire sur les stratégies anti/contre-terroristes à adopter en Belgique et j'en étais arrivé à la conclusion que nous nous trouvions face à une situation d'interpénétration des civilisations, plutôt que de choc.

A l'heure où il est plus rapide de faire Orly-Rabat (ou toute autre destination : je n'ai rien contre le Maroc !) qu'Orly-Le Bourget, l'adversaire potentiel surfe naturellement sur les différentiels de temps mais aussi de perceptions que nous avons du monde. La réalisation de ses objectifs le pousse naturellement à adopter une posture mondialisée alors que nos appareils étatiques sont encore très largement sous-adaptés à ces postures.

Aussi, plutôt que de "défense de l'avant" - qui à le mérite cependant d'être clair - je me demande s'il ne faut pas plutôt évoquer une "défense globale", interpénétrant tous les niveaux géographiques mais aussi de temps, de moyens voire de niveau d'action (tac, ops, strat, pol, techno, psy/media).

Vous l'avez demandé, il est (presque) lancé !

Bonjour à toutes et à tous,

Plusieurs personnes m'indiquaient qu'elles seraient tout à fait satisfaites si elles pouvaient disposer d'une version électronique du DSI. En fait, comme vous l'avez sans doute constaté, la boutique en ligne est dans un sale état - pour ne pas dire totalement à la ramasse.

Cependant, plusieurs personnes sont en train de travailler sur une nouvelle génération de boutique, qui permettra notamment - et en plus d'achats au numéro et de d'abonnements "papier" - l'achat de magazines au format informatique, avec consultation/download immédiat. Bien évidemment, les versions "papier" resteront disponibles en kiosque/libraires.

mercredi 12 mars 2008

Les résultats du sondage

Maintenant terminé, le sondage "changer le format de DSI ?" à donné les réponses suivantes (n = 106) :

- Non, il est très bien ainsi : 68%
- Un peu plus haut, un peu moins large : 4%
- Un peu plus large, un peu moins haut : 0%
- Un plus grand format, type "Le Point" : 20%
- Un plus grand format, type A4 : 5%

Bon, et bien il me semble que c'est éloquent, merci pour votre participation !

Ce qui m'amène à un autre sondage : avez-vous déjà lu T&A ?

Le dernier Poilu s'en est allé...

Le dernier « Poilu » français de la Grande guerre, Lazare Ponticelli est décédé à l’âge de 110 ans. Italien de naissance, engagé volontaire à 17 ans (en trichant sur son âge), il combattra sous les drapeaux français (Légion Etrangère) et italien.

A l'heure où l'on nous ressert du Claude François à satiété, ne pas avoir une pensée pour les millions de morts anonymes de la Grande guerre serait, je pense, le signe d'une certaine décadence.

F-35 : le GAO râle

Une nouvelle étude du GAO américain indique que le programme JSF - le plus cher de tous les temps - a été sous-estimé de 38 milliards de dollars (le programme de moteur alternatif n'a pas été pris en compte par l'étude) et se rapproche donc d'un montant total de 1000 milliards de dollars (hors coûts de maintenance).

Il est susceptible de connaître un glissement de 12 à 27 mois. Par ailleurs, l'étude montre que l'appareil sera plus coûteux à l'heure de vol qu'un F-16.

Ouf !

Le DSI n°36, à paraître en avril, est bouclé et prêt à entamer son voyage vers l'imprimeur. Bon, il nous reste le T&A ;o)

Le Luxembourg commande le Dingo 2

Krauss Maffei Wegmann vient d'annoncer que le Luxembourg a passé commande de 48 Dingo 2 (en photo, un véhicule allemand de l'ISAF) afin d'équiper deux compagnies de reconnaissance. Jusque là, les Luxembourgeois étaient équipés de Humvees.

mardi 11 mars 2008

Il fallait s'y attendre...

Boeing a officiellement porté plainte auprès du Governement Accounting Office après la décision de l'USAF de se doter, pour son programme KC-45, de l'A-330. Commentaire d'un responsable de la firme de Seattle : "Our team has taken a very close look at the tanker decision and found serious flaws in the process that we believe warrant appeal".

