Il y a des moments dans la vie d'un chercheur où il peut être pris d'une pulsion quasi-incontrôlable le poussant à la rédaction d'un petit quelque chose qui lui semblera malgré tout inachevé. Le phénomène est classique : bien que vous puissiez travailler sur une série de projets, un autre semble poindre à l'horizon d'une façon presque sourde et finit un beau jour par éclater.
Pour ma part, l'un de ces projets "furtifs" a démarré en 1998, il y a plus de 10 ans, lorsque j'ai entamé les recherches préliminaires devant mener à mon mémoire de fin d'études et à une belle brique de 201 p. poétiquement intitulée "Application des doctrines de défense défensive à la Pologne et à la Roumanie, faisabilité et implications".
Même si, rétrospectivement, le travail me semble manquer quelque peu de sel - malgré ses très honorables 172/200 et une invitation à le publier - j'y parlais pas mal de techno-guérilla. Brossolet et Afheldt n'en constituent qu'un des volets. Le SAS, un groupe d'étude allemand des années 80 et comptant de nombreux (et brillants) officiers a sans doute poussé le concept beaucoup plus loin. Bref, je m'étais bien amusé (de même que l'IRSD, qui m'avait donné un solide coup de main en testant sur CAX mes conceptions).
Mais l'occurrence de l'actuel débat "guerre de haute intensité/classique/symétrique/technologique" Vs. "guerre de basse intensité/asymétrique/irrégulière/non-technologique" m'a rappelé (avec deux conférences à l'EHESS et au château de Vincennes) à mes vieux démons de techno-guérillero. En fait, il n'y a pas de solution au débat susmentionné, simplement parce que la question qui le fonde est, si pas mal formulée, en tous cas pas la plus pertinente.
Le caractère de la guerre mute en permanence : c'est un caméléon nous apprend Clausewitz, l'adversaire ne se battra évidemment jamais comme nous entendons qu'il le fasse. Ca ne veut pas dire, évidemment, qu'il se cantonnera à une guerre asymétrique dont j'avais déjà critiqué dans les Cahiers du RMES le caractère parfois dénigrant pour l'adversaire - une source de bien de mauvaises perceptions.
C'est dans ce contexte que je me suis amusé à tester un des points faibles de la théorie de la défense défensive dans son versant "techno-guérilla" millésime "années 1980". En d'autres termes, comment un organisme étatique peut-il se réapproprier la techno-guérilla utilisée avec succès par un groupe non-étatique tel que le Hezbollah ? Est-ce seulement faisable, en particulier dans des conditions navales certes traitées par les auteurs dans les années 1980 mais toutefois de façon nettement moins approfondie qu'ils ne l'avaient fait du domaine terrestre ?
Et bien, je pense que oui. C'est non seulement faisable mais ce sera sans doute un des troisièmes termes à un débat "high/low ends" qui me semble un peu trop simpliste et qui pourrait conduire nos planifications de structures de forces vers la mauvaise direction. Un des résultats de mes cogitations vient d'être mis en ligne ici. C'est un peu long - 45 petites pages - mais, après 10 ans de percolation, il fallait bien se défouler un peu.
lundi 23 février 2009
Défense en France, l'Ifop fait le point
L’Ifop a réalisé en juillet dernier un sondage pour le moins interpellant sur le rapport qu’on les Français à leur défense, 7 ans après la fin du service national obligatoire. Et l’étude montre des résultats intéressants. Ainsi les personnes interrogées restent attachées à une dispersion des unités sur le territoire et maintiennent un lien fort à la notion de « ville de garnison » : 66 % se montrent hostiles à la refonte de la carte militaire, alors que 33 % soutiennent un regroupement des unités dans de plus grosses garnisons afin de réduire les coûts de fonctionnement.
Le service national, quant à lui, fait 75 % de nostalgiques dans la classe d’âge des 65 ans et plus, environ 2/3 des 35-49 ans le regrettant. Dans la classe des 25-34 ans, qui, en majorité, n’ont pas eu à l’effectuer, 49 % regrettent sa disparition. Chez les plus jeunes (18-24 ans), 28 % font de même.
Du point de vue des moyens cette fois, l’Ifop indique que 34 % des personnes interrogées estiment que le budget de défense est trop élevé (44 % pour les sympathisants de gauche, 21 % pour ceux de droite). Pour 41 % des répondants, le budget est adapté, tandis que 22 % estiment qu’il est insuffisant.
Du point de vue de la mission la plus prioritaire pour les forces armées, la défense du territoire national recueille 47 % des avis, la « stabilisation de certaines régions du monde » recueillant 38 % des préférences. Pour 50 % des personnes interrogées, la menace terroristes contre la France est « élevée » (64 % en octobre 2001).
Le « terrorisme international » est considéré par 66 % des personnes interrogées comme « le principal adversaire de la France dans le monde ». L’islamisme est cité à 45 %, soit 11 % de plus qu’en 2002. La prolifération nucléaire est qualifiée de menace pour 32 % des répondants.
Dans la hiérarchie des Etats, l’Ifop constate une nette progression de la Chine, considérée comme une menace par 28 % des personnes interrogée (contre 10 % en 2002), tandis que les Etats-Unis ne sont plus considérés comme une menace que par 14 % des répondants (contre… rien moins que 31 % en 2002). La Russie est quand à elle perçue comme une menace par 4 % des personnes interrogées.
Le service national, quant à lui, fait 75 % de nostalgiques dans la classe d’âge des 65 ans et plus, environ 2/3 des 35-49 ans le regrettant. Dans la classe des 25-34 ans, qui, en majorité, n’ont pas eu à l’effectuer, 49 % regrettent sa disparition. Chez les plus jeunes (18-24 ans), 28 % font de même.
Du point de vue des moyens cette fois, l’Ifop indique que 34 % des personnes interrogées estiment que le budget de défense est trop élevé (44 % pour les sympathisants de gauche, 21 % pour ceux de droite). Pour 41 % des répondants, le budget est adapté, tandis que 22 % estiment qu’il est insuffisant.
Du point de vue de la mission la plus prioritaire pour les forces armées, la défense du territoire national recueille 47 % des avis, la « stabilisation de certaines régions du monde » recueillant 38 % des préférences. Pour 50 % des personnes interrogées, la menace terroristes contre la France est « élevée » (64 % en octobre 2001).
Le « terrorisme international » est considéré par 66 % des personnes interrogées comme « le principal adversaire de la France dans le monde ». L’islamisme est cité à 45 %, soit 11 % de plus qu’en 2002. La prolifération nucléaire est qualifiée de menace pour 32 % des répondants.
Dans la hiérarchie des Etats, l’Ifop constate une nette progression de la Chine, considérée comme une menace par 28 % des personnes interrogée (contre 10 % en 2002), tandis que les Etats-Unis ne sont plus considérés comme une menace que par 14 % des répondants (contre… rien moins que 31 % en 2002). La Russie est quand à elle perçue comme une menace par 4 % des personnes interrogées.
DSIT n°16 en preview
Le prochain DSI-Technologies sera en kiosques et chez les marchands de journaux le 16 mars prochain et il vous réserve quelques bonnes surprises. A commencer par une longue interview de René Loire, l'ingénieur - à mon sens assez génial - qui avait en son temps conçu le "Frappeur", qualifié de "bâtiment missileur pour l'âge des réseaux". Si l'idée n'a guère accroché en France, elle l'a par contre fait aux Etats-Unis : de là a découlé l'Arsenal Ship puis la coûteuse antithèse des idées de R. Loire, le DDG-1000. Un excellent cas de sociologie des techniques.
Ne manquez pas non plus l'analyse des opérations israéliennes à Gaza. Pas mal de choses commencent à remonter à la surface, y compris les commentaires bien formés de P. Razoux ou S. Zuhur.
jeudi 19 février 2009
Ambiance en mer du Japon : les gardes côtes russes tirent sur un cargo
Les gardes-côtes russes ont ouvert ce week-end le feu sur le New Star, un bâtiment civil dont on pensait qu'il était avarié en mer du Japon à la suite d'une tempête ayant causé fait huit morts (sur les 16 de son équipage). Les autorités russes ont indiqué que le New Star était entré dans les eaux territoriales russes illégalement ce week-end.
"L'enquête sur ces tirs visant le navire étranger a été confiée au procureur militaire", a à l'agence Interfax indiqué Alexander Selentsov, un responsable du Parquet de Vladivostok. "Il a été plusieurs fois demandé au capitaine du New Star de s'arrêter par radio, par signaux lumineux, par des signaux de drapeau et des tirs de semonce", a-t-il ajouté.
M. Selentsov a indiqué que les gardes-côtes avaient reçu l'ordre "d'ouvrir le feu sur le navire" du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), ajoutant que le bateau s'est arrêté après ces tirs.
Selon le quotidien Kommersant, le navire a essuyé 500 tirs et les marins interrogés par le journal ont indiqué que le bateau s'était retrouvé en difficulté en raison de ces coups de feu et non à cause de la tempête. Huit des membres d'équipage sont décédés au cours de l'incident, selon les agences russes.
"L'enquête sur ces tirs visant le navire étranger a été confiée au procureur militaire", a à l'agence Interfax indiqué Alexander Selentsov, un responsable du Parquet de Vladivostok. "Il a été plusieurs fois demandé au capitaine du New Star de s'arrêter par radio, par signaux lumineux, par des signaux de drapeau et des tirs de semonce", a-t-il ajouté.
M. Selentsov a indiqué que les gardes-côtes avaient reçu l'ordre "d'ouvrir le feu sur le navire" du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), ajoutant que le bateau s'est arrêté après ces tirs.
Selon le quotidien Kommersant, le navire a essuyé 500 tirs et les marins interrogés par le journal ont indiqué que le bateau s'était retrouvé en difficulté en raison de ces coups de feu et non à cause de la tempête. Huit des membres d'équipage sont décédés au cours de l'incident, selon les agences russes.
Thales et Nexter travaillent sur une munition de précision métrique

C'est hier en soirée que l'on a appris que la DGA a notifié en décembre 2008 un Programme d'Etudes Amont (PEA) à Nexter Munitions (mandataire) et TDA, filiale de Thales.
Il porte sur l’étude et la réalisation d’un démonstrateur de Munitions d’artillerie à Précision Métrique (MPM - en photo, copyright Nexter). L'objectif de ce PEA est l’acquisition des briques technologiques à bas coût pour la navigation, le guidage, le pilotage, l'acquisition et la détection (détecteur semi actif laser), intégrables dans plusieurs types de munitions (120 mm mortier, artillerie de char, artillerie de 155 mm, roquettes GMLRS et roquettes de 68 mm pour hélicoptère).
Cette munition à guidage terminal SAL est destinée à être utilisée pendant des engagements opérationnels, en particulier en milieu urbain, et doit permettre de traiter, avec une précision métrique, des cibles ponctuelles et imbriquées. Ces dernières sont désignées, dans les dernières secondes du vol balistique, par un désignateur laser opéré par l’un des moyens d’observation (observateur au sol, aéronef…).
Pendant cette phase de désignation, l’autodirecteur va détecter la tâche rétrodiffusée par la cible, et fournir les informations au système de guidage qui élaborera les ordres de pilotage et assurer ainsi la précision métrique terminale. De plus, la désignation de la cible sera effectuée par le même type de désignateur, quelque soit la munition (artillerie, mortier, char…).
Les principaux objectifs opérationnels attendus sont l’amélioration de la précision, de limiter les effets collatéraux, de tirer trop près des troupes amies et d’alléger la logistique. Ce PEA se terminera à l'horizon 2012 par des tirs de démonstrations conduits en artillerie de 120 mm mortier.
mercredi 18 février 2009
Feeding the brain : Stratégique n°85 est en ligne
Paru en 2005, le 85ème numéro de Stratégique est à présent consultable en ligne intégralement et gratuitement. Bonne lecture !
lundi 16 février 2009
DSI Hors Série n°5 : le sommaire
EDITORIAL
DU CANON AU MISSILE
La défense sol-air : un siècle pour atteindre la maturité !
Stéphane FERRARD
Opération Cyclone : La sol-air « afghane » a fait reculer Moscou
Stéphane FERRARD
Quand la France « apprenait » la sol-air soviétique et la SEAD…
Pierre-Alain ANTOINE
Le SEAD/DEAD : un défi pour les aviations européennes
Olivier ZAJEC
L’hélicoptère face aux menaces « rustiques »
Frédéric LERT
SOL-AIR FRANCAISE
Rationalisation douloureuse pour la sol-air française
Jean-Louis PROME
L’armée de l’air prend les rênes de la défense sol-air
Jean-Louis PROME
L’EDSA 01.950 « Crau »
Véronique SARTINI
Sol-air courte portée : la « compétition » Thales/MBDA
Jean-Louis PROME
L’artillerie sol-air de l’armée de terre réduite au Mistral !
Jean-Louis PROME
A l’écoute de l’Ecole de l’artillerie de Draguignan
Véronique SARTINI
Et si les marins assuraient la couverture sol-air des biffins ?
Jean-Louis PROME
Afghanistan : le C-RAM à la française
Jean-Louis PROME
NOUVELLES REALITES
Quel avenir pour le laser sol-air israélo-américain ?
Jean-Louis PROME
Israël : des missiles face aux roquettes ?
Jérôme PALMADE
Le retour du canon dans la défense sol-air ?
Stéphane FERRARD
La menace des sol-air portables à l’égard des avions civils
Etienne DAUM & Valentin PICARD
L’US Army élargit sa défense antiaérienne
Frédéric ARAGON
Le triomphe du S-400 russe ?
Jérôme PALMADE
EXTENSION VERS L’ATBM
ABM et ATBM : quelles rationalités de (non)emploi ?
Joseph HENROTIN
L’Amérique mène le jeu en matière ABM
Jean-Philippe BAULON
Le système de Défense antimissiles AEGIS
Jeff KUETER
Les A(T)BM en Asie : la tentation de la prolifération
Joseph HENROTIN & Jérôme PALMADE
SAMP/T : la première brique ATBM de Paris !
Jean-Louis PROME
L’ATBM à l’échelle de l’OTAN : l’offre radar de Paris
Jean-Louis PROME
L’ONERA évoque les problématiques de l’ATBM
Entretien avec Antoine GUIGON
Collision du Triomphant et du Vanguard : la marine confirme
Selon la DICOD "Deux SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins), l'un français et l'autre britannique, conduisaient, il y a quelques jours, des patrouilles nationales de routine dans l’océan Atlantique. Ils sont entrés en contact brièvement à très basse vitesse alors qu'ils étaient en plongée. Il n'y a eu aucun blessé. Ni leurs missions de dissuasion ni la sûreté nucléaire n’ont été affectées. Comme annoncé dans le précédent communiqué du 6 février 2009, le Triomphant est rentré normalement à Brest".
Petit update la CBC (radio anglophone du Canada) vient de m'interroger sur la question, l'occasion de parler entraînement, procédures et difficultés du métier de sous-marinier.
Petit update la CBC (radio anglophone du Canada) vient de m'interroger sur la question, l'occasion de parler entraînement, procédures et difficultés du métier de sous-marinier.
DSI 46 en preview
On vous avait promis du solide et il arrive ;o) Le dossier du mois est consacré aux forces émiriennes et l'article principal a été rédigé par un des rares officers qui y a fait son école de guerre. Arabisant, il réside toujours sur place. En somme, de quoi donner le point de vue d'un insider pour le moins bien informé.
Scrountch (2) : Le Triomphant et le Vanguard entrent en collision
C'est la presse britannique qui le révèle, Le Triomphant et le Vanguard, deux SNLE, sont entrés en collision le 3 ou 4 février. D'après The Sun, les deux bâtiments ne menaient pas d'exercices ensemble. On ne connaît pas exactement les circonstances de la collision ni celles de leur proximité.
Selon un membre de la Royal Navy, "The potential consequences are unthinkable. It’s very unlikely there would have been a nuclear explosion (...) But a radioactive leak was a possibility. Worse, we could have lost the crew and warheads. That would have been a national disaster". Le Vanguard a été remorqué à Faslane tandis que Le Triomphant serait rentré à Brest "avec des dommages importants au dome sonar".
Je devrais passer sur France Info dans le courant de la journée.
Selon un membre de la Royal Navy, "The potential consequences are unthinkable. It’s very unlikely there would have been a nuclear explosion (...) But a radioactive leak was a possibility. Worse, we could have lost the crew and warheads. That would have been a national disaster". Le Vanguard a été remorqué à Faslane tandis que Le Triomphant serait rentré à Brest "avec des dommages importants au dome sonar".
Je devrais passer sur France Info dans le courant de la journée.
vendredi 13 février 2009
Un peu de lecture pour le week-end ?
Je viens de mettre en ligne le n°86-87 de Stratégique, qui reste la seule revue académique française en format "papier" consacrée aux études stratégiques. Ses textes sont parfois très longs, la plupart des articles passent cependant les 15-20 pages.
Le 86-87 était consacré, en l'occurrence, aux stratégies atlantiques et qui avait été produit en collaboration avec la fine équipe du RMES. A lire ici.
Le 86-87 était consacré, en l'occurrence, aux stratégies atlantiques et qui avait été produit en collaboration avec la fine équipe du RMES. A lire ici.
Le week-end à l'horizon...
... ou disons plutôt "presque à l'horizon". Le DSI de mars est pratiquement prêt et le DSI-T de mars avril réservera quelques bonnes surprises. Des remontées d'informations sur les opérations israéliennes à Gaza commencent à émerger. L'occasion d'attaquer la thématique à cheval sur les deux magazines.
En attendant, Jean-Louis Promé, qui est en charge des hors-série depuis quelques temps, m'indique que le n°5, consacré à la défense sol-air, ne tardera pas à être en kiosque, le 23 février pour être plus précis. La rédaction étant en réunion hier à Paris, il m'a montré le résultat de son travail. Et franchement, ça vaut la peine. De la Flak aux ABM en passant par les programmes russes, le SEAD/DEAD ou la prolifération des ATBM, Jean-Louis a accompli un travail exhaustif et minutieux : du très solide !
