lundi 12 octobre 2009

Si, si...

... je suis encore vivant. Entre une série de sauts sur Paris et les dernières touches à une révolution visible dès début décembre, j'ai encore le temps d'un peu de lecture. Pas suffisament à mon goût. Toutefois, sur ma table (de chevet), on peut retrouver :

- L'ouvrage de JJ Cécile sur les SAS. Hors d'oeuvre goûteux ;

- Allez hop, en consommé, le Paris nid d'espions de Roger Faligot. Ou comment les rues par lesquelles nous passons ont abrité nombre de "dirty little secrets" des SR, français ou autres ;

- Guerre et manoeuvre, sous la direction de Christian Malis : un vrai plat de résistance charnu comme on les aime ;

- et le petit dernier d'Inflexions, consacré au "corps guerrier". Savoureusement sociologique.

Bon, la semaine prochaine, comment devenir prix Nobel rien que pour vous encourager à éradiquer la pauvreté, faire gouzi-gouzi aux petits oiseaux et tous se donner la main pour un monde meilleur (grand sourire style "la vie est un long fleuve tranquille").

Faut-il donc que nous ayons tant d'espérance en les Etats-Unis (ce qui peut se comprendre) et si peu en nous (ce qui se comprend moins) ?

mercredi 7 octobre 2009

Un Harfang et 6 Sperwer de plus

Selon Alain Ruello des Echos ministre de la défense a annoncé l'achat (d'ici la fin de l'année) d'un 4ème drone MALE Harfang (le 3eme est toujours HS) mais aussi de 6 SDTI Sperwer d'occasion au Canada.

mardi 6 octobre 2009

L'amiral Lacoste et la stratégie des moyens

Au cours de la table ronde sur les publications de défense d'hier, l'amiral Lacoste est intervenu pour, notamment, souligner le manque de traitement des questions inhérentes à la stratégie des moyens en France. Malheureusement, le temps nous a manqué pour y répondre. Ceci dit, après un rapide calcul, je pense que ce traitement ne manque pas. Petit tour d'horizon :

- 500 articles de T&A/DSI-T ;

- 156 articles de la rubrique technologique de DSI (sans compter les articles inhérents à la rubrique armées, ceux de la rubrique stratégie où les moyens restent fréquemment abordés ni les news - DSI en compte environ 120 par numéro) ;

- 128 fiches techniques dans le DSI.

Soit, au total, 784 articles en environ 2.360 pages. Sauf votre respect, amiral, je pense que, s'il y a toujours moyen de faire mieux, nous ne nous en tirons pas trop mal !

lundi 5 octobre 2009

Quelques nouvelles du front

Et voilà, en avant-première, la couverture de notre prochain hors-série, qui devrait être dans les bacs vers le 15 octobre. Au menu, de la sécurité intérieure... ce qui ne veut pas pour autant dire qu'on ne traitera pas d'extérieure, que du contraire. Le rapprochement de l'interne et de l'externe vaut dans les deux sens.

Force est en effet de constater que les stratégistes ont pour partie délaissé un champ sécuritaire qui, au niveau des relations internationales, est toujours source de nombreux débats. Et qu'il est peut être temps d'importer "à l'intérieur" la force de frappe intellectuelle qui existe pour "l'extérieur". Au menu donc, que de l'exclusif et quelques interviews qui valent le détour.

Et pour le reste, votre serviteur est sur les charbons ardents : l'équipe finalise une vraie petite révolution, dont les auditeurs de la table ronde de ce soir à l'Ecole militaire devraient être les premiers informés. More to come, stay tuned ;o)

mercredi 30 septembre 2009

DSI n°52, octobre 2009 - le sommaire !



DSI n°52 – octobre 2009 - Disponible en kiosque dès le 30 septembre 2009
Editorial
Nominations et agenda
Veille contre-terroriste
Contrats du mois
Veille stratégique
La chronique de Carl von C. : « Un Rafale vaut mieux que deux KC-390 tu l’aura pas »

Sur le vif

Un an après la guerre avec la Russie. La Géorgie, cas d’école d’une pensée stratégique en évolution
Par Galia Glume, chercheure au centre d’étude des crises et des conflits internationaux de l’Université catholique de Louvain et membre du RMES et Marie Frenay, journaliste.

Guerre au sein des populations ?
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire

Stratégie

Afghanistan, automne 2009
Entretien avec Olivier Entraygues, lieutenant-colonel, doctorant en histoire des doctrines stratégiques, auteur de Afghanistan, 1979-2009. Une approche militaire de l’Afghanistan !