But du jeu pour l'avionneur américain : faire revenir l'Air Force sur sa décision. Or, plusieurs commentateurs notaient aussi que l'Air Force ne pouvait faire d'autre choix que l'Européen. En effet, l'USAF est actuellement engagée dans une "stratégie pacifique", axée sur la Chine. D'où la nécessité d'un appareil au plus grand rayon d'action... et à la plus grande capacité d'emport.

Premiers Excalibur utilisés en Afghanistan

L'US Army a utilisé ses premiers obus de 155 mm Excalibur en Afghanistan. Déjà utilisés sur le théâtre irakiens, ces obus à guidage GPS offrent une précision décamétrique (Cf. le n°3 de Technologie & Armement). Il semble que la décision de les y utiliser soit intimement liée à la suite de dommages causés aux populations civiles afghanes lors de l'utilisation de munitions d'artillerie HE classiques.

Colloque du 31 mars

Comme vous le savez, le prochain colloque du Club Participation et Progrès se déroulera le 31 mars à l'Assemblée nationale, de 0900 à 1800 et aura pour thématique "La Vè République : 50 ans de politique de défense".

Je tâcherai de rendrel le programme disponible ici, et le coupon réponse, là dans la soirée. Attention, l'entrée est libre mais l'inscription est obligatoire.

Une petite pensée...

... pour les 191 victimes des attentats de Madrid du 11 mars 2004, pour leurs proches et pour l'Espagne. "El valiente es valiente hasta que el cobarde quiere"...

lundi 10 mars 2008

Ils font le DSI

Juste un mot pour vous signaler que la liste des auteurs du DSI est à jour et visible ici.

Des Bear survolent (encore) le Nimitz

C’est la seconde fois en moins d’un mois qu’un appareil de patrouille maritime Tu-142 Bear-F a survolé un porte-avions américain, en l’occurrence, dans les eaux internationales, non loin de la Corée du Sud.

Au cours du dernier incident, l’appareil est passé à « 3 ou 5 nautiques » du Nimitz et à une altitude de 610 m dans le cadre d’une mission en mer du Japon. Quatre F-18 ont immédiatement été lancés par le porte-avions. Le Bear a également été escorté par des F-2 japonais pour la suite de sa patrouille. En février, un Tu-95 était passé à 50 nautiques du Nimitz.

dimanche 9 mars 2008

Back to France

Et hop, demain à cette heure-ci, je serai dans mon bon vieil Avro 85 (j'adore cet appareil, très maniable), direction Marseille. Un appareil solide dont les réacteurs hurlent par grand vent et qui peut vous arracher en 400 m si le pilote à envie de vous la jouer funky.

Dix petits jours de retour à Aix histoire de boucler le DSI d'avril - à qui il manque tout juste 6 petites pages - et le T&A d'avril mai. Il lui manque 30 pages sur 84 mais je peux vous garantir qu'elles sont en route. Entre-temps, une bonne partie des modifications demandées par mon éditeur sur le petit dernier devraient être intégrées. Time flies comme disaient les anciennes pubs de la SN...

Bon, de retour dans le chaudron belge - là où le couplage entre Europes latine et germanique se joue - je vous promet de l'action sur Arlon, le 26 mars avec "La définition des "Retours vers le Futur" : "Nature et caractères des conflits contemporains" pour le cercle Mars et Mercure. Et le 31, à Paris, Participation et Progrès m'a invité à parler de l'évolution de la pensée stratégique sous la 5ème République où j'attaquerai plus précisément la question du rayonnement de la pensée stratégique française, en particulier du point de vue de la contre-insurrection.

Entre-temps, le dossier des 90 mm est appelé à bouger, de même que d'autres, sur la protection des infrastructures critiques notamment. La recherche est faite pour faire avancer nos sociétés. Rejoignez-nous ! D'ici là, bonne soirée tout le monde !

Sunday edition : let's play it light

Décidément très en forme et jamais éloigné de son humour, ce cher bon vieux Carl von C. m'indique que sa dernière chronique peut tout à fait être publiée par ce blog.

Murphy était Européen

Il y a des jours comme cela où la Raison doit s’effacer devant la vacuité des idées, vous incitant à rester bien profondément enfoui sous la couette, dûment accompagné de vos peluches préférées, Leclerc, Rafale ou PA2.

