mercredi 13 mai 2009

Colloque "aéronautique navale" : MAJ


Petite mise à jour du programme du colloque du CESM :
L’aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la Défense
10 juin 2009 -Ecole Militaire – Amphithéâtre Desvallières

09h30 – 10h25 Ouverture du colloque
09h30 – 09h35 Accueil par le contre-amiral François de Lastic (Amiral commandant le Centre d’enseignement supérieur de la Marine)
09h35 – 09h55 Introduction par le vice-amiral Xavier Magne (Amiral sous-chef d’état-major « opérations aéronavales » à l’état-major de la marine)
09h55 – 10h25 Ouverture par M. le Professeur Hervé Coutau-Bégarie (Directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de défense)
1ère partie : L’aéronautique navale dans son action au quotidien

Animateur : M. Stéphane Fort (Journaliste, France Inter)
10h30 - 10h50 M. le capitaine de vaisseau Henri Bobin (Centre de planification et de conduite des opérations) « L’aéronautique navale dans son action au quotidien »
10h50 - 11h30 Table ronde avec :
Mme Patricia Adam (Députée du Finistère et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), Monsieur le vice-amiral d’escadre Laurent Merer (Ancien Préfet maritime de l’Atlantique), M. le vice-amiral Olivier de Rostolan (Amiral commandant de la force aéronautique navale), M. le contre-amiral Bruno Paulmier (Secrétaire général adjoint de la Mer)
11h30 - 12h10 Débats et questions avec l’auditoire
12h10 –13h45 Déjeuner buffet froid
2e partie : L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique
Animateur : M. Vincent Groizeleau (Rédacteur en chef de Mer et Marine)
13h50 - 14h20 M. Ludovic Woets (Président de la Société Géo-K) : « L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique »
14h20 - 15h00 Table ronde avec :
Monsieur Nicolas Dhuicq (Député de l’Aube et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), M. le vice-amiral d’escadre (2S) Patrick Hébrard (Ancien sous-chef « opérations » à l’état-major des armées), M. le capitaine de vaisseau Philip Stonor (Attaché naval près l’Ambassade de Grande-Bretagne en France), M. Alexandre Sheldon-Duplaix (Service historique de la défense), M. le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo (Ministère des affaires étrangères)
15h00 - 15h30 Débats et questions avec l’auditoire
15h30 – 15h50 Pause café
3e partie : L’aéronautique navale au combat
Animateur : Jean-Dominique Merchet (Journaliste, Libération)
15h55 - 16h15 M. le Professeur Philippe Vial (Service historique de la défense) : « L’aéronautique navale dans l’opération de Suez en 1956 »
16h15 - 16h35 Amiral (2S) Alain Coldefy (Ancien Major général des armées) : « L’aéronautique navale dans les opérations du Kosovo »
16h35 - 17h20 Table ronde avec :
M. le général de corps aérien Jean-Marc Denuel (Sous-chef Plans à l’état-major des armées), M. le général de division Patrick Tanguy (Commandant l’aviation légère de l’armée de terre),
M. le capitaine de vaisseau Reggie Carpenter (Attaché naval près l’Ambassade des Etats-Unis en France), M. le capitaine de frégate Laurent Sudrat (Ancien commandant de la flottille 21F), M. le capitaine de frégate Jacques Mallard (Commandant de la flottille 17F)
17h20 - 17h50 Débats et questions avec l’auditoire
17H50 - 18h00 - Conclusion de colloque : Amiral Pierre-François Forissier, Chef d’état-major de la marine

lundi 11 mai 2009

DSI-Technologies n°17, le sommaire !


Sommaire DSI-T 17 - Mai-juin 2009


Editorial

Guerre chimique

Vers le retour de la guerre chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Armes chimiques. De quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

L’art de la guerre chimique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Convention sur les armes chimiques : de quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Demain, l’apocalypse chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Air

Tigres français en Afghanistan : les ultimes préparatifs

Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Une histoire de l’armée de l’air chinoise
Par Bertrand Slaski, CEIS

C-130J : premiers retours d’expérience
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Des Toucans pour Washington ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Drones de combat, un leurre ?
Par Lucas Morano, spécialiste des questions technologiques

Helsinki hésite entre SAMP/T et NASAMS
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Carte : Les armes chimiques dans le monde depuis 1945

ASMP-A, le cavalier de l’apocalypse
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Terre

Arme antimatériels. Etat de l’art et perspectives
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)

Les Vikings à l’épreuve du feu. L’évolution des séries BV206S et BvS10
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

IdZ. Le futur fantassin allemand
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Obus-flèches. Avantages comparatifs et évolution des « tueurs de chars »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Forces et faiblesses de la simulation
Par le lieutenant-colonel Christophe Rial, stagiaire des forces armées suisses au Collège Interarmées de Défense

Mer

Prévenir les menaces en Méditerranée. L’édition 2008 de « Raïs Hamidou »
Par Véronique Sartini, journaliste

Les missiles antinavires chinois : prolifération et évolution des capacités
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Piraterie maritime : l’inventaire des solutions
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

vendredi 8 mai 2009

L'ISC fait le plein de publications

L'Institut de Stratégie Comparée n'est pas le centre de recherches stratégiques le plus connu mais le moins qu'on puisse dire est qu'il est productif. Pour preuve la livraison que je viens de recevoir. Dans l'ordre :

- Un numéro quadruple de la revue Stratégique, en perspective du colloque de Coët, et consacré à la guerre irrégulière. Du (très) solide : 32 contributions représentant un total de 731 pages (dont un article de votre humble serviteur) ;

- L'Amérique vulnérable, de J-P. Baulon, une somme astronomique sur le développement des systèmes antimissiles aux Etats-Unis de 1946 à 1976 (l'auteur avait déjà travaillé sur la période postérieure). L'ouvrage est indubitablement appelée à devenir "la bible" du sujet ;

- La deuxième édition de La grande stratégie de l'empire romain d'E.N. Luttwak, un très grand classique particulièrement utile me semble-t-il pour remettre en perspective une notion d'empire qui me semble fréquemment mobilisée à tort et à travers ;

- De la manoeuvre napoléonienne à l'offensive à outrance de Dimitri Queloz, une étude extrêment fouillée sur l'évolution de la tactique française incluant de nombreux enseignements de la guerre de 1870 ;

- Les pays baltes en quête de sécurité de Mathieu Chillaud, qui offre ainsi un travail particulièrement bienvenu sur un sujet toujours délicat.

Et l'année n'est pas terminée. Hervé Coutau-Bégarie poursuit ses travaux sur la trilogie de stratégie maritime qu'il annoncait dans L'océan globalisé, avec un résultat qui pourra être lu dès octobre, en même temps que mon petit dernier... remis hier.

Bonne lecture tout le monde !

mercredi 6 mai 2009

Présentation du nouveau Livre blanc australien : la marine grande gagnante

Le nouveau Livre blanc australien a été officiellement présenté le 2 mai par le ministre de la défense Joel Fitzgibbon et révèle une posture assurément ambitieuse. Les missions de l’ADF (Australian Defence Force) ont également été réajustées et incluent, dans l’ordre :

- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;

- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;

- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;

- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.

Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.

Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.

mardi 5 mai 2009

Un F-15 furtif


Boeing a présenté le 17 mars une nouvelle configuration de son F-15E, le F-15SE (pour Silent Eagle). Le concept est de modifier l’appareil pour renforcer sa discrétion, notamment en conceptualisant de nouveaux pods conformaux.


Là où ils sont traditionnellement réservés à l’emport de carburant et d’électronique, ils deviennent des baies d’armement dans le cadre des "missions du premier jour" (celles requérrant le plus de discrétion) et permettant notamment l’emport de missiles AIM-120 ou AIM-9 ou encore de bombes JDAM guidées par GPS ou des Small Diameter Bomb.


Les dérives ont également été revues, augmentant la portance mais également la furtivité. Sa peinture inclut des particules RAM (Radar Absorbent Material). Il bénéficie également d’un nouveau Digital Flight Control System et d’un radar AESA. Il devrait effectuer son premier vol début 2010.
Selon l'industriel, le niveau de furtivité serait compatible avec le système de restriction aux exportations des matériels de haute technologie. De quoi donc faire en sorte qu'un nouveau concurrent se dresse sur la route des appareils de combat européens.

jeudi 30 avril 2009

DSI n°48, mai 2009, le sommaire


Sommaire DSI n°48, mai 2009

Editorial
Agenda, nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Comment ? On n’aime pas les industriels français dans la presse ? »

Sur le vif

Nouveau concept de l’OTAN et retour de la France dans le commandement intégré. De fausses bonnes idées ?
Par Samir Battiss, doctorant à Paris II, chargé de recherche à la Chaire Canadienne de Recherche en politiques étrangères et de défense

Exportations d’armements russes dans le golfe Persique et les pays arabes : un tournant décisif pour la Russie
Par Bertrand Slaski, CEIS

Stratégie

Udar ! Shimon Naveh et l’art de la guerre au niveau opératif
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Une stratégie de bon sens. Engager l’Organisation de Coopération de Shanghai dans la lutte contre le narcotrafic
Par Thomas Renard, attaché de recherche à l’Institut Egmont

Si Clausewitz avait connu Google
Commandant Frédéric-Guillaume Ohrenstein, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Armées

La marine sud-coréenne dans son contexte
Entretien avec Chang Kwoun Park, chargé de recherche au Korean Institute for Defence Analysis (KIDA), rédacteur en chef du Korea Journal of Defense Analysis (KJDA)

Corée du Sud. Une puissance maritime en devenir ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord - La Republic of Korea Navy (ROKN)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

En attendant l’A400M. La BA 123 d’Orléans-Bricy
Par Véronique Sartini, journaliste

Carte : Répartition des ATT français dans le monde

Encadré : L’activité aérienne du Transall

Encadré : L’escadron Franche-Comté. Ses C-130 Hercules sont précieux !