Quand à votre serviteur, il s'en retourne de ce pas ou presque à son prochain ouvrage. Grosso modo, 3 chapitres restent à écrire, les 8 premiers étant prêts. je pense qu'il devrait pouvoir atteindre les bacs d'ici juin. En attendant, ce soir, je figole sur les tendances et les constantes historiques en matière d'opérations navales majeures. Pas mal de choses ont été écrites sur le niveau opérationnel en stratégie navale et beaucoup reste à apprendre. Le champ est donc vaste. Anchors aweigh ;o)
En attendant, Jean-Louis Promé, qui est en charge des hors-série depuis quelques temps, m'indique que le n°5, consacré à la défense sol-air, ne tardera pas à être en kiosque, le 23 février pour être plus précis. La rédaction étant en réunion hier à Paris, il m'a montré le résultat de son travail. Et franchement, ça vaut la peine. De la Flak aux ABM en passant par les programmes russes, le SEAD/DEAD ou la prolifération des ATBM, Jean-Louis a accompli un travail exhaustif et minutieux : du très solide !
Quand à votre serviteur, il s'en retourne de ce pas ou presque à son prochain ouvrage. Grosso modo, 3 chapitres restent à écrire, les 8 premiers étant prêts. je pense qu'il devrait pouvoir atteindre les bacs d'ici juin. En attendant, ce soir, je figole sur les tendances et les constantes historiques en matière d'opérations navales majeures. Pas mal de choses ont été écrites sur le niveau opérationnel en stratégie navale et beaucoup reste à apprendre. Le champ est donc vaste. Anchors aweigh ;o)
La nouvelle AASM vole
Sagem et la DGA ont effectué avec succès, le 27 janvier 2009, le 1er tir d’essai d’une nouvelle version de l’Armement Air-Sol Modulaire (AASM) en configuration 125 kg (en photo, copyright DGA).
L’AASM 125 est constitué d’un corps de bombe de 125 kg (de type Mk81) sur lequel sont fixés des kits de guidage inertiel/GPS et d’augmentation de portée identiques à ceux de l’AASM 250 (munitions de 250 kg) en service opérationnel sur les Rafale des forces aériennes françaises. L'arme est la plus légère de la famille AASM.
L’AASM 125 apporte de nouvelles capacités opérationnelles : associés à la grande précision du guidage, les effets limités et la portée accrue permettent d’élargir la flexibilité opérationnelle du AASM et son spectre d’utilisation, notamment à des missions d’appui feu au plus près des troupes au sol, en limitant les risques de dommages collatéraux.
Le tir a été effectué depuis un Mirage 2000 N du Centre d’Essais en Vol (CEV) de la DGA. Il a été réalisé en haute altitude sur une cible située à plusieurs dizaines de kilomètres. Le guidage de l’AASM vers la cible s’est effectué à partir de son seul système inertiel.
mercredi 11 février 2009
Docs en stock : les interventions de la conférence de Munich
La Conférence annuelle sur la sécurité de Munich est "ze place to be" en matière de relations internationales. Evidemment, il ne faut jamais s'attendre à entendre des déclarations fracassantes ou y voir émerger des révolutions politiques. Toutefois, ces conférences sont très indicatives de l'ambiance sécuritaire internationale.
Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en ligne les différentes interventions, comprenant notamment celles de Joseph "Soft Power" Nye ou du énéral Petraeus. A lire ici.
Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en ligne les différentes interventions, comprenant notamment celles de Joseph "Soft Power" Nye ou du énéral Petraeus. A lire ici.
Libellés :
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Stratégie
mardi 10 février 2009
Détection avancée de missiles balistiques : SPIRALE décolle le 12 février
La DGA va lancer le 12 février les deux micro-satellites du démonstrateur pour l’alerte avancée SPIRALE (Système Préparatoire Infrarouge pour l’Alerte), système d’alerte spatiale visant à détecter le tir d’un missile balistique le plus tôt possible après son départ. EADS-Astrium, qui assure la maîtrise d'oeuvre, arrive donc doucement au terme du projet.
Comme les DSP et SBIRS américains, SPIRALE, qui utilise une plateforme Myriade, doit détecter la "plume" infrarouge des engins mis à feu. SPIRALE n'est cependant qu'un démonstrateur devant préparer le futur système d’alerte spatiale, qui serait disponible à l'horizon 2020.
Selon la DICOD, il va "collecter pendant une année une grande variété d’images infrarouges de la Terre afin d’évaluer les situations possibles de fausses alarmes générées par des phénomènes naturels (nuages ou montagnes enneigés éclairés par le soleil). Enfin, il doit permettre de modéliser et de proposer à la DGA d’ici octobre 2010 les premières caractéristiques du futur satellite (notamment la résolution et la sensibilité de la caméra infrarouge)".
Outre les développements français, seuls les Etats-Unis et la Russie (satellites Oko et Prognoz, toutefois peu opérationnels) disposent de systèmes similaires.
Comme les DSP et SBIRS américains, SPIRALE, qui utilise une plateforme Myriade, doit détecter la "plume" infrarouge des engins mis à feu. SPIRALE n'est cependant qu'un démonstrateur devant préparer le futur système d’alerte spatiale, qui serait disponible à l'horizon 2020.
Selon la DICOD, il va "collecter pendant une année une grande variété d’images infrarouges de la Terre afin d’évaluer les situations possibles de fausses alarmes générées par des phénomènes naturels (nuages ou montagnes enneigés éclairés par le soleil). Enfin, il doit permettre de modéliser et de proposer à la DGA d’ici octobre 2010 les premières caractéristiques du futur satellite (notamment la résolution et la sensibilité de la caméra infrarouge)".
Outre les développements français, seuls les Etats-Unis et la Russie (satellites Oko et Prognoz, toutefois peu opérationnels) disposent de systèmes similaires.
lundi 9 février 2009
Scrountch : le Port Royal échoué
Ca peut arriver (c'est même arrivé à Nimitz, avant qu'il ne connaisse une carrière pour le moins brillante) : les navires peuvent d'échouer. S'est, en l'occurrence, le cas du croiseur Aegis Port Royal (classe Ticonderoga), qui s'est échoué sur un banc de sable à proximité d'Honolulu, ne causant aucun blessé.
Un Raptor à Paris : c'est pour juin
Des responsables de Lockheed Martin ont indiqué que le F-22 Raptor sera présenté au public au cours du prochain Salon du Bourget, qui se tiendra en juin 2009.
vendredi 6 février 2009
Le chiffre du jour
21017,57 dollars : c'est le coût de l'installation d'un kit de surprotection sur un camion FMTV, calculé sur base du dernier contrat en la matière engrengé par BAE (107,357 millions pour des modifications à opérer sur 5 108 camions).
Etats-Unis : une "bosse budgétaire" de 652 milliards
Le Congressionnal Budget Office a rendu public des projections budgétaires courant jusqu’en 2026 et se basant sur le budget de défense 2009 validé par le Congrès (515,4milliards de dollars).
Il en ressort que 26 % des coûts induits par les plans considérés comme validés par le Pentagone ne sont, tout simplement, par budgétés. En d’autres termes, les projets américains vont induire une « bosse budgétaire » d’un montant total de 652 milliards jusqu’en 2026.
Or, plusieurs analystes estiment que le budget 2009 pourrait bien, crise économique oblige, être le dernier à avoir connu une croissance, du moins avant plusieurs années. Ce qui ne manquera certainement pas de mettre une pression considérable sur un certain nombre de programmes considérés durant la dernière campagne électorale comme étant dans le collimateur politique de celui qui était alors le candidat Obama.
Pratiquement tous les programmes seraient touchés, à des degrés divers, certains pouvant se voir annulés sans d’autre procès. La défense antimissiles serait particulièrement sur la selette.
Il en ressort que 26 % des coûts induits par les plans considérés comme validés par le Pentagone ne sont, tout simplement, par budgétés. En d’autres termes, les projets américains vont induire une « bosse budgétaire » d’un montant total de 652 milliards jusqu’en 2026.
Or, plusieurs analystes estiment que le budget 2009 pourrait bien, crise économique oblige, être le dernier à avoir connu une croissance, du moins avant plusieurs années. Ce qui ne manquera certainement pas de mettre une pression considérable sur un certain nombre de programmes considérés durant la dernière campagne électorale comme étant dans le collimateur politique de celui qui était alors le candidat Obama.
Pratiquement tous les programmes seraient touchés, à des degrés divers, certains pouvant se voir annulés sans d’autre procès. La défense antimissiles serait particulièrement sur la selette.
jeudi 5 février 2009
De la différence entre un militaire et un diplomate...
Zoom Europa, diffusé hier soir sur Arte, faisait notamment un portrait du général de Kermabon, que nous avions reçu en son temps dans les pages de DSI et qui, maintenant à la retraite, a été placé à la tête d'Eulex Kosovo.
A la question de savoir si, finalement, il se sentait plutôt militaire ou diplomate, il a répondu par une petite cabriole humoristique :
Connaissez-vous la différence entre un militaire et un diplomate ?
Pour le militaire :
"Oui", c'est oui.
"Non", c'est non.
"Peut-être" n'existe pas.
Pour le diplomate :
"Oui", c'est peut-être
"peut-être", c'est non
"Non" n'existe pas.
A la question de savoir si, finalement, il se sentait plutôt militaire ou diplomate, il a répondu par une petite cabriole humoristique :
Connaissez-vous la différence entre un militaire et un diplomate ?
Pour le militaire :
"Oui", c'est oui.
"Non", c'est non.
"Peut-être" n'existe pas.
Pour le diplomate :
"Oui", c'est peut-être
"peut-être", c'est non
"Non" n'existe pas.
PSYOPS à Gaza (en en Israël) - un exemple concret
Israël a, historiquement, toujours fait un large usage des opérations psychologiques. Les dernières opérations dans Gaza n'ont pas échappé à la règle : tracts, coups de fils (à vocation Psyops mais aussi de renseignement), "mini-frappes cinétiques" sur les immeubles pour inciter leurs occupants à partir, chaîne "Tsahal" sur Youtube, diffusion d'images de frappes de précision pour contrer la trhétorique du Hamas ont été autant de moyens utilisés. Ce sont autant de thématiques qu'aborderont les prochains DSI et DSI-T.
Rien de bien nouveau, cependant, là-dedans : les Psyops ont une dynamique spécifique qui tend à la complexification des moyens de diffusion des messages. Mais si ces derniers peuvent être destinés à l'adversaire du moment, ils peuvent également l'être vers la propre population de l'Etat qui a engagé les opérations. De facto, Israël est un Etat dont la cohésion est fragile : la question des "arabes israéliens", celle de la part prise par les orthodoxes, la question des impacts - majeurs - sur une économie dont plus de 30 % du PIB passe à la défense sont autant d'enjeux.
Rappeler pourquoi l'on se bat - et quelles sont les motivations ayant conduit à la décision de l'engagement - redevient dès lors nécessaire, en particulier lorsque vous êtes accusé d'avoir commis des crimes de guerre et que la communauté internationale crée une pression intense.
J'ai reçu aujourd'hui un mail contenant une lettre publiée dans le quotidien Maariv et, d'après le journal, a été écrite par un réserviste. Personnellement et a priori, je trouve qu'elle est tellement travaillée du point de vue Psyops que soit le réserviste en question est membre d'une telle unité, soit qu'elle a été préparée par une unités Psyops. Je pense qu'il est intéressant de la lire en gardant à l'esprit ce qui vient de précéder. La plume comme instrument de la manoeuvre psychologique (à usage interne comme externe) reste un facteur puissant :
"Je suis le soldat qui a dormi chez vous"
Par Yishai G ( réserviste)
Reproduit avec la permission de Maariv, initialement publié le 25 janvier 2009
Bonjour,
Alors que le monde regarde Gaza en ruines, vous retournez dans votre maison qui tient encore debout. Cependant, je suis certain que vous savez que quelqu'un y est venu en votre absence.
Ce quelqu'un c'est moi.
J'ai passé de longues heures à imaginer quelle serait votre réaction lorsque vous retourneriez chez vous. Ce que vous ressentiriez lorsque vous comprendriez que les soldats de Tsahal ont dormi sur vos matelas et ont utilisé vos couvertures pour se tenir au chaud.
Je savais que cela vous contrarierait et vous attristerait et que vous éprouveriez une cinglante humiliation cette violation des parties les plus intimes de votre vie par ceux que vous définissez comme vos ennemis. Je suis persuadé que vous me détestez avec une haine violente et que vous n'éprouvez même pas le plus infime désir d'entendre ce que j'ai à dire. Cependant, il est important pour moi de dire ce qui suit dans l'espoir qu'il y ait une chance infime que vous m'entendiez.
J'ai passé plusieurs jours dans votre maison. Votre présence et celle de votre famille se ressentait dans chaque coin. J'ai vu les portraits de votre famille sur le mur, et cela m’a fais penser à la mienne. J'ai vu les bouteilles de parfum de votre femme sur la table de chevet, et cela m’a fait penser à ma femme. J'ai vu les jouets de vos enfants et les livres scolaires en anglais. J'ai vu votre ordinateur personnel et comment vous avez installé le modem et le téléphone sans fil près de l'écran, comme je le fais chez moi.
Je voulais que vous sachiez que malgré l'immense désordre que vous avez trouvé dans votre maison et qui a été causé alors que nous cherchions des explosifs et des tunnels (qui ont en effet été trouvés dans d'autres maisons), nous faisions de notre mieux pour traiter vos effets personnels avec respect. Lorsque j'ai déplacé la table d'ordinateur, j'ai débranché les câbles et je les ai soigneusement posés par terre, comme je l'aurais fait avec mon propre ordinateur. J'ai même dépoussiéré l'ordinateur avec un morceau de tissu. J'ai essayé de remettre en place les vêtements qui sont tombés lorsque nous avons déplacé l'armoire, même si ça n'est pas comme vous l'auriez fait, mais au moins de sorte à ce que rien ne soit perdu.
Je sais que la destruction, les trous de balles dans vos murs et la destruction de ces maisons à proximité de la vôtre rendent mes descriptions assez ridicules. Mais, j'ai besoin que vous me compreniez et j'espère que vous canaliserez votre colère et vos critiques comme il se doit.
J'ai décidé de vous écrire parce que je suis resté chez vous.
Je peux présumer que vous êtes intelligent et instruit et qu'il y a dans votre maison des étudiants à l'université. Vos enfants apprennent l'anglais et vous êtes connecté à Internet. Vous n'êtes pas aveugle ; vous savez ce qu'il se passe autour de vous.
C'est pourquoi, je suis sûr que vous savez que les roquettes Qassam ont été lancées depuis votre quartier sur les métropoles et les villes d'Israël.
Comment pouvez vous regarder ces tirs hebdomadaires sans vous imaginer qu'un jour nous dirions "Assez" ?! Vous êtes vous déjà imaginé que c'était une erreur de lancer des roquettes sur des civils innocents qui essayaient de mener une vie normale, tout comme vous ? Combien de temps pensiez-vous que nous allions rester les bras croisés sans réagir ?
Je peux vous entendre dire "ce n'est pas moi, c'est le Hamas". Mon intuition me dit que vous n'êtes pas son plus fervent admirateur. Si vous regardiez de plus près la triste réalité dans laquelle vit votre peuple, sans vous leurrer ou trouver des excuses sur "l'occupation", vous devez certainement tirer la conclusion que c'est le Hamas votre véritable ennemi.
La réalité est si simple, même un enfant de sept ans peut la comprendre : Israël s'est retiré de la Bande de Gaza, a retiré ses bases militaires et ses citoyens de Gush Katif. Nous continuons, néanmoins, à vous fournir de l'électricité, de l'eau, et des marchandises (et ça je le sais très bien puisque durant mon devoir de réserve, j'ai gardé les passages frontaliers plus d'une fois, et j'ai vu des centaines de camions remplis de marchandises entrer dans un Gaza sans blocus tous les jours).
Malgré tout cela, pour des raisons qui sont incompréhensibles et par manque de toute logique, le Hamas a tiré des missiles sur des villes israéliennes. Pendant trois ans, nous avons serré les dents et nous nous sommes retenus.
A la fin, nous n'en pouvions plus et nous sommes entrés dans la Bande de Gaza, dans votre quartier, afin d'éliminer ceux qui voulaient nous tuer. Une réalité qui est pénible mais très facile à expliquer.
Dès que vous serez d'accord avec moi sur le fait que le Hamas est votre ennemi et que c'est à cause de lui que votre peuple est misérable, vous comprendrez aussi que le changement vient de l'intérieur. Je suis tout à fait conscient que ce que je dis est plus facile à écrire qu'à faire, mais je ne vois pas d'autre moyen. Vous, qui êtes connecté au monde et êtes inquiet pour l'éducation de vos enfants, vous devez mener, avec vos amis, une insurrection civile contre le Hamas.
Je vous conjure que si les citoyens de Gaza étaient occupés à paver des routes, construire des écoles, ouvrir des usines et des établissements culturels au lieu de s'apitoyer sur leur sort, de faire de la contrebande d'armes et de nourrir une haine contre vos voisins israéliens, vos maisons n'auraient pas été en ruines aujourd'hui. Si vos leaders n'étaient pas corrompus et motivés par la haine, vos maisons n'auraient pas été endommagées. Si quelqu'un s'était levé et avait crié que cela n'avait aucun sens de tirer des missiles sur des civils innocents, moi, soldat, je ne me serais pas retrouvé dans votre cuisine.