Ça m’est arrivé l’autre jour en lisant une série de commentaires et de prises de position sur l’Europe de la défense. On y trouvait de tout (c’était mieux que chez mon épicier), du « il faut plus de quartiers généraux » à « nous manquons d’investissements dans la recherche & développement » en passant par l’inévitable et effroyable constat posé par l’OTAN d’un manque évident d’investissement dans les matériels.

Bon ! Qui a (encore) voulu inventer le fil à couper le beurre mais qui est trop radin pour payer la motte ? Manifestement, il y en a encore qui, n’ayant pas lu DSI, passent définitivement pour des has been de la défense. Alors, amis lecteurs, reprenez avec moi, tous en cœur et traitons cela sous l’aspect divertissant mais ô combien sage des « lois de Murphy ».

Loi numéro 1, « tout état-major sert à commander des opérations lancées par le politique mais que ce dernier ne lance jamais ». Extension de tonton Claus : « un état-major lance de lui-même des opérations lorsqu’il est soit engagé dans un coup d’État, soit qu’il fait face à une invasion en provenance d’Andorre ».

Loi numéro 2 : « tout homme politique placé dans un environnement européen considérera que la défense européenne doit être une priorité après la régulation de la taille des petits pois, de celle du marché des poissons d’eau douce lituaniens et la composition du menu du midi de la cantine de la Commission européenne ».

Loi numéro 3, « le nombre faramineux de forces bi et multinationales européennes est dû à une forte demande de défilés militaires, et non au nombre d’engagements en opération ». Corollaire du neuneu : « la guerre, c’est pas bien ».

Loi numéro 4 : « un bon politique fait toujours une incantation au Dieu recherche & développement avant de financer autre chose en stricte application du principe de laïcité ». Questionnement corollaire du chercheur : « on mange quand ? ».

Loi numéro 5 : « les budgets d’équipement peuvent éventuellement servir aux équipements ». Loi corollaire belge (1) : « tout budget d’investissement militaire est invariablement affecté au financement de la sécurité sociale, justifiant le concept d’armée humanitaire ».

Évidemment, on peut toujours en rajouter quelques-unes : les lois de Murphy sont un concept hautement adaptatif, ce qui lui vaut d’entretenir, comme dirait mon vénéré rédac’chef adjoint, un haut niveau de connectivité conceptuelle avec nos armées.

Tenez, prenez-en encore une pour la route : « toute Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) sera largement appuyée par tout le monde mais encore moins soutenue par personne » ou encore « toute PESD est invariablement terrestre : elle résiste rarement au passage de la Manche et la rencontre avec le gouvernement britannique ».

Tout ceci pour nous rappeler qu’à ce stade, ce sont les Lois politiques de Murphy qui tendent à s’imposer et votre vieux Carl ne résiste pas au plaisir de vous resservir le fameux « avertissement de Martin Luther-King » : « il faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, ou nous mourrons ensemble comme des c… ».

Ce n’est pas faux, surtout lorsque l’on constitue la seconde puissance militaire mondiale sur le papier…

(1) Bruxelles est dernier du classement OTAN en matière de part du budget d’équipement dans le budget de défense.

vendredi 7 mars 2008

Nuit chaude à Schaerbeek

Après deux explosions dans ma rue, vers 2 heures du matin, une voisine débarque : 2 voitures sont en feu juste devant mon immeuble. Selon un pompier, plusieurs incidents du genre se sont produits la nuit passée dans la commune, le chiffre de 16-17 voitures incendiées circule. Si cela s'avérait exact, ce serait la plus grosse flambée que le pays n'ait jamais connu. Pourtant, ce matin, rien dans les médias... Si quelqu'un a des informations, elles sont les bienvenues.

jeudi 6 mars 2008

Le PS français affine sa position sur la défense

Je viens de lire un article du Figaro d'hier, de la plume de Louis Gautier (qui avait écrit un très bon livre, Face à la guerre), François Lamy et Paul Quilès ; article qui leur permet de rendre compte de leur position en regard du prochain Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité. L'article est intéressant à plusieurs titres.

Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.

Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.

Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.

Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.

Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.

Happy birthday, Global Hawk !