Encadré : L’escadron Poitou : les ailes des commandos

Technologie & Armement

Sealift - Le transport maritime stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le Military Sealift Command pivot de la stratégie mondiale du Pentagone
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Frégate classe Anzac/ La marine néo-zélandaise

C-160 Transall/ L’émergence du transport aérien militaire

Char de combat K-2/L’industrie coréenne de défense à l’assaut du monde

Critiques de lecture

Clausewitz in the Twenty-First Century de Hew Strachan et Andreas Herberg-Rothe

La Cyberguerre. La guerre numérique a commencé de Nicolas Arpagian

Les secrets de la géopolitique de Olivier Zajec

Relire Principes de la guerre de montagne du lieutenant général Pierre-Joseph de Bourcet de Cyrille Becker

La France et l’OTAN : vers la normalisation ? de André Dumoulin

Strategic Studies Quarterly, Vol. 3, n°1, Spring 2009.

Camerone 2009


Et hop, me voilà de retour de 3 jours au 2ème REI de Nîmes, avec la Légion. Non que je veuille m'engager mais, à l'invitation du Col. Durieux, nous étions plusieurs à participer à un séminaire de tactique et de stratégie. L'expérience était vraiment intéressante et particulièrement enrichissante.
Pas de reportage donc (mais une interview du chef de corps - dont l'excellent "Clausewitz en France" fait référence) à la clé. Boulot oblige, je n'ai pu assister à Camerone (j'ai cependant eu l'occasion d'observer les répétitions). L'occasion de souhaiter à tous les légionnaires une excellente fête !

vendredi 24 avril 2009

15 Aravis pour l'armée de Terre

La Délégation Générale pour l’Armement (DGA) a notifié le 16 avril 2009 à NEXTER Systems un contrat d’un montant de près de 20M€, dont 15 M€ au titre du plan de relance et portant sur l'achat de 15 véhicules Aravis (le véhicule avait été analysé in extenso dans DSI-T n°14, novembre-décembre 2008).

Cette acquisition va permettre de doter l’armée de Terre d’un véhicule protégé pour la reconnaissance d’itinéraires susceptibles d’être piégés. Les Aravis équiperont les unités du génie qui accompagnent en Afghanistan les véhicules Buffalo et SOUVIM, spécialisés dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).

L’ARAVIS est un véhicule 4x4 de 12,5 tonnes aérotransportable et doté d’un haut niveau de protection contre les mines et les engins explosifs improvisés (EEI). Il peut transporter jusqu’à 7 combattants des unités du génie. Amené à riposter en zones d’insécurité, il est équipé d’un tourelleau téléopéré armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm, analogue à celui des VAB TOP employés en Afghanistan depuis le début de l’année.

Dans le cadre de ses missions de reconnaissance, l’ARAVIS dispose, en plus des caméras du tourelleau, de 7 caméras périphériques permettant d’appréhender l’environnement proche tout autour du véhicule.

mercredi 22 avril 2009

Un petit coup d'oeil à DSI-T 17

Et voilà, un bouclage de plus au compteur et... le 5ème de la nouvelle formule DSI-Technologies. Au programme de ce numéro (dans les kioskes vers le 10 mai), un dossier complet sur la guerre chimique. La théma est intéressante en fonction du retour d'expérience irakien mais aussi de la possibilité de voir des "Improvised Chemical Devices", version chimique de l'IED.

Au programme également un article de fond sur le BvS10 Viking écrit suite à une visite en Suède, où j'avais eu l'occasion de tester le véhicule (on ne rigole pas, j'ai payé de ma personne en conduisant la bête) : les Chasseurs alpins sont intéressés et la formule va connaître une série d'évolutions intéressantes.

Nous poursuivons notre série d'articles sur les infanteries du futur avec, ce mois-ci, l'IdZ allemand. Au programme également des articles sur les formes de la simulation, le Super Tucanon le C-130J, l'ASMP-A ou encore (et sans être exhaustif) les armes antimatériels non létales.

lundi 20 avril 2009

PA2, BPC n°3 et sea basing : le retour dans les débats

Pour répondre à l'excellent Y. Cadiou qui intervenait sur le non moins excellent Réflexion stratégique, je me permet de reprendre ici un court papier qui était paru dans les news du DSI n°47, actuellement en kiosque. La question prend d'autant plus de relief que le BPC n°3 vient d'être commandé...

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Depuis quelques semaines déjà, à la faveur des difficultés rencontrées dans la « reprise en main » du Charles de Gaulle par son équipage en raison des problèmes de réducteurs révélés par J.-D. Merchet, le débat sur la nécessité d’un second porte-avions pour la Marine nationale est relancé.

« Mise au frigo » dans l’hypothèse d’une prise de décision « définitive » vers 2011-2012, la question semble ainsi revenir sur le devant de la scène. Avec, comme dans tout débat, des « pour » et des « contre ». En soutien des avis favorables, on trouve la nécessaire permanence à la mer du groupe aéronaval, qui permet à Paris de disposer de son potentiel – qui est aussi un potentiel de dissuasion nucléaire – de façon persistante.

Ou presque, pour les adeptes du « contre », dans la mesure où l’on ne dispose pas d’un équipage en permanence. Et cela ne saurait être, alors que l’on cherche à les réduire partout ailleurs pour économiser sur les budgets –, celui du PA2 devra se réapproprier un bâtiment techniquement très différent du « Grand Charles ».

Or, une réappropriation « coûte » plusieurs mois de disponibilité. En conséquence, la « permanence » serait toute théorique. Autre hypothèse, la disposition d’un équipage propre au PA2, qui permettrait de contourner l’écueil de la réappropriation, pour les tenants du nouveau bâtiment. Mais la France ne dispose que d’un seul groupe aéronaval, ses appareils devant subir des maintenances parfois lourdes, imposant leur renvoi en Bretagne. Sans compter que les équipages des flottilles embarquées ne peuvent tout de même pas rester en mer 365 jours sur 365…

Et les tenants du « non » de rappeler qu’aux États-Unis, chaque porte-avions d’active se voit attacher un groupe aérien embarqué propre – un autre groupe étant, par ailleurs, tenu en réserve. Aussi, pour certains observateurs, un PA2 sans groupe aérien embarqué reviendrait à disposer d’une « reine des quais » opérationnelle 15 mois tous les six ans… D’autant plus que l’argent manque cruellement pour disposer d’un deuxième groupe aérien embarqué, dans un contexte où la Marine n’est même pas certaine de disposer un jour des 60 Rafale (dont une vingtaine de machines en parc d’attrition) dont elle a l’ambition de se doter.

Or, pour les tenants du « oui », un « pont plat » tel que celui du PA2 pourrait jouer un rôle similaire à celui du porte-hélicoptères d’assaut Ocean dans la Royal Navy : une base maritime avancée au profit de forces spéciales ou de l’infanterie de marine. Sauf que, pour les partisans du « non », la commande d’un 3e BPC – au demeurant prévue dans le dernier Livre blanc – tend à remplir ce rôle et à participer au renforcement des capacités amphibies – soit l’autre façon d’influencer les conflits se déroulant « à terre ».

La problématique est d’autant plus aigüe que le PA2 a été conçu comme un porte-avions en bonne et due forme. En d’autres termes, s’il pourrait accueillir un nombre impressionnant de machines, la question de la place occupée par les hommes ne manquerait pas de se poser… Sauf à revoir la conception d’un bâtiment qui, pour les partisans du « non », a déjà mobilisé des ressources financières passablement rares. L’équation du PA2 pourrait donc bien se révéler insoluble et ne trouver sa solution que dans une réflexion plus large.

Le Rafale évincé de la compétition MMRCA

La nouvelle fera mal : le Rafale, engagé dans la compétition MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft), portant sur 126 appareils, a été disqualifié. Selon les autorités indiennes, il ne répondait pas à plusieurs éléments du cahier des charges de l’IAF (Indian Air Force).

Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).

Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.

Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.

Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.

vendredi 17 avril 2009

Les études stratégiques : une affaire qui tourne

A mes heures perdues - si, si, il y en a - je m'occupe de mettre à jour les sites du RMES mais aussi de l'Institut de Stratégie Comparée.

Lors d'une petite pause dans le bouclage du prochain DSI-T, je suis passé faire un tour sur les modules de gestion des sites, avec des résultats sans appel :

- pour les 3 premiers mois de l'année, l'ISC a enregistré 500.000 pages vues, avec une durée moyenne de 5 minutes par page.

- quant au RMES, il en est à ses 100.000 pages, toujours pour la même période. Les derniers Cahiers du RMES, par exemple, ont été téléchargés à 5.500 reprises alors qu'ils ont été mis en ligne début mars.

DSI 48, mai 2009 - en preview

Sur le vif

Le sommet de l’OTAN de Strasbourg-Kehl s’est révélé relativement terne. Pourtant, de véritables questions se posaient… et se posent toujours, comme celle du nouveau concept stratégique. Samir BATTISS, chargé d’enseignement à l’UQAM, porte un regard critique sur des évolutions d’où la France ne pourra plus être absente. Dans le même temps, l’actualité du mois de février était marquée par le salon IDEX, aux Émirats Arabes Unis. Bertrand SLASKI revient sur la politique d’exportation d’armements de la Russie dans le golfe Persique, pour y discerner un tournant majeur.

