vendredi 15 février 2008
Slow down
D'ici 74 heures exactement, je serai sur le point de rentrer dans la salle où aura lieu ma soutenance. Voilà qui explique une petite baisse de régime de ce blog. Yoda s'empare à nouveau de moi et mon cerveau est repassé en mode "CHKDSK". Amusant, cette sensation d'impatience, de léger trac (et oui !) et de décontraction...
jeudi 14 février 2008
90 mm : les prix
La dernière séance de la Commission de la défense nationale belge, qui s'est déroulée hier, a permis d'en savoir un peu plus sur les contrats portant sur les AIV et les canons de 90mm.
Selon, le ministre, la première tranche de 132 véhicules a ainsi coûté 404,4 millions d'euros (hors tourelles). Les deux tranches conditionnelles sont d'un montant de 226 et 70 millions d'euros. En cas d'annulation des tranches conditionnelles, il en coûterait 40 millions à la Belgique. Au final, les 242 véhicules reviendraient donc à 700 millions d'euros (l'hypothèse haute évoquée précédement).
Le ministre a également indiqué que "De prijs van de configuratie AIV DF90, met 90mm kanon, bedraagt 69,9 miljoen euro. Donc, le prix de la configuration AIV DF 90 s'élève à 69,9 millions d'euros". Ce qui laisse pendantes plusieurs hypothèses :
- sachant qu'un AIV coûte 2,93 millions/pièce (soit 400,4/132) et que 18 sont commandés, le reliquat serait d'environ 1 million pour chaque tourelle ;
- il peut tout aussi bien s'agir du prix de 40 tourelles (qui reviendraient alors à 1,745 millions/pièce).
En tout état de cause, le prix d'une tourelle serait égal ou supérieur à un Léopard 2. Ce que semblent avoir compris, à la lecture du compte-rendu, la plupart des parlementaires présents. Les échanges ont été houleux, l'ancien ministre de la défense s'en prenant à Denis Ducarme (en le traitant de "représentant de commerce" (parce qu'il a cité le Leopard...) qui en appelle à mon audition en commission ainsi qu'à celle de Marc Pirlot, professeur de balistique à l'Ecole Royale Militaire. Réponse d'A. Flahaut : "S'agissant des experts cités par M. Ducarme, il faudrait sans doute en ajouter d'autres, qui diront exactement le contraire". Vraiment sûr ?
Selon, le ministre, la première tranche de 132 véhicules a ainsi coûté 404,4 millions d'euros (hors tourelles). Les deux tranches conditionnelles sont d'un montant de 226 et 70 millions d'euros. En cas d'annulation des tranches conditionnelles, il en coûterait 40 millions à la Belgique. Au final, les 242 véhicules reviendraient donc à 700 millions d'euros (l'hypothèse haute évoquée précédement).
Le ministre a également indiqué que "De prijs van de configuratie AIV DF90, met 90mm kanon, bedraagt 69,9 miljoen euro. Donc, le prix de la configuration AIV DF 90 s'élève à 69,9 millions d'euros". Ce qui laisse pendantes plusieurs hypothèses :
- sachant qu'un AIV coûte 2,93 millions/pièce (soit 400,4/132) et que 18 sont commandés, le reliquat serait d'environ 1 million pour chaque tourelle ;
- il peut tout aussi bien s'agir du prix de 40 tourelles (qui reviendraient alors à 1,745 millions/pièce).
En tout état de cause, le prix d'une tourelle serait égal ou supérieur à un Léopard 2. Ce que semblent avoir compris, à la lecture du compte-rendu, la plupart des parlementaires présents. Les échanges ont été houleux, l'ancien ministre de la défense s'en prenant à Denis Ducarme (en le traitant de "représentant de commerce" (parce qu'il a cité le Leopard...) qui en appelle à mon audition en commission ainsi qu'à celle de Marc Pirlot, professeur de balistique à l'Ecole Royale Militaire. Réponse d'A. Flahaut : "S'agissant des experts cités par M. Ducarme, il faudrait sans doute en ajouter d'autres, qui diront exactement le contraire". Vraiment sûr ?
mercredi 13 février 2008
Les 90 mm au programme de la Commission "Achats militaires"
Le système législatif belge est ainsi fait que la Chambre dispose à la fois d'une commission de la défense nationale et d'une commission "achats militaires" dont les discussions se déroulent à huis clot.