Le RQ-4 Global Hawk, seul drone HALE actuellement opérationnel, fête ses 10 ans et ses 20.000 heures de vol. L'appareil a également de sérieuses chances dans le porgramme BAMS de drones de surveillance maritime de la Navy. En photo, de droite à gauche : le RQ-4A et le 4B, à l'envergure plus grande.

A propos de l'affaire Belliraj

Thomas Renard, du Front asymétrique, vient de faire paraître un article sur l'affaire Belliraj, où il dresse les rétroactes de cette affaire, qui a vu le démentelement d'un réseau marocain dirigé par Abdelkader Belliraj, citoyen belgo-marocain. Au passage, la constitution du réseau tend à démontrer l'existence d'une connexion entre le terrorisme djihadiste et le Hezbollah (un correspondant de la chaîne Al-Manar a ainsi été arrêté) (1).

Thomas pose un constat alarmant :

- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;

- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.

Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.

Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.

Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.

Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...

(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.

mercredi 5 mars 2008

"COIN Break"

Vous vous sentez pris au piège, quelque part à Kandahar, tel le héros de Prison Break ("j'ai pas le temps") ? L'Army Magazine a sorti le Hooah guide du COIN (en anglais). Intéressant et ludique.

Le King's College blogue sec

Le King's College Department of War Studies représente un véritable exemple en matière d'études stratégiques à proprement parler (à savoir l'étude de l'art de la guerre) mais aussi de disciplines connexes comme l'histoire ou la sociologie militaire.

Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.

Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.

Y'a sondage ! (2)

La question est déchirante. Cornélienne. Comme choisir entre les croquettes aux crevettes de chez Vincent et celles de la Taverne du passage.

Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.

Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.

Bon vote !

La réaction taïwanaise....

...Aux déclarations chinoises et au rapport du Pentagone ne s'est pas fait attendre. Le président Shen a en effet annoncé une hausse de son budget militaire, qui atteindra cette année 11,27 milliards de dollars (US). Ce qui représente 3% du PIB, contre 2,85% en 2007 et 2,6% en 2006.

DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.

Le budget militaire chinois (2)

Bernard Bridel, du 24 Heures (Lausanne) m'a posé hier quelques questions en rapport avec les annonces relatives au budget chinois de la défense. Les réponses sont en ligne ici.

mardi 4 mars 2008

Global power : la France dans le monde


Source : Mission militaire de l'Ambassade de France aux Etats-Unis

Chine : nouvelle augmentation du budget militaire

Plusieurs sources confirment que le budget de l'armée chinoise augmentera de 17,6% en 2008, comparativement à l'an passé. L'annonce avait été faite par le porte-parole du Parlement, qui se réunit à partir de demain à Pékin pendant deux semaines.

Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.

Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.

L'US Navy lance des Tomahawk contre Saleh Ali Saleh

Un nombre inconnu de missiles Tomahawk ont été lancés hier par des bâtiments américains contre "des cibles d'Al Qaïda connues" se trouvant à proximité de la ville de Dobey, sur la frontière kényane. En l'occurrence, Saleh Ali Saleh Nabhan semble avoir été visé.

Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.

DSI sur tous les fronts

La rédaction est en ébullition ! Bien sûr, nous poursuivons les éditions "classiques" du DSI et de Technologie & Armement. Rien de bien neuf. Mais cette année, nous avons décidé de gâter nos lecteurs.

Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.

Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.

Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.

Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.

Stay tuned !

lundi 3 mars 2008

Inde : hausse record du budget de la défense

L’Inde a dévoilé son nouveau budget militaire, montrant une augmentation de 10 %, soit l’accroissement le plus important depuis l’indépendance du pays. Concrètement, le budget indien passera ainsi de 24 à 26,4 milliards de dollars.

Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.

dimanche 2 mars 2008

Le N°2 des FARC éliminé

François Durant, qui connait bien le pays (je dois encore répondre à sa seconde question sur les concepts de l'armée), en fait une analyse très intéressante sur son blog. J'en profite pour le féliciter pour le dépassement du fatidique stade des 100 posts.

Petite précision

Je viens de refuser un commentaire. Je pense que ce doit être la première fois que cela m'arrive mais j'en profite pour faire une petite précision qui me semble saine.

Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.

Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)

Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !

samedi 1 mars 2008

KC-45 : Northrop Grumman/EADS décroche le gros lot


La décision est tombée hier, c'est l'offre commune à NG et à EADS (KC-30) qui l'a emporté sur celle de Boeing. Les 179 prochains ravitailleurs en vol de l'USAF seront donc européens... mais construits aux Etats-Unis, où l'on estime que 25 000 emplois vont dépendre de ce contrat.

On s'en doutera, la nouvelle tombe plutôt bien pour EADS qui réalise là une percée qui n'était pas a priori évidente. Et de facto, Boeing pourrait être tenté de remettre en question le choix de l'Air Force pour un appareil aux plus grandes capacités d'emport tant en cargo qu'en carburant (et qui présente également des performances plus importantes en termes de débit à la perche, augmentant l'Optempo) que le KC-767.

Surtout, la commande ne devrait en toute logique que représenter une première tranche, certaines estimations tablant sur un besoin total de 500 appareils. Et certains, y compris au sein de l'USAF, d'évoquer un "mix" avec le KC-767, options apparement discutée il y a quelques mois et qui pourrait refaire surface.
Reste que le KC-767 connaît aussi un certain nombre de problèmes. Japonais et Italiens n'ont guère apprécié les retards et problèmes techniques divers de l'appareil, suspectant Boeing de leur faire essuyer les plâtres technologiques... au plein bénéfice de l'USAF. Cependant, il faut également indiquer que le B-767 devrait logiquement être la plateforme multifonctions de l'USAF, comme l'avait été le B-707 (décliné en E-3, E-6, E-8, RC/WC/OC/NC/NKC/EC-135). Ce qui pose donc la question de la diversification du parc US.
Mais cette dernière ouvre aussi des possibilités phénoménales pour l'avionneur européen. Eprouvé, l'A-330 est apprécié des pilotes, facile à maintenir et... dispose d'un gros potentiel de croissance : la place en cabine, son volume utile ne manque pas. Et sa réserve de puissance est importante.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir : le matériel européen est bon (l'USAF suit en cela le choix de la RAF, de la RAAF, des Emirats et de l'Arabie saoudite) et le succès au rendez-vous. Un contrat évalué à 30 milliards de dollars, ça ne tombe pas tous les jours...

vendredi 29 février 2008

"Think EU"...

"So I am here today in Paris to say that we agree with France – Europe needs, the United States needs, NATO needs, the democratic world needs – a stronger, more capable European defense capacity". C'est l'une des petites phrases prononcée par Victoria Nuland, ambassadrice des Etats-Unis à l'OTAN, le 22 février au Press Club de Paris. Quelques autres :

- "one of the most important things French leaders can do for global security is to strengthen and build the capacities of the EU" - non, ce n'est pas une blague, les Américains semblent sortir du paradigme Albright (pas de duplication, etc.) ;

- "our first stop is often at the European Union. Of course to the 27 member states but increasingly to the institution itself"

- "in Chad the EU is discovering that even to conduct a relatively modest peace support operation, you need desert capable helicopters, long range transport aircraft, you need sophisticated intelligence, surveillance and reconnaissance assets and modern interoperable communications equipment" ;

- "President Sarkozy is right – "NATO cannot be everywhere"" ;

- "we need a stronger EU" ;

- "Europe needs a place where it can act independently, and we need a Europe that is able and willing to do so in defense of our common interests and values" ;

- Cerise sur le gâteau qu'appréciera Londres, "But If Washington and Lafayette could join forces to drive off the red coats".

Un sous-entendu désagréable - ou est-ce moi qui ne suis pas très en forme ce vendredi - se dégage toutefois : faute d'avoir investi suffisament en leurs capacités au profit de l'OTAN, les Européens sont-ils renvoyés à leurs propres paturages, dans un remake du "grandissez d'abord, évitez de transformer les instances OTAN en zone de bataille politique et, ensuite, nous pourrons travailler" sous couvert d'une plus grande ouverture à l'institution européenne ?

jeudi 28 février 2008

FM 3-0 : précisions

Le général Caldwell a tenu une conférence le 26 février avec des bloggeurs américains, précisant quelque peu les contours donnés aux prochain manuel FM 3-0 (ancien FM 100.5). Military.com dresse une synthèse... très synthétique des chapitres :

-- Chapter 1 establishes the context of land operations in terms of a global environment of persistent conflict, the operational environment, and unified action. It discusses the Army's expeditionary and campaign capabilities while emphasizing that it is soldiers who accomplish missions.