Vous n'avez pas d'argent, dites-vous ? Vous en avez bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. Même avant la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, à l'époque de Yasser Arafat, les millions, si ce n'est des milliards de dollars, qui ont été donnés par la communauté internationale aux Palestiniens, ont été utilisés pour acheter des armes ou ont été directement déposés sur le compte en banque de vos leaders. Les Etats du Golfe, les Emirats – vos frères, votre chair et votre sang, comptent parmi les plus riches nations au monde.
S'il y avait ne serait-ce qu'un infime sentiment de solidarité entre les pays arabes, si ces nations étaient un tant soit peu intéressées par la reconstruction du peuple palestinien – votre situation aurait été bien différente. Vous devez connaître Singapour. La masse de terre qui n'est pas bien plus grande que la Bande de Gaza et qui est considérée comme le deuxième pays le plus peuplé au monde. Malgré cela, Singapour est un pays prospère et bien dirigé. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour vous ?
Mon ami, j'aurais voulu vous appeler par votre nom, mais je ne le ferai pas publiquement. Je voudrais que vous sachiez que je suis à 100 % en paix avec ce que mon pays a fait, ce que mon armée a fait et ce que j'ai fait. Cependant, je comprends votre chagrin. Je suis désolé pour la destruction que vous voyez dans votre quartier en ce moment. Personnellement, j'ai fait tout mon possible pour minimiser les dégâts dans votre maison.
A mon avis, nous avons bien plus en commun que vous ne pouvez l'imaginer. Je suis un civil, pas un soldat, et dans ma vie privée, je n'ai rien à voir avec l'armée. Cependant, je suis obligé de quitter ma maison, mettre un uniforme et protéger ma famille chaque fois que nous sommes attaqués.
Je n'éprouve aucun désir à être dans votre maison, à porter à nouveau mon uniforme et je serais plus qu'heureux de m'asseoir avec vous comme invité dans votre jolie terrasse, en buvant du thé sucré avec la sauge qui pousse dans votre jardin.
La seule personne qui pourrait faire de ce rêve une réalité, c'est vous.
Prendre vos responsabilités, celle de votre famille, de votre peuple, et commencer à prendre le contrôle de votre destinée. Comment ? Je ne sais pas. Peut être qu'il y a quelque chose à apprendre du peuple juif qui s'est relevé de la tragédie humaine la plus destructrice du XXe siècle. Et au lieu de sombrer dans l'apitoiement, a construit un pays florissant et prospère. C'est possible et c'est à portée de vos mains.
Je suis disposé à être là et vous prêter mon épaule pour vous soutenir et vous aider.
Mais, vous seul pouvez faire bouger les roues de l'histoire.
Cordialement,
Yishai (réserviste)
Rien de bien nouveau, cependant, là-dedans : les Psyops ont une dynamique spécifique qui tend à la complexification des moyens de diffusion des messages. Mais si ces derniers peuvent être destinés à l'adversaire du moment, ils peuvent également l'être vers la propre population de l'Etat qui a engagé les opérations. De facto, Israël est un Etat dont la cohésion est fragile : la question des "arabes israéliens", celle de la part prise par les orthodoxes, la question des impacts - majeurs - sur une économie dont plus de 30 % du PIB passe à la défense sont autant d'enjeux.
Rappeler pourquoi l'on se bat - et quelles sont les motivations ayant conduit à la décision de l'engagement - redevient dès lors nécessaire, en particulier lorsque vous êtes accusé d'avoir commis des crimes de guerre et que la communauté internationale crée une pression intense.
J'ai reçu aujourd'hui un mail contenant une lettre publiée dans le quotidien Maariv et, d'après le journal, a été écrite par un réserviste. Personnellement et a priori, je trouve qu'elle est tellement travaillée du point de vue Psyops que soit le réserviste en question est membre d'une telle unité, soit qu'elle a été préparée par une unités Psyops. Je pense qu'il est intéressant de la lire en gardant à l'esprit ce qui vient de précéder. La plume comme instrument de la manoeuvre psychologique (à usage interne comme externe) reste un facteur puissant :
"Je suis le soldat qui a dormi chez vous"
Par Yishai G ( réserviste)
Reproduit avec la permission de Maariv, initialement publié le 25 janvier 2009
Bonjour,
Alors que le monde regarde Gaza en ruines, vous retournez dans votre maison qui tient encore debout. Cependant, je suis certain que vous savez que quelqu'un y est venu en votre absence.
Ce quelqu'un c'est moi.
J'ai passé de longues heures à imaginer quelle serait votre réaction lorsque vous retourneriez chez vous. Ce que vous ressentiriez lorsque vous comprendriez que les soldats de Tsahal ont dormi sur vos matelas et ont utilisé vos couvertures pour se tenir au chaud.
Je savais que cela vous contrarierait et vous attristerait et que vous éprouveriez une cinglante humiliation cette violation des parties les plus intimes de votre vie par ceux que vous définissez comme vos ennemis. Je suis persuadé que vous me détestez avec une haine violente et que vous n'éprouvez même pas le plus infime désir d'entendre ce que j'ai à dire. Cependant, il est important pour moi de dire ce qui suit dans l'espoir qu'il y ait une chance infime que vous m'entendiez.
J'ai passé plusieurs jours dans votre maison. Votre présence et celle de votre famille se ressentait dans chaque coin. J'ai vu les portraits de votre famille sur le mur, et cela m’a fais penser à la mienne. J'ai vu les bouteilles de parfum de votre femme sur la table de chevet, et cela m’a fait penser à ma femme. J'ai vu les jouets de vos enfants et les livres scolaires en anglais. J'ai vu votre ordinateur personnel et comment vous avez installé le modem et le téléphone sans fil près de l'écran, comme je le fais chez moi.
Je voulais que vous sachiez que malgré l'immense désordre que vous avez trouvé dans votre maison et qui a été causé alors que nous cherchions des explosifs et des tunnels (qui ont en effet été trouvés dans d'autres maisons), nous faisions de notre mieux pour traiter vos effets personnels avec respect. Lorsque j'ai déplacé la table d'ordinateur, j'ai débranché les câbles et je les ai soigneusement posés par terre, comme je l'aurais fait avec mon propre ordinateur. J'ai même dépoussiéré l'ordinateur avec un morceau de tissu. J'ai essayé de remettre en place les vêtements qui sont tombés lorsque nous avons déplacé l'armoire, même si ça n'est pas comme vous l'auriez fait, mais au moins de sorte à ce que rien ne soit perdu.
Je sais que la destruction, les trous de balles dans vos murs et la destruction de ces maisons à proximité de la vôtre rendent mes descriptions assez ridicules. Mais, j'ai besoin que vous me compreniez et j'espère que vous canaliserez votre colère et vos critiques comme il se doit.
J'ai décidé de vous écrire parce que je suis resté chez vous.
Je peux présumer que vous êtes intelligent et instruit et qu'il y a dans votre maison des étudiants à l'université. Vos enfants apprennent l'anglais et vous êtes connecté à Internet. Vous n'êtes pas aveugle ; vous savez ce qu'il se passe autour de vous.
C'est pourquoi, je suis sûr que vous savez que les roquettes Qassam ont été lancées depuis votre quartier sur les métropoles et les villes d'Israël.
Comment pouvez vous regarder ces tirs hebdomadaires sans vous imaginer qu'un jour nous dirions "Assez" ?! Vous êtes vous déjà imaginé que c'était une erreur de lancer des roquettes sur des civils innocents qui essayaient de mener une vie normale, tout comme vous ? Combien de temps pensiez-vous que nous allions rester les bras croisés sans réagir ?
Je peux vous entendre dire "ce n'est pas moi, c'est le Hamas". Mon intuition me dit que vous n'êtes pas son plus fervent admirateur. Si vous regardiez de plus près la triste réalité dans laquelle vit votre peuple, sans vous leurrer ou trouver des excuses sur "l'occupation", vous devez certainement tirer la conclusion que c'est le Hamas votre véritable ennemi.
La réalité est si simple, même un enfant de sept ans peut la comprendre : Israël s'est retiré de la Bande de Gaza, a retiré ses bases militaires et ses citoyens de Gush Katif. Nous continuons, néanmoins, à vous fournir de l'électricité, de l'eau, et des marchandises (et ça je le sais très bien puisque durant mon devoir de réserve, j'ai gardé les passages frontaliers plus d'une fois, et j'ai vu des centaines de camions remplis de marchandises entrer dans un Gaza sans blocus tous les jours).
Malgré tout cela, pour des raisons qui sont incompréhensibles et par manque de toute logique, le Hamas a tiré des missiles sur des villes israéliennes. Pendant trois ans, nous avons serré les dents et nous nous sommes retenus.
A la fin, nous n'en pouvions plus et nous sommes entrés dans la Bande de Gaza, dans votre quartier, afin d'éliminer ceux qui voulaient nous tuer. Une réalité qui est pénible mais très facile à expliquer.
Dès que vous serez d'accord avec moi sur le fait que le Hamas est votre ennemi et que c'est à cause de lui que votre peuple est misérable, vous comprendrez aussi que le changement vient de l'intérieur. Je suis tout à fait conscient que ce que je dis est plus facile à écrire qu'à faire, mais je ne vois pas d'autre moyen. Vous, qui êtes connecté au monde et êtes inquiet pour l'éducation de vos enfants, vous devez mener, avec vos amis, une insurrection civile contre le Hamas.
Je vous conjure que si les citoyens de Gaza étaient occupés à paver des routes, construire des écoles, ouvrir des usines et des établissements culturels au lieu de s'apitoyer sur leur sort, de faire de la contrebande d'armes et de nourrir une haine contre vos voisins israéliens, vos maisons n'auraient pas été en ruines aujourd'hui. Si vos leaders n'étaient pas corrompus et motivés par la haine, vos maisons n'auraient pas été endommagées. Si quelqu'un s'était levé et avait crié que cela n'avait aucun sens de tirer des missiles sur des civils innocents, moi, soldat, je ne me serais pas retrouvé dans votre cuisine.
Vous n'avez pas d'argent, dites-vous ? Vous en avez bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. Même avant la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, à l'époque de Yasser Arafat, les millions, si ce n'est des milliards de dollars, qui ont été donnés par la communauté internationale aux Palestiniens, ont été utilisés pour acheter des armes ou ont été directement déposés sur le compte en banque de vos leaders. Les Etats du Golfe, les Emirats – vos frères, votre chair et votre sang, comptent parmi les plus riches nations au monde.
S'il y avait ne serait-ce qu'un infime sentiment de solidarité entre les pays arabes, si ces nations étaient un tant soit peu intéressées par la reconstruction du peuple palestinien – votre situation aurait été bien différente. Vous devez connaître Singapour. La masse de terre qui n'est pas bien plus grande que la Bande de Gaza et qui est considérée comme le deuxième pays le plus peuplé au monde. Malgré cela, Singapour est un pays prospère et bien dirigé. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour vous ?
Mon ami, j'aurais voulu vous appeler par votre nom, mais je ne le ferai pas publiquement. Je voudrais que vous sachiez que je suis à 100 % en paix avec ce que mon pays a fait, ce que mon armée a fait et ce que j'ai fait. Cependant, je comprends votre chagrin. Je suis désolé pour la destruction que vous voyez dans votre quartier en ce moment. Personnellement, j'ai fait tout mon possible pour minimiser les dégâts dans votre maison.
A mon avis, nous avons bien plus en commun que vous ne pouvez l'imaginer. Je suis un civil, pas un soldat, et dans ma vie privée, je n'ai rien à voir avec l'armée. Cependant, je suis obligé de quitter ma maison, mettre un uniforme et protéger ma famille chaque fois que nous sommes attaqués.
Je n'éprouve aucun désir à être dans votre maison, à porter à nouveau mon uniforme et je serais plus qu'heureux de m'asseoir avec vous comme invité dans votre jolie terrasse, en buvant du thé sucré avec la sauge qui pousse dans votre jardin.
La seule personne qui pourrait faire de ce rêve une réalité, c'est vous.
Prendre vos responsabilités, celle de votre famille, de votre peuple, et commencer à prendre le contrôle de votre destinée. Comment ? Je ne sais pas. Peut être qu'il y a quelque chose à apprendre du peuple juif qui s'est relevé de la tragédie humaine la plus destructrice du XXe siècle. Et au lieu de sombrer dans l'apitoiement, a construit un pays florissant et prospère. C'est possible et c'est à portée de vos mains.
Je suis disposé à être là et vous prêter mon épaule pour vous soutenir et vous aider.
Mais, vous seul pouvez faire bouger les roues de l'histoire.
Cordialement,
Yishai (réserviste)
mercredi 4 février 2009
Tchad : ce qui s'est passé
C'est suite à une question parlementaire déposée par le Vice-président de la Commission de la défense belge, Denis Ducarme, que le ministre a précisé les conditions dans lesquelles deux véhicules belges, dont un LMV, ont été détruits.
C'est mi-novembre qu'une équipe belge de forces spéciales, en patrouille à la frontière soudanaise, s'est vue attaquée par un hélicoptère de Khartoum. L'appareil a effectué 4 passages bas (moins de 100 m), tirant un total de 4 roquettes. Les véhicules, apparemment, avaient été positionnés à couvert dans la végétation.
Selon le ministre, leur destruction sera indirecte, les roquettes mettant le feu à la végétation, qui, à son tour, détruira les véhicules. Aucun dégât humain n'est à signaler. Reste une question : travaillant au GPS, les forces belges sont absolument certaines d'être restées sur le territoire tchadien. Que fichaient donc les Soudanais au Tchad ?
C'est mi-novembre qu'une équipe belge de forces spéciales, en patrouille à la frontière soudanaise, s'est vue attaquée par un hélicoptère de Khartoum. L'appareil a effectué 4 passages bas (moins de 100 m), tirant un total de 4 roquettes. Les véhicules, apparemment, avaient été positionnés à couvert dans la végétation.
Selon le ministre, leur destruction sera indirecte, les roquettes mettant le feu à la végétation, qui, à son tour, détruira les véhicules. Aucun dégât humain n'est à signaler. Reste une question : travaillant au GPS, les forces belges sont absolument certaines d'être restées sur le territoire tchadien. Que fichaient donc les Soudanais au Tchad ?
La base de Kourou un peu mieux protégée
La DGA a commandé fin décembre 2008 à Thales Raytheon un radar de défense aérienne à longue portée destiné à protéger le centre spatial guyanais de Kourou. Il viendra compléter, à partir de 2011, les installations du centre de contrôle militaire de Kourou opéré par l’armée de l’Air. Il renforcera les capacités de détection du centre spatial et de l’espace aérien guyanais.
Le contrat, d'une valeur de 50 millions d'euros, comprend la fourniture du radar ainsi que les infrastructures associées (bâtiments d’exploitation, énergie, système de communication et sécurisation). Il prévoit également le maintien en condition opérationnelle du système pendant une durée de 18 ans, avec une garantie de disponibilité à 98 % de l’ensemble de la station radar et de ses infrastructures.
Le contrat, d'une valeur de 50 millions d'euros, comprend la fourniture du radar ainsi que les infrastructures associées (bâtiments d’exploitation, énergie, système de communication et sécurisation). Il prévoit également le maintien en condition opérationnelle du système pendant une durée de 18 ans, avec une garantie de disponibilité à 98 % de l’ensemble de la station radar et de ses infrastructures.
lundi 2 février 2009
Les forces spéciales belges au Tchad : under fire...
Selon l'Irish Times, qui a interviewé le général Nash, commandant de l'opération Eufor Tchad-RCA, des forces belges engagés au Tchad ont été pris à parti par des tirs en provenance du Soudan, manifestement sans causer de dégâts humains. Il est également possible qu'au moins un véhicule (deux, selon certaines sources) ait été détruit par le feu d'un hélicoptère soudanais au cours du même engagement.
Le général Nash s'est dit "relativement content" du déploiement des forces européennes, indiquant qu'elles avaient été en mesure de contribuer à "un certain facteur de dissuasion". Mais, avec 3 500 hommes sur une superficie équivalente à celle de la France, a-t-il rappelé, "we have not been able to compel everybody to behave in a certain fashion and it was never realistic to expect that".
Le général Nash s'est dit "relativement content" du déploiement des forces européennes, indiquant qu'elles avaient été en mesure de contribuer à "un certain facteur de dissuasion". Mais, avec 3 500 hommes sur une superficie équivalente à celle de la France, a-t-il rappelé, "we have not been able to compel everybody to behave in a certain fashion and it was never realistic to expect that".
Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes
Mardi 3 février 2009, de 17 h à 19 h, en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes, nouvelle séance de la commission "Nouvelle histoire bataille". Benoist Bihan, doctorant à l'université de Poitiers, présentera une communication sur le thème suivant :
« Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes : l’exemple des opérations américaines au-dessus du Nord-Vietnam, 1964-1973 »
Pour les candidats à une séance qui s'annonce passionnante, RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.
« Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes : l’exemple des opérations américaines au-dessus du Nord-Vietnam, 1964-1973 »
Pour les candidats à une séance qui s'annonce passionnante, RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.
vendredi 30 janvier 2009
Carl von C. : il faut une stratégie militaire nationale à la France
Vous l'aurez peut-être remarqué dans le DSI n°44, la chronique de Carl révélait un message subliminal derrière sa légendaire gouaille : les principes stratégiques révélés par le LBDSN sont selon lui insuffisants - on ne peut pas lui donner tort - de sorte qu'une stratégie militaire nationale pourrait bien être nécessaire. Petit flashback :
La chronique de Carl von C. : Joyeuse crise et bonne année !