Or, cette dernière semble bel et bien avoir été convoquée à l'initiative de l'un de ses membres, afin qu'elle se réunisse le 20 février, pour une réunion portant... sur les canons de 90 mm.
Si l'on ne sait pas encore ce qu'il s'y dira, les premiers échos des travaux de la task-force mise en place par Pieter De Crem sur le dossier pourraient y être entendu. Contrairement à ce qu'affirmait Le Soir, le ministre n'est pas revenu sur sa décision d'annuler la commande des tourelles LCTS-90 et une partie des Piranha IIIC : il avait juste indiqué que ce type de décision devait se prendre en Conseil des ministres.
Et, de fait, les travaux de la task force se poursuivent, visant à examiner les conditions d'une annulation d'une série de contrats. De facto, lorsque l'on considère les prix du marché d'occasion pour une série d'engins plus adaptés aux besoins des armées européennes dans les 20 à 30 ans (voir nos précédents posts), l'ont se dit - en ces temps de rigueur budgétaire - qu'il est relativement facile d'économiser beaucoup d'argent.
Reste, cependant, à examiner dans quelle mesure la Commission va effectivement travailler en ce sens. L'élément politique joue ici à plein. Or, son président et 3 membres (sur un total de 14) sont membres du CD&V, le même parti que le ministre de la Défense. Deux sont MR (dont le programme mentionnait la possible acquisition de Leopard II d'occasion) dont un provient de la région de Liège (où est sise CMI, qui fabrique les tourelles et procède à l'intégration sur Piranha IIIC). Deux sont PS (dont un liégeois). Le seul représentant CDH est brabaçon et, donc, a priori peu concerné par la problématique.
Dans le même temps, reste à examiner quelle sera la position des partis - au rôle particulièrement important en Belgique. Si le PS soutient le 90 mm et son couplage à l'AIV comme les éléments liégeois du MR (en dépit pourtant du programme "défense" du parti), il n'est pas impossible que sa position évolue... sous la pression conjuguée de la nécessité de maintenir la cohésion gouvernementale (par rapport à laquelle le PS est moins sensible) mais aussi d'un changement de position sur le fond.
En tout état de cause, nous ne manquerons pas de vous tenir informé.
Or, cette dernière semble bel et bien avoir été convoquée à l'initiative de l'un de ses membres, afin qu'elle se réunisse le 20 février, pour une réunion portant... sur les canons de 90 mm.
Si l'on ne sait pas encore ce qu'il s'y dira, les premiers échos des travaux de la task-force mise en place par Pieter De Crem sur le dossier pourraient y être entendu. Contrairement à ce qu'affirmait Le Soir, le ministre n'est pas revenu sur sa décision d'annuler la commande des tourelles LCTS-90 et une partie des Piranha IIIC : il avait juste indiqué que ce type de décision devait se prendre en Conseil des ministres.
Et, de fait, les travaux de la task force se poursuivent, visant à examiner les conditions d'une annulation d'une série de contrats. De facto, lorsque l'on considère les prix du marché d'occasion pour une série d'engins plus adaptés aux besoins des armées européennes dans les 20 à 30 ans (voir nos précédents posts), l'ont se dit - en ces temps de rigueur budgétaire - qu'il est relativement facile d'économiser beaucoup d'argent.
Reste, cependant, à examiner dans quelle mesure la Commission va effectivement travailler en ce sens. L'élément politique joue ici à plein. Or, son président et 3 membres (sur un total de 14) sont membres du CD&V, le même parti que le ministre de la Défense. Deux sont MR (dont le programme mentionnait la possible acquisition de Leopard II d'occasion) dont un provient de la région de Liège (où est sise CMI, qui fabrique les tourelles et procède à l'intégration sur Piranha IIIC). Deux sont PS (dont un liégeois). Le seul représentant CDH est brabaçon et, donc, a priori peu concerné par la problématique.