-- Chapter 2 describes a spectrum of conflict extending from stable peace to general war. From that spectrum, it establishes five operational themes into which various joint operations fit. Borrowing heavily from emerging NATO doctrine, this chapter helps Army leaders to understand where diverse operations such as peacekeeping and counterinsurgency fit and shape supporting doctrine.

-- Chapter 3 is the most important chapter in the book; describing the Army's operational concept -- full spectrum operations. Full spectrum operations seize, retain, and exploit the initiative through combinations of four elements: offense, defense, and stability or civil support operations. Mission command is the preferred method of exercising battle command.

-- Chapter 4 addresses combat power, the means by which Army forces conduct full spectrum operations. It replaces the older battlefield operating systems ("BOS") and elements of combat power with six warfighting functions tied together by leadership and employing information. Combined arms and mutual support are the payoff.

-- Chapter 5 reviews the principles of command and control and how they affect the operations process -- plan, prepare, execute, and assess. The emphasis is on commanders and the central role that they have in battle command. Commanders understand, visualize, describe, direct, lead, and continually assess.

-- Chapter 6 discusses operational art, offering Army commanders a bridge between military theory and practice.

-- Chapter 7 is about information superiority, particularly information operations. Information operations divide into five Army information tasks, with particular emphasis on information engagement. -- Chapter 8 addresses the significance of strategic and operational reach to the force, articulating how the Army capitalizes on unique expeditionary and campaign qualities to promptly deploy forces into any operational environment worldwide, even the most austere regions.

NB : Stéphane Taillat m'indique que le document est paru sur le site de l'Army. Bon, ben maintenant je sais quoi lire ce soir ;o)

Re-NB : l'analyse de Stéphane me semble très pertinente, en particulier dans sa relation à une relecture moins biaisée, moins "utilitariste" et plus en profondeur, de Clausewitz. Elle montre aussi une convergence doctrinale de facto avec le FT-01 français (une version en langue anglaise est maintenant dispo). Plusieurs militaires français ont d'ailleurs conseillé les Américains - une excellente chose.

Reste, cependant, Stéphane le souligne mais j'insiste, la délicate question de la perénnité d'un éventuel changement organisationnel. Historiquement, depuis 1982, l'évolution du 100.5 a toujours tendu vers une plus grande prise en considération tant des OOTW que des LICs. Mais... l'application qui en était faite restait marquée par les biais "classiques" de l'organisation : focalisation excessive sur un combat placé au stade de référent identitaire ; pression au résultats quantifiables et, ultimement, tendance à la technologisation (à ne pas confondre avec la technicisation, moteur des Transformations/modernisations ;o)

En d'autres termes, reste à voir quel sera le destin "pratique" du document : Joe Cerami me disait ainsi que, depuis le Vietnam "l'armée n'a rien appris et n'a rien changé". Et, de fait, à relire quelques ouvrages sur le traitement de la COIN au Vietnam (dont la si particulière méthode d'alimentation de Nagl), si l'armée a, en réalité, appris sur le terrain, elle a ensuite effectivement oublié, revenant alors à ce qu'elle estimait être son core business. Rendez-vous après les retraits d'A-stan et du "sandbox" ?

Bon, allez, m'en retourne à mon petit dernier, moi. Bonne soirée tout le monde !

Sondage, les résultats finaux

A la question "Un DSI Hors série tous les deux mois : êtes-vous prêt à vous abonner ?" (n = 62); vous avez répondu 17 fois "oui", 7 fois "non" et 38 fois "je préfère l'acheter en kiosque".