Stratégie

L’art opératif/opératique/opérationnel est celui des grandes campagnes militaires, formant l’interface entre les niveaux tactique et stratégique. C’est dire son importance, dans les conflits réguliers comme irréguliers, d’ailleurs. À cet égard, l’art militaire soviétique a encore beaucoup à nous apprendre et l’un de ses meilleurs exégètes, le général israélien Shimon Naveh, a un point de vue original sur la question. Joseph HENROTIN décrypte les fondements de cette approche.

La question afghane reste d’une actualité criante et est le reflet d’enjeux majeurs, y compris jusque dans la lutte contre le trafic de drogues. Examinant les avancées effectuées et les défis encore présents, Thomas RENARD pose la question d’un engagement de l’Organisation de Coopération de Shanghai dans une lutte qui a un impact direct sur nos troupes.

Les 15 dernières années ont été propices à de nombreuses publications sur l’utilité des nouvelles technologies dans la conduite des opérations militaires. Elles auraient autorisé une levée du « brouillard de la guerre » et auraient affûté le « coup d’œil » des commandants. Mais Frédéric-Guillaume OHRENSTEIN, stagiaire au CID, s’interroge à juste titre : « si Clausewitz avait connu Google », qu’en aurait-il pensé ?

Armées

On l’a dit et répété, l’Asie navale se réveille. En son sein, la Republic of Korea Navy (ROKN) fait preuve d’une réelle dynamique qui devrait, à terme, changer les rapports de force dans cette partie du monde. Concrètement cependant, peu d’analyses fournies existent dans la littérature ouverte sur le sujet. DSI a interviewé Chang KWOUN PARK, chercheur au Korean Institute for Defence Analysis, le principal centre de recherche stratégique sud-coréen, qui replace l’évolution de la marine dans le contexte géostratégique plus large de la Corée du Sud. Joseph HENROTIN a, quant à lui, analysé l’évolution de la marine de Séoul et ses projets, montrant que ses ambitions devraient l’amener à disposer, en 2020, de plus de grands bâtiments de combat que la Chine elle-même. Enfin, Philippe LANGLOIT dresse un tableau quantitatif de la ROKN mais revient également sur le développement de son infanterie navale.

Unités

Le transport aérien militaire français va mal. Très mal même. Avec 44 Transall disponibles, techniciens et pilotes réalisent quotidiennement le miracle de faire conserver à la France sa « voie sacrée » aérienne. Véronique SARTINI s’est rendue à Orléans, sur la BA123 pour rencontrer des hommes capables de poser leurs appareils chargés, de nuit, sur une distance de 1 000 m et sur une piste à peine préparée. Elle dresse un tableau complet et sans complaisance d’une situation qui ne fera, avec les retards de l’A400M, que se dégrader.

Technologie et armement

Si le transport aérien est à l’avant-plan des préoccupations politiques nationale et européenne, c’est toutefois le transport maritime qui assure l’essentiel du déplacement des armées sur les théâtres d’opérations extérieurs. C’est dire s’il est un maillon vital de la politique de tout État ayant des ambitions globales. Or, malgré ce rôle absolument stratégique, il est peu traité dans la littérature. DSI comble ce vide. Joseph HENROTIN analyse ainsi quelles sont les différentes solutions en matière de Sealift et évalue également leurs contraintes respectives. Jean-Louis PROMÉ revient quant à lui sur le cœur de la projection américaine, le Military Sealift Command, et ses impressionnantes capacités de projection mais aussi de prépositionnement.

jeudi 9 avril 2009

Sur la "crise" des études stratégiques : une réponse à X. Raufer

Vous aurez pu remarquer une petite baisse de régime du blog, au point de vue des analyses, ces derniers temps. De fait, entre le bouclage de mes magazines (la journée) et ceux de mon prochain ouvrage (la nuit – ou presque), quelques articles et les réflexions préliminaires pour l’ouvrage suivant, les journées sont comme on les aime : bien chargées.

Pour autant, quelque chose m’a fait tiquer, dernièrement, à la lecture d’un supplément de la lettre TTU. Il s’agissait en l’occurrence d’un billet intitulé « L’envers de la mondialisation. Sécurité globale et face noire de la mondialisation » et signé par Xavier Raufer. Il commence par un sous-titre interpellant, « le malaise des études stratégiques ».

Pour le criminologue, « En Europe, la recherche fondamentale en matière de défense (aussi appelées « études stratégiques » se porte mal. Malgré la lecture faite des textes stratégiques, revues ou autres sources accessibles, l’Europe semble en effet incapable de dire qui est l’ennemi, ce qu’est l’hostilité en 2009 ». Interpellant, donc, à plusieurs égards :

- d’abord, parce que les études stratégiques ne se limitent pas à la recherche fondamentale en matière de défense ;

- ensuite parce que ce n’est pas le rôle de la recherche fondamentale de déterminer l’adversaire (et non l’ennemi, c’est justement un acquis des études stratégiques que de nous faire sortir des logiques totales). Ce serait plutôt le rôle de la recherche appliquée telle qu’elle est exercée dans la plupart des centres de recherche voire… du politique lui-même ;

- enfin, sur la « crise » ou le « malaise » des études stratégiques.

Lorsque je suis entré à DSI, en octobre 2005, la revue avait été mise sur pieds six mois plus tôt. Elle était non seulement viable – sans publicité, ce qui n’est pas rien pour une revue de défense – mais en plus, elle pouvait aborder des thèmes parfois pointus. Et l’affaire marche plutôt bien : chaque mois, 120 000 personnes lisent le magazine et les auteurs qui écrivent dedans. Et rares sont les refus que j’essuie à une invitation d’interview ou de publication d’un article. Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.

Parce que les initiatives se développent partout. Tous les mois, je reçois 4 à 5 ouvrages d’études stratégiques – rien que pour la France -, quel que soit le secteur plus particulier qui est traité par l’auteur. Je ne compte même pas les monographies en ligne, de plus en plus costaudes. Les blogs de défense se sont multipliés. Les conférences, séminaires et colloques aussi (le mois de mai sera chargé, vous l’aurez remarqué !). Les études stratégiques, à mon sens, se portent beaucoup mieux, ne fut-ce que deux ans après le 11 septembre.

Alors, certes, l’Université n’a pas toujours compris la nécessité ni l’intérêt – ne serait-ce que purement académique, sur le plan de l’histoire des idées – des études stratégiques. Certaines revues, comme Stratégique, ont connu un passage à vide avec des parutions irrégulières (heureusement terminé - il y aura quelques bonnes surprises dans les prochains mois). Beaucoup de chercheurs passent toujours plus de temps à remplir de la paperasse qu’à chercher. Bien sûr, donc, la situation n’est pas idéale. Mais elle est loin d’être catastrophique.

Nous sommes peut-être même dans une configuration idéale : poussés par la crise stratégique actuelle – qui n’est certainement pas celle des études stratégiques, ne confondons pas l’objet et son analyse – un certain nombre de chercheurs de talent, militaires comme civils, écrivent avec une certaine liberté. Les initiatives fusent de partout et, si elles ne sont pas gratuites (notes d’analyses en lignes, séminaires et colloques, blogs…) elles sont peu coûteuses, de façon à toucher un public le plus large possible.

Sans doute jamais dans l’histoire européenne de ces 30 dernières années on n’aura autant étudié ni lu ni encore écrit sur les questions stratégiques.

Alors, évidemment, personne n’a de réponse définitive à la crise stratégique actuelle, pas plus que nos confrères économistes n’ont de solution à la crise économique ou que nos frères sociologues n’ont de solution arrêtée sur la crise des banlieues. Mais personne ne semble avoir décrété leur discipline en crise au prétexte qu’ils ne sont pas en mesure de produire des solutions opérationnelles.

Là réside, sans doute, un malentendu profond et éminemment problématique : au même titre que n’importe quelle autre (sous-)discipline, les études stratégiques peuvent produire des solutions à vocation opératoire. Mais avant, il faut précisément s’attacher à la recherche fondamentale.

La France, de ce point de vue, a de sérieux atouts. Relire du Alain Joxe ou étudier le Traité de stratégie d’H. Coutau-Bégarie n’est pas nécessairement aisé. Mais on ne fait pas de recherche appliquée sans en maîtriser les fondamentaux. Ces mêmes fondamentaux que nos camarades américains, parfois pris en exemple à mauvais escient, nous envient…

Conférence "L’armée rouge en Afghanistan 1979 – 1989" au CDEF

A travers cette conférence, le colonel (R) Oleg KULAKOV, qui a servi au sein de l’armée soviétique en Afghanistan, de 1980 à 1982 puis de 1986 à 1989, fera part de son expérience militaire et des enseignements de l'intervention soviétique en Afghanistan.

Le colonel (R) Oleg KULAKOV est professeur (Docteur) en Histoire à l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Russe des Sciences et Conférencier à l'Université de Défense de Moscou. Il a effectué deux séjours en Afghanistan comme interprète militaire. Puis il a servi au sein du (Collège de Défense de l'OTAN à Rome en Italie) de septembre 2005 à février 2006.