Ah, là, ça fait mal. On nous a bassiné avec le NBC mais ce seront finalement les actifs toxiques qui auront eu raison de nos richesses. Remarquez, nous ne sommes pas les seuls et pas nécessairement les plus à plaindre. Celui qui a placé ses actions dans une de ces boîtes de recouvrement sera sans doute le seul à y gagner. Mais la crise dans laquelle nous nous enfonçons pose des problèmes bien réels pour nos systèmes de défense : fini, les budgets soi-disant mirobolants – il n’y avait que les ministres des finances pour y croire – et adieu nos belles Transformations. Nous allions dans les hypermarchés de la défense, il va falloir se mettre au hard discount. Et hop, nous voilà pris au piège de nos moyens. L’Oncle Sam, jamais en retard d’une guerre, a déjà tout compris : pédale douce sur ces fichus antimissiles qui ne servent à rien – et certainement pas à remplacer une bonne vieille dissuasion à l’ancienne – et regards couleur mitrailleuse sur des programmes comme le F-22 ou le F-35. Ce qui s’annonce n’est pas très bon pour une série de programmes. Mais, à bien y réfléchir, c’est peut-être aussi une chance. Sans doute pas pour votre portefeuille ni pour le miens, mais bien pour l’évolution de nos armées : en grec, crise vient de « krinein », jugement. Alors, jugeons.
Parce que, finalement, ce fameux Livre blanc, qu’est-ce qu’il nous dit ? Que nous vivons dans un monde complexe où domine l’incertitude ? Bien. Mais que nous dit-il sur les guerres futures ? Une bande de Chinois robotisés nous lançant à tour de bras des missiles balistiques après des frappes par des appareils de la 185ème génération ++ ? Une bande d’indépendantistes des Vanuatu subitement devenus fanatisés et menant le premier « Vanuatu-had », global et asymétrique, évidemment ? Quelques rigolos faisant exploser des bombes dans des bouses de vache ou des nerds aux grosses lunettes essayant de pirater mes sites coquins à moi (ceux où on voit des hélicoptères tout nus) ? Une invasion de poulets à la dioxine ? Le Livre blanc nous répond « un peu de tout ça », comme la majorité des auteurs, tous un peu déboussolés et en appelant frénétiquement au « full spectrum dominance ». En bref, savoir tout faire - en sachant qu’il y aura de plus en plus – avec, évidemment, moins de pépètes (ce serait trop facile, sinon, non ? Votre vieux Carl vous le dit en même temps qu’il vous envoie ses bons vœux et, pour les dames et les demoiselles, ses gros bisous, nous aurions peut-être bien besoin d’une stratégie militaire nationale.
La sécurité, c’est bien. Mais la stratégie répond aussi à des critères très spécifiques : il n’y a rien à faire : poursuivre la grande criminalité demande des méthodes aussi spécifiques que de « retourner » une population en OPEX. Dire que, dans les deux cas, c’est pour la sécurité du citoyen semble juste. Dire que les deux relèvent du même plan, c’est prendre ses rêves pour des réalités. C’est précisément parce que nous allons devoir nous serrer la ceinture et que personne ne fera le travail à notre place – regardez juste l’état des finances de défense britanniques – que nous allons avoir besoin d’être nettement plus précis dans nos définitions. Nous allons avoir besoin de faire fumer les cafetières, de déclencher une véritable révolution dans la pensée stratégique française. Les préconditions sont là : les cinglés du clavier, les malades de l’histoire, les snipers des bibliothèques, les camés au Coutau-Bégarie, les cannibales des bonnes pages sont de sortie et ça va faire du bien aux neurones. Evidemment, pas mal de choses ne plairont pas. Mais bon, finalement, on ne peut pas plaire à tout le monde et nous sommes tout de même dans le pays de la polémique (on a mis en place un ministère de l’identité nationale, faudrait tout de même qu’il serve à quelque chose). Pour le reste et pour une fois, nous avons l’occasion de ne pas être en retard d’une guerre : vous avez dit crise ?
Carl
La chronique de Carl von C. : Joyeuse crise et bonne année !
Ah, là, ça fait mal. On nous a bassiné avec le NBC mais ce seront finalement les actifs toxiques qui auront eu raison de nos richesses. Remarquez, nous ne sommes pas les seuls et pas nécessairement les plus à plaindre. Celui qui a placé ses actions dans une de ces boîtes de recouvrement sera sans doute le seul à y gagner. Mais la crise dans laquelle nous nous enfonçons pose des problèmes bien réels pour nos systèmes de défense : fini, les budgets soi-disant mirobolants – il n’y avait que les ministres des finances pour y croire – et adieu nos belles Transformations. Nous allions dans les hypermarchés de la défense, il va falloir se mettre au hard discount. Et hop, nous voilà pris au piège de nos moyens. L’Oncle Sam, jamais en retard d’une guerre, a déjà tout compris : pédale douce sur ces fichus antimissiles qui ne servent à rien – et certainement pas à remplacer une bonne vieille dissuasion à l’ancienne – et regards couleur mitrailleuse sur des programmes comme le F-22 ou le F-35. Ce qui s’annonce n’est pas très bon pour une série de programmes. Mais, à bien y réfléchir, c’est peut-être aussi une chance. Sans doute pas pour votre portefeuille ni pour le miens, mais bien pour l’évolution de nos armées : en grec, crise vient de « krinein », jugement. Alors, jugeons.
Parce que, finalement, ce fameux Livre blanc, qu’est-ce qu’il nous dit ? Que nous vivons dans un monde complexe où domine l’incertitude ? Bien. Mais que nous dit-il sur les guerres futures ? Une bande de Chinois robotisés nous lançant à tour de bras des missiles balistiques après des frappes par des appareils de la 185ème génération ++ ? Une bande d’indépendantistes des Vanuatu subitement devenus fanatisés et menant le premier « Vanuatu-had », global et asymétrique, évidemment ? Quelques rigolos faisant exploser des bombes dans des bouses de vache ou des nerds aux grosses lunettes essayant de pirater mes sites coquins à moi (ceux où on voit des hélicoptères tout nus) ? Une invasion de poulets à la dioxine ? Le Livre blanc nous répond « un peu de tout ça », comme la majorité des auteurs, tous un peu déboussolés et en appelant frénétiquement au « full spectrum dominance ». En bref, savoir tout faire - en sachant qu’il y aura de plus en plus – avec, évidemment, moins de pépètes (ce serait trop facile, sinon, non ? Votre vieux Carl vous le dit en même temps qu’il vous envoie ses bons vœux et, pour les dames et les demoiselles, ses gros bisous, nous aurions peut-être bien besoin d’une stratégie militaire nationale.
La sécurité, c’est bien. Mais la stratégie répond aussi à des critères très spécifiques : il n’y a rien à faire : poursuivre la grande criminalité demande des méthodes aussi spécifiques que de « retourner » une population en OPEX. Dire que, dans les deux cas, c’est pour la sécurité du citoyen semble juste. Dire que les deux relèvent du même plan, c’est prendre ses rêves pour des réalités. C’est précisément parce que nous allons devoir nous serrer la ceinture et que personne ne fera le travail à notre place – regardez juste l’état des finances de défense britanniques – que nous allons avoir besoin d’être nettement plus précis dans nos définitions. Nous allons avoir besoin de faire fumer les cafetières, de déclencher une véritable révolution dans la pensée stratégique française. Les préconditions sont là : les cinglés du clavier, les malades de l’histoire, les snipers des bibliothèques, les camés au Coutau-Bégarie, les cannibales des bonnes pages sont de sortie et ça va faire du bien aux neurones. Evidemment, pas mal de choses ne plairont pas. Mais bon, finalement, on ne peut pas plaire à tout le monde et nous sommes tout de même dans le pays de la polémique (on a mis en place un ministère de l’identité nationale, faudrait tout de même qu’il serve à quelque chose). Pour le reste et pour une fois, nous avons l’occasion de ne pas être en retard d’une guerre : vous avez dit crise ?
Carl
DSI n°45 : le sommaire

DSI 45, février 2009
Editorial
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C.. : "Bon, alors les gars, vous l'ouvez (votre PC) ?"
Sur le vif
La Traviata, chronique d’un transit au large de la Somalie
Par Jean Rolin, écrivain et journaliste, récipiendaire des prix Albert Londres et Medicis, écrivain de marine
Sri-Lanka : vers la fin de la guerre ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Quelle réforme pour l’armée russe ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Quel avenir pour la réforme de l’armée russe ?
Entretien avec Dale R. Herspring, Professeur émérite de sciences politiques à l’université de l’état du Kansas.
Stratégie
Vers une stratégie du « mobile »
Aymeric Bonnemaison, lieutenant-colonel, doctorant en sciences politiques à l’UCL
L’anthropologie au service de la contre-insurrection ? L’Human Terrain System
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE
Armées
Pakistan : quelles relations civilo-militaires ?
Entretien avec Shuja Nawaz, auteur de Crossed Swords: Pakistan, Its Army, and the Wars Within.
Islamabad face à ses guerres. Une armée au cœur de la tourmente
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : la Pakistan Army
Unités
Le Centre d’Entraînement des Postes de Commandement (CEPC). L’entraînement à la française
Par Véronique Sartini, journaliste
Préparer à la guerre
Entretien avec le colonel Philippe Baulain, chef de corps du CEPC
Encadré : SCIPIO, l’outil de simulation du CEPC
Technologies et armement
Croiseurs et grands bâtiments de ligne : quel avenir ?
Par Jean-Jacques Mercier et Joseph Henrotin, expert en systèmes d’armes et chargé de recherche au CAPRI
Croiseurs américains : quels projets pour demain ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Que sont devenus les croiseurs classe Slava et Kara ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Le Piotr Veliky titille Washington ! Les croiseurs Kirov/Ushakov
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Frégates classe Valour/ La marine sud-africaine, maîtresse de l’Afrique
Alenia/Embraer AMX/ Gina, madone de l’attaque légère
Engin blindé antiaérien Gepard/Les SPAAG de l’OTAN
Critiques de lecture
Les âmes de Verdun, La victoire de l’homme sur la ferraille de Philippe Grasset
Mourir pour l’Afghanistan. Pourquoi nos soldats tombent-ils là-bas ? de Jean-Dominique Merchet
Chronique du choc des civilisations d’Aymeric Chauprade
The Sword and the Olive. A Critical History of the Israeli Defense Force de Martin Van Creveld
La surprise stratégique. De la notion aux implications de Corentin Brustlein
The Rise of Pasdarans de Frederic Wehrey, Jerrold D. Green, Brian Nichiporuk, Alireza Nader, Lydia Hansell, Rasool Nafisi, S. R. Bohandy.
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C.. : "Bon, alors les gars, vous l'ouvez (votre PC) ?"
Sur le vif
La Traviata, chronique d’un transit au large de la Somalie
Par Jean Rolin, écrivain et journaliste, récipiendaire des prix Albert Londres et Medicis, écrivain de marine
Sri-Lanka : vers la fin de la guerre ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Quelle réforme pour l’armée russe ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Quel avenir pour la réforme de l’armée russe ?
Entretien avec Dale R. Herspring, Professeur émérite de sciences politiques à l’université de l’état du Kansas.
Stratégie
Vers une stratégie du « mobile »
Aymeric Bonnemaison, lieutenant-colonel, doctorant en sciences politiques à l’UCL
L’anthropologie au service de la contre-insurrection ? L’Human Terrain System
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE
Armées
Pakistan : quelles relations civilo-militaires ?
Entretien avec Shuja Nawaz, auteur de Crossed Swords: Pakistan, Its Army, and the Wars Within.
Islamabad face à ses guerres. Une armée au cœur de la tourmente
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : la Pakistan Army
Unités
Le Centre d’Entraînement des Postes de Commandement (CEPC). L’entraînement à la française
Par Véronique Sartini, journaliste
Préparer à la guerre
Entretien avec le colonel Philippe Baulain, chef de corps du CEPC
Encadré : SCIPIO, l’outil de simulation du CEPC
Technologies et armement
Croiseurs et grands bâtiments de ligne : quel avenir ?
Par Jean-Jacques Mercier et Joseph Henrotin, expert en systèmes d’armes et chargé de recherche au CAPRI
Croiseurs américains : quels projets pour demain ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Que sont devenus les croiseurs classe Slava et Kara ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Le Piotr Veliky titille Washington ! Les croiseurs Kirov/Ushakov
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Frégates classe Valour/ La marine sud-africaine, maîtresse de l’Afrique
Alenia/Embraer AMX/ Gina, madone de l’attaque légère
Engin blindé antiaérien Gepard/Les SPAAG de l’OTAN
Critiques de lecture
Les âmes de Verdun, La victoire de l’homme sur la ferraille de Philippe Grasset
Mourir pour l’Afghanistan. Pourquoi nos soldats tombent-ils là-bas ? de Jean-Dominique Merchet
Chronique du choc des civilisations d’Aymeric Chauprade
The Sword and the Olive. A Critical History of the Israeli Defense Force de Martin Van Creveld
La surprise stratégique. De la notion aux implications de Corentin Brustlein
The Rise of Pasdarans de Frederic Wehrey, Jerrold D. Green, Brian Nichiporuk, Alireza Nader, Lydia Hansell, Rasool Nafisi, S. R. Bohandy.
jeudi 29 janvier 2009
On a retrouvé les DSI-T
Si, si, nous avons trouvé la source du retard des DSI-T. Une (très) grosse erreur d'aiguillage de la part des NMPP, qui diffusent les magazines en kiosque et chez les marchands de journaux... Tout devrait donc être rentré dans l'ordre. Bonne lecture !
Ceci dit, et sans vouloir forcer sur la publicité à outrance, l'abonnement reste plus sûr : vous êtes sûr d'avoir vos magazines dès qu'ils sont sortis et, sur une année, la formule est moins chère, en particulier lorsqu'elle est couplée à DSI. Bon, ça va, j'arrête ;o)
Ceci dit, et sans vouloir forcer sur la publicité à outrance, l'abonnement reste plus sûr : vous êtes sûr d'avoir vos magazines dès qu'ils sont sortis et, sur une année, la formule est moins chère, en particulier lorsqu'elle est couplée à DSI. Bon, ça va, j'arrête ;o)
jeudi 22 janvier 2009
Colloque "La guerre juste" à l'EHESS
La guerre juste. Approches de la théorie politique
Journée d'études, mardi 10 février 2009, amphithéâtre de l'EHESS, 105, bd. Raspail Paris 6e.
Organisateurs : Jean-Vincent Holeindre (Centre de recherches politiques Raymond-Aron) et Daniel Brunstetter (Irvine) ; avec le soutien de la Fondation Saint-Cyr.
9h. Introduction par Daniel Brunstetter (Irvine)
9h30-11h00 : L'Amérique et la guerre juste
Guillaume Durin (Lyon-III), Les théories américaines de la guerre juste
Daniel Brunstetter (Irvine), Yes we can : Obama on war
Discutant : Olivier Chopin (EHESS)
11h30-13h00 : Guerre juste et éthique de la guerre
Ariel Colonomos (CERI-CNRS), Guerre préventive et guerre juste.
Jean-Vincent Holeindre (EHESS), Les ruses de guerre sont-elles toujours perfides ? Une approche du droit de la guerre.
Discutant : Gérald Larché (EHESS).
13h-15h : Déjeuner libre
15h-16h30h : Sortir de la guerre
Julie Saada (IUFM/Paris-IV), Jus post bellum et justice transitionnelle
Brian Orend (Waterloo), Justice After War: Perspectives Today
Discutant: Dario Battistella (IEP Bordeaux)
17h : Conférence de clôture
Philippe Raynaud (Paris-II), La guerre juste entre philosophie politique et philosophie du droit.
18h : Pot amical, Hall de la Maison des sciences de l'homme, 54, bd. Raspail Paris 6e.
Contact : Jean-Vincent Holeindre, holeindr(at)ehess.fr
Journée d'études, mardi 10 février 2009, amphithéâtre de l'EHESS, 105, bd. Raspail Paris 6e.
Organisateurs : Jean-Vincent Holeindre (Centre de recherches politiques Raymond-Aron) et Daniel Brunstetter (Irvine) ; avec le soutien de la Fondation Saint-Cyr.
9h. Introduction par Daniel Brunstetter (Irvine)
9h30-11h00 : L'Amérique et la guerre juste
Guillaume Durin (Lyon-III), Les théories américaines de la guerre juste
Daniel Brunstetter (Irvine), Yes we can : Obama on war
Discutant : Olivier Chopin (EHESS)
11h30-13h00 : Guerre juste et éthique de la guerre
Ariel Colonomos (CERI-CNRS), Guerre préventive et guerre juste.
Jean-Vincent Holeindre (EHESS), Les ruses de guerre sont-elles toujours perfides ? Une approche du droit de la guerre.
Discutant : Gérald Larché (EHESS).
13h-15h : Déjeuner libre
15h-16h30h : Sortir de la guerre
Julie Saada (IUFM/Paris-IV), Jus post bellum et justice transitionnelle
Brian Orend (Waterloo), Justice After War: Perspectives Today
Discutant: Dario Battistella (IEP Bordeaux)
17h : Conférence de clôture
Philippe Raynaud (Paris-II), La guerre juste entre philosophie politique et philosophie du droit.
18h : Pot amical, Hall de la Maison des sciences de l'homme, 54, bd. Raspail Paris 6e.
Contact : Jean-Vincent Holeindre, holeindr(at)ehess.fr
EGEA déménage
Petite info du matin, Olivier a changé d'hébergeur : EGEA peut maintenant être lu ici.
mercredi 21 janvier 2009
De nouveaux F-16 pour la Jordanie ?
Des négociations seraient en cours entre la défense belge et la Jordanie poura l'achat par cette dernière de 9 appareils, pour un montant de 7 millions d'euros. La force aérienne jordanienne avait déjà, en 2007, acheté 14 F-16 portés au standard MLU.
Précision : 7 millions serait le montant... total.
Précision : 7 millions serait le montant... total.
Libellés :
Armement,
Brüsel,
Moyen Orient,
News en vrac
La France commande des Exocet Block3
La DGA a notifié à MBDA, fin décembre 2008, une commande pour la transformation de 45 missiles mer-mer Exocet block2 de la Marine nationale en Exocet block3, qui seront livrés en 2011 et 2012.