Forces terrestres en stabilisation : implications capacitaires
Par Anne-Henry de Russé, chef de bataillon au Laboratoire de Recherche sur la Défense, IFRI

Recul démographique : quelles conséquences pour les armées ?
Par le capitaine de frégate Erwan Roche, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Le Caméléon et la Salamandre. La transformation des unités des forces terrestres
Par le chef de bataillon Nicolas Delort, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense

Armées

La saga Avro au Canada. La « flèche » rompue
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Les transformations de l’Air Command canadien
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : l’Air Command canadien
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

FÉLIN. Le « fantassin du futur » se conjugue presque au présent
Par Véronique Sartini, journaliste

Focus sur quelques interrogations :
La question du poids
Les batteries
Le calendrier de livraison
Le coût du programme
Les perspectives export
Félin sera-t-il uniquement à destination des fantassins ?
Le programme va-t-il encore évoluer ?
Quels points restent encore (au dire des opérationnels) à maitriser pour Sagem ?
Félin V2 ?
Félin par rapport à ses concurrents ?

Le point sur le CENZUB (Centre d’Entrainement aux actions en Zones Urbaines)

Technologie

Vers le char de 4ème génération. Les armements terrestres turcs
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Du F-16 aux drones. L’aéronautique militaire
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Industrie navale turque : vers le décollage ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Fiches techniques

Automoteur d’artillerie ShKH-77 Dana/ L’industrie de défense slovaque

Patrouilleurs type Stanflex 300/Variation sur un concept

Boeing KC-135/ Le ravitaillement en vol, clé de la projection globale

Critiques de lecture

La stratégie de l’Iran. Entre puissance et mémoire de Mathieu Anquez

Satellites espions. Histoire de l’espace militaire mondial de Jacques Villain

Wired for War. The Robotics Revolution and Conflict in the 21st Century de Peter W. Singer

Seapower. Les fondements de la stratégie navale au 21ème siècle, de Joseph Henrotin

Piercing the Fog of War. Recognizing Change on the Battlefield de Brian L. Steed

Le feu dans le modèle de guerre occidental. De l’intégration tactique aux dommages collatéraux de Laurent Fromaget

jeudi 24 septembre 2009

Les publications de défense en débat

« RAYONNEMENT DE LA PENSÉE STRATÉGIQUE FRANÇAISE ET PUBLICATIONS DE DÉFENSE »

Programme du 5 octobre 2009

17h15 - Accueil des invités au 1 place Joffre et installation dans l’amphithéâtre Lacoste.

17h40 - Ouverture par le général Norlain, directeur de la revue Défense nationale et sécurité collective.

17h45 - Introduction des assises et de la table ronde par M. Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants.

18h00 - Table ronde présidée par M. François d’Orcival (Académie des Sciences morales et politiques) et animée par M. Jean-Dominique Merchet (Libération).

Panel constitué des rédactions des revues Agir, Cahiers de l’IRIS, Défense, Mars, DSI, Politique Internationale, Politique Étrangère, Sécurité Globale, Stratégique

Thèmes abordés : offre et demande françaises en matière stratégique. Quelles lignes éditoriales ? Évolution du lectorat et de l’audience nationale et internationale. Évolution des supports éditoriaux : quels problèmes résoudre ?

19h45 - Influence et rayonnement stratégiques de la France. Conclusion par M. François d’Orcival.

20h00-21h00 - Coquetèle amical dans la salle Aubry qui jouxte l’amphithéâtre Lacoste.

Inscription auprès de Mme Mounet au plus tard le 30 septembre 2009 - marie-helene-mounet@orange.fr - Tél. : 01 44 42 31 92

Feuilleter DSI et Diplomatie en ligne... c'est possible !

De retour d'un cours d'état-major de 4 heures - la thématique du jour pour les stagiaires était "Révolutions militaires et RMAs" - bien tassé, je suis tombé sur une de ces petites merveilles du net : un feuilleteur de magazines en ligne.

Du coup, vous pouvez visionner DSI ou Diplomatie - de quoi vous donner une idée du contenu sans, évidemment, pouvoir les lire intégralement. Après tout, ils ont été conçus pour être les plus abordables... et si les armées marchent sur leurs estomacs, les chercheurs aussi :o)

DSI : http://www.toutabo.com/dsi-defense-securite-internationale-p-2280.html

Diplomatie : http://www.toutabo.com/diplomatie-p-3144.html

mardi 22 septembre 2009

Algérie : commande de 6 FREMM... italiennes

La presse algérienne fait état de ce que les négociations avec la France portant sur l’achat de 4 frégates FREMM ont été interrompues (en fait, dès l’année passée) mais suivies de discussions qui auraient abouti avec l’Italie, portant cette fois sur 6 exemplaires du même type de bâtiment, pour 4 milliards d’euros.

Toujours selon la presse locale, les négociations franco-marocaines portant sur une FREMM ont constitué le prétexte d’un incident qualifié par Alger d’« intrusion de Rabat dans les négociations ». C’est à partir de 2011 que la marine algérienne recevra son premier bâtiment, manifestement équipé pour les missions ASM.