La conférence sera prononcée en anglais

Lundi 11 mai 2009 de 14h15 à 16h15
Amphithéâtre De BOURCET - Ecole militaire, 1 place Joffre -75007 Paris

Contact : marie-laure.mounoury@cdef.terre.defense.gouv.fr (adresse Internet et intradef), Tel. 0033 1 44 42 52 90.

Colloque international "guerre irrégulière"

Programme du colloque international
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan

LA GUERRE IRREGULIERE

Depuis 2007, le pôle d’excellence « Action globale et forces terrestres » des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan rassemble chercheurs civils et militaires autour des mutations de la conflictualité et de leurs retombées sur l’engagement des forces terrestres.
En partenariat avec l’Université d’Oxford et l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), ce pôle conduit actuellement un programme de recherche sur la guerre irrégulière dont le point d’orgue est un colloque qui se tiendra à l’occasion des journées internationales de Saint-Cyr Coëtquidan. Cette manifestation marquera également l’ouverture du symposium ISODOMA, réunissant les représentants des académies militaires du monde entier.
Visant à faire progresser la connaissance théorique et la maîtrise opérationnelle d’un phénomène complexe mais caractéristique des opérations militaires contemporaines, le colloque « Guerre irrégulière » concerne l’ensemble des acteurs appelés à jouer un rôle dans les conflits d’aujourd’hui et de demain.

Contact : Cellule accueil journées d’études « la guerre irrégulière » - Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 56381 Guer cedex
Téléphone : (00 33) 02 97 70 77 83 Fax (00 33) 02 97 70 76 15 Courriel : guerreirreguliere(at)st-cyr.terre.defense.gouv.fr
Mardi 12 mai 2009 – La crise de la guerre régulière

opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.

general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.

Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.

3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?

Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.

2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.

3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.

4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

Managing People

table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War

Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.

2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.

table ronde 2 : Irregular War and the general Public

Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.

4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.

5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.

6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.

Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?

atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)

Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.

2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.

4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.

atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)

Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.

4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.

5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.

6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.

7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.

Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).

mardi 7 avril 2009

Un "plan Gates" pour sauver la Transformation américaine

La réforme est dans l’air du temps : nouvelle stratégie en Afghanistan, poursuite de la Transformation mais inflexion dans un sens plus réaliste et crise économique sont autant de facteurs ayant poussé le nouveau président américain à se lancer dans une revue en profondeur des programmes actuellement en cours au Pentagone, suppressions à la clé.

Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.

Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.

Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.

Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.

lundi 6 avril 2009

L'ASMP-A, bon pour le service



La troisième évaluation technico-opérationnelle du missile ASMP-A (Air-Sol Moyenne Portée – Amélioré) a, selon l’armée de l’Air, été menée à bien dans les délais impartis. L’évaluation impliquait un décollage depuis la base d’Istres, un long vol, plusieurs ravitaillements en vol et le lancement d’un missile vers une position en haute mer.


Lancé en 1997, le programme va permettre de remplacer les missiles ASMP jusqu’ici en service comme système de dissuasion en service aussi bien dans l’armée de l’Air que dans l’aéronavale. Doté d’une propulsion par Ramjet bénéficiant du retour d’expérience de la conception du missile ANS (Anti-Navire Supersonique), l’ASMP-A conserve le design général de l’ASMP mais devrait voir une augmentation de sa portée – certaines sources l’évaluant à 500-600 km.


En photo : L’ASMP-A devrait officiellement entrer en service durant l’automne 2009. Ici en position ventrale, l’ASMP-A utilisé lors du dernier test. L’engin semble plus gros que les ASMP (© Armée de l’Air).

vendredi 3 avril 2009

"La technologie militaire en question" dans les trois finalistes du prix "La plume et l'épée"


Cherchant à "contribuer à stimuler la culture militaire en honorant ceux qui ont fait l'effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes dans tous ces aspects", le prix La plume et l'épée, sera remis le 16 mai 2009 et a été mis en place par le commandement de la formation de l'armée de Terre.
Et, surprise, La technologie militaire en question - qui connaît son petit succès, grâce notamment à plusieurs critiques de lecture - se retrouve dans les trois ouvrages issus d'auteurs civils qui ont été retenus par le jury. En l'occurrence, il est en "compétition" avec Sans blessure apparente (de J-P. Mari) et Edouard Detaille, un siècle de gloire militaire (de M.F. Robichon).

Un autre prix, L'épée et la plume, sera remis à un auteur militaire. Sont en lice : Relire les principes de la guerre en montagne (LCL Becker), La chair et l'acier (LCL Goya) et Clausewitz en France (Col. Durieux).

Et bien... Bonne chance tout le monde !

L'aéronautique navale en débat


L’aéronautique navale française est centenaire. Dès 1909, dans L’aviation militaire, Clément Ader pressentait l’importance d’intégrer une troisième dimension aux opérations navales :

« Un bateau porte-avions devient indispensable. Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D’abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux qualités nautiques de la carène ; il présentera l’aspect d’une aire d’atterrissage. La vitesse de ce bateau devra atteindre, au moins celle des croiseurs et même la dépasser. Le remisage des avions devra être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès à cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes pliées. A côté devra être l’atelier des avionneurs, chargés de réparer les avaries et d’entretenir les avions toujours prêt à s’envoler. L’aire de pont devra être dégagée de tout obstacle au lancement de l’avion, l’avant complètement libre ; à son abordage, c’est l’arrière qui le sera ».

Depuis lors, on a largement quitté le domaine technique pour aborder le stratégique et le doctrinal, au-delà des grandes catégories de fonctions du porte-avions. Nombre d'ouvrages ont été écrit, principalement outre-Atlantique. La France est un peu en retard sur ce plan. Mais elle vient de se doter d'un premier document conceptuel en matière d'aéronavale (embarquée ou non), le PMN 03-102, certes plus descriptif que doctrinal, mais qui a le mérite d'exister. A lire ici.

Le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM) organise un colloque sur ce thème le 10 juin 2009. A partir de présentations historiques, de descriptions des capacités des différents moyens dont dispose la Marine et du besoin civil et militaire, il cherchera à préciser les rôles et les missions qu’il est souhaitable de voir confiés à l’aéronautique navale aujourd’hui.

9h30-10h30 : Accueil et introduction du colloque
10h30-12h00 : Première partie : l’aéronautique navale dans l’activité de la Marine au quotidien
13h45-15h30 : Deuxième partie : l’aéronautique dans l’emploi diplomatique de la Marine
16h00-18h00 : Troisième partie : le rôle de l’aéronautique navale dans les opérations de combat de la Marine
18h00-18h15 : Conclusion du colloque

mercredi 1 avril 2009

Le dispositif belge en Afghanistan renforcé

Le Premier ministre l'avait annoncé la semaine passée, le dispositif belge en Afghanistan allait être renforcé, la question étant de savoir comment, ce qu'a décidé le conseil des ministres ce matin.

En l'occurrence, 2 F-16 supplémentaires vont rejoindre les 4 déjà opérationnels à Kandahar (avec 50 membres de la FAé en plus) et une deuxième équipe de formation OMLT (chacune comptant 69 membres) va être mise en place.

Au total, la Belgique aura donc à terme, sur le théâtre, 650 personnes, contre 500 actuellement - précisons qu'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. Le montant de l'aide au développement sera également revu à la hausse. L'effort militaire, qui sera maintenu en 2010, représente 4 millions d'euros supplémentaires.

lundi 30 mars 2009

DSI n°47 - avril 2009, le sommaire !



Sommaire DSI 47 – avril 2008
Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Entez-vous le si mélodieux bruit du rotor ? »

Stratégie

Réussir le « plein retour » de la France dans l’OTAN
Par Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat à la défense

Cinquante ans de remises en question de la dissuasion
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Les limites de la dissuasion
Entretien avec Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de Les limites de la dissuasion (FRS, Paris, 2009)

Le Royaume Uni n’a pas besoin de dissuasion nucléaire.
Par Lord Bramall, Field Marshall ; Lord Ramsbotham, général ; Sir Hugh Beach, général

Dissuasion nucléaire et Europe. Entre zones grises et zones floues
Par André Dumoulin, attaché à l’École Royale Militaire, chargé de cours-adjoint à l’Université de Liège, membre du RMES (Bruxelles)

Mission de stabilisation et mission de guerre : quel choix ?
Par le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard

Le « Caporal stratégique » est-il notre ennemi ?
Par le chef de bataillon Guillaume Ponchin, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Armées

Capacités des forces aériennes : haut de gamme ou bas de gamme ?
Par l’Air Power Development Center de la Royal Australian Air Force

La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

Tableau de Bord : La Royal Australian Air Force (RAAF)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Les hussards paras du 1er RHP. Les soldats de l’insolite
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : le VBL

Encadré l’ERC-90

Carte : la 11ème brigade parachutiste

Encadré : Le peloton commando parachutiste

Les parachutes d’armes du 1er RHP

Technologie & Armement

Les missiles antichars français de première génération
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le MILAN ne veut pas mourir !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Un large éventail de missiles air-sol pour le Tigre
Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Lockheed S-3 Viking/S-2 et S-3, gardiens de la flotte

Frégate classe Oliver Hazard Perry/ Les Perry dans le golfe Persique, une leçon de guerre navale

Véhicule blindé Dingo I et II/ Une vision européenne des MRAP ?