Merci à toutes et tous pour votre participation !

mercredi 27 février 2008

Banzaï ! Le Type-10 a été présenté par le TRDI


Le TRDI japonais a présenté mi-février le prototype du nouveau char de combat qui va équiper les forces terrestres japonaises, le Type-10. Il remplacera les Type-74 et épaulera les 224 Type-90, le fameux "Leclerc asiatique", de 50 tonnes. Avec une masse de 40 tonnes, il est équipé d'un canon de 120 mm et de blindages céramiques. Devant entrer en service vers 2010-2011, il est question de le doter, à terme, d'un canon électromagnétique.
Selon plusieurs analystes, l'évolution de la position japonaise en matière d'exportation d'armements est appelée à changer dans les prochaines années, de sorte que le Type-10 est considéré comme l'un des "test" de cette nouvelle stratégie, en particulier face au nouveau K-2 coréen.
Les forces d'autodéfense japonaises entretiennent 900 chars de bataille.

mardi 26 février 2008

DSI n°35, mars 2008 - le sommaire



DSI n°35 - mars 2008 - le sommaire

Editorial
Nominations et agenda
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois


Veilles stratégiques :

Flash

Canada : Vers un achat de Puma ?

Etats-Unis : Gargantuesque défense ; DARPA : augmentation du budget ; Satellites : objectif Terre mais sans dégâts… ; Industries de défense : bons résultats ; La garde nationale aux abois ; USAF : back to the future ; US Navy : des SSGN à Guam ; US Navy : record pour un canon électromagnétique ; US Navy/US Army : un plan pour l’ACS ; US Army : vers des « guerres hybrides » ; US Army : le Raven, peu fiable ? ; US Air Force : les B-2 vont avoir une capacité MTK ; US Air Force : Robert Gates a des doutes sur le F-22.

Allemagne : K-130 : réception de la première corvette

Belgique : 90 mm : vers l’abandon ?

France : Une base dans les Émirats ; SITREP LIVRE BLANC : les premiers éléments ; Licorne : effectifs français allégés ; Petite cure de jouvence pour les C-130 ; Modernisation des Cougar notifiée ; Capacité de tir accrue pour les Mirage 2000D

Royaume-Uni : Des choix douloureux en perspective ; La RAF, deuxième opérateur du RC-135 ; Les chèvres peuvent respirer

Pays-Bas : Nouveaux bâtiments de guerre des mines

Russie : De grandes ambitions pour l’aviation stratégique

Suède : Le programme SEP est annulé

Afghanistan : Une force aérienne en plein essor ; un sommet de l’OTAN sous pression

Azerbaïdjan : Modernisation en vue pour la force aérienne

Chine : La force bleue

Émirats Arabes Unis : De nouveaux véhicules de combat ; Câbles sous-marins : des ruptures qui posent question

Inde : Des bâtons dans les roues pour la base d’Ayni ; De nouveaux Hawk ; Renforcement des capacités de guerre en montagne ; Vikramaditya : la saga continue

Israël : Le Jericho-3 en test ; livraison du premier Eitam ; La publication du rapport Winograd

Sri Lanka : Un nouveau radar pour contrer les Sea Tigers

Taiwan : Les Hsiung Feng 3 Opérationnels !

Australie : Création d’une « Unité des exportations de défense »

Afrique du Sud : Denel un peu moins sud-africain

Tchad : Une offensive mal planifiée

La chronique de Carl Von C. « Murphy était Européen »

Sur le vif

Les candidats aux primaires américaines et leurs programmes de défense
Par Tanguy Struye de Swielande, professeur à l’Ecole Royale Militaire (Bruxelles)

"Préserver la cohérence"
Entretien avec Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de Terre

Stratégie

La guerre, entre constance et transformations
Entretien avec Barthélémy Courmont, chercheur à l’IRIS

Quelles solutions pour l’Afghanistan ?
Entretien avec le Col. (Ret.) Christopher Langton, International Institute of Srategic Studies

La fragilité de la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité. Le ver était, et reste, dans le fruit
Par Samir Battiss, chercheur à la Chaire de recherche en politique étrangère et de défense canadienne à l’UQAM

Porte-avions et sous-marins : les nouveaux capital ships ?
Entretien avec Alexandre Sheldon Duplaix, chercheur au Service Historique de la Défense (section marine).

Carte : porte-avions, porte-aéronefs et amphibies à pont continus dans le monde

Nous serons de plus en plus conscients de l’élément marin
Entretien avec Michel Scialom, auteur de La France, nation maritime ?