Au surplus, l’Algérie a signé un contrat portant sur 100 hélicoptères A-109 et AW139. Plus largement, tout en maintenant sa coopération militaire avec la France, l’Algérie cherche manifestement à accroître ses relations avec l’Italie (une semaine d’exercices aura lieu du 18 au 25 septembre au large des côtes italiennes).

vendredi 18 septembre 2009

ABM : fin de partie pour les GBI en Europe

Et voilà, la décision est rendue : Obama a annulé le déploiement de missiles GBI (Ground Based Interceptor) en Pologne, officiellement sur base de considérations stratégiques (l'incapacité iranienne à développer des ICBM). L'occasion pour moi de faire un petit passage sur Radio Orient (je pense qu'ils repassent l'interview vers 18h) entre deux articles.

Fondamentalement, à quoi s'en tenir ? Si le geste américain sera apprécié en Russie, ses raisons profondes sont bien plus complexes :

- Techniquement, les GBI n'étaient pas au point (une question sur laquelle G-H. Bricet des Vallons est revenu à plusieurs reprises dans DSI-Technologies - je ne détaille donc pas) ;

- Financièrement, les GBI et leurs infrastructures n'étaient certes pas un gouffre financier mais imposaient de divertir des budgets alors qu'une série d'investissements ne sont pas encore totalement stabilisés (JSF, LCS, FCS, etc.) et nombre de militaires (comme d'industriels) lorgnaient vers l'opportunité ;

- Fondamentalement, la menace iranienne est plus subtile que le déploiement d'ICBM dont elle ne disposera pas... avant pas mal de temps. Le futur déploiement nucléaire iranien est dit "du seuil" : disposer de l'ensemble des composants mais... "en pièces détachées". Soit prêts à être assemblés rapidement en cas de besoin. D'une pierre deux coups : Téhéran évite ainsi des sanctions internationales tout en s'assurant d'une dissuasion effective. A cet égard, le bouclier ABM reste une demi-mesure. A noter également que, dans leur analyses de la menace, les Américains étaient loin d'être unanimes : pour qui suit le débat stratégique outre-Atlantique, il est bien plus complexe que ce que laissent percevoir la perception que nous en avons en Europe. Paradoxalement, des "faucons" pouvaient être opposés au déploiement européen ;

- Surtout, le programme ABM US est loin de se limiter aux GBI et à leurs radars : ABL, SM-3, investissements dans l'Arrow israélien ou encore THAAD (sans compter l'arrivée des SBIRS de détection avancée) sont poursuivis (le cas de l'ABL étant toutefois particulier - là aussi, se référer à DSI-T permet d'en savoir plus). Il y a là une dynamique technologique qui reste inaltérée ;

- les conséquences sur les relations avec la Russie ont certes été évoquées mais d'autres conséquences ne manqueront pas de se faire sentir, cette fois au niveau français. Depuis 2008, l'inflexion vers le développement de segments de capacités ABM (entendons : autres qu'ATBM) était perceptible dans l'industrie (cf. le hors-série qui avait été consacré à la défense sol-air). Comment l'industrie va-t-elle réagir ?

- sur la dissuasion : comme le montre extrêmement brillament JP Baulon dans son dernier ouvrage, l'intérêt US pour les ABM est cyclique et correspond alors à des périodes de remise en question de la dissuasion "classique". Les décisions d'Obama confirment cette dynamique stratégique américaine... mais posent aussi la question de la date du "retour" des ABM stratégiques...

mardi 15 septembre 2009

Petit coup de zoom....

Sur le DSI du mois d'octobre, auquel l'équipe met la dernière main. Ne manquez pas l'excellente interview d'Olivier Entraygues, LCL au CEPC. Il vient de terminer un excellent ouvrage mettant en perspective aussi bien l'engagement soviétique que celui de l'OTAN en Afghanistan (panzérisant au passage la comparaison souvent effectuée entre les deux...) et remettant nos options dans la perspective, notamment, des développements contemporains de l'art de la guerre islamique. Franchement, c'est du très, très bon travail. J'y reviendrai.

Ne manquez pas non plus les articles consacrés à la Géorgie (Galia n'avait pas trouvé d'autres destination de vacances que la zone de front ;o) ou au FELIN, qui termine son EVTO par le CENZUB. Allez hop, du lourd pour nos lecteurs ;o)

A vos agendas !

Le CESA nous envoie quelques infos de manifestations à venir et qui me semblent particulièrement intéressantes :

Le 20 octobre 09
Les Rencontres Air et Espace du CESA
Le Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) organise une rencontre avec Monsieur Patrick FACON à l’occasion de la sortie de son ouvrage intitulé Histoire de l'armée de l’air. M. FACON présentera son livre dans l'amphithéâtre LOUIS de l'Ecole militaire de 14h30 à 17h00, en présence du chef d’état-major de l'armée de l’air, le général d’armée aérienne Jean-Paul PALOMEROS et du directeur du CESA, le général de brigade aérienne Jean-Marc LAURENT.
Ecole militaire, 1 place JOFFRE, 75007 Paris, Métro ligne 8, arrêt École militaire

Le 1er décembre 09
« Le fait aérien en Afghanistan »
Le 1er décembre 2009, le Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) réunit un colloque international sur le thème du fait aérien en Afghanistan. La manifestation est organisée autour de trois tables rondes qui portent sur le contexte politico-militaire régional, l’action interarmées de la coalition et, enfin, sur la façon dont la puissance aérienne s’exprime dans ce conflit irrégulier. Le colloque se tiendra à l’Ecole militaire, amphithéâtre Foch, de 8h30 à 17h00.
Ecole militaire, 1 place JOFFRE, 75007 Paris, Métro ligne 8, arrêt Ecole militaire

Dans les deux cas, l'inscription est obligatoire :
Par téléphone : 01 44 42 46 91
Par fax : 01 44 42 80 10
Mail : manifestation.cesa@inet.air.defense.gouv.fr

lundi 14 septembre 2009

En relisant Ralph Peters...