Critiques de lecture

In Pursuit of Military Excellence. The Evolution of Operationnal Theory de Shimon Naveh

Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n°2, hiver 2008-2009



mardi 24 mars 2009

Carnets de voyage : DSI chez les Vikings

Hareng au petit déjeuner, soleil déjà bien levé à 06 h dans un grand ciel bleu et par –7°C, bienvenue dans le Norrland, en plein milieu de la côte nord du golfe de Botnie, Suède. Votre serviteur n’y est pas en pèlerinage sur les traces de Stieg Larsson mais bien en visite pour 48 heures chez Hägglunds, les concepteurs de la série des BV et du CV90. Au programme des journées, démonstrations dynamiques, débats et présentations en tous genre.

Les gens de la communication ont mitonné un agenda bien chargé et qui va, vraisemblablement, se révéler instructif. De facto, mon « accompagnateur », ancien colonel de l’armée suédoise est passé par le CID. Autant dire qu’à peine posé à Umea, on a parlé tactique, stratégie et opératique, valeur de Clausewitz et techno-guérilla. Bref, de quoi vous mettre en forme.

La stratégie des moyens suédoise a toujours été spécifique. Le niveau technologique a toujours été fortement imprégné de considérations stratégique, l’approche retenue est très synergistique. De fait, la Suède surprend : avec moins d’habitants que la Belgique (ce qui nous vaut de nos élites de nous faire qualifier de « petit pays »), elle a su développer une industrie florissante.

Un petit coup d’œil au passé et revoilà les images d’une industrie qui a été capable (et qui le reste) de développer ses propres chars, automoteurs d’artillerie et autres appareils de combat, sans compter le reste. Elle surprend aussi par une certaine forme d’opulence – comptez entre 6 et 7% de chômage -, malgré un modèle social extrêmement contraignant d’un point de vue fiscal.

Mais il faut également dire qu’ici, l’ancrage social-démocrate s’est traduit par un véritable culte de l’efficacité : alors qu’en Belgique, 28.000 fonctionnaires veillent au fisc (en ne rattrapant, d’ailleurs, qu’une toute petite fraction des milliards de la fraude fiscale), les finances ont ici un « payroll » de… 728 personnes. En dépit de la taille du pays (reportez sa longueur à celle de l’Europe, depuis l’Espagne : ça donne à réfléchir), les infrastructures sont parfaitement entretenues. Tout de suite, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir…

Trêve d’économie politique, le programme du jour va porter sur le BVS10 Viking. L’engin articulé est sur les rangs pour un engagement en Afghanistan, où son cousin le BV-206S a déjà participé à des missions avec les Chasseurs alpins. Avec succès semble t’il : l’engin passe partout, est souple d’emploi et relativement léger. Suffisamment rustique aussi. Après tout, il a été conçu pour des opérations arctiques et les conditions qu’elles imposent.

Pas mal de questions me trottent en tête. On m’a promis pas mal de RETEX, des infos sur l'évolution du SEP (l'armée suédoise a stoppé sa participation mais Hägglunds poursuit le développement) et mes hôtes ont l’air plutôt enjoués à l’idée d’un bombardement de questions en règle. Le résultat sera à lire dans le prochain DSI-T ;o)

lundi 23 mars 2009

Réduction d'activité temporaire...

Du moins sur le blog. La semaine va être chargée avec des sauts de ci, de là et, bien entendu, la préparation des prochains DSI-T et DSI. Ce ne sont pourtant pas les sujets de discussion qui manquent.

Je pense en particulier, pour répondre à Olivier et François (qui avaient déjà posté il y a un petit temps de celà), à la thématique de l'approche systémique. Milan Vego, que vous avez pu lire dans DSI vient de publier un article dans le dernier JFQ sur la question.

Vego est un stratégiste qui bonnifie particulièrement bien et sa pensée est à rapprocher d'un autre ponte de l'art opérationnel (pour ne pas dire grand maître, tant son ouvrage sur la question est excellent), Shimon Naveh.

Juste le temps d'aller me balader au pays des rennes et du grand froid et on en reparle. Bonne semaine tout le monde !

mardi 17 mars 2009

DSI n°47 en preview

Petit aperçu du prochain DSI, que la rédaction est sur le poiunt de définitivement boucler. Pas mal de choses intéressantes au menu, à commencer par un dossier complet sur le 1er Régiment de Hussards Parachutistes de Tarbes mais aussi du (très lourd) sur l'évolution des missiles antichars français.

La catégorie "stratégie" sera particulièrement fournie elle aussi, avec un dossier solide sur les remises en question et les limites, théoriques et culturelles, de la dissuasion nucléaire, incluant notamment une interview de Bruno Tertrais. Rendez-vous début avril !

lundi 16 mars 2009

Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre

Mardi prochain 17 mars, la commission "Nouvelle histoire bataille" tiendra une nouvelle séance.

Nous recevrons Christophe Wasinski, maître de conférences en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles et aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, qui nous présentera une communication sur le thème suivant :

« Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre »
Comme à l'habitude, la séance se déroulera de 17 h à 19 h en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes. RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.

Commentaire de JH : Chris a beaucoup de choses extrêmement intéressantes à dire. N'hésitez surtout pas à faire un tour au Château de Vincennes !

vendredi 13 mars 2009

Y'a sondage : changer le format de DSI ?

On y réfléchi depuis un certain temps, les scores sont serrés : faut-il changer le format actuel de de DSI (23 cm x 18,5 cm) ?

En fait, derrière cette question se cachent également deux enjeux :

- Le format adopté implique un dos carré-collé et une mauvaise résistance du magazine dans le temps, les pages tendant à se recroqueviller au bout de quelques semaines ;

- Le rendu des photos n'est franchement pas génial. La production en très grande série de notre format impose de passer par des techniques qui tendent à décolorer des clichés qui sont, pourtant et fréquemment, de la plus haute qualité.

D'où ce petit sondage : à prix équivalent (5,7 Eur en France, 6,7 en Belgique) ou avec une légère augmentation - le papier se paie - êtes-vous partant pour le format des revues de défense internationale (27 cm x 19,5 cm) ?

Addendum (16/03) : le format proposé est évidemment de 19,5 sur 27 cm contre 23 cm x 18,5 cm - le but du jeu étant de disposer d'un magazine plus large. Désolé pour la faute de frappe !

mardi 10 mars 2009

Sur la géopolitique

Olivier revient sur la notion de géopolitique dans son rapport notamment aux relations internationales, et pose un certain nombre de questions qui sont effectivement intéressantes mais qui appelent également à quelques précisions. D’abord, sur l’étanchéité entre variables internes et externes qui serait le propre de la théorie des RI. Soulignons préalablement ici qu’il n’y a pas une seule théorie unifiée des RI – un exercice auquel s’était heurté R. Aron et d’autres avant lui – mais une pluralité de paradigmes partiellement concurrents.

Certes, leurs itérations montrent un certain affinage des conceptions mais, en aucun cas, les derniers développements observés, disons, depuis la fin de la guerre froide, ne mettent de côté l’interrelation interne/externe. L’émergence d’une réflexion dense et très riche sur le constructivisme ; les évolutions qu’a connu le paradigme réaliste lui-même (dont la jeunesse, effectivement, était critiquable en considérant l’Etat comme une « boîte noire ») ; les études ethnopolitiques (voire l’ethnoréalisme dans l’explicitation des relations de puissance propres aux guerres civiles) ; les travaux sur les politiques étrangères comme politiques publiques sont quelques courants d’études – parmi d’autres – montrant effectivement cette prise en compte de l’interne.

Je ne saurai trop inviter ici à la relecture de quelques bons « readers » tel que ceux dirigés/rédigés par M-C. Smouts, D. Battistella ou F. Charrillon. Les lire est à mon humble avis un préalable indispensable à toute réflexion portant sur les RI. Ensuite, la relation de puissance elle-même est une thématique naturellement transversale. Toute une école juridique peut s’en réclamer, au même titre que certains travaux en économie, en sociologie et, bien évidemment, en études stratégiques ou en politologie.

Enfin, la question de la géopolitique elle-même appelle quelques commentaires. Premièrement, son origine renvoie à une pensée opérationnelle : Kjellen, Haushofer, Spykman ou Mackinder – pour ne citer que les plus classiques – se positionnent résolument dans une optique de géographie politique : il s’agit d’appréhender des positionnements et leurs avantages comparatifs.

Deuxièmement, son évolution durant la guerre froide montre surtout une recherche d’approche multidisciplinaire, cherchant à inclure une série de variables complexes mais non déterminées par elle. La géopolitique, en tant que telle, a absorbé/inclus des théories relevant des méthodologies propres à l’histoire, à la démographie, à l’économie, à la sociologie, ou encore aux sciences politiques, y compris les études stratégiques et les RI – sans être exhaustifs.

Mais elle n’a pas reconfiguré les méthodologies qui lui étaient antérieures ou qui étaient forgées en parallèle à son évolution. De ce point de vue, et de facto, relire bon nombre de travaux de géopolitique revient souvent… à lire les travaux de politologues ou d’historiens.

Troisièmement, il faut également poser la question du « géo » de la géopolitique, qui face à l’inflation des variables – qu’elles soient explicatives ou à prendre en considération – tend à perdre sa position déterminante. Richard Ek ou Geraoid O’Thuatail, pour ne reprendre que ces exemples, sont des tenants de la géopolitique postmoderne, où la notion de temps joue pour eux un rôle aussi important que celui d’espace. Les perspectives qu’ils ouvrent sont fascinantes mais… là aussi, passé un certain cap, ils ne peuvent que s’appuyer sur des méthodologies relevant d’autres disciplines que la géographie, fut-elle politique. La question du déterminisme géographique reste également posée et me semble, comme bon nombre de déterminismes, discutable.