Cette commande fait suite au contrat de développement de l’Exocet MM40 block3, notifié en janvier 2004, avant que le missile ne soit qualifié par elle en avril 2008. Ces missiles seront mis en œuvre à partir des frégates "Horizon" (classe Forbin) sur lesquelles les travaux d’intégration des installations de tir se sont achevés également en 2008.
A plus long terme, le MM40 block3 constituera l’armement antinavire principal des frégates multi-mission (FREMM, classe Aquitaine). Les évolutions block3 de l’Exocet portent principalement sur la présence d’un turboréacteur qui remplace le moteur à propergol solide des versions antérieures, ainsi que l’intégration d’une avionique de dernière génération, dotée d’un récepteur GPS.
Ces modifications doublent la portée du missile et lui permettent de varier les angles d’attaque d’une cible navale ou d’attaquer des cibles situées en zone littorale, désignées par leurs coordonnées géographiques. Outre l'accroissement de portée, c'est là que réside le principal intérêt du missile : il dispose de capacités d'attaque terrestre marginales, une question qui, en son temps avait été longuement examinée dans DSI-T/T&A.
La France rejoindrait ainsi le groupe de tête européen dotés de missiles à capacités duales et qui est emmené par la Suède et l'Allemagne et, lorsque le NSM sera opérationnel, la Norvège et la Pologne.
Cette commande fait suite au contrat de développement de l’Exocet MM40 block3, notifié en janvier 2004, avant que le missile ne soit qualifié par elle en avril 2008. Ces missiles seront mis en œuvre à partir des frégates "Horizon" (classe Forbin) sur lesquelles les travaux d’intégration des installations de tir se sont achevés également en 2008.
A plus long terme, le MM40 block3 constituera l’armement antinavire principal des frégates multi-mission (FREMM, classe Aquitaine). Les évolutions block3 de l’Exocet portent principalement sur la présence d’un turboréacteur qui remplace le moteur à propergol solide des versions antérieures, ainsi que l’intégration d’une avionique de dernière génération, dotée d’un récepteur GPS.
Ces modifications doublent la portée du missile et lui permettent de varier les angles d’attaque d’une cible navale ou d’attaquer des cibles situées en zone littorale, désignées par leurs coordonnées géographiques. Outre l'accroissement de portée, c'est là que réside le principal intérêt du missile : il dispose de capacités d'attaque terrestre marginales, une question qui, en son temps avait été longuement examinée dans DSI-T/T&A.
La France rejoindrait ainsi le groupe de tête européen dotés de missiles à capacités duales et qui est emmené par la Suède et l'Allemagne et, lorsque le NSM sera opérationnel, la Norvège et la Pologne.
Où sont donc les DSI-T ?
Ces derniers jours, j'ai reçu pas mal d'e-mails portant sur la livraison du dernier DSI-T, qui aurait dû être en kiosque depuis maintenant plus de 2 semaines. Si les abonnés l'ont effectivement reçu, il semble que la distribution en kiosque/marchands de journaux ait été erratique : certains ont été approvisionnés, d'autres pas.
J'ai posé la question au directeur des publications, qui est en train d'examiner ça avec les NMPP. On vous tient au courant !
J'ai posé la question au directeur des publications, qui est en train d'examiner ça avec les NMPP. On vous tient au courant !
mardi 20 janvier 2009
DSI 45 en preview
Le DSI de février vous réserve quelques surprises de taille : titulaire du Prix Albert Londres, Jean Rolin nous relate, par exemple, son passage par le Golfe d'Aden et nous avons fait le point sur les perspectives du conflit sri-lankais ou encore la réforme des forces russes. Plus quelques autres dossiers costauds comme on les aime !
Exportations françaises d'armement : 6,3 milliards en 2008
Les exportations françaises d'armement ont atteint 6,3 milliards d'euros en 2008, dépassant l'objectif des 6 milliards d'euros, selon le ministre de la Défense, Hervé Morin, pour qui "C'est la meilleure année depuis l'an 2000", rappelant que les exportations françaises s'étaient élevées en 2007 à près de 5,5 milliards d'euros.
La France, reste talonnée par Israël. Le ministre s'est par ailleurs engagé à "continuer à faire le tour du monde pour défendre les fleurons" de l'industrie d'armement française et "défendre tel ou tel programme qui se trouverait sur la sellette (...) Car la décision d'achat d'un programme d'armement dépend naturellement de la qualité du produit, de son prix, mais est aussi un acte politique".
La France, reste talonnée par Israël. Le ministre s'est par ailleurs engagé à "continuer à faire le tour du monde pour défendre les fleurons" de l'industrie d'armement française et "défendre tel ou tel programme qui se trouverait sur la sellette (...) Car la décision d'achat d'un programme d'armement dépend naturellement de la qualité du produit, de son prix, mais est aussi un acte politique".
lundi 19 janvier 2009
Les ravitailleurs de l'AdA (enfin) rénovés
La DGA a notifié le 14 janvier 2009 à Air France Industries un marché d'un montant de 37 M€ TTC portant sur la mise à niveau de l'avionique des avions C-135FR. Ce contrat vise à mettre en conformité ces aéronefs avec l'évolution des réglementations édictées par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et à remplacer divers équipements obsolètes. Il comprend également les prestations associées de formation des personnels et de soutien initial. Le premier appareil est prévu d'être livré début 2011 à l'armée de l'Air. Les livraisons des appareils suivants s’échelonneront jusqu’en 2013. La flotte de ravitailleurs de l’armée de l’Air est aujourd’hui composée de 14 appareils. La modernisation de leur avionique leur permettra d'être maintenus en service jusqu'à l'arrivée des premiers avions multi-rôle de ravitaillement en vol et de transport MRTT (Multi Role Tanker and Transport), prévue aujourd'hui en 2015.
vendredi 16 janvier 2009
Grande-Bretagne : le débat sur la dissuasion relancé
C’est dans une lettre au Times que trois officiers généraux britanniques à la retraite, le Field Marshal Lord Bramall et les généraux Lord Ramsbotham et Sir Hugh Beach ont appelé à un abandon du renouvellement – programmé depuis 2006 – des sous-marins nucléaires d’engins.
Partant du principe d’une couverture de facto par le parapluie nucléaire américain et que la force britannique n’est de toute façon pas indépendante, ils soulignent que les économies qui seraient réalisées, de l’ordre des 20 milliards de livre sterling, permettraient de renforcer des forces conventionnelles dans une situation de crise.
Ils indiquent aussi que la dissuasion nucléaire s’est montrée « complètement inutile comme mesure de dissuasion aux menaces et à l’échelle de violence auxquelles nous faisons actuellement face ou qui sont probables, particulièrement le terrorisme ». Les auteurs ont également souligné le fait que disposer d’armes nucléaires ne représentaient plus un facteur nécessaire pour peser sur les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU.
En tout état de cause, le débat britannique sur les armes nucléaires – plus vivace qu’en France – semble connaître une nouvelle étape et non des moindres... La décision de co-développer leur dissuasion avec les Etats-Unis place les Britanniques dans une position pour le moins inconfortables : ne bénéficiant pas de la latitude française, ils voient la "fixation" d'une partie de leur budget. Tout en restant conscient que "le jour où les catapultes seront hors-la-loi, tous les hors-la-loi auront des catapultes".
Partant du principe d’une couverture de facto par le parapluie nucléaire américain et que la force britannique n’est de toute façon pas indépendante, ils soulignent que les économies qui seraient réalisées, de l’ordre des 20 milliards de livre sterling, permettraient de renforcer des forces conventionnelles dans une situation de crise.
Ils indiquent aussi que la dissuasion nucléaire s’est montrée « complètement inutile comme mesure de dissuasion aux menaces et à l’échelle de violence auxquelles nous faisons actuellement face ou qui sont probables, particulièrement le terrorisme ». Les auteurs ont également souligné le fait que disposer d’armes nucléaires ne représentaient plus un facteur nécessaire pour peser sur les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU.
En tout état de cause, le débat britannique sur les armes nucléaires – plus vivace qu’en France – semble connaître une nouvelle étape et non des moindres... La décision de co-développer leur dissuasion avec les Etats-Unis place les Britanniques dans une position pour le moins inconfortables : ne bénéficiant pas de la latitude française, ils voient la "fixation" d'une partie de leur budget. Tout en restant conscient que "le jour où les catapultes seront hors-la-loi, tous les hors-la-loi auront des catapultes".
mercredi 14 janvier 2009
Gaza : deux interviews dans La Libre
Votre serviteur a été gâté : Gérald Papy, de La Libre Belgique, m'a interviewé hier sur la question des évolutions tactiques à Gaza. Le résultat de l'interview peut être lue ici. De même, la question des DIME et des armes au phosphore a fait l'actualité hier, l'occasion de souligner le paradoxe de la recherche de réduction de la létalité.
mardi 13 janvier 2009
Interview : les opérations israéliennes à Gaza
Et voilà, je sors juste de "RTL +", l'émission d'information pré-JT de 13h, où j'avais été invité avec Joël Kotek, qui m'avait par ailleurs donné cours aux temps de ma folle jeunesse délurée. La vidéo est visible ici. Bien évidemment, c'est toujours trop court pour aborder de pareilles thématiques...
Logiquement, je devrais également passer au JT de ce soir, toujours sur RTL, sur la problématique des armes au phosphore blanc. Pierre Babey, de France 3 pourrait aussi faire un petit coucou dans l'après-midi, cette fois sur la thématique des armes DIME et la problématique de la réduction des rayons létaux en zone urbaine.
Logiquement, je devrais également passer au JT de ce soir, toujours sur RTL, sur la problématique des armes au phosphore blanc. Pierre Babey, de France 3 pourrait aussi faire un petit coucou dans l'après-midi, cette fois sur la thématique des armes DIME et la problématique de la réduction des rayons létaux en zone urbaine.
lundi 12 janvier 2009
Corée du Sud : la marine poursuit son programme
Très dynamique, la marine sud-coréenne vient de se lancer dans une nouvelle phase de son développement. Si les observateurs n'ont pas manqué de pointer la récente commande de 6 sous-marins Type 214 (dotés d'une propulsion AIP) - qui viennent ainsi s'adjoindre aux 3 premiers exemplaires, commandés préalablement, Séoul a également commandé le premier exemplaire de sa nouvelle classe de frégate.
C’est fin, en effet, fin décembre que la DAPA (Defense Acquisition Program Administration) sud-coréenne a signé avec Hyundai un contrat portant sur la construction de la tête d’une nouvelle classe de frégates de 3 200 tonnes, dans le cadre du programme FFX et qui devra entrer en service en 2011. D’ici 2015, 6 de ces bâtiments aux formes furtives devront avoir été construites, en remplacement partiel des frégates de la classe Ulsan et des corvettes de la classe Pohang.
Certaines sources indiquent que de 24 à 27 navires pourraient, in fine, être construits d’ici 2020. Les bâtiments seront dotés d’une plateforme pour hélicoptère leur permettant d’accueillir 1 hélicoptère Lynx ; de système de défense rapprochés Goalkeeper ; d’un canon de 127 mm ; de missiles antinavires et d’une suite avancée de senseurs. En plus d’un radar 3D, la nouvelle frégate sera ainsi équipée d’un sonar à immersion variable, aura un équipage de 170 personnes et pourra manœuvrer à 32 nœuds.
Préalablement, la Corée du Sud s'était également lancé dans son nouveau programme de patrouillleur, classe Gomsokudri, également conçu dans l'optique de la lutte contre la marine nord-coréenne et disposant de capacités radars assez avancées. But du jeu : pouvoir disposer d'une capacité à gérer les essaims de patrouilleurs et vedettes de Pyongyang, tout en se dotant d'une aptitude à un combat littoral perçu comme rapide et particulièrement fluide. Dans cette architecture (et alors que Séoul renforce ses capacités de combat en haute mer, le premier grand destroyer King Sejong venant d'être déclaré opérationnel), les FFX joueront le rôle de "noyaux de puissance" au sein des nodes constitués par les nouveaux patrouilleurs.
C’est fin, en effet, fin décembre que la DAPA (Defense Acquisition Program Administration) sud-coréenne a signé avec Hyundai un contrat portant sur la construction de la tête d’une nouvelle classe de frégates de 3 200 tonnes, dans le cadre du programme FFX et qui devra entrer en service en 2011. D’ici 2015, 6 de ces bâtiments aux formes furtives devront avoir été construites, en remplacement partiel des frégates de la classe Ulsan et des corvettes de la classe Pohang.
Certaines sources indiquent que de 24 à 27 navires pourraient, in fine, être construits d’ici 2020. Les bâtiments seront dotés d’une plateforme pour hélicoptère leur permettant d’accueillir 1 hélicoptère Lynx ; de système de défense rapprochés Goalkeeper ; d’un canon de 127 mm ; de missiles antinavires et d’une suite avancée de senseurs. En plus d’un radar 3D, la nouvelle frégate sera ainsi équipée d’un sonar à immersion variable, aura un équipage de 170 personnes et pourra manœuvrer à 32 nœuds.
Préalablement, la Corée du Sud s'était également lancé dans son nouveau programme de patrouillleur, classe Gomsokudri, également conçu dans l'optique de la lutte contre la marine nord-coréenne et disposant de capacités radars assez avancées. But du jeu : pouvoir disposer d'une capacité à gérer les essaims de patrouilleurs et vedettes de Pyongyang, tout en se dotant d'une aptitude à un combat littoral perçu comme rapide et particulièrement fluide. Dans cette architecture (et alors que Séoul renforce ses capacités de combat en haute mer, le premier grand destroyer King Sejong venant d'être déclaré opérationnel), les FFX joueront le rôle de "noyaux de puissance" au sein des nodes constitués par les nouveaux patrouilleurs.
Back online
Les vacances étant passées et DSI n°45 étant maintenant bien avancé (quelques bonnes surprises vous y attendent), un petit post s'avérait nécessaire : non Tanguy, je n'ai pas été totalement absorbé par les vagues de réflexion de mon prochain ouvrage !
Plus sérieusement, les opérations israéliennes à Gaza occupent pas mal mes activités médiatiques pour l'heure : samedi, Le Soir m'a accordé une pleine page d'interview - dans la foulée de la parution, sous la direction de Tanguy - de Les interventions militaires en zone urbaine (dans lequel deux chapitres étaient consacrés aux opérations israéliennes) et, demain, je suis invité sur le plateau de "RTL +", à 12h30.
Pas mal de choses intéressantes circulent sur la blogosphère stratégique à propos de l'opération (je pense en particulier à un billet intéressant d'Olivier sur le souterrain comme compensation à la domination aérienne) et il va impérativement falloir qu'on revienne sur le sujet !
Plus sérieusement, les opérations israéliennes à Gaza occupent pas mal mes activités médiatiques pour l'heure : samedi, Le Soir m'a accordé une pleine page d'interview - dans la foulée de la parution, sous la direction de Tanguy - de Les interventions militaires en zone urbaine (dans lequel deux chapitres étaient consacrés aux opérations israéliennes) et, demain, je suis invité sur le plateau de "RTL +", à 12h30.
Pas mal de choses intéressantes circulent sur la blogosphère stratégique à propos de l'opération (je pense en particulier à un billet intéressant d'Olivier sur le souterrain comme compensation à la domination aérienne) et il va impérativement falloir qu'on revienne sur le sujet !
mardi 23 décembre 2008
DSI n°44 - le sommaire !
Janvier 2009
Editorial
Agenda-nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C.
Sur le vif
La présidence Obama. Rétablir le leadership par la manière
Par Tanguy Struye de Swielande, professeur àl’Université Catholique de Louvain, aux Facultés Universitaires Catholiques de Mons et à l’Ecole Royale Militaire.
Obama 2008 : quels changements en politique extérieure ?
Entretien avec Dominique David, directeur exécutif de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI).
Relire le discours du nouveau Secrétaire à la Défense américain
Par Vincent Desportes, général de division directeur du Collège Interarmées de Défense
Stratégie
Oui, il faut relire Foch
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense
Fuller et le darwinisme militaire. « Evolve or die »
Par Olivier Entraygues, doctorant à l’université Paris IV
Stabilisation des conflits : vers de nouveaux soldats ?
Entretien avec Paul Haéri, auteur de De la guerre à la paix. Pacification et stabilisation post-conflit
Armées
De la brêche de Fulda à l’Afghanistan. Les mutations de la Luftwaffe
Par Jean-Jacques Mercier, expert en questions de défense
Les Tornado ECR menacent les radars sol-air. Un outil unique en Europe
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : la Luftwaffe
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Le DAOS. L’unité aéromobile des forces spéciales
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : Le GIH, ou comment faire voler ensemble la Terre et l’Air… au profit des gendarmes
Encadré : Le Caracal vu par les opérationnels
Encadré : Les appareils du DAOS
Encadré : Le Caracal
Technologie & Armement
L’industrie d’armement terrestre indienne
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Du Tejas au FGFA de 5e génération. L’industrie aéronautique indienne à marche forcée
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Industrie spatiale et missilère : Delhi cherche à couvrir le spectre
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Fiches techniques
Patrouilleur classe Skjold/ Streetfighters et retour de la guérilla navale
Rockwell B-1B Lancer/ Le B-1B, reliquat de l’histoire de la guerre froide
Véhicule de combat d’infanterie FV510 Warrior/ La famille CVR-T
Critiques de lecture
Œuvres complètes du Maréchal Foch
De la guerre à la paix. Pacification et stabilisation post-conflit de Paul Haéri
Les interventions militaires en zones urbaines : paradigmes, stratégies et enjeux sous la direction de Tanguy Struye de Swielande
DSI-T 15 : le sommaire !

Sommaire DSI-Texchnologies n°15
Janvier-février 2009
Janvier-février 2009
Editorial
Les élémentaires
Nanotechnologies : quelles ruptures technologiques à l’horizon 2030 ?