Et, en l'occurrence, une interview qu'il nous avait accordée en décembre 2006 (DSI n°21). Juste après un passage sur notre focalisation sur l'hyper-technologisme :

"Je préfèrerais pour ma part un panachage judicieux (et à la hauteur de nos moyens) entre des systèmes de défense de haute et de moyenne technologie. Les deux sont indispensables – autant la force numérique que l’avantage technologique. Si nous voulons nous préparer efficacement aux guerres à venir, nous devons avoir l’habileté et l’humilité d’accéder autant aux exigences de l’épouse que de la maîtresse. Nous devons nous préparer à gérer au quotidien les conflits asymétriques avec lesquels nous sommes mariés de gré ou de force, mais prévoir également de plonger tout d’un coup, et avec une intensité passionnée, dans les bras de cette maîtresse si séduisante dont le nom est : le conflit mondial. C’est un équilibre qu’il est vital d’entretenir" (p. 39).

Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais là... Il est difficile de ne pas phosphorer en le relisant...

DSI-Technologies n°19 - le sommaire



Sommaire DSIT 19 – août-septembre 2009 - en kiosque dès le 13 septembre 2009

Editorial

Tendances

Persistance et maîtrise du temps au cœur du champ de bataille. Les drones comme instruments de contrôle des présents
Par Christophe Pajon, chercheur au Centre de Recherche de l’armée de l’Air (CReA/EOAA), et Grégory Boutherin, officier de l’armée de l’Air (Centre de Recherche de l’armée de l’Air, CReA/EOAA).

Le renouveau des Wargames ?
Par Jean-Loup Samaan, docteur en science politique, et Lionel Benatia, consultant en gestion de crises

Exportations d’armement : quelle place pour ODAS ?
Entretien avec Alain Oudot de Dainville, amiral (2S), PDG d’ODAS

Air

Des Mirage 2000 jusqu’en 2030 !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

La famille Hawk de British Aerospace
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Les LIFT vont-ils décoller ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

ABM et sécurité nationale aux États-Unis (Première partie)
Entretien avec Jean-Philippe Baulon, docteur en histoire, auteur de L’Amérique vulnérable ?

Le « regretté » AS-37 Martel antiradar
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Carte : Les chars de bataille principaux (MBT) dans le monde

Terre

Le programme FIST
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Quelles mutations pour les forces spéciales ?
Entretien avec Pascal Le Pautremat, docteur en histoire, auteur de Les guerriers de la République. Forces spéciales et services secrets français, 1970-2009

SEP : la modularité à la suédoise
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

La FN Herstal Minimi, un succès mondial
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

SWORDS et MAARS, les premiers robots de combat terrestres
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Mer

Modularité, marsupialisation et réticulation : quelques remarques sur les tendances technologiques animant les marines
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

L’ATV Arihant : les premiers pas de Delhi dans le domaine des SNLE
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Premiers essais à la mer pour l’USS Independence
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

La morsure de la tarentule. L’évolution des corvettes russes
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI, et Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

mercredi 9 septembre 2009

Le CHOD belge au ministre : vers le "non" ?

Selon Le Soir, le général Charles-Henri Delcour, Chief of Defence belge (chef d'état-major des armées), se serait dit prêt à mettre son "veto" à toute nouvelle demande de son ministre de la Défense, Pieter De Crem, en matière de déploiement de nouvelles forces à l'étranger, ou à amplifier quelque mission existante.

Le geste est inédit, "d'une extrême gravité" selon des observateurs : "un tel veto, cela ne s'est jamais produit. L'armée qui dit non à son politique de tutelle, ce serait une première...". Toujours selon Le Soir, le CHOD a fait part de cette menace devant trois représentants des syndicats le 16 juillet dernier. Les militaires en Afghanistan n’ont, entre autres, pas assez de gilets pare-balles : "ils doivent se les échanger".

Alors, derrière les commentaires alarmistes, comment lire cette "rebéllion" (qui reste par ailleurs à confirmer) ? Premières remarques sur le contexte :

1- Pas de chance pour De Crem : celui qui, à mon sens, a été le seul ministre de la défense belge valable de ces 20 dernières années (pour le reste de ces options politiques, notamment dsur BHV, je reste très dubitatif) fait face à une armée.... dépouillée. Les réformes à répétition de ces 20 dernières années n'ont été qu'une suite d'ajustements financiers, l'état-major essayant de limiter la casse. Mais le vrai problème réside dans la perception qu'à le politique de l'armée, dont le budget est considéré non comme une nécessité mais bien comme une variable d'ajustement structurelle...