Quatrièmement et en effet, la question de la valeur heuristique dans le temps long de la géopolitique est posée. Elle n’est potentiellement importante que dès lors qu’elle prend en considération des méthodologies solides, dont l’établissement a fréquemment généré des centaines de publications. C’est alors qu’elle est la plus intéressante, dans la mesure ou elle permet de dépasser l’instinct de l’analyste et qu’elle l’encadre dans une vision en mesure de lui donner une valeur prospective. Sans ces méthodologies, l’approche renvoie plus à la divination ou à une analyse dans le temps court braudélien qu’à autre chose.

A ce stade, la géopolitique en tant que discipline est, par certains aspects, prise entre le marteau et l’enclume. Le marteau dans la mesure où elle doit impérativement s’appuyer sur des méthodologies « importées », issues d’autres disciplines. Certes, elle peut dégager en soi un corpus de méthodes – souvenons nous du très instructif débat de la fin des années 80 sur la relation entre la terre et la mer chez Gray, par exemple (encore qu’il s’appuyait massivement sur l’histoire). Mais leur portée reste bornée par les démonstrations issues d’autres disciplines.

L'enclume, ensuite : les exigences de la multidisciplinarité imposent de concevoir la constitution d’un savoir sous une forme réticulée, un réseau épistémique. Et à ce jeu, les déterminismes trop marqués finissent généralement par poser problème.

lundi 9 mars 2009

DSI- Technologies n°16 - le sommaire !



DSI-Technologies n°16, mars-avril 2009
Editorial

Les élémentaires


Technologies et innovations militaires, intégrées sans discernement ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier, chargé de recherche au CAPRI et expert en systèmes d’armes

Robotique et opérations urbaines : quel avenir ?
Entretien avec Alain De Neve, chargé de recherche au CED de l’IRSD, membre du RMES, co-auteur de Les interventions militaires en zone urbaine.

Marines

La piraterie maritime, une menace asymétrique ?
Capitaine de frégate Marc Gander, stagiaire de la Promotion Maréchal Foch du Collège Interarmées de Défense

ROK Navy : un renforcement rapide
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

« Le Frappeur » - alias « Striker » - Missileur pour l’Âge des Réseaux et des Missiles Guidés.
Entretien avec René Loire, ingénieur naval, concepteur du Frappeur

Pas de Striker pour les marines : pourquoi ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Guerre côtière : le meilleur atout de la PLAN ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Gaza : dossier spécial

Plomb Durci : une opération urbaine « académique » ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Bilan politique : statu quo pour le Hamas, perte de légitimité pour Israël
Entretien avec Sherifa Zuhur, Professeure au Strategic Studies Institute de l’US Army War College

La guerre correspondait aux agendas politiques israéliens et palestiniens
Entretien avec Pierre Razoux, responsable de recherches au Collège de défense de l’OTAN à Rome

HAPC : quelle utilisation durant Plomb durci ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Air

L’OV-10 Bronco, la solution évincée
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Le SAMP/T entre en service !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

L’Airborne Laser : futur en péril pour le tueur de missiles balistiques de Boeing ?
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE

A400M : quelles options pour son futur ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Terre

Kamaz au cœur de la logistique de la nouvelle armée russe
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le FNSS Pars
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

FELIN : le nouveau fantassin français
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Le FAMAS félinisé, une vraie cure de rajeunissement
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Véhicules de combat à roues : l’expérience soviétique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Heavy Metall : la disparition des chars lourds
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes

jeudi 5 mars 2009

Conférence de P. Forget : (léger) changement de programme

Nous avions annoncé dans le dernier DSI que la conférence de P. Forget à l'EHSS se tiendrait le 19 mars. Mais... elle est décalée d'une semaine en raison d'un risque de grève des transports le 19. L'annonce correcte est donc :

"Le paradigme du réseau : une mutation dans la modernité stratégique"
Par Philipe Forget, directeur de la revue d’anthropologie philosophique L’Art du comprendre, dans le cadre du séminaire « Révolutions militaires et révolutions dans les affaires militaires », EHESS, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris, Salle 2, 1er étage ; 26 mars 17 h – 19 h.

J'en profite pour toucher un mot de l'ouvrage qu'il avait fait paraître avec Gilles Polycarpe, Le réseau et l'infini, extrêmement éclairant quant à la notion d'agir réticulaire en particulier mais aussi quant à nos représentation du concept même d'espace en général. Il était paru en 1997 si je ne m'abuse mais garde une actualité certaine.

Bonne lecture et bonne conf' !

Budget chinois de défense : en augmentation de près de 15 %

Selon le porte-parole du 11ème Congrès du parti communiste chinois, le prochain budget de défense de Pékin sera de 70,2 milliards de dollars, soit 14,9 % de plus que celui de 2008 – qui représentait déjà 17,6 % d’augmentation comparativement à celui de 2007. Les dépenses de défenses formeraient ainsi 6,3 % des dépenses publiques chinoises.

Pratiquement cependant, certains analystes américains estiment que le budget est, en réalité, plus élevé, reprenant ainsi un discours qui avait cours durant la guerre froide, à l’égard de l’URSS. En 2008, ils indiquaient ainsi que le niveau réel devait se situer entre 97 et 139 milliards de dollars, compte tenu de programmes de recherche, de « black programs » voire de dépenses touchant à la « Seconde artillerie » (forces nucléaires stratégiques).

La question du volume du budget réel pour 2009 reste cependant posée. Certains commentateurs indiquent ainsi que la Chine va sans aucun doute être touchée de plein fouet par la crise économique globale, ce qui pourrait impacter négativement une série de budgets connexes à celui de la défense.

mercredi 4 mars 2009

Feeding the brain : Stratégique n°88 est en ligne

Consacré à "histoire et stratégie", le n°88 de Stratégique se focalise en particulier sur le 17ème siècle. Quelques pierres de plus, donc, à la compréhension d'un siècle qui s'est avéré déterminant dans le processus de genèse de l'art militaire contemporain.

Publications : le CESM passe la vitesse supérieure

Le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM) a mis récemment en ligne une série de textes qui ont le mérite d'alimenter le débat. C'est une bonne chose dès lors que les publications touchant aux questions navales (et non maritimes, mieux couvertes) sont non seulement peu nombreuses en France mais également très orientées vers l'histoire, au détriment de la compréhension des mécanismes stratégiques régissant les marines contemporaines.

D'abord, les actes du colloque tenu sur "Irrégularités et guerre sur mer". La question se pose de plus en plus fréquemment : piraterie, terrorisme maritime (ou encore émergence de marines subétatiques, à l'instar des Sea Tigers tamouls) pose question à des marins plus habitués à mener des formes classiques d'opérations. Pour ma part, je persiste à penser que le phénomène est appelé à se développer : dans les nouvelles conditions technologiques, il n'y a aucune raison de penser que la "loi du contournement de la puissance" ne s'applique pas aux marines.

Ensuite, une série d'études d'une longueur et d'une valeur variable. Enfin, les Bulletin d'Etude de la Marine, trimestriel, sont également accessibles. A l'instar de la Naval War College Review américaine, beaucoup de géopolitique et quelques points de vue intéressants.

Que le CSEM mette en ligne ses travaux est une très bonne nouvelle. D'abord, parce que l'on réfléchit peu et mal au rôle des marine. Peu, dès lors que le nombre de travaux portant sur les marines et la stratégie navale contemporaine est très faible en France comme en Europe continentale. Mal, ensuite, dès lors que nombre de pistes sont inexplorées. Il a fallu Milan Vego, aux Etats-Unis, pour s'intéresser à l'art opératif naval. Il vient d'ailleur de récemment sortir un ouvrage sur le sujet chez Routledge. A mon sens, il reste trop marqué par une conception mahanienne "basique" et mettant en évidence l'engagement décisif. Mais, à tout le moins, l'eefort est d'une grande valeur.

On réfléchit également mal au regard de décisions qui ont été prises dans les marines de l'OTAN sans prise de distance. A relire Wayne Hughes et la lecture qu'il fait des "Lois de Lanchester", la puissance de feu est une donnée centrale, le plus grand nombre de coups étant déterminant. Or, alors que les marines otaniennes s'orientent vers des dotations à 4-8 missiles (les Danois faisant exception avec 16), les marines émergentes tablent sur des dotations de 8 à 16 engins.

De facto, le champ de la guerre navale contemporaine est une immense friche. Pour travailler sur le sujet depuis maintenant quelques temps - avec un ouvrage à la clé, dans les bacs, j'espère, d'ici juin ou septembre - je reste intimement convaincu de la nécessité de disposer d'un véritable "reader" en matière de stratégie/opératique/tactique navale théorique. De quoi donc, amplement faire ;o)

lundi 2 mars 2009

Les Cahiers du RMES sont en ligne

L'édition hiver 2008 des Cahiers du RMES est en ligne. Pour télécharger le volume complet , cliquez ici.

Djihad en Allemagne : La Connexion Ouzbèke
Par Thomas Renard

La presse écrite francophone de Belgique et la PESD
Par André Dumoulin

Les ré(é)volutions du caméléon. Combat futur et formation des structures de force entre Transformation, guerres hybrides et nouvelles formes d’application des conceptions de techno-guérilla
Par Joseph Henrotin

Military USes of Nanotechnology: An Overview of Trends in Investments, Expected Outcomes and Potential Impacts on Arms Control Regimes
Par Alain De Neve

DSI n°46, mars 2009 - Le sommaire !