Dans le même temps, reste à examiner quelle sera la position des partis - au rôle particulièrement important en Belgique. Si le PS soutient le 90 mm et son couplage à l'AIV comme les éléments liégeois du MR (en dépit pourtant du programme "défense" du parti), il n'est pas impossible que sa position évolue... sous la pression conjuguée de la nécessité de maintenir la cohésion gouvernementale (par rapport à laquelle le PS est moins sensible) mais aussi d'un changement de position sur le fond.
En tout état de cause, nous ne manquerons pas de vous tenir informé.
Des Rafale pour le Brésil ? (2)
Nous avions déjà évoqué ici, le 8 novembre 2007, la possibilité d'une vente française de Rafale au Brésil. Nous terminions alors la note en indiquant que les Brésiliens estimaient que des transferts technologies seraient indispensables.
Il s'avère aujourd'hui que la France a franchi un pas symbolique important, lorsque N. Sarkozy, en visite en Guyane, a déclaré "J'ai dit au président brésilien que sur la question des sous-marins nous étions prêts à ce qu'un des sous-marins Scorpène soit fabriqué au Brésil, que sur la question des avions de combat comme des hélicoptères nous étions prêts à organiser les transferts de technologie pour que des hélicoptères et des avions de combat - je pense notamment au Rafale - soient fabriqués au Brésil".
Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire mais a souligné toutefois qu'il avait toujours eu "une tradition de grande coopération avec le Brésil et qu'(il) était disposé à étudier les souhaits de son client". La porte est donc ouverte. Un premier effet de l'effort français de restructuration des exportations d'armement qu'examine Véronique Sartini dans le dernier numéro de Technologie & Armement ?
DSI avait été le premier magazine français à faire état de la possibilité de cette vente.
Il s'avère aujourd'hui que la France a franchi un pas symbolique important, lorsque N. Sarkozy, en visite en Guyane, a déclaré "J'ai dit au président brésilien que sur la question des sous-marins nous étions prêts à ce qu'un des sous-marins Scorpène soit fabriqué au Brésil, que sur la question des avions de combat comme des hélicoptères nous étions prêts à organiser les transferts de technologie pour que des hélicoptères et des avions de combat - je pense notamment au Rafale - soient fabriqués au Brésil".
Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire mais a souligné toutefois qu'il avait toujours eu "une tradition de grande coopération avec le Brésil et qu'(il) était disposé à étudier les souhaits de son client". La porte est donc ouverte. Un premier effet de l'effort français de restructuration des exportations d'armement qu'examine Véronique Sartini dans le dernier numéro de Technologie & Armement ?
DSI avait été le premier magazine français à faire état de la possibilité de cette vente.
La phrase du jour
"Vous n'avez pas besoin d'aimer le monde qui vient... Il vient."
Chateaubriand, en tête d'introduction du dernier ouvrage de l'amiral Labouérie
Chateaubriand, en tête d'introduction du dernier ouvrage de l'amiral Labouérie
Un petit coup d'ailes...
... et me voilà de retour en France pour le bouclage du DSI de mars avant de rentrer à Bruxelles samedi, histoire d'aborder la dernière ligne droite avant la défense de thèse de lundi.
A ce propos, si des lecteurs de ce blog envisagent de faire un tour à l'ULB ce lundi, qu'ils n'oublient pas de me laisser un petit mot, histoire de correctement calibrer la logistique du traditionnel "pot" post-défense. Si les armées marchent sur leurs estomacs, les doctorants aussi.
Stay tunned !
A ce propos, si des lecteurs de ce blog envisagent de faire un tour à l'ULB ce lundi, qu'ils n'oublient pas de me laisser un petit mot, histoire de correctement calibrer la logistique du traditionnel "pot" post-défense. Si les armées marchent sur leurs estomacs, les doctorants aussi.
Stay tunned !
lundi 11 février 2008
Nos amis les véhicules d'appui : précision

En regard du dossier des AIV/90 mm, plusieurs lecteurs m'avaient demandé quel était le prix d'un chasseur de char Centauro (8x8 + 105mm ; en photo). Il se trouve que l'Espagne vient d'en commander 8 exemplaires, de même que la modernisation de 21 autres de ses véhicules pour 23,2 millions d'euros.