2- De fait, le moral est bas, malgré un véritable professionalisme et un taux d'engagement en opérations extérieure plus que raisonnable. Mais le politique, depuis la grande réforme de 1999 n'a pas honoré ses promesses d'indexation du budget défense. En conséquence, la transformation initiée par André Flahaut n'a pu être menée à son terme et le budget équipement est le grand perdant. De toutes les nations OTAN, la Belgique (malgré 10 milions d'habitants, ce qui est loin d'en faire un "petit pays" de l'Union, plutôt un "moyen") est la dernière en terme de pourcentage du budget consacré aux équipements. C'est dire...

3- Le moral est d'autant plus bas que les débats politiques sur les questions de défense sont... quasi-anémiques et se focalisent surtout sur la question afghane (au surplus, uniquement sous l'angle des pertes). De ce point de vue, la perception qu'ont les militaires du niveau politique est problématique : ils sont tiraillés entre la fidélité à l'Etat et le manque de considération des élus pour eux...

4- Le contexte récent à toute son importance. Les dernières déclarations du ministre du budget son sans appel : "le pays est dans une situation de faillite virtuelle". Ce qui laisse légitimement craindre pour le budget de la défense. Or, le ministère a déjà embrayé depuis quelques temps : une note confidentielle sur la réduction des effectifs et la nécessité de fermer plusieurs implantations a été récemment éventée.

5- CHOD/ministre, ce n'est peut être pas ce que l'on pourrait croire : le torchon brûle-t-il entre le ministre et son CHOD ? Pas nécessairement. Jusqu'ici, les CHOD avaient été tèrs prudents dans l'énonciation de leurs critiques. Les anciens ministres de la défense continuaient alors de ne pas réclamer plus d'argent au conseil des ministres. Ici, la situation est peut être toute autre : De Crem pourrait bien être le seul à réclamer plus d'argent. Ou, en tous cas, à exiger que l'on ne touche pas à son ministère, déjà sérieusement sous pression...

6- Mais pour cela, il faut prendre les devants. De fait, la part prise par le personnel dans le budget reste trop importante. La focalisation excessive sur des conceptions de type "lorsque l'on rentre à l'armée, c'est pour en sortir à la retraite" perdure largement. Et le plan Flahaut de Carrière mixte (qui aurait abouti à un ratio d'environ 10.000 civils pour 30.000 militaires) n'a fait que faire perdurer cette culture bien particulière. Seul problème : que faire avec autant de civils (dès lors, en particulier, que plusieurs fonctions sont déjà externalisées) ?

7- Aussi, ce qui est en train de se passer est peut être, plus qu'une révolution politique, une révolution managériale sur laquelle, en interne, pas mal de monde s'entend. Trop souvent, la carrière militaire est percue comme une carrière certes sympathique mais où, finalement, on ne peut vous dégager. En somme - et plusieurs politiques le pensent - un endroit permettant d'éviter que des gens n'aillent grossir les rangs du chômage. Peu importe, dans ce cas, les contraintes opérationnelles ou celles que font peser la masse salariale sur les équipements....

8- Or, ce n'est pas un coup d'Etat qui nous attend (contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture bien trop rapide de la presse) qu'un schisme profond entre deux armées : l'une, motivée, opérationnelle et alternant rapidement les rotations entre théâtres extérieurs (nous n'en sommes pas encore au stade britannique mais la fatigue commence à s'installer) et... des simili-fonctionnaires. Or, De Crem et le CHOD sont tous les deux dans une optique de recherche de l'efficacité. Ce qui se passe pourrait donc bien, en réalité, relever de stratégies certes légèrement différentes pour les deux hommes mais, peut être visant un objectif similaire...

mardi 8 septembre 2009

FAS : la TDM est en ligne

Juste un petit mot pour vous dire que la table des matières de Forces Aériennes Stratégiques est en ligne sur Stratisc, y compris la préface du Président de la République, de même que l'introduction de l'ouvrage. Bonne lecture !

Pensée stratégique et SACT : de quelques symboles

Les lecteurs de DSI le savent, la recherche sur les questions stratégiques n’est pas un luxe d’intellectuels – par ailleurs rarement en chambre. De fait, le Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale a initié une réflexion nouvelle, appelant notamment à poursuivre dans la voie de l’analyse et de la prospective. De ce point de vue, deux événements semblent, en ces mois de septembre et octobre, se téléscoper.

1) L'optimalisation des structures de la recherche stratégique

Créé à l’initiative du ministère de la défense, l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) a souhaité inaugurer ses activités par une journée d’étude consacrée à ces nouveaux défis, qui s’inscrit dans le cadre d’une « semaine de la pensée stratégique » organisée à l’école militaire sous le haut patronage du ministre de la défense.