Armées

Un sabre dans les airs. La Royal Saudi Air Force.
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

La marine saoudienne face au défi de l’opérationnalité
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la marine saoudienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

L’Eurocorps, un bel outil… trop peu exploité
Par Véronique Sartini, journaliste

La vraie force aujourd’hui c’est la coalition permanente, le nombre de drapeaux
Entretien avec le général Pedro Pitarch, commandant de l’Eurocorps

Technologie & Armement

Frapper à la vitesse de l’éclair. Le Prompt Global Strike face aux réalités technologiques
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

L’USAF au cœur du Prompt Global Strike : les bombardiers stratégiques toujours d’actualité
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Prompt Global Strike, science fiction ou réalité à moyen terme ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

General Dynamics F-111 Aardvark/ Le Raven et le déficit en guerre électronique de l’Air Force

Destroyer Type 45, classe Daring/La défense antiaérienne britannique à la mer

APC/IFV Steyr Pandur II/ La recomposition du marché des 8x8

Critiques de lecture

Contre-insurrection. Théorie et pratique, de David Galula
La guerre moderne de Roger Trinquier
Penser l’Océan avec Midway de Guy Labouérie
Les Cahiers du RMES, Vol. 4, n° 2, hiver 2007-2008.
Blogs francophones de défense : une explosion bienvenue

Thèse : la table des matières

Et voilà, la thèse est rentrée dans le répertoire des thèses électroniques de l'ULB. Je n'ai pas désiré qu'elle soit intégralement accessible - en ligne ou sur place -, par contre, sa table des matières l'est. Elle peut être consultée ici.

Succès des essais du plus petit missile du monde

Le Naval Air Warfare Center de l’US Navy a testé son missile Spike dans des conditions similaires à celles d’un lancement depuis un UAV, détruisant une cible mobile (un véhicule).

Ne devant pas être confondu avec le missile antichar israélien homonyme, le Spike américain a une longueur de 63 cm pour une masse de 2,6 kg. Engin « tire et oublie » il dispose d’un guidage par imagerie électro-optique.

La Navy ambitionne d’en acquérir à un prix unitaire inférieur à 5 000 dollars – devenant de la sorte le missile guidé le moins cher du monde -, de façon à pouvoir équiper ses mini-UAV.

Non, la nature de la guerre n'a pas changé...

J'avais déjà eu sur ce blog l'occasion de répondre à Philippe Monfils sur l'utilité des chars d'un point de vue technique. La Libre Belgique m'a donné l'occasion de faire de même mais, cette fois, j'ai pris un angle d'attaque plus conceptuel dès lors que le sénateur abordait la question de la "nature des conflits". Le résultat est paru ce matin et est à lire ici.

lundi 25 février 2008

Le chiffre du jour...

Est "600 millions (USD)". C'est le coût "seaworthy" d'un LCS-1 (classe Freedom). Il comprend la construction du bâtiment et une partie de son électronique et certains matériels achetés par ailleurs par le gouvernement.

Il ne comprend pas la R&D ni les modules de missions, estimés à 100 millions/pièce.

Avouez tout de même que ça fait fort de café pour une frégate légère qui, sans ses modules, ne dispose d'aucune capacité de combat autre que l'autodéfense...

dimanche 24 février 2008

Caedes

Terme latin que l'on pourrait traduire en termes plus contemporains par "poursuite prélable à l'anéantissement de l'adversaire". En l'occurrence, le - très sympathique - adversaire du jour est mon prochain ouvrage, dont je peaufine actuellement la conclusion.

Dans quelques heures, il partira vers mon directeur de collection... et il entamera sa vie propre. Terminer un ouvrage, finalement, est assez comparable à un accouchement : on est content d'en arriver à la fin, on est heureux d'avoir vécu la gestation et on a toujours un peu peur de ce que le "minot" deviendra.

Débat terrorisme sur RTBF

Le Mise au point de ce dimanche était consacré au terrorisme en Belgique. Vieux débat certes mais assez intéressant : on y a plus parlé stratégie que d'autre chose, ce qui n'est pas pour me déplaire.

De même, il semblerait même que l'on commence à parler sereinement de résilience. Pas de citation de votre serviteur certes mais un certain nombre de références faisant surface ça et là. Bon, et bien, reste à voir si ces déclarations d'intention passeront à la case "proposition de loi"...