Par Alain De Neve, attaché de recherches au Centre d’Etudes de Sécurité et de Défense de l’Institut Royal Supérieur de Défense (IRSD)
La technologie militaire en question : quelles Transformation pour les forces ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question
Tendances
Le soutien psychologique du soldat dans l’armée de Terre
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Principes de la techno-guérilla : de Brossolet au Hezbollah
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
EADS DSCS ; perspectives 2009
Entretien avec Hervé Guillou, président de l'activité Defence and Communications, EADS DS
Mer
Euronaval 2008. Tendances et évolutions des projets navals de défense
Par la rédaction
Amphibies : le MHD 200
Sous-marins : les deux projets de DCNS
Frégates : la gamme MEKO s’étend
Frégates : les projets de Lockheed Martin
Frégates et corvettes : le concept Mosaic
Frégates et corvettes : Northrop propose trois concepts
Corvettes : les projets de CMN
Patrouilleurs : les projets de TKMS
Patrouilleurs : la classe Holland
Patrouilleurs et sécurité maritime : un domaine en pleine expansion
Vedettes et fast-attack crafts : quelques projets
Guerre des mines : le Simba 45
Intervention : le ZH1100
Drones de surface : le Silver Marlin
Drones sous-marins : le SAROV de Saab
UAV : le Skeldar
Défense rapprochée : l’AK-630M-2 Duet
Défense rapprochée : le MPNL
Défense rapproché : le Strales
Défense aérienne : les grandes manœuvres
Antinavires légers : le FASGW
Frappe terrestre : le Delilah
Radars : l’Artisan 3D
Une vitrine européenne pour le Brésil
Le Naval Team Denmark
L’industrie navale russe des bâtiments de surface, destroyers, frégates et corvettes
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Leurres navals, une nouveauté chez Lacroix
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les drones MALE et HALE dans le monde
Air
Systèmes de drones et coalition : Interopérabilité ou intégration ?
Par Bertrand Slaski, CEIS
Le THAAD en service. Un nouvel antimissile pour l’US Army
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Mer
Euronaval 2008. Tendances et évolutions des projets navals de défense
Par la rédaction
Amphibies : le MHD 200
Sous-marins : les deux projets de DCNS
Frégates : la gamme MEKO s’étend
Frégates : les projets de Lockheed Martin
Frégates et corvettes : le concept Mosaic
Frégates et corvettes : Northrop propose trois concepts
Corvettes : les projets de CMN
Patrouilleurs : les projets de TKMS
Patrouilleurs : la classe Holland
Patrouilleurs et sécurité maritime : un domaine en pleine expansion
Vedettes et fast-attack crafts : quelques projets
Guerre des mines : le Simba 45
Intervention : le ZH1100
Drones de surface : le Silver Marlin
Drones sous-marins : le SAROV de Saab
UAV : le Skeldar
Défense rapprochée : l’AK-630M-2 Duet
Défense rapprochée : le MPNL
Défense rapproché : le Strales
Défense aérienne : les grandes manœuvres
Antinavires légers : le FASGW
Frappe terrestre : le Delilah
Radars : l’Artisan 3D
Une vitrine européenne pour le Brésil
Le Naval Team Denmark
L’industrie navale russe des bâtiments de surface, destroyers, frégates et corvettes
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Leurres navals, une nouveauté chez Lacroix
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les drones MALE et HALE dans le monde
Air
Systèmes de drones et coalition : Interopérabilité ou intégration ?
Par Bertrand Slaski, CEIS
Le THAAD en service. Un nouvel antimissile pour l’US Army
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
US Air Force : la 5ème génération remise en question ?
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense
M-346 : le LIFT à l’italienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Le « cri de guerre » à l’âge postmoderne : mythes et réalités des armes acoustiques
Par Georges Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes non-létales (IPSE)
Le radar transhorizon JORN. La solution miracle australienne ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
C-27J : la renaissance du G-222
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Terre
Spike : le tueur de char israélien
Par Jean-Jaques Mercier, expert en systèmes d’armes
Iskander le Grand
Par Mikhail Barabanov rédacteur en chef du Moscow Defence Brief
Programme JLTV : le successeur du Humvee est en cours de développement
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense
Family of Medium Tactical Vehicles (FMTV) de BAE Systems
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Bushmaster : le MRAP à l’australienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les Batteries de Renseignement de Brigades
Par Véronique Sartini
Battle Space Transformation Center : Thales fait dans le virtuel cousu main !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense
M-346 : le LIFT à l’italienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Le « cri de guerre » à l’âge postmoderne : mythes et réalités des armes acoustiques
Par Georges Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes non-létales (IPSE)
Le radar transhorizon JORN. La solution miracle australienne ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
C-27J : la renaissance du G-222
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Terre
Spike : le tueur de char israélien
Par Jean-Jaques Mercier, expert en systèmes d’armes
Iskander le Grand
Par Mikhail Barabanov rédacteur en chef du Moscow Defence Brief
Programme JLTV : le successeur du Humvee est en cours de développement
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense
Family of Medium Tactical Vehicles (FMTV) de BAE Systems
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Bushmaster : le MRAP à l’australienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les Batteries de Renseignement de Brigades
Par Véronique Sartini
Battle Space Transformation Center : Thales fait dans le virtuel cousu main !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
2008 en bref : il est temps de passer aux vacances

Et voilà, d'ici un peu moins de 30 heures, l'équipe sera en vacances. Pour ma part, je décroche totalement et m'en vais quelques jours à l'étranger, histoire de recharger les batteries. De fait, l'année a été chargée : 22 bouclages et 1974 pages (et un nombre d'article que n'ose même pas imaginer) ; la parution d'un ouvrage et la mise en chantier d'un autre ; 11 chapitres d'ouvrages ou articles académiques ; 10 interventions en colloques et conférence et... 109 interviews.
Le tout sans compter Eurosatory et Euronaval, la mise au point de la formule "Daily" et la transformation de T&A en DSI-T. En bref, une année bien tassée où l'équipe a magnifiquement travaillé, tenus les délais dans des conditions très contraignantes et malgré tout fait preuve d'une créativité à toute épreuve. Quand on vous dit qu'on a besoin de vacances ;o) Bon, d'ici là, permettez-moi de vous souhaiter de très bonnes fêtes. Rendez-vous en 2009 !
vendredi 19 décembre 2008
Prix Daveluy 2009 : chercheurs, à vos plumes !
Créé par le chef d’état-major de la Marine, ce prix vise à encourager et promouvoir des travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, politique, juridique, technique ou autres, propres à faire progresser les connaissances dans ce domaine. Il s’adresse aux étudiants et chercheurs français et européens, civils ou militaires. Trois récompenses peuvent être attribuées selon la qualité des travaux : 5 000 euros pour une thèse de doctorat 2 000 euros pour un mémoire de fin d’études supérieures 2 000 euros mention spéciale pour thèse ou mémoire Les candidatures sont à adresser au CESM avant fin février de l’année du prix qui est remis courant juin par le chef d’état-major de la marine dans les salons de l’Hôtel de la Marine. Le dossier de candidature doit être composé des documents suivants :
- un Curiculum Vitae ;
- deux copies des travaux réalisés en langue française, dont une sur support numérique ;
- une synthèse, sur support numérique, de 25 000 à 40 000 caractères pour une thèse, de 15 000 à 25 000 caractères pour un mémoire, susceptible de faire l’objet d’une édition au sein de la publication du CESM, le Bulletin d’études de la Marine.
Votre contact : Enseigne de vaisseau Thibault Richard, Centre d’enseignement supérieur de la Marine BP 08 - 00300 Armées Tèl : 01 44 42 56 72 - Fax : 01 44 42 82 06
Voir également ici, notamment pour le règlement.
Libellés :
France,
News en vrac,
Partenariats,
Stratégie
DSI 44, en preview
Les fêtes approchant à grand pas, j'avance quelque peu la "preview" du prochain DSI qui comporte quelques dossiers de poids : d'abord, sur le DAOS, qui a ouvert pour la première fois ses portes à la presse. Véronique y a passé 2 jours et nous rapport un dossier... pour le moins complet.
Ne manquez pas non plus les dossiers consacrés à l'industrie de défense indienne, à la Luftwaffe mais aussi à la stratégie : le général Desportes et Olivier Entraygues, entre autres, nous livrent quelques réflexions qui méritent le détour.
Rendez-vous donc en janvier !
Ne manquez pas non plus les dossiers consacrés à l'industrie de défense indienne, à la Luftwaffe mais aussi à la stratégie : le général Desportes et Olivier Entraygues, entre autres, nous livrent quelques réflexions qui méritent le détour.
Rendez-vous donc en janvier !
jeudi 18 décembre 2008
Les interventions militaires en zone urbaine : la TDM
Tanguy et Alain nous signalent que les 336 pages de Les interventions militaires en zone urbaine : paradigmes, stratégies et enjeux sont sorties de presse. J'y ai commis quelques chapitres avec la bande du RMES, pour l'occasion élargie à Stéphane Taillat, qui a travaillé sur la COIN en Irak dans deux très bons chapitres. La table des matière est à présent disponible ici.
Et sans vouloir faire mon commercial pour un sous - quoique - c'est le cadeau idéal pour Noël !
Et sans vouloir faire mon commercial pour un sous - quoique - c'est le cadeau idéal pour Noël !
mercredi 17 décembre 2008
Le Liban achète 10 Mig-29
Selon le quotidien francophone L'Orient-Le Jour (Beyrouth), le gouvernement libanais a indiqué avoir décidé d'acheter 10 chasseurs Mig-29 à Moscou, qui a accepté le principe de la livraison. L'article n'indique pas si les appareils seront neufs ou d'occasion.
C'est la première fois que le Liban achète du matériel russe alors que, dans le même temps, l'acquisition signe la renaissance de l'aviation de combat libanaise, souhaitée depuis les opérations menées dans le camp de Nahr-el Bared, en 2007. Ses derniers appareils à réaction étaient des Hunter, plus spécifiquement adaptés à l'attaque au sol.
On remarquera cependant que le Fulcrum est plus adapté aux missions de supériorité aérienne et qu'il est en service aussi bien en Syrie (le quotidien cite le chiffre, évidemment erroné, de 500 appareils) qu'en Iran. On peut, à cet égard, se demander quelle a été l'influence réelle du Hezbollah sur une prise de décision qui, pour le coup et en toute hypothèse, cadre particulièrement bien à la logique doctrinale de techno-guérilla qu'il à mis en place.
C'est la première fois que le Liban achète du matériel russe alors que, dans le même temps, l'acquisition signe la renaissance de l'aviation de combat libanaise, souhaitée depuis les opérations menées dans le camp de Nahr-el Bared, en 2007. Ses derniers appareils à réaction étaient des Hunter, plus spécifiquement adaptés à l'attaque au sol.
On remarquera cependant que le Fulcrum est plus adapté aux missions de supériorité aérienne et qu'il est en service aussi bien en Syrie (le quotidien cite le chiffre, évidemment erroné, de 500 appareils) qu'en Iran. On peut, à cet égard, se demander quelle a été l'influence réelle du Hezbollah sur une prise de décision qui, pour le coup et en toute hypothèse, cadre particulièrement bien à la logique doctrinale de techno-guérilla qu'il à mis en place.
mardi 16 décembre 2008
Guardian Falcon ne chôme pas
Les quatre chasseurs-bombardiers F-16 belges déployés en Afghanistan auraient largué une dizaine de bombes à guidage laser et tiré "au moins cinq rafales" avec leur canon de bord depuis le début de l'opération Guardian Falcon , début septembre, indique Air&Cosmos .
"Le nombre de tirs, jalousement protégé par le secret militaire, porterait, pour les F-16 belges, sur une dizaine de GBU-12 - des bombes de 250 kg à guidage laser dont chaque avion emporte deux exemplaires - et au moins cinq rafales de canon M-61". Le ministère de la Défense n'a pas souhaité confirmer l'information et indique que les F-16, ont effectué, en date du 5 décembre, 625 heures de vol : 574 heures lors de missions préplanifiées au profit de l'ISAF et 50,5 heures lors de Quick Reaction Alerts.
Selon le colonel Luc Gennart, les appareils effectuent des vols en moyenne cinq jours par semaine. Des sources militaires ayant requis l'anonymat ont quant à elles fait état de plusieurs occasions où un pilote belge a refusé au dernier moment de faire usage de son armement en raison du risque qu'il jugeait trop élevé de "dommages collatéraux" , en d'autres termes la perte de vies humaines au sein de la population civile.
Par ailleurs, deux roquettes sont tombées sur le cantonnement belge, sans faire de blessés, le 15 décembre.
"Le nombre de tirs, jalousement protégé par le secret militaire, porterait, pour les F-16 belges, sur une dizaine de GBU-12 - des bombes de 250 kg à guidage laser dont chaque avion emporte deux exemplaires - et au moins cinq rafales de canon M-61". Le ministère de la Défense n'a pas souhaité confirmer l'information et indique que les F-16, ont effectué, en date du 5 décembre, 625 heures de vol : 574 heures lors de missions préplanifiées au profit de l'ISAF et 50,5 heures lors de Quick Reaction Alerts.
Selon le colonel Luc Gennart, les appareils effectuent des vols en moyenne cinq jours par semaine. Des sources militaires ayant requis l'anonymat ont quant à elles fait état de plusieurs occasions où un pilote belge a refusé au dernier moment de faire usage de son armement en raison du risque qu'il jugeait trop élevé de "dommages collatéraux" , en d'autres termes la perte de vies humaines au sein de la population civile.
Par ailleurs, deux roquettes sont tombées sur le cantonnement belge, sans faire de blessés, le 15 décembre.
lundi 8 décembre 2008
Guerres hybrides : les guérillas Vs. les lignes de communication
Des talibans ont attaqué avec succès, le 7 décembre, un terminal logistique de l’OTAN à proximité de Peshawar et de la passe de Khyber, qui permet d’entrer par la route en Afghanistan. Selon Kifayatullah Khan, directeur du terminal, environ 300 hommes ont attaqué avant l’aube détruisant les 106 véhicules présents sur place avant de rompre le contact. L’entrée principale de la base a été attaquée au lance-roquettes, tuant les gardes et ouvrant la voie aux combattants.
Les approvisionnements alliés passent à 75 % par le Pakistan, après avoir été déchargés des navires dans le port de Karachi. Ces attaques, bien coordonnées, ont conduit à la suspension du trafic passant par Khyber par les autorités pakistanaises. Si les autorités US indiquent que les attaques n'auront pas d'impact sur la poursuite des opérations en Afghanistan, force est de constater que les talibans ont manifestement compris les vulnérabilités de la spécificité des lignes de communication de l'ISAF mais aussi des utilisation d'acteurs privés dans la gestion des opérations logistiques.
Pourtant, rien de bien neuf ici d'un point de vue stratégique : Jomini avertissait déjà ses lecteurs des problématiques inhérentes aux lignes de communication, en particulier dans les situations de guérilla...
Les approvisionnements alliés passent à 75 % par le Pakistan, après avoir été déchargés des navires dans le port de Karachi. Ces attaques, bien coordonnées, ont conduit à la suspension du trafic passant par Khyber par les autorités pakistanaises. Si les autorités US indiquent que les attaques n'auront pas d'impact sur la poursuite des opérations en Afghanistan, force est de constater que les talibans ont manifestement compris les vulnérabilités de la spécificité des lignes de communication de l'ISAF mais aussi des utilisation d'acteurs privés dans la gestion des opérations logistiques.
Pourtant, rien de bien neuf ici d'un point de vue stratégique : Jomini avertissait déjà ses lecteurs des problématiques inhérentes aux lignes de communication, en particulier dans les situations de guérilla...
samedi 6 décembre 2008
Intuitions et rédactions
Le blog connaît quelques ralentissements ces derniers temps, dû à une surcharge de travail quelque peu obsédante : outre les travaux sur les prochains DSI et DSI-T, une suite de conférences à l'EHESS et au château de Vincennes m'a donné quelques idées - disons qu'intuitions serait plus approprié - sur l'impasse stratégique du moment : faut-il se structurer en fonction des opérations de stabilisation ou dans l'hypothèse d'une surprise stratégique impliquant ?
L'intuition part de quelques éléments très simples : 1) rares sont les guerres qui ont ressemblé aux précédentes et croire que les guérillas n'évolueront pas ou qu'un adversaire étatique va compbattre suivant nos règles du jeu, "à la capacitaire" pourrait être trompeur ; 2) le "dilemme" actuel, tel qu'il s'est construit, est peut-être l'un des résultats du processus de technologisation que j'explorais dans mon dernier bouquin, en d'autres termes, la question posée supra pourrait bien ne pas/ne plus être pertinente ; 3) les processus d'hybridation, de fertilisation croisée entre les modes de guerres ont été insuffisament explorés : nous pourrions bien les ranger beaucoup trop rapidement dans les catégories "conflits réguliers/irréguliers".
Attaquer ce morceau-là est consommateur en temps mais particulièrement stimulant. Tanguy va sans doute m'en vouloir de lui rendre une tartine de 50 pages pour les prochains Cahiers du RMES mais, finalement, il faut bien se faire plaisir de temps en temps, non ? Tant pis donc, dans l'immédiat, pour la poursuite du débat avec Olivier sur les mécanismes de dissuasion conventionnelle (quoique : Gene Sharp et quelques autres ont, vous le verrez dans l'article, quelques mots à dire sur le sujet).
L'intuition part de quelques éléments très simples : 1) rares sont les guerres qui ont ressemblé aux précédentes et croire que les guérillas n'évolueront pas ou qu'un adversaire étatique va compbattre suivant nos règles du jeu, "à la capacitaire" pourrait être trompeur ; 2) le "dilemme" actuel, tel qu'il s'est construit, est peut-être l'un des résultats du processus de technologisation que j'explorais dans mon dernier bouquin, en d'autres termes, la question posée supra pourrait bien ne pas/ne plus être pertinente ; 3) les processus d'hybridation, de fertilisation croisée entre les modes de guerres ont été insuffisament explorés : nous pourrions bien les ranger beaucoup trop rapidement dans les catégories "conflits réguliers/irréguliers".