Toujours dans la même série, cette fois sur le plan "modernisation", l'US Army va convertir 20 M-1A1 en M-1A2 SEP V2 pour 39 millions de dollars. 435 A1 devraient subir ce "reset".
Toujours dans la même série, cette fois sur le plan "modernisation", l'US Army va convertir 20 M-1A1 en M-1A2 SEP V2 pour 39 millions de dollars. 435 A1 devraient subir ce "reset".
Afghanistan : nouveaux déploiements français ?
J'ai été interviewé tout à l'heure par Yves Izard de France-Info, sur la question des options françaises en Afghanistan et sur les pressions américaines en matière de burden- et de risk-sharing. Pas mal de choses étaient à dire et vu leur densité, je me demande comment ils vont goupiller cela au montage ;o)
vendredi 8 février 2008
Budget "maousse" pour les Etats-Unis
La présidence américaine a déposé au Congrès son projet de budget de la défense pour 2009, représentant 515,4 milliards de dollars, soit 35,9 de plus qu’en 2008.
L’Army recevrait au total 140,7 milliards de dollars (+ 11,8 milliards) dont 24,6 serait réservé aux acquisitions et devrait terminer l’année 2009 avec 532 400 personnels dans ses rangs et compterait alors 42 brigades contre 40 actuellement.
L’US Air Force recevrait 143,8 milliards, soit 9 de plus que durant 2008. Les nouvelles acquisitions représentent, dans ce cadre, 41 milliards. Au final, 316 600 personnes relèveront de l’USAF fin 2008.
L’US Navy et les Marines recevraient quant à eux 149,2 milliards. Cinq mille Marines devraient rejoindre les rangs du Corps, le portant ses effectifs à 194 000 (soit une augmentation de 5 000 et en ayant une cible de 202 000 en 2011). Les effectifs de la marine seront quant à eux de 325 300.
Et un commentateur américain de s'inquiéter de la décrue capacitaire que n'enraye pas kles hausses répétées du budget : "Today, we have the smallest defense inventory since 1946. For example, with a spending level considerably higher than in 1985 when the Cold War raged and after Ronald Reagan increased the Defense Department's budget, we have now 10 active Army divisions, not the 17 we had in 1985; less than 300 naval combatants - compared to 542 in 1985, and we have just over 12 active Air Force tactical air wings, not 25".
L’Army recevrait au total 140,7 milliards de dollars (+ 11,8 milliards) dont 24,6 serait réservé aux acquisitions et devrait terminer l’année 2009 avec 532 400 personnels dans ses rangs et compterait alors 42 brigades contre 40 actuellement.
L’US Air Force recevrait 143,8 milliards, soit 9 de plus que durant 2008. Les nouvelles acquisitions représentent, dans ce cadre, 41 milliards. Au final, 316 600 personnes relèveront de l’USAF fin 2008.
L’US Navy et les Marines recevraient quant à eux 149,2 milliards. Cinq mille Marines devraient rejoindre les rangs du Corps, le portant ses effectifs à 194 000 (soit une augmentation de 5 000 et en ayant une cible de 202 000 en 2011). Les effectifs de la marine seront quant à eux de 325 300.
Et un commentateur américain de s'inquiéter de la décrue capacitaire que n'enraye pas kles hausses répétées du budget : "Today, we have the smallest defense inventory since 1946. For example, with a spending level considerably higher than in 1985 when the Cold War raged and after Ronald Reagan increased the Defense Department's budget, we have now 10 active Army divisions, not the 17 we had in 1985; less than 300 naval combatants - compared to 542 in 1985, and we have just over 12 active Air Force tactical air wings, not 25".
Aïe, caliente ! (2)
Le "ping-pong" avec Françoit Durant sur la communication des forces colombiennes est effictivement lancé. Il a posté une fort intéressante réponse à mon post d'avant-hier sur le sujet.
DSI Worldwide Inc.
Assez peu de revues de défense sont diffusées à l'international dans les kiosques, librairies et autres marchands de journaux. En fait, pratiquement aucune sauf, si je ne m'abuse, Military Technology et... DSI comme d'ailleurs Technologie & Armement.
Bien entendu, comme les autres revues, DSI est disponible sur abonnement et via notre boutique en ligne. Mais, en plus, nous sommes aussi disponibles dans les kiosques d'une trentaine de pays, essentiellement francophones. Auquel il faudra en rajouter trois : le Luxembourg, le Liban et les Etats-Unis.