Elle sera précédée le 5 par une réflexion sur les « publications de défense et le rayonnement de la pensée stratégique » et suivie le 7, d’une journée dite « confluences de l’IRSEM », destinée à favoriser et développer les relations entre spécialistes civils et militaires de la réflexion stratégique. C’est également le 6 octobre que sera inauguré le CDEM – Centre de Documentation de l’Ecole Militaire – que l’IRSEM partagera avec le CSFRS (Conseil Supérieur Français de Recherche Stratégique). Ce dernier est issu du rassemblement de l’IHEDN, du CHEAR, de l’IHNES et de l’IERSE, prôné dans le « rapport Bauer ».

De quoi effectivement et considérablement renforcer les capacités françaises de recherche stratégique. L’IRSEM est quant à lui rapidement monté en puissance. Rassemblant des structures de recherche déjà existantes (CEREM, C2SD, CEHD et CHEAr), l’objectif visé est le renforcement, en France, d’une pensée stratégique et de défense novatrice et de haut niveau, répondant aux besoins exprimés par les responsables du ministère comme aux exigences scientifiques de la communauté académique, au travers de 4 missions :

- le renforcement de la recherche française en matière de défense, par la production d’études internes, la proposition de commande et le pilotage d’études EPS, au bénéfice de l’expertise du ministère de la défense,

- l’encouragement aux jeunes chercheurs sur les questions de défense, afin de favoriser l’émergence d’une relève française en matière d’études stratégiques.

- le rayonnement et la diffusion de la pensée stratégique française en Europe et à l’international, ainsi que son inscription dans les réseaux internationaux en la matière, grâce à un renforcement de la relation avec le monde de la réflexion sur les questions de défense : Université, recherche, think tanks, en France et à l’étranger ;

- le soutien à l’enseignement militaire supérieur.

Aussi, A l’horizon 2012, l’IRSEM devrait rassembler 49 personnes dont environ 35 chercheurs. Il sera constitué d’une équipe de direction, d’une direction des études rassemblant 8 directeurs de domaines d’études et d’un pool de recherche comptant 24 chargés d’études ; le tout soutenu par une équipe d’assistance à la recherche de 9 personnes. L’équipe dirigeante est composée du professeur Charillon, directeur, du professeur Ramel, directeur scientifique et du général (2S) Beyer, secrétaire général ; elle sera complétée ultérieurement par la désignation d’un président.

L’activité recherche de l’institut, s’articule autour de 8 domaines d’études : nouveaux conflits (colonel Goya) ; pensée stratégique et nouveaux concepts ; armement et prolifération ; sécurité européenne et transatlantique ; sécurités régionales comparées (amiral (2S) Dufourcq) ; défense et société ; histoire de la défense et de l’armement (professeur Romer) ; enjeux juridiques de la défense (professeur Pancracio).

2) Le baptême du feu du général Abrial à l’ACT…

Cette évolution pour le moins radicale des structures de la recherche stratégique en France – qui ne mettra aucunement en danger les centres de recherche préexistants – devrait mettre le pays dans un « ordre de bataille intellectuel » d’autant plus nécessaire que la prise de fonction du général Abrial comme commandant de l’Alied Transformation Command (soit comme SACT) va mettre à l’épreuve la « French touch » en matière de pensée stratégique. Il a pris ses fonctions le 9 septembre 2009, à bord du porte-avions Eisenhower (« Ike » a, en son temps, été le premier SACEUR), succédant ainsi au général Mattis – que nos lecteurs connaissent bien, notamment pour ses vues critiques sur les opérations basées sur les effets.

L’événement, à cet égard, est exceptionnel : depuis la création de l’OTAN en 1949, c’est la première fois qu’un général non-américain prendra la tête d’un des deux commandements stratégiques de l’OTAN. Basé à Norfolk, le général devra piloter la réforme des armées OTAN, non seulement des points de vue de l’expression des besoins – domaine qui reste encore largement du ressort national – mais également du point de vue doctrinal. C’est dire si l’arrivée d’Abrial constitue une véritable révolution : avec lui, c’est la tête pensante de l’OTAN qui devient française. Reste, cependant, quelques écueils potentiels à ce tableau idyllique.

SACT sous la loupe américaine

Premièrement, l’influence de la pensée américaine reste vivace et ce n’est sans doute pas un hasard si le général Abrial, issu d’une armée de l’Air plus réceptive que les autres armées aux conceptions US a été choisi. Nonobstant ses réelles qualités humaines, intellectuelles et de commandement, il apparaît également comme un « choix diplomatique » bienvenu afin de ne pas choquer outre-mesure des Américains… Qui se plient certes aux positions de Washington mais qui n’en restent pas moins, parfois, assez peu courtois.