Sommaire DSI 46

Editorial
Agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique : les 180 événements qui ont fait l'actualité stratégique du mois
La chronique de Carl von C. : « Emotionnellement correct »

Sur le vif

EUFOR Tchad/RCA : une opération vraiment originale
Par Olivier Kempf, géopolitologue

« Plomb durci » : les premières analyses
Par la rédaction

Stratégie

Le choc des résiliences
Par Pierre Quéant, commandant (air), stagiaire au CID

Quelques réflexions sur l’application par les Etats des modes de la techno-guérilla
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Obsédée par la tactique. La marine néglige l’importance de l’art opérationnel
Par Milan Vego, professeur au département d’opérations militaires interarmées à l’US Naval War College

Armées

La marine émiratie prend du poids
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Défense des Emirats Arabes Unis
Par Sylvain Rolet, arabisant, lieutenant colonel

Tableau de bord : les forces armées émiriennes
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

À bord du Courbet, en exercice
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : Le V15 - radar à compression d’impulsion

Des frégates de premier rang ?
Entretien avec le capitaine de vaisseau Marc Aussedat, commandant la FLF Courbet

Technologie & Armement

La conception russe du bombardement stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le Tu-95 Bear, ours volant de Moscou
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le Tu-160 Blackjack est de retour
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Tupolev Tu-22M Backfire/ L’URSS et les missiles antinavires

Frégates Type 123, classe Brandenburg/ La marine allemande durant les années 1980

Véhicule de combat d’infanterie ASCOD/Le développement des forces terrestres autrichiennes

Naissance d’Alliance géostratégique


C’est depuis juin 2007 que se constitue, peu à peu, une véritable blogosphère de défense francophone. Au total, et outre les blogs tenus par des journalistes spécialisés comme J. -D. Merchet ou J. Guisnel, une bonne quinzaine de blogs traitant des questions sécuritaires, stratégiques ou géopolitiques, qu’ils soient du fait de chercheurs, d’opérationnels ou « d’amateurs avertis » français, belges ou encore canadiens francophones.

Totalisant quotidiennement 2 500 visiteurs pour 5 000 pages vues, ces blogs se sont mis en réseau au sein de la plate-forme « Alliance géostratégique », à laquelle participent d’ailleurs plusieurs auteurs ayant écrit dans DSI, comme Olivier Kempf, François Duran, Thomas Renard, Stéphane Taillat ou Joseph Henrotin. Une très belle initiative qui permettra de centraliser les nombreuses contributions des auteurs, tout en accédant de façon simple et gratuite à un point de vue souvent expert. À voir ici.

vendredi 27 février 2009

Obama et la défense : croissance budgétaire supérieure à celle anticipée par l'administration Bush

Les discussions autour du niveau du budget de défense pour l’année 2010 aux Etats-Unis laissent émerger plusieurs tendances :

- Premièrement, Obama va effectivement augmenter le volume du budget, le faisant passer de 513 milliards de dollars pour 2009 à 534 milliards, proposant donc une augmentation de 4 %. On notera par ailleurs que la somme proposée est supérieure de 6,7 milliards aux estimations de l’administration Bush pour 2010.

- Or, et deuxièmement, les demandes du Pentagone pour 2010 étaient de 584 milliards – 50 de plus que ce que propose le nouveau président, donc – en dehors des budgets nécessaires à la conduite des opérations, qui relèvent d’une comptabilité séparée.

A cet égard, c’est une puissante lutte d’influence qui pourrait bien s’engager entre la Maison Blanche et le système militaro-industriel américain et ce alors qu’Obama a déjà concédé une augmentation. A ce jeu, les programmes suivants seraient significativement impactés :

- F-22 : arrêt de la production, maintien du niveau de 183 exemplaires ;
- F-35 : délais dans les achats, dimnution de la cible des commandes ;
- Future Combat System : fort ralentissement ;
- Défense ABM : annulation du programme KEI

mercredi 25 février 2009

Des gros bataillons aux logiques des corps expéditionnaires

Pour ceux intéressés par la question, Guillaume Lasconjarias donnera demain une conférence intitulée « Des gros bataillons aux logiques des corps expéditionnaires »
dans le cadre du séminaire "Révolutions militaires", à l'EHESS (17h à 19h au 105 Bd Raspail)

Le programme est alléchant :
À partir de la Révolution française se déploient sur les théâtres européens des gros bataillons qui se structurent et s’organisent autour de nouvelles échelles, la division ou le corps d’armée. Pourtant, dès la guerre d’Espagne (1808-1812) face à la guérilla espagnole, puis surtout, à partir des conquêtes de l’époque coloniale, ces organisations lourdes sont écartées au profit d’unités plus légères. Quelle est la logique qui sous-tend la constitution de ces corps ? Quelles leçons peut-on en tirer aujourd’hui, à l’heure où, paradoxalement, les conséquences de la chute du Pacte de Varsovie semblent avoir les mêmes bouleversements en termes d’organisation militaire.

lundi 23 février 2009

Techno-guérilla : défrichage et genèses

Il y a des moments dans la vie d'un chercheur où il peut être pris d'une pulsion quasi-incontrôlable le poussant à la rédaction d'un petit quelque chose qui lui semblera malgré tout inachevé. Le phénomène est classique : bien que vous puissiez travailler sur une série de projets, un autre semble poindre à l'horizon d'une façon presque sourde et finit un beau jour par éclater.

Pour ma part, l'un de ces projets "furtifs" a démarré en 1998, il y a plus de 10 ans, lorsque j'ai entamé les recherches préliminaires devant mener à mon mémoire de fin d'études et à une belle brique de 201 p. poétiquement intitulée "Application des doctrines de défense défensive à la Pologne et à la Roumanie, faisabilité et implications".

Même si, rétrospectivement, le travail me semble manquer quelque peu de sel - malgré ses très honorables 172/200 et une invitation à le publier - j'y parlais pas mal de techno-guérilla. Brossolet et Afheldt n'en constituent qu'un des volets. Le SAS, un groupe d'étude allemand des années 80 et comptant de nombreux (et brillants) officiers a sans doute poussé le concept beaucoup plus loin. Bref, je m'étais bien amusé (de même que l'IRSD, qui m'avait donné un solide coup de main en testant sur CAX mes conceptions).

Mais l'occurrence de l'actuel débat "guerre de haute intensité/classique/symétrique/technologique" Vs. "guerre de basse intensité/asymétrique/irrégulière/non-technologique" m'a rappelé (avec deux conférences à l'EHESS et au château de Vincennes) à mes vieux démons de techno-guérillero. En fait, il n'y a pas de solution au débat susmentionné, simplement parce que la question qui le fonde est, si pas mal formulée, en tous cas pas la plus pertinente.

Le caractère de la guerre mute en permanence : c'est un caméléon nous apprend Clausewitz, l'adversaire ne se battra évidemment jamais comme nous entendons qu'il le fasse. Ca ne veut pas dire, évidemment, qu'il se cantonnera à une guerre asymétrique dont j'avais déjà critiqué dans les Cahiers du RMES le caractère parfois dénigrant pour l'adversaire - une source de bien de mauvaises perceptions.

C'est dans ce contexte que je me suis amusé à tester un des points faibles de la théorie de la défense défensive dans son versant "techno-guérilla" millésime "années 1980". En d'autres termes, comment un organisme étatique peut-il se réapproprier la techno-guérilla utilisée avec succès par un groupe non-étatique tel que le Hezbollah ? Est-ce seulement faisable, en particulier dans des conditions navales certes traitées par les auteurs dans les années 1980 mais toutefois de façon nettement moins approfondie qu'ils ne l'avaient fait du domaine terrestre ?

Et bien, je pense que oui. C'est non seulement faisable mais ce sera sans doute un des troisièmes termes à un débat "high/low ends" qui me semble un peu trop simpliste et qui pourrait conduire nos planifications de structures de forces vers la mauvaise direction. Un des résultats de mes cogitations vient d'être mis en ligne ici. C'est un peu long - 45 petites pages - mais, après 10 ans de percolation, il fallait bien se défouler un peu.

Défense en France, l'Ifop fait le point

L’Ifop a réalisé en juillet dernier un sondage pour le moins interpellant sur le rapport qu’on les Français à leur défense, 7 ans après la fin du service national obligatoire. Et l’étude montre des résultats intéressants. Ainsi les personnes interrogées restent attachées à une dispersion des unités sur le territoire et maintiennent un lien fort à la notion de « ville de garnison » : 66 % se montrent hostiles à la refonte de la carte militaire, alors que 33 % soutiennent un regroupement des unités dans de plus grosses garnisons afin de réduire les coûts de fonctionnement.

Le service national, quant à lui, fait 75 % de nostalgiques dans la classe d’âge des 65 ans et plus, environ 2/3 des 35-49 ans le regrettant. Dans la classe des 25-34 ans, qui, en majorité, n’ont pas eu à l’effectuer, 49 % regrettent sa disparition. Chez les plus jeunes (18-24 ans), 28 % font de même.

Du point de vue des moyens cette fois, l’Ifop indique que 34 % des personnes interrogées estiment que le budget de défense est trop élevé (44 % pour les sympathisants de gauche, 21 % pour ceux de droite). Pour 41 % des répondants, le budget est adapté, tandis que 22 % estiment qu’il est insuffisant.