Bon, alors... Qui fait mieux ?
Bien entendu, comme les autres revues, DSI est disponible sur abonnement et via notre boutique en ligne. Mais, en plus, nous sommes aussi disponibles dans les kiosques d'une trentaine de pays, essentiellement francophones. Auquel il faudra en rajouter trois : le Luxembourg, le Liban et les Etats-Unis.
Bon, alors... Qui fait mieux ?
jeudi 7 février 2008
Alors, l'Afghanistan... voyons...
Juste un petit mail pour avertir ceux d'entre-vous qui capteraient Al Jazeera que je serai invité sur leur plateau ce soir au journal de 21.00 (heure de Paris). Ce sera l'occasion d'exercer mon anglais !
Le blog de Stéphane Taillat
A la suite d'un commentaire posté dans le sujet précédent, je remarque que Stéphane Taillat a monté un blog ma foi fort intéressant - En vérité. Pas mal de réflexions et une série d'information sur l'évolution du COIN en Irak (et plus généralement), thématique qui est l'objet de sa thèse en histoire militaire et études de défense.
mercredi 6 février 2008
Aïe, caliente ! - Sur l'action intégrale colombienne et la communication
François Durant de Réflexion stratégique nous est revenu de Colombie (et reprend par ailleurs ses posts) et m’ envoyait récemment un mail accompagné de deux questions, suite à l'interview de l'amiral Marin, chef de l'action intégrale conjointe du commandement général des forces armées colombiennes, publiée dans le N° 33 de DSI.
Avec son accord, je me permet donc d’y répondre en ligne ; nous entamons ainsi un cycle de « ping-pong » en ligne. Pour ce soir, je me limiterai à la première question.
La culture du secret semble être particulièrement forte au sein des Forces Armées régulières colombiennes, c'est du moins mon sentiment. Le partagez vous et cette communication parcimonieuse ne vous semble-t-elle pas préjudiciable à l'obtention du but final recherché ?
Je précise d’emblée que si j’ai lu assez bien sur la situation colombienne, je n’en suis pas un fin connaisseur. Mais, effectivement, les Colombiens communiquent peu. Lorsque j’avais interviewé l’amiral Marin sur les dommages collatéraux, il cherchait à éviter la question, manoeuvrant sur la question des dégâts aux infrastructures. C’est évidemment de bonne guerre.
Au-delà, la culture COIN « traditionnelle » (je m'en expliquerai lors de la réponse à la seconde question) incite à peu communiquer autrement que via des procédés PSYOPS « classiques », au service direct de la contre-insurrection. Sans doute l’impératif de sûreté est-il pris trop au pied de la lettre.
En cela, l’embryon de communication colombienne soutient l’EFR. Dans le même temps, l’environnement de la communication me semble aussi important que sa nature et son caractère. A cet égard, le fait que le gouvernement Uribe soit si pas autoritaire, à tout le moins « fort », me semble aussi avoir un impact.
Je l’ai vu en suivant les débats sur la résilience : un haut niveau de communication implique souvent des débats au sein de la société civile qui, pour adhérer à l’action d’un gouvernement, doit aussi le remettre en question.
De ce point de vue, je ne suis pas tout à fait d’accord avec Michel Yakovleff, lorsqu’il indique que « moins une société est informée, plus elle est résistante » dans son excellent traité. Sur le fond, il a raison pour ce qui concerne les Etats ayant des régimes politiques autoritaires (là où, effectivement, nous avons plus de chance de nous trouver).
Mais dans des régimes démocratiques, l’information joue justement un rôle crucial, parce que si vous ne la donnez pas, la société civile et des journalistes pas toujours bien informés se chargeront de la donner et/ou de la créer dans un sens pas nécessairement congruent à l’EFR.
Une démocratie ne peut pas empêcher les gens de parler – alors que c’est un des traits des régimes autoritaires Or, Uribe est à la charnière des deux.. Sa communication pourrait donc devenir un marqueur de ses progrès démocratiques.