Attaquer ce morceau-là est consommateur en temps mais particulièrement stimulant. Tanguy va sans doute m'en vouloir de lui rendre une tartine de 50 pages pour les prochains Cahiers du RMES mais, finalement, il faut bien se faire plaisir de temps en temps, non ? Tant pis donc, dans l'immédiat, pour la poursuite du débat avec Olivier sur les mécanismes de dissuasion conventionnelle (quoique : Gene Sharp et quelques autres ont, vous le verrez dans l'article, quelques mots à dire sur le sujet).
mercredi 3 décembre 2008
James Jones à la tête du NSC
Confirmant le choix d’Hillary Clinton au secrétariat d’Etat, Barack Obama a également confirmé Robert Gates dans ses fonctions de Secrétaire à la défense, arguant qu’une rupture alors que les Etats-Unis font face à deux guerres ne serait pas souhaitable. Mais le nouveau président américain a également choisi James Jones en tant que Conseiller à la sécurité nationale.
A 64 ans, ce général des Marines, ancien commandant des Marines et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) a été particulièrement prompt à mettre en avant la problématique de la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Après sa retraite, il a également mené plusieurs missions en Afghanistan et en Irak pour le compte du Pentagone. Durant sa carrière, il a également été l'officier de liaison entre les Marines et le Sénat, acquérrant ainsi une expérience politique certaine.
Parfaitement bilingue français-anglais (il a passé sa scolarité en France avant de rejoindre l'université de Georgetown pour un BA. en sciences), il est considéré comme un officier au franc parler. Il est aussi crédité d'une excellente aptitude à la négociation et à la compréhension des enjeux aussi bien stratégiques que tactiques. Typiquement "Marine", il se serait ainsi adressé au Corps en 1999 : "It's OK to have fun in the Marine Corps. I like to say we are an imperfect people working in an institution that tries to be perfect. That is a noble thing, but you have to realize there is no perfect. We're human".
A 64 ans, ce général des Marines, ancien commandant des Marines et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) a été particulièrement prompt à mettre en avant la problématique de la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Après sa retraite, il a également mené plusieurs missions en Afghanistan et en Irak pour le compte du Pentagone. Durant sa carrière, il a également été l'officier de liaison entre les Marines et le Sénat, acquérrant ainsi une expérience politique certaine.
Parfaitement bilingue français-anglais (il a passé sa scolarité en France avant de rejoindre l'université de Georgetown pour un BA. en sciences), il est considéré comme un officier au franc parler. Il est aussi crédité d'une excellente aptitude à la négociation et à la compréhension des enjeux aussi bien stratégiques que tactiques. Typiquement "Marine", il se serait ainsi adressé au Corps en 1999 : "It's OK to have fun in the Marine Corps. I like to say we are an imperfect people working in an institution that tries to be perfect. That is a noble thing, but you have to realize there is no perfect. We're human".
jeudi 27 novembre 2008
Belgique : vers la résilience ?
La bataille fut rude : 5 émissions TV, 3 ou 4 opinions dans la presse quotidienne, une rencontre avec une ministre de la justice pour le moins peu emballée par le concept, une note de 40 pages et quelques conférences plus tard (et là, je ne parle pas encore du travail de Gino Verleye ni d'une série d'officiers et d'experts ralliés à la cause) et... on dirait bien que l'objectif est atteint : la notion de résilience semble être prise en compte par le ministère belge de l'intérieur.
Dans sa note de politique générale, déposée le 12 novembre, le ministre Dewael (qui, au cours d'une question parlementaire avait indiqué que le concept ne l'intéressait pas - on comprend mieux pourquoi le concept n'est pas nommément cité dans la note) semble avoir écouté ses experts.
Non seulement la communication de crise va être retravaillée de fond en comble (formation des fonctionnaires locaux, planification d'urgence, centrales d'information, utilisation des académiques, etc.) mais, au surplus et bonus, la protection des infrastructures critiques du pays revient au devant d'une scène qu'elle n'avait jamais vraiment abordé. La note est à lire ici (jetez, en particulier, un oeil à partir de la page 21) : on sort de l'âge de pierre de la gestion de crise.
Tout, cependant, n'est pas parfait : la communication est comprise comme "de crise" alors que la menace est permanente et la perception de la population toujours aussi problématique. Simple exemple, en 2 jours de temps, nous avons eu affaire à une vidéo menaçant la Belgique d'attaques si elle ne retirait pas ses F-16 d'Afghanistan, à une évacuation de la Banque nationale pour cause de bocal contenant un liquide suspect et à une opération contre-terroriste dans le cadre des suites de l'affaire Belliraj.
Peu ou prou, cette actualité aide certes à forger une forme élémentaire de résilience par un retour à des réalités que l'on a passé trop de temps à nier, risquant alors de démultiplier l'effet de surprise. Cependant, face à une population mal formée à ce type de problèmes, sans accompagnement informationnel, cette actualité pourrait être contreproductive. Mais les travaux de Gino sont clairs : qu'un seul attentat touche le pays et ce dernier basculerait dans une crise de légitimité sans précédent dont les conséquences pourraient nous renvoyer au "modèle néerlandais", lorsque l'assassinat de T. Van Gogh avait conduit à 166 incidents majeurs. Communiquer, dans ces conditions, n'est plus un luxe...
Dans sa note de politique générale, déposée le 12 novembre, le ministre Dewael (qui, au cours d'une question parlementaire avait indiqué que le concept ne l'intéressait pas - on comprend mieux pourquoi le concept n'est pas nommément cité dans la note) semble avoir écouté ses experts.
Non seulement la communication de crise va être retravaillée de fond en comble (formation des fonctionnaires locaux, planification d'urgence, centrales d'information, utilisation des académiques, etc.) mais, au surplus et bonus, la protection des infrastructures critiques du pays revient au devant d'une scène qu'elle n'avait jamais vraiment abordé. La note est à lire ici (jetez, en particulier, un oeil à partir de la page 21) : on sort de l'âge de pierre de la gestion de crise.
Tout, cependant, n'est pas parfait : la communication est comprise comme "de crise" alors que la menace est permanente et la perception de la population toujours aussi problématique. Simple exemple, en 2 jours de temps, nous avons eu affaire à une vidéo menaçant la Belgique d'attaques si elle ne retirait pas ses F-16 d'Afghanistan, à une évacuation de la Banque nationale pour cause de bocal contenant un liquide suspect et à une opération contre-terroriste dans le cadre des suites de l'affaire Belliraj.
Peu ou prou, cette actualité aide certes à forger une forme élémentaire de résilience par un retour à des réalités que l'on a passé trop de temps à nier, risquant alors de démultiplier l'effet de surprise. Cependant, face à une population mal formée à ce type de problèmes, sans accompagnement informationnel, cette actualité pourrait être contreproductive. Mais les travaux de Gino sont clairs : qu'un seul attentat touche le pays et ce dernier basculerait dans une crise de légitimité sans précédent dont les conséquences pourraient nous renvoyer au "modèle néerlandais", lorsque l'assassinat de T. Van Gogh avait conduit à 166 incidents majeurs. Communiquer, dans ces conditions, n'est plus un luxe...
DSI n°43, décembre 2008, le sommaire !
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Sommaire DSI 43, décembre 2008
Editorial
Nominations et agenda
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : L’ère du flop power
Actualité
Euronaval : des nouveautés de taille
Par la rédaction
France / OTAN. Où en sont les préparations ?
Par Véronique Sartini, journaliste
Stratégie
La géostratégie des forces sous-marines chinoise
Entretien avec Toshi Yoshihara, Professeur au strategy and policy Department de l’US Naval War College.
Les conceptions chinoises de la guerre sous-marine
Entretien avec le Professeur William S. Murray, Warfare Analysis and Research Department, US Naval War College.
Principes du commandement concernant les Effects-Based Operations
Par James N. Mattis, général commandant l’US Joint Forces Command (USJFCOM).
La technologie militaire en question : sortir de la technologisation ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question. Le cas américain (Coll. « Stratégie et doctrines », Economica, Paris, 2008, 300 p.)
Armées
Les forces terrestres thaïlandaises, un équilibre qui reste à trouver
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Marine thaïlandaise : les défis d’une force au cœur du Maelström
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : La Kong Thab Akat Thai/force aérienne thaïlandaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
L’« académie » du 2000. La BA 115 d’Orange
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : L’historique de l’escadron 2/5 Ile de France
Encadré : L’escadron en bref
Carte : La chasse en France
« Orange présente des capacités d’accueil extraordinaires »
Entretien avec le colonel Jean-Louis Cerisier, commandant la base aérienne 115 d’Orange
Technologie & Armement
Parachutistes russes : l’illusion de la force ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le BMD-4, un blindé parachutiste
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Les forces aéroportées russes s’allègent. Des armes d’appui emportées à dos d’homme
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Chasseur de char 2S25 Sprut-SD /Les chasseurs de chars, solution à la mobilité stratégique ?
Illiouchin Il-76 Candid/ L’Il-76, plateforme polyvalente de la VVS
Porte-hélicoptères des classes Shirane et Haruna/ La course japonaise à l’aéronautique embarquée
Critiques de lecture
Drones, mystérieux robots volants : les yeux et le feu du XXIe siècle de Marc Grozel et Geneviève Moulard
Relire Foch au XXIème siècle de André Martel
Deciding in the dark de Vincent Desportes
Nominations et agenda
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : L’ère du flop power
Actualité
Euronaval : des nouveautés de taille
Par la rédaction
France / OTAN. Où en sont les préparations ?
Par Véronique Sartini, journaliste
Stratégie
La géostratégie des forces sous-marines chinoise
Entretien avec Toshi Yoshihara, Professeur au strategy and policy Department de l’US Naval War College.
Les conceptions chinoises de la guerre sous-marine
Entretien avec le Professeur William S. Murray, Warfare Analysis and Research Department, US Naval War College.
Principes du commandement concernant les Effects-Based Operations
Par James N. Mattis, général commandant l’US Joint Forces Command (USJFCOM).
La technologie militaire en question : sortir de la technologisation ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question. Le cas américain (Coll. « Stratégie et doctrines », Economica, Paris, 2008, 300 p.)
Armées
Les forces terrestres thaïlandaises, un équilibre qui reste à trouver
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Marine thaïlandaise : les défis d’une force au cœur du Maelström
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : La Kong Thab Akat Thai/force aérienne thaïlandaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
L’« académie » du 2000. La BA 115 d’Orange
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : L’historique de l’escadron 2/5 Ile de France
Encadré : L’escadron en bref
Carte : La chasse en France
« Orange présente des capacités d’accueil extraordinaires »
Entretien avec le colonel Jean-Louis Cerisier, commandant la base aérienne 115 d’Orange
Technologie & Armement
Parachutistes russes : l’illusion de la force ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le BMD-4, un blindé parachutiste
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Les forces aéroportées russes s’allègent. Des armes d’appui emportées à dos d’homme
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Chasseur de char 2S25 Sprut-SD /Les chasseurs de chars, solution à la mobilité stratégique ?
Illiouchin Il-76 Candid/ L’Il-76, plateforme polyvalente de la VVS
Porte-hélicoptères des classes Shirane et Haruna/ La course japonaise à l’aéronautique embarquée
Critiques de lecture
Drones, mystérieux robots volants : les yeux et le feu du XXIe siècle de Marc Grozel et Geneviève Moulard
Relire Foch au XXIème siècle de André Martel
Deciding in the dark de Vincent Desportes
mardi 25 novembre 2008
L'art de la guerre : Deleuze, Guattari, Debord et Tsahal - Petit clin d'oeil à Laurent H ;o)
Par Eyal Weizman.
Extraits :
"Les Forces de Défense Israeliennes ont été fortement influencées par la philosophie contemporaine, mettant en évidence le fait qu'il existe un terrain d'entente avec des textes théoriques retenus comme essentiels par les académies militaires et par des écoles d'architecture…"
"Les théoriciens militaires contemporains s'activent à re-conceptualiser le champ urbain. Ce qui est en jeu, ce sont les concepts fondamentaux, les prémisses et les principes qui gouvernent les tactiques et les stratégies militaires. Le vaste champ intellectuel, que le géographe Stephen Graham a appelé un “monde de l'ombre” international des centres d'entraînement et des instituts de recherche urbaine militaires qui ont été établis pour repenser les actions militaires dans les villes, pourrait être assimilé au cadre ('matrix') international des plus grandes académies d'architecture.
Sauf que, selon le théoricien urbaniste Simon Marvin, le 'monde de l'ombre' architectural-militaire produit en fait des programmes de recherche urbaine plus fouillés et plus largement financés que tous ces programmes universitaires réunis, tandis qu'il suit les recherches urbaines d'avant-garde conduites dans les écoles d'architectures, surtout en ce qui concerne les villes du Tiers monde et de l'Afrique.
Il existe un terrain commun aux textes théoriques considérés comme essentiels par les académies militaires et par les écoles d'architecture. Dans les listes de livres à lire des institutions militaires d'aujourd'hui, on trouve des ouvrages tournant autour de 1968 (en particulier des écrits de Deleuze, Guattari et Debord), aussi bien que des textes plus récents sur l'urbanisme, la psychologie, la cybernétique, la théorie post coloniale et post structuraliste.
Si, comme l'affirment certains auteurs, l'espace critique s'est trouvé considérablement rétréci dans la culture capitaliste de la fin du XXième siècle, il semble qu'il a trouvé un nouveau terrain d'expansion chez les militaires. J'ai interviewé Kokhavi, le commandant de la Brigade de Parachutistes, qui, à 42 ans, est considéré comme le plus prometteur des jeunes officiers des FDI (c'est lui qui a commandé l'évacuation des colonies de la bande de Gaza). Comme beaucoup de jeunes officiers des FDI, il avait pris le temps d'acquérir un diplôme d'université. Bien qu'il ait d'abord choisi d'étudier l'architecture, il a en fait fini par obtenir une licence de philosophie de l'université hébraïque. Il m'a expliqué le principe qui a gouverné la bataille de Naplouse, qui m'intéressait, non pas tant par la description de l'attaque elle-même, que par la façon dont il en concevait l'articulation. Il m'a dit : “Cet espace que vous regardez, cette pièce que vous regardez, ce n'est rien que votre propre interprétation. [ … ] Le problème est : comment vous considérez cette ruelle ? […] Nous avons considéré la ruelle comme un endroit à ne pas parcourir et la porte comme un endroit à ne pas franchir, et la fenêtre comme un endroit par lequel il ne faut pas regarder, parce qu'une arme peut nous attendre dans la ruelle, et un piège (“booby-trap') peut-être commandé par la porte. Parce que l'ennemi interprète l'espace d'une manière classique, traditionnelle et je me refuse à suivre son interprétation et à tomber dans ses pièges. […] Je veux le surprendre ! Voilà l'essence de la guerre. Je dois gagner […] Voilà : j'ai choisi la méthodologie qui me fait traverser les murs… Comme un ver qui avance en mangeant ce qu'il trouve sur son chemin, apparaissant à certains points puis disparaissant. […] Je dis à mes hommes : “Mes amis ! […] si jusqu'à aujourd'hui vous aviez l'habitude de suivre les routes et les chemins, n'y pensez plus ! Désormais, nous allons traverser les murs !”" (…)
"Naveh, un Brigadier-General à la retraite, dirige l'Institut Opérationnel de Recherche Théorique, qui prépare des officiers des FDI et autres militaires, en 'théorie opérationnelle' (…). Il a résumé ainsi la mission de l'institut, fondé en 1996 : “nous sommes comme l'ordre des jésuites. Nous essayons d'enseigner et d'entraîner les soldats à penser. […] Nous lisons Christopher Alexander, vous vous rendez compte ? ; nous lisons John Forester, ainsi que d'autres architectes. Nous sommes en train de lire Gregory Bateson ; et Clifford Geertz. (…) Au cours d'une conférence, Naveh a montré un diagramme qui ressemblait à un 'carré d'opposition' qui relie un ensemble de relations logiques de propositions militaires à des actions de guérilla.
Avec des noms comme 'Différence et répétition', 'les Dialectiques du structurant et de la structure', 'Objets rivaux sans formes', 'Manoeuvre fractale', 'Vitesse contre rythme', 'la Machine de guerre wahabite', 'Anarchistes post-modernes' et 'Terroristes nomades', ils font souvent référence aux travaux de Deleuze et Guattari. Les machines de guerre, suivant les philosophes, sont polymorphes ; des organisations diffuses caractérisées par leur potentiel de polymorphisme, faites de petits groupes qui se divisent ou se rassemblent, suivant la contingence et les circonstances. (Deleuze et Guattari avaient bien compris que l'état peut volontairement se tranformer en machine de guerre ; de la même façon, dans leur discussion de 'l'espace lisse', il est compris que cette conception peut porter à des formes de domination.)
J'ai demandé à Naveh pourquoi Deleuze et Guattari étaient si populaires dans l'armée israelienne. Il a répondu que “plusieurs concepts de Mille plateaux' nous sont devenus très utiles […], en nous permettant d'expliquer certaines situations actuelles. Cela a problématisé nos propres paradigmes. Des plus importantes s'est révélée leur distinction entre espaces “lisses” et espaces “striés” dans le sens ou ceux-ci sont cloisonnés, enfermés par des clôtures, des murs, des fossés, des barrages de route etc.”.
Quand je lui ai demandé si passer à travers les murs en faisait partie, il m'a expliqué que “à Naplouse, les FDI ont compris le combat urbain comme un problème d'espace […] Se déplacer à travers les murs n'est qu'une simple solution mécanique qui associe théorie et pratique”.