Au général de dégotter, par exemple, un logement de fonction. Et aux journalistes devant couvrir sa prise de fonction de trouver plus vite que ça un visa spécifique, tellement kafkaïen que l’ambassade US à Bruxelles demandait les 3 dernières fiches de salaire… afin de prouver la capacité des journalistes à couvrir leurs frais. Pour un séjour de moins de 24 heures, on avouera qu’il fallait oser.

Plus sérieusement, nombreux seront les défis pour le nouvel ACT. L’Afghanistan, d’abord. La poursuite des réflexions se montre indispensable, en particulier dans un contexte ou l’opinion publique et les médias ne cessent de remettre en question la pertinence des choix non seulement français mais aussi otaniens.

Deuxièmement, l’évolution de l’Alliance elle-même, un nouveau concept stratégique devant être présenté au prochain sommet de l’organisation. Là, les défis se multiplient. Bruxelles s’engage dans des missions et des conceptions qu’elle avait peu investigué par le passé. La piraterie maritime, la protection des infrastructures critique sont notamment au menu.

Sans encore compter les défis plus « classiques »… à commencer par une prolifération nucléaire qui n’est plus guère ralentie par le Traité de Non-Prolifération. En somme, c’est un véritable défi qui attend le général… dont l’action, à n’en pas douter, sera scrupuleusement observée par les autres partenaires de l’OTAN, à commencer par les Américains eux-mêmes… En un mot donc, good luck, general - We're with you !

lundi 7 septembre 2009

Feu orange-vert pour le Rafale

Juste une petite remarque sur les Rafale brésiliens :

Le Brésil s'engage a négocier l'achat de 36 Rafale. Comparativement, la France achètera 12 KC390. Si la vente se conclut - j'insiste sur le "si" (sans vouloir jouer à l'oiseau de mauvais augure, ce ne serait pas la première fois que des négos, même très avancées seraient interrompues) - c'est évidemment une bonne nouvelle. Pour le reste, attendons de voir ce que l'AdA entend faire de ses nouveaux appareils... qui eux aussi n'ont pas encore volé...

Le DAOS devient le 4ème RHFS

Nos lecteurs s'en souviendront peut-être, à la fin de l'article que Véronique Sartini consacrait au Détachement Air des Opérations Spéciales (DAOS) de l'armée de Terre, en janvier 2009, la question de la "transformation" en régiment du DAOS était posée.

Il faut croire qu'elle a été entendue : le détachement est officiellement devenu, le 1er août, le 4ème Régiment d'Hélicoptères des Forces Spéciales. Ce qui, au vu du nombre de machines et d'effectif, semble constituer un choix judicieux. Le nouveau régiment attend maintenant la prise d'armes et la remise du drapeau de l'unité... et la visite du CEMAT. Un bon vol à tout le monde !

Serge Gadal analyse les FAS

Dans son dernier ouvrage, Serge Gadal, chargé de recherche à l'ISC (et déjà auteur d'un excellent ouvrage sur William Sherman), revient sur les Forces Aériennes Stratégiques :

"De 1964 à nos jours, les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) ont joué un rôle capital dans la mise en oeuvre de la politique de dissuasion nucléaire de la France, garantie principale de son indépendance. Du mythique Mirage IV au Rafale, en passant par les missiles du plateau d’Albion, le Mirage 2000N et le fidèle ravitailleur C-135FR, l’outil militaire qu’a bâti notre pays, sous l’impulsion initiale du général de Gaulle, sans l’aide d’aucune puissance étrangère, force l’admiration. Aucune étude historique d’envergure n’avait encore été publiée sur ce sujet. Ce livre, qui prend en compte les témoignages, pour la plupart inédits, d’anciens des FAS, répare cet oubli et raconte l’aventure de ces pionniers de la dissuasion en replaçant l’évolution des matériels et des doctrines dans le contexte politique et stratégique de l’époque".

Préfacé par Nicolas Sarkozy, Forces aériennes stratégiques (Coll. Bibliothèque stratégique, Economica, Paris, 2009, 400 p.) est déjà disponible sur Amazon.

samedi 5 septembre 2009

Guardian Falcon : 780 missions et une trentaine de tirs

C'est le 2 septembre 2008 qu'ont été envoyés, pour la deuxième fois, 4 F-16 (2 autres les ont rejoint depuis lors) de la Force Aérienne (1). Ils étaient par contre basés, pour la première fois, depuis Kandahar. Depuis, ils ont, selon La Libre Belgique, accumulé 2.500 heure de vol au cours de 780 sorties - soit environ une mission de deux appareils/jour.

Les appareils ont participé à 116 engagements, dont 3/4 de show of force, tandis que des munitions ont été tirées "à une trentaine de reprises". Fait remarquable, "aucune victime innocente n'est à déplorer parmi la population locale lors de ces interventions". L'ensemble appelle plusieurs commentaires de ma part :

-1 : d'abord, sur la politique de communication (et petite parenthèse dans le débat stratégique). Depuis l'arrivée de De Crem, des points presses sont tenus plus fréquemment. Plus de détails y sont donnés que par le passé. En ce sens, si la CGSP défense (syndicat socialiste) indiquait dans son dernier "Info défense" qu'elle n'était pas d'accord avec moi sur la plus grande clarté des infos (tout en me rejoignant sur l'importance de la recherche stratégique - ce sur quoi je les remercie : ça fait du bien de se sentir soutenu !), je maintiens néanmoins. Aussi, si les parlementaires ne lisent pas la presse, spécialisée ou non, il est évident qu'ils se montreront étonnés de l'activité belge ou, plus largement, ISAF sur place...