Dans le même temps, il pourrait instrumentaliser plus qu’il ne le fait l’enlèvement d’I. Betancourt ou de députés. Ce levier de guerre idéologique face à une guérilla où l’idéologie est théoriquement motrice est a priori excellent – y compris d’ailleurs dans la lutte contre les milices d’extrême droite. Reste à savoir pourquoi il n’est pas utilisé…
Avec son accord, je me permet donc d’y répondre en ligne ; nous entamons ainsi un cycle de « ping-pong » en ligne. Pour ce soir, je me limiterai à la première question.
La culture du secret semble être particulièrement forte au sein des Forces Armées régulières colombiennes, c'est du moins mon sentiment. Le partagez vous et cette communication parcimonieuse ne vous semble-t-elle pas préjudiciable à l'obtention du but final recherché ?
Je précise d’emblée que si j’ai lu assez bien sur la situation colombienne, je n’en suis pas un fin connaisseur. Mais, effectivement, les Colombiens communiquent peu. Lorsque j’avais interviewé l’amiral Marin sur les dommages collatéraux, il cherchait à éviter la question, manoeuvrant sur la question des dégâts aux infrastructures. C’est évidemment de bonne guerre.
Au-delà, la culture COIN « traditionnelle » (je m'en expliquerai lors de la réponse à la seconde question) incite à peu communiquer autrement que via des procédés PSYOPS « classiques », au service direct de la contre-insurrection. Sans doute l’impératif de sûreté est-il pris trop au pied de la lettre.
En cela, l’embryon de communication colombienne soutient l’EFR. Dans le même temps, l’environnement de la communication me semble aussi important que sa nature et son caractère. A cet égard, le fait que le gouvernement Uribe soit si pas autoritaire, à tout le moins « fort », me semble aussi avoir un impact.
Je l’ai vu en suivant les débats sur la résilience : un haut niveau de communication implique souvent des débats au sein de la société civile qui, pour adhérer à l’action d’un gouvernement, doit aussi le remettre en question.
De ce point de vue, je ne suis pas tout à fait d’accord avec Michel Yakovleff, lorsqu’il indique que « moins une société est informée, plus elle est résistante » dans son excellent traité. Sur le fond, il a raison pour ce qui concerne les Etats ayant des régimes politiques autoritaires (là où, effectivement, nous avons plus de chance de nous trouver).
Mais dans des régimes démocratiques, l’information joue justement un rôle crucial, parce que si vous ne la donnez pas, la société civile et des journalistes pas toujours bien informés se chargeront de la donner et/ou de la créer dans un sens pas nécessairement congruent à l’EFR.
Une démocratie ne peut pas empêcher les gens de parler – alors que c’est un des traits des régimes autoritaires Or, Uribe est à la charnière des deux.. Sa communication pourrait donc devenir un marqueur de ses progrès démocratiques.
Dans le même temps, il pourrait instrumentaliser plus qu’il ne le fait l’enlèvement d’I. Betancourt ou de députés. Ce levier de guerre idéologique face à une guérilla où l’idéologie est théoriquement motrice est a priori excellent – y compris d’ailleurs dans la lutte contre les milices d’extrême droite. Reste à savoir pourquoi il n’est pas utilisé…
Suède : bye-bye SEP
Le programme SEP de véhicules polyvalents chenillés et à roues a été annulé par la Suède. N'ayant pu trouver de partenaire sur le marché et alors que le budget de la défense suédois a été revu à la baisse, les responsables ont préféré lancer un processus de révision de leur cahier des charges.
Des kits Enhanced Paveway pour les 2000D
La DGA a notifié fin janvier 2008 aux sociétés cotraitantes Raytheon Systems France, Rafaut et Alkan un marché de modification de 200 kits de guidage Paveway II, afin d’y ajouter une capacité de guidage GPS. Le marché se monte à 23 M€ TTC.
Les premiers kits seront livrés à l’armée de l’air en 2010 et l’ensemble de l’opération doit s’achever en 2015. Les Enhanced Paveway II vont équiper les bombes Mk82 emportées sur Mirage 2000D et confèreront à l’avion une capacité de tir de précision tout temps. Pour utiliser cette nouvelle capacité, les Mirage 2000D devront également être modifiés (calculateurs dédiés, boîtiers de commandes, câblages).