Pour bien comprendre les tactiques des DFI de traverser les espaces urbains palestiniens, il faut savoir comment ils interprètent le principe désormais familier “d'essaimage” (swarming) - (…)
L'essaim est emblématique du principe de non-linéarité qui apparaît en termes d'espaces, d'organisations et de temps. Le paradigme traditionnel de manoeuvre, caractéristique de la géométrie simplifiée du type euclidien, est transformé, d'après les militaires, en une géométrie complexe du type fractal. La narrativité du plan de bataille est remplacée par ce que les militaires, en termes foucaultiens, appellent l'approche de la “boite à outils”, suivant laquelle les unités reçoivent les outils dont ils ont besoin pour gérer plusieurs situations et scénarios donnés, mais sans que l'on puisse prédire l'ordre suivant lesquels ils vont se dérouler.
Naveh : “les officiers opératifs et tactiques dépendent les uns des autres et résolvent les problèmes en construisant le cours de la bataille ; (…) l'action devient savoir et le savoir devient action. (…) sans résultat décisif possible, le principal bénéfice de l'opération est dans l'amélioration du système en tant que système”.Ceci peut expliquer, pour l'armée, la fascination exercée par les modèles et les modes opératifs spatiaux et organisationnels avancés par des théoriciens tels que Deleuze et Guattari.
De plus, au moins pour les militaires, la guerre urbaine est l'ultime forme post moderne du conflit. La foi en un plan de bataille logiquement structuré et linéaire disparaît devant la complexité et l'ambiguïté de la réalité urbaine. Les civils deviennent des combattants, et les combattants, des civils. L'identité peut être changée aussi vite que le genre peut être feint : la transformation de femmes en hommes combattants peut prendre le temps qu'il faut à un soldat israelien 'arabisé' ou à un combattant palestinien camouflé de tirer sa mitraillette de dessous sa robe. Pour un combattant palestinien pris dans cette bataille, les israéliens semblent 'venir de partout : de derrière, des côtés, de droite et de gauche. Comment peut-on se battre dans cette situation ? ' "
Extraits :
"Les Forces de Défense Israeliennes ont été fortement influencées par la philosophie contemporaine, mettant en évidence le fait qu'il existe un terrain d'entente avec des textes théoriques retenus comme essentiels par les académies militaires et par des écoles d'architecture…"
"Les théoriciens militaires contemporains s'activent à re-conceptualiser le champ urbain. Ce qui est en jeu, ce sont les concepts fondamentaux, les prémisses et les principes qui gouvernent les tactiques et les stratégies militaires. Le vaste champ intellectuel, que le géographe Stephen Graham a appelé un “monde de l'ombre” international des centres d'entraînement et des instituts de recherche urbaine militaires qui ont été établis pour repenser les actions militaires dans les villes, pourrait être assimilé au cadre ('matrix') international des plus grandes académies d'architecture.
Sauf que, selon le théoricien urbaniste Simon Marvin, le 'monde de l'ombre' architectural-militaire produit en fait des programmes de recherche urbaine plus fouillés et plus largement financés que tous ces programmes universitaires réunis, tandis qu'il suit les recherches urbaines d'avant-garde conduites dans les écoles d'architectures, surtout en ce qui concerne les villes du Tiers monde et de l'Afrique.
Il existe un terrain commun aux textes théoriques considérés comme essentiels par les académies militaires et par les écoles d'architecture. Dans les listes de livres à lire des institutions militaires d'aujourd'hui, on trouve des ouvrages tournant autour de 1968 (en particulier des écrits de Deleuze, Guattari et Debord), aussi bien que des textes plus récents sur l'urbanisme, la psychologie, la cybernétique, la théorie post coloniale et post structuraliste.
Si, comme l'affirment certains auteurs, l'espace critique s'est trouvé considérablement rétréci dans la culture capitaliste de la fin du XXième siècle, il semble qu'il a trouvé un nouveau terrain d'expansion chez les militaires. J'ai interviewé Kokhavi, le commandant de la Brigade de Parachutistes, qui, à 42 ans, est considéré comme le plus prometteur des jeunes officiers des FDI (c'est lui qui a commandé l'évacuation des colonies de la bande de Gaza). Comme beaucoup de jeunes officiers des FDI, il avait pris le temps d'acquérir un diplôme d'université. Bien qu'il ait d'abord choisi d'étudier l'architecture, il a en fait fini par obtenir une licence de philosophie de l'université hébraïque. Il m'a expliqué le principe qui a gouverné la bataille de Naplouse, qui m'intéressait, non pas tant par la description de l'attaque elle-même, que par la façon dont il en concevait l'articulation. Il m'a dit : “Cet espace que vous regardez, cette pièce que vous regardez, ce n'est rien que votre propre interprétation. [ … ] Le problème est : comment vous considérez cette ruelle ? […] Nous avons considéré la ruelle comme un endroit à ne pas parcourir et la porte comme un endroit à ne pas franchir, et la fenêtre comme un endroit par lequel il ne faut pas regarder, parce qu'une arme peut nous attendre dans la ruelle, et un piège (“booby-trap') peut-être commandé par la porte. Parce que l'ennemi interprète l'espace d'une manière classique, traditionnelle et je me refuse à suivre son interprétation et à tomber dans ses pièges. […] Je veux le surprendre ! Voilà l'essence de la guerre. Je dois gagner […] Voilà : j'ai choisi la méthodologie qui me fait traverser les murs… Comme un ver qui avance en mangeant ce qu'il trouve sur son chemin, apparaissant à certains points puis disparaissant. […] Je dis à mes hommes : “Mes amis ! […] si jusqu'à aujourd'hui vous aviez l'habitude de suivre les routes et les chemins, n'y pensez plus ! Désormais, nous allons traverser les murs !”" (…)
"Naveh, un Brigadier-General à la retraite, dirige l'Institut Opérationnel de Recherche Théorique, qui prépare des officiers des FDI et autres militaires, en 'théorie opérationnelle' (…). Il a résumé ainsi la mission de l'institut, fondé en 1996 : “nous sommes comme l'ordre des jésuites. Nous essayons d'enseigner et d'entraîner les soldats à penser. […] Nous lisons Christopher Alexander, vous vous rendez compte ? ; nous lisons John Forester, ainsi que d'autres architectes. Nous sommes en train de lire Gregory Bateson ; et Clifford Geertz. (…) Au cours d'une conférence, Naveh a montré un diagramme qui ressemblait à un 'carré d'opposition' qui relie un ensemble de relations logiques de propositions militaires à des actions de guérilla.
Avec des noms comme 'Différence et répétition', 'les Dialectiques du structurant et de la structure', 'Objets rivaux sans formes', 'Manoeuvre fractale', 'Vitesse contre rythme', 'la Machine de guerre wahabite', 'Anarchistes post-modernes' et 'Terroristes nomades', ils font souvent référence aux travaux de Deleuze et Guattari. Les machines de guerre, suivant les philosophes, sont polymorphes ; des organisations diffuses caractérisées par leur potentiel de polymorphisme, faites de petits groupes qui se divisent ou se rassemblent, suivant la contingence et les circonstances. (Deleuze et Guattari avaient bien compris que l'état peut volontairement se tranformer en machine de guerre ; de la même façon, dans leur discussion de 'l'espace lisse', il est compris que cette conception peut porter à des formes de domination.)
J'ai demandé à Naveh pourquoi Deleuze et Guattari étaient si populaires dans l'armée israelienne. Il a répondu que “plusieurs concepts de Mille plateaux' nous sont devenus très utiles […], en nous permettant d'expliquer certaines situations actuelles. Cela a problématisé nos propres paradigmes. Des plus importantes s'est révélée leur distinction entre espaces “lisses” et espaces “striés” dans le sens ou ceux-ci sont cloisonnés, enfermés par des clôtures, des murs, des fossés, des barrages de route etc.”.
Quand je lui ai demandé si passer à travers les murs en faisait partie, il m'a expliqué que “à Naplouse, les FDI ont compris le combat urbain comme un problème d'espace […] Se déplacer à travers les murs n'est qu'une simple solution mécanique qui associe théorie et pratique”.
Pour bien comprendre les tactiques des DFI de traverser les espaces urbains palestiniens, il faut savoir comment ils interprètent le principe désormais familier “d'essaimage” (swarming) - (…)
L'essaim est emblématique du principe de non-linéarité qui apparaît en termes d'espaces, d'organisations et de temps. Le paradigme traditionnel de manoeuvre, caractéristique de la géométrie simplifiée du type euclidien, est transformé, d'après les militaires, en une géométrie complexe du type fractal. La narrativité du plan de bataille est remplacée par ce que les militaires, en termes foucaultiens, appellent l'approche de la “boite à outils”, suivant laquelle les unités reçoivent les outils dont ils ont besoin pour gérer plusieurs situations et scénarios donnés, mais sans que l'on puisse prédire l'ordre suivant lesquels ils vont se dérouler.
Naveh : “les officiers opératifs et tactiques dépendent les uns des autres et résolvent les problèmes en construisant le cours de la bataille ; (…) l'action devient savoir et le savoir devient action. (…) sans résultat décisif possible, le principal bénéfice de l'opération est dans l'amélioration du système en tant que système”.Ceci peut expliquer, pour l'armée, la fascination exercée par les modèles et les modes opératifs spatiaux et organisationnels avancés par des théoriciens tels que Deleuze et Guattari.
De plus, au moins pour les militaires, la guerre urbaine est l'ultime forme post moderne du conflit. La foi en un plan de bataille logiquement structuré et linéaire disparaît devant la complexité et l'ambiguïté de la réalité urbaine. Les civils deviennent des combattants, et les combattants, des civils. L'identité peut être changée aussi vite que le genre peut être feint : la transformation de femmes en hommes combattants peut prendre le temps qu'il faut à un soldat israelien 'arabisé' ou à un combattant palestinien camouflé de tirer sa mitraillette de dessous sa robe. Pour un combattant palestinien pris dans cette bataille, les israéliens semblent 'venir de partout : de derrière, des côtés, de droite et de gauche. Comment peut-on se battre dans cette situation ? ' "
lundi 24 novembre 2008
Nouveau blog : la plume et le sabre
Vous connaissez peut-être déjà Stent pour avoir lu ses commentaires ici et là. Et bien, je l'ai rencontré à l'EHESS la semaine passée et il m'indiquait qu'il se lancait également dans la blogaventure avec La plume et le sabre.
Un blog bien fourni - adossé sur une tête bien remplie - et des observations tèrs pertinentes, je pense en particulier à ce post sur l'expérience allemande de la guerre hybride durant la campagne de Russie et le processus de démodernisation de la Werhmacht. Très intéressant et à suivre ;o)
Un blog bien fourni - adossé sur une tête bien remplie - et des observations tèrs pertinentes, je pense en particulier à ce post sur l'expérience allemande de la guerre hybride durant la campagne de Russie et le processus de démodernisation de la Werhmacht. Très intéressant et à suivre ;o)
samedi 22 novembre 2008
DSI 43, en preview
vendredi 21 novembre 2008
La Norvège choisit le F-35
Finalement et malgré les efforts de Saab, Oslo a penché pour le F-35, Reuters annonçant le choix norvégien. La Norvège achetera donc 48 F-35A pour un montant de 18 milliards de couronnes/2,54 milliards de dollars, soit 6 milliards de couronnes moins cher que le Gripen "spécial Norvège", qui avait en son temps été présenté dans DSI et qui reprenait nombre de caractéristiques du NG.
Le ministère de la défense a également indiqué que les coûts de possession de l'appareil américain sur 30 ans étaient de 20 à 30 milliards de couronnes inférieures à ceux du Gripen. Reste, toutefois, une question : le Gripen est en service, le F-35, non. Dès lors, quelle méthodologie a été employée pour le calcul des coûts de possession ?
Addendum : on apprenait par d'autres sources, dans le même temps, qu'Israël était "étonné" de voir le prix unitaire de ses F-35 passer à 200 millions de dollars.
Le ministère de la défense a également indiqué que les coûts de possession de l'appareil américain sur 30 ans étaient de 20 à 30 milliards de couronnes inférieures à ceux du Gripen. Reste, toutefois, une question : le Gripen est en service, le F-35, non. Dès lors, quelle méthodologie a été employée pour le calcul des coûts de possession ?
Addendum : on apprenait par d'autres sources, dans le même temps, qu'Israël était "étonné" de voir le prix unitaire de ses F-35 passer à 200 millions de dollars.
jeudi 20 novembre 2008
Le CESA passe la post-combustion
Dans le cadre des Ateliers du CESA « Puissance aérienne et guerres irrégulières : concepts et doctrines » organisés le mardi 2 décembre 2008, nous avons le plaisir de vous confirmer la présence de :
M. Benjamin S. Lambeth, Senior Researcher à la RAND Corporation, qui interviendra sur « Current COIN operations in Iraq and Afghanistan ».
Capitaine Hernandez Vargas, officier de l’armée de l’air colombienne, qui abordera la « Colombian Air Force doctrine in counter insurgency operations ».
Ces Ateliers du CESA accueilleront, comme annoncé précédemment, les intervenants suivants :
M. Robyn Read, Researcher-Analyst à l’Air Force Research Institute sur « The United-States Air Force counter-insurgency doctrine » ;
M. David Omissi, Senior Lecturer in Imperial History à l’Université de Hull (Grande-Bretagne) sur « The British air control doctrine during the interwar period »;
Le commandant Arnaud Gaviard, chargé de mission à la Délégation des affaires stratégiques (DAS) sur « Réflexions doctrinales sur l’emploi de l’arme aérienne en Afghanistan ».
Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet de recherche sur la guerre irrégulière, soutenu par le centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, l’Université d’Oxford et l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS).
Informations pratiques : Mardi 2 décembre 2008 de 14h00 à 17h30 Amphithéâtre Desvallières, École militaire, Paris. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Inscription :
Par mail : ateliers.cesa@inet.air.defense.gouv.fr
Par téléphone : 01.44.42.46.91
Par fax : 01.44.42.80.10
M. Benjamin S. Lambeth, Senior Researcher à la RAND Corporation, qui interviendra sur « Current COIN operations in Iraq and Afghanistan ».
Capitaine Hernandez Vargas, officier de l’armée de l’air colombienne, qui abordera la « Colombian Air Force doctrine in counter insurgency operations ».
Ces Ateliers du CESA accueilleront, comme annoncé précédemment, les intervenants suivants :
M. Robyn Read, Researcher-Analyst à l’Air Force Research Institute sur « The United-States Air Force counter-insurgency doctrine » ;
M. David Omissi, Senior Lecturer in Imperial History à l’Université de Hull (Grande-Bretagne) sur « The British air control doctrine during the interwar period »;
Le commandant Arnaud Gaviard, chargé de mission à la Délégation des affaires stratégiques (DAS) sur « Réflexions doctrinales sur l’emploi de l’arme aérienne en Afghanistan ».
Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet de recherche sur la guerre irrégulière, soutenu par le centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, l’Université d’Oxford et l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS).
Informations pratiques : Mardi 2 décembre 2008 de 14h00 à 17h30 Amphithéâtre Desvallières, École militaire, Paris. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Inscription :
Par mail : ateliers.cesa@inet.air.defense.gouv.fr
Par téléphone : 01.44.42.46.91
Par fax : 01.44.42.80.10
mardi 18 novembre 2008
Interception du Sirius Star, interview
La Tribune de Genève m'a demandé hier mon impression sur la prise du Sirius Star par des pirates somaliens. A lire ici.
Le RMES descend en ville

4ème de couverture :
Éclipsée durant la guerre froide, la guerre urbaine a fait son retour depuis les années 1990. Hantise des militaires, les villes sont récemment revenues au coeur de l’actualité stratégique. La ville a été, reste et sera, plus que probablement, un théâtre opérationnel central dans les opérations. Le nom de certaines villes n’est-il pas devenu celui de batailles voire de campagnes : Vukovar, Srebrenica, Sarajevo, Grozny, Mogadiscio, Falloujah?
La guerre en zone urbaine nécessite dès lors une nouvelle approche, plus globalisante que jadis. Les opérations urbaines imposent aujourd’hui une coordination politico-stratégique d’effortsmilitaires, diplomatiques, économiques, culturels et juridiques. Elles n’engagent pas uniquement les militaires – qui y ont cependant un rôle central – mais implique de nombreux autres acteurs : les populations civiles, les ONG, les anthropologues, les sociologues, les agences gouvernementales, les organisations internationales, etc. Toutes à une degré ou à un autre
sont parties pris à un conflit à un moment donné.
sont parties pris à un conflit à un moment donné.
Les militaires eux-mêmes doivent, face au défi urbain, reconsidérer leurs méthodes de planification, leurs doctrines, leurs modes opératoires tactiques et les technologies qu’ils devront mettre en oeuvre pour gérer des conflits se déroulant au coeur des populations, devenues autant de centres de gravité. De ce point de vue, les opérations urbaines sont aussi l’explicitation par la pratique de la complexité des conflits actuels : symbole de l’évolution des conflits, elles constituent la zone d’engagement par excellence des armées modernes.
Par conséquent, il vaut mieux préparer, comprendre, cerner les différentes modalités et dimensions de ces opérations que des les ignorer ou les démentir, au risque de les subir. Aussi, cet ouvrage couvre de nombreux aspects de la guerre urbaine, tant théoriques que pratiques. Il se veut avant tout didactique, en ayant une approche multidimensionnelle du phénomène de la guerre en zone urbaine. Rédigé par les membres du Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques sous la direction de Tanguy Struye de Swielande, cet ouvrage examine le passé comme le présent d’opérations dont les enjeux sont aussi importants pour le militaire que pour le diplomate.
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Comptant 15 chapitres et 336 pages, l'ouvrage devrait être disponible en décembre.
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