-2 : sur l'utilité du show of force (SOF) et, plus généralement, sur l'utilisation des forces aériennes en COIN. C'est une thématique sur laquelle j'aimerais revenir dans un bouquin (et sur laquelle je vais pouvoir martyriser mes étudiants courant octobre). Grosso modo, le SOF est une mesure certes efficiente - une preuve de plus d'une dissuasion tactique - mais naturellement temporaire.

Elle permet de volatiliser l'adversaire dans l'espace mais de façon uniquement transitoire - ce qui n'en est pas moins utile, évidemment. Ce qui tend à me renforcer dans mes convictions sur l'importance que la persistance (et, plus généralement, le rôle du facteur temps) peut avoir pour l'art de la guerre.

Si je reviens dessus dans Airpower et Seapower, elle montre aussi que si nous avons conquis le facteur géographique, le temporel reste une terra (partiellement) incognita. De ce point de vue, je vous renvoie à l'excellent article de Gregory et Christophe, dans le prochain DSI-T.

3 : sur le débat portant, pour les forces aériennes, sur l'opposition entre engagements "de haute intensité/classiques/réguliers/symétriques" et celui sur les engagements "de basse intensité/non conventionnels/irréguliers/asymétriques" (qui irrigue notamment Alliance Géostratégique ce mois-ci).

Outre que ces catégories tendent à se brouiller - vertus de la techno-guérilla faisant - elles doivent aussi être analysées par le concret des engagements et ce qu'ils signifient pour la préparation des pilotes - et pas uniquement en termes de choix technologiques. Ici, les informations sur l'activité de la FAé sont intéressantes : rotations de personnels aidant, ce sont pas moins de 53 pilotes qui sont, jusqu'ici, intervenus en Afghanistan - soit une part non négligeable des pilotes FAé.

Autrement dit, lorsque je donnais mon cours de stratégie aérienne théorique l'an passé, seuls quelques-uns dans la salle voyaient concrètement (soit au-delà de ce qu'ils avaient lu ou discuté) de quoi on parlait lorsqu'on évoquait le COIN. Cette année, les gars seront déjà bien au courant d'une série de facteurs, de tendances et de constantes. Si c'est une "génération COIN" qui se lève, c'est aussi une génération qui a connu le combat - et non les seuls entraînements - et appliqué des procédures qui rentrent dans un cadre non seulement COIN mais, également "classique".

En d'autres termes - on y viendra peut-être au cours de la table ronde "maîtrise aérienne" que j'animerai aux prochaines Université d'été de la défense, le débat ne se pose pas tellement en termes de "compétences COIN" Vs. "compétences classiques" mais en termes de différences "vécues" par les forces aériennes, que ce soit en planification ou en exécution. Or, force est aussi de constater que là aussi, les modes d'engagement évoluent.

Pression technologique faisant (guerre réseaucentrée, volume d'information et de communication), le "flex targeting" (recours aux forces aériennes "à la demande") devient standard. Et ce, on l'a vu en Irak ou au Kosovo, aussi bien en engagements réguliers comme irréguliers. Les bons vieux "raids" préplanifiés existent toujours (en phase d'ouverture principalement) mais force est aussi de constater qu'ils nécessitent moins de compétences.

Le plus dur reste d'intervenir "à la demande" dans une des innombrables vallées qui constitueraient une zone d'engagement potentielle, en opérant le choix de munitions le plus approprié, en faisant gaffe à ses arrières (y compris dans les stratégies contre-aériennes des guérillas), à la position des "amis", à celle d'adversaires bien moins visibles que des chars, en tenant compte des ROE et, last but not least, en restant méchamment concentré après un vol de plusieurs heures qui vous endolorit.

Le COIN, de ce point de vue et pour les forces aériennes, pourrait ne pas signifier une perte de compétences air-sol mais bien les accroître - y compris face à la menace antiaérienne. Après, bien évidemment, reste la question de la supériorité aérienne. C'est évidemment autre chose... Mais c'est aussi pour cela que les entraînements sont faits.

Après tout, depuis 1945, les seuls engagements air-air d'une force aérienne européenne continentale l'ont été (je peux faire une erreur) en 1991, 1992 et 1999. As-t-on pour autant perdu les compétences acquises durant la 2ème GM ? Le résultat dis tout : aucune perte pour nous et des adversaires au tapis. Comme le disait si bien Nimitz : training, training, training...

(1) En théorie, nous sommes sensés parler de "composante air" depuis la réforme "joint". Concrètement, "FAé" reste largement utilisé.