Les premiers kits seront livrés à l’armée de l’air en 2010 et l’ensemble de l’opération doit s’achever en 2015. Les Enhanced Paveway II vont équiper les bombes Mk82 emportées sur Mirage 2000D et confèreront à l’avion une capacité de tir de précision tout temps. Pour utiliser cette nouvelle capacité, les Mirage 2000D devront également être modifiés (calculateurs dédiés, boîtiers de commandes, câblages).
Le bilan 2007 du RMES
C'était une tradition un peu perdue de vue sous le travail mais nous disposons à présent du bilan annuel du Réseau Multidisciplinaire d'Etudes Stratégiques :
Au cours de l'année 2007, ses membres ont écrit :
- 2 ouvrages ;
- 4 monographies (dont 2 Notes du RMES, un nouveau concept) ;
- 143 articles se répartissant en 23 articles de référence ou chapitres d’ouvrages, 103 articles parus dans des magazines spécialisés, 17 opinions parues dans la presse quotidienne.
Ils ont en outre participé en tant qu’orateurs à 34 conférences/colloques/tables rondes et ont donné 104 interviews aux médias.
Le RMES a en outre accueilli Galia Glume (UCL) et Delphine Resteigne (ERM).
Au cours de l'année 2007, ses membres ont écrit :
- 2 ouvrages ;
- 4 monographies (dont 2 Notes du RMES, un nouveau concept) ;
- 143 articles se répartissant en 23 articles de référence ou chapitres d’ouvrages, 103 articles parus dans des magazines spécialisés, 17 opinions parues dans la presse quotidienne.
Ils ont en outre participé en tant qu’orateurs à 34 conférences/colloques/tables rondes et ont donné 104 interviews aux médias.
Le RMES a en outre accueilli Galia Glume (UCL) et Delphine Resteigne (ERM).
mardi 5 février 2008
La citation du jour
"Le premier, le plus important, le plus décisif acte de jugement d’un homme d’Etat ou d’un commandant en chef est l’appréciation du genre de guerre qu’il entreprend, afin de ne pas la prendre pour ce qu’elle n’est pas et de ne pas vouloir en faire ce que la nature des circonstances lui interdit d’être".
Carl von Clausewitz
Carl von Clausewitz
lundi 4 février 2008
Il y a des mails que l'on reçoit...
...Et qui font du bien :o)
Département de sciences politiques
Monsieur Joseph HENROTIN, licencié en Sciences Politiques – orientation relations internationales et porteur d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Sciences politiques de l’Université Libre de Bruxelles, défendra publiquement une thèse de doctorat en Sciences Politiques et Sociales intitulée :
«Hypertrophie de la stratégie des moyens et Révolution dans les Affaires Militaires.
La technologisation, dérive de l’innovation dans le discours politico-stratégique américain ?»
Le LUNDI 18 FEVRIER 2008 à 18 heures
Auditoire H1.309
rez-de-chaussée du bâtiment H
2 avenue Paul Héger
1050 Bruxelles
Département de sciences politiques
Monsieur Joseph HENROTIN, licencié en Sciences Politiques – orientation relations internationales et porteur d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Sciences politiques de l’Université Libre de Bruxelles, défendra publiquement une thèse de doctorat en Sciences Politiques et Sociales intitulée :
«Hypertrophie de la stratégie des moyens et Révolution dans les Affaires Militaires.
La technologisation, dérive de l’innovation dans le discours politico-stratégique américain ?»
Le LUNDI 18 FEVRIER 2008 à 18 heures
Auditoire H1.309
rez-de-chaussée du bâtiment H
2 avenue Paul Héger
1050 Bruxelles
Nouveau crash de F-15
C'est le 5ème crash de F-15 depuis mai, et en dépis d'inspections rigoureuses qui avaient démontré les faiblesses structurelles d'un longeron crucial pour la sécurité des avions. L'Air Force elle-même admet que le problème a été détecté sur 161 appareils dont le destin est encore inconnu.
Le pilote du F-15D (il n'avait apparement pas de passager) s'est éjecté et a été récupéré.
Le pilote du F-15D (il n'avait apparement pas de passager) s'est éjecté et a été récupéré.
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