Du point de vue de la mission la plus prioritaire pour les forces armées, la défense du territoire national recueille 47 % des avis, la « stabilisation de certaines régions du monde » recueillant 38 % des préférences. Pour 50 % des personnes interrogées, la menace terroristes contre la France est « élevée » (64 % en octobre 2001).

Le « terrorisme international » est considéré par 66 % des personnes interrogées comme « le principal adversaire de la France dans le monde ». L’islamisme est cité à 45 %, soit 11 % de plus qu’en 2002. La prolifération nucléaire est qualifiée de menace pour 32 % des répondants.

Dans la hiérarchie des Etats, l’Ifop constate une nette progression de la Chine, considérée comme une menace par 28 % des personnes interrogée (contre 10 % en 2002), tandis que les Etats-Unis ne sont plus considérés comme une menace que par 14 % des répondants (contre… rien moins que 31 % en 2002). La Russie est quand à elle perçue comme une menace par 4 % des personnes interrogées.

DSIT n°16 en preview



Le prochain DSI-Technologies sera en kiosques et chez les marchands de journaux le 16 mars prochain et il vous réserve quelques bonnes surprises. A commencer par une longue interview de René Loire, l'ingénieur - à mon sens assez génial - qui avait en son temps conçu le "Frappeur", qualifié de "bâtiment missileur pour l'âge des réseaux". Si l'idée n'a guère accroché en France, elle l'a par contre fait aux Etats-Unis : de là a découlé l'Arsenal Ship puis la coûteuse antithèse des idées de R. Loire, le DDG-1000. Un excellent cas de sociologie des techniques.

Ne manquez pas non plus l'analyse des opérations israéliennes à Gaza. Pas mal de choses commencent à remonter à la surface, y compris les commentaires bien formés de P. Razoux ou S. Zuhur.

jeudi 19 février 2009

Ambiance en mer du Japon : les gardes côtes russes tirent sur un cargo

Les gardes-côtes russes ont ouvert ce week-end le feu sur le New Star, un bâtiment civil dont on pensait qu'il était avarié en mer du Japon à la suite d'une tempête ayant causé fait huit morts (sur les 16 de son équipage). Les autorités russes ont indiqué que le New Star était entré dans les eaux territoriales russes illégalement ce week-end.

"L'enquête sur ces tirs visant le navire étranger a été confiée au procureur militaire", a à l'agence Interfax indiqué Alexander Selentsov, un responsable du Parquet de Vladivostok. "Il a été plusieurs fois demandé au capitaine du New Star de s'arrêter par radio, par signaux lumineux, par des signaux de drapeau et des tirs de semonce", a-t-il ajouté.

M. Selentsov a indiqué que les gardes-côtes avaient reçu l'ordre "d'ouvrir le feu sur le navire" du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), ajoutant que le bateau s'est arrêté après ces tirs.

Selon le quotidien Kommersant, le navire a essuyé 500 tirs et les marins interrogés par le journal ont indiqué que le bateau s'était retrouvé en difficulté en raison de ces coups de feu et non à cause de la tempête. Huit des membres d'équipage sont décédés au cours de l'incident, selon les agences russes.

Thales et Nexter travaillent sur une munition de précision métrique



C'est hier en soirée que l'on a appris que la DGA a notifié en décembre 2008 un Programme d'Etudes Amont (PEA) à Nexter Munitions (mandataire) et TDA, filiale de Thales.

Il porte sur l’étude et la réalisation d’un démonstrateur de Munitions d’artillerie à Précision Métrique (MPM - en photo, copyright Nexter). L'objectif de ce PEA est l’acquisition des briques technologiques à bas coût pour la navigation, le guidage, le pilotage, l'acquisition et la détection (détecteur semi actif laser), intégrables dans plusieurs types de munitions (120 mm mortier, artillerie de char, artillerie de 155 mm, roquettes GMLRS et roquettes de 68 mm pour hélicoptère).

Cette munition à guidage terminal SAL est destinée à être utilisée pendant des engagements opérationnels, en particulier en milieu urbain, et doit permettre de traiter, avec une précision métrique, des cibles ponctuelles et imbriquées. Ces dernières sont désignées, dans les dernières secondes du vol balistique, par un désignateur laser opéré par l’un des moyens d’observation (observateur au sol, aéronef…).

Pendant cette phase de désignation, l’autodirecteur va détecter la tâche rétrodiffusée par la cible, et fournir les informations au système de guidage qui élaborera les ordres de pilotage et assurer ainsi la précision métrique terminale. De plus, la désignation de la cible sera effectuée par le même type de désignateur, quelque soit la munition (artillerie, mortier, char…).

Les principaux objectifs opérationnels attendus sont l’amélioration de la précision, de limiter les effets collatéraux, de tirer trop près des troupes amies et d’alléger la logistique. Ce PEA se terminera à l'horizon 2012 par des tirs de démonstrations conduits en artillerie de 120 mm mortier.

mercredi 18 février 2009

Feeding the brain : Stratégique n°85 est en ligne

Paru en 2005, le 85ème numéro de Stratégique est à présent consultable en ligne intégralement et gratuitement. Bonne lecture !

lundi 16 février 2009

DSI Hors Série n°5 : le sommaire



DSI HS n°5, février-mars 2009
En kiosque et chez votre marchand de journaux le 23 février 2009

EDITORIAL

DU CANON AU MISSILE

La défense sol-air : un siècle pour atteindre la maturité !
Stéphane FERRARD

Opération Cyclone : La sol-air « afghane » a fait reculer Moscou
Stéphane FERRARD

Quand la France « apprenait » la sol-air soviétique et la SEAD…
Pierre-Alain ANTOINE

Le SEAD/DEAD : un défi pour les aviations européennes
Olivier ZAJEC

L’hélicoptère face aux menaces « rustiques »
Frédéric LERT

SOL-AIR FRANCAISE

Rationalisation douloureuse pour la sol-air française
Jean-Louis PROME

L’armée de l’air prend les rênes de la défense sol-air
Jean-Louis PROME

L’EDSA 01.950 « Crau »
Véronique SARTINI

Sol-air courte portée : la « compétition » Thales/MBDA
Jean-Louis PROME

L’artillerie sol-air de l’armée de terre réduite au Mistral !
Jean-Louis PROME

A l’écoute de l’Ecole de l’artillerie de Draguignan
Véronique SARTINI

Et si les marins assuraient la couverture sol-air des biffins ?
Jean-Louis PROME

Afghanistan : le C-RAM à la française
Jean-Louis PROME

NOUVELLES REALITES

Quel avenir pour le laser sol-air israélo-américain ?
Jean-Louis PROME

Israël : des missiles face aux roquettes ?
Jérôme PALMADE

Le retour du canon dans la défense sol-air ?
Stéphane FERRARD

La menace des sol-air portables à l’égard des avions civils
Etienne DAUM & Valentin PICARD

L’US Army élargit sa défense antiaérienne
Frédéric ARAGON

Le triomphe du S-400 russe ?
Jérôme PALMADE

EXTENSION VERS L’ATBM

ABM et ATBM : quelles rationalités de (non)emploi ?
Joseph HENROTIN

L’Amérique mène le jeu en matière ABM
Jean-Philippe BAULON

Le système de Défense antimissiles AEGIS
Jeff KUETER

Les A(T)BM en Asie : la tentation de la prolifération
Joseph HENROTIN & Jérôme PALMADE

SAMP/T : la première brique ATBM de Paris !
Jean-Louis PROME

L’ATBM à l’échelle de l’OTAN : l’offre radar de Paris
Jean-Louis PROME

L’ONERA évoque les problématiques de l’ATBM
Entretien avec Antoine GUIGON

Collision du Triomphant et du Vanguard : la marine confirme

Selon la DICOD "Deux SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins), l'un français et l'autre britannique, conduisaient, il y a quelques jours, des patrouilles nationales de routine dans l’océan Atlantique. Ils sont entrés en contact brièvement à très basse vitesse alors qu'ils étaient en plongée. Il n'y a eu aucun blessé. Ni leurs missions de dissuasion ni la sûreté nucléaire n’ont été affectées. Comme annoncé dans le précédent communiqué du 6 février 2009, le Triomphant est rentré normalement à Brest".

Petit update la CBC (radio anglophone du Canada) vient de m'interroger sur la question, l'occasion de parler entraînement, procédures et difficultés du métier de sous-marinier.

DSI 46 en preview

On vous avait promis du solide et il arrive ;o) Le dossier du mois est consacré aux forces émiriennes et l'article principal a été rédigé par un des rares officers qui y a fait son école de guerre. Arabisant, il réside toujours sur place. En somme, de quoi donner le point de vue d'un insider pour le moins bien informé.

Scrountch (2) : Le Triomphant et le Vanguard entrent en collision

C'est la presse britannique qui le révèle, Le Triomphant et le Vanguard, deux SNLE, sont entrés en collision le 3 ou 4 février. D'après The Sun, les deux bâtiments ne menaient pas d'exercices ensemble. On ne connaît pas exactement les circonstances de la collision ni celles de leur proximité.

Selon un membre de la Royal Navy, "The potential consequences are unthinkable. It’s very unlikely there would have been a nuclear explosion (...) But a radioactive leak was a possibility. Worse, we could have lost the crew and warheads. That would have been a national disaster". Le Vanguard a été remorqué à Faslane tandis que Le Triomphant serait rentré à Brest "avec des dommages importants au dome sonar".

Je devrais passer sur France Info dans le courant de la journée.