lundi 28 janvier 2008

Une base qui ressemble à un porte-avions

C’est à la suite de la visite du président français que sera annoncée la création d’une base militaire permanente dans les Emirats Arabes unis, plus précisément à Abu Dhabi. Elle compterait un personnel variant de 400 à 500 personnes provenant de toutes les armées. Si cette évolution spectaculaire – la France ne disposait d’aucune base permanente dans le Golfe – a étonné, elle est aussi la prolongation naturelle d’un accord de défense mutuelle conclue en 1995 avec les Emirats.

Ces derniers estiment que la contribution française est de nature à calmer les tensions dans la région en rééquilibrant une distribution de puissance actuellement à l’avantage des Etats-Unis. D’autres analystes ont indiqué que la nouvelle base jouait plutôt en faveur des Etats-Unis, les relations de Washington et de Paris n’ayant jamais été aussi proches.

Mais, au-delà de cette réflexion géopolitique, d’autres raisons expliquent aussi la décision de la France. Certes, cette base contribuera sans nul doute au dispositif de promotion des exportations de matériels de défense. Mais il se pourrait également que la nouvelle base française soit aussi le pilier d’évolutions majeures dans la politique de défense française.

Certains estiment ainsi qu’elle permettra d’éventuellement évacuer la base de Djibouti. Plus probablement (dès lors que le verrouillage du détroit de Bab-el-Mandeb est important), la base est positionnée comme véritable un porte-avions géographique. Elle serait ainsi capable de monter en puissance « à la demande », au moyen d’appareils de l’aéronavale ou de l’armée de l’Air, éventuellement dans une configuration proche des Air Expeditionnary Forces (AEF) américaines (et offrant un mixte de ravitailleurs en vol, de moyen de soutien et de combat).

Force est, en effet, de constater que les déploiements de porte-avions français dans le Golfe ont été nombreux ces 20 dernières années, de sorte que la base pourrait bien constituer un substitut au second porte-avions, dont la commande est toujours attendue.

Parution des statistiques OTAN : la Belgique dernière pour les équipements

Un petit mot pour vous signaler la parution des dernières statistiques économiques de l'OTAN. Comme en 2005 et 2006, la Belgique est bonne dernière en ce qui concerne la part du budget de défense affectée aux équipements, avec 6,6% du budget. L'avant-dernier est la Slovénie, avec 7
7,1%

La France consacre quant à elle 22,4% de son budget de défense aux équipements et 55,9% au personnel, contre 74,1% pour la Belgique, le taux le plus élevé de l'OTAN. Les dépenses de défense françaises par habitant sont de 560 dollars contre 277 pour la Belgique et... 426 pour le Luxembourg.

Les dépenses de défenses française s'élevaient en 2007 à 38,673 milliards d'euros pour 3,172 milliards pour la Belgique.

samedi 26 janvier 2008

Résilience en Belgique, les minutes de la Commission

J'avoue, je suis un peu en retard. Toujours est-il que le compte-rendu de la discussion en Commisssion de l'intérieur au sujet de la résilience est mis en ligne. Les débats sont à suivre à partir de la page 10, se terminant - de façon assez tendue - en page 18.

vendredi 25 janvier 2008

De retour dans le chaudron

En un petit coup d'ailes, j'étais de retour sur Bruxelles, juste le temps de taper quelques critiques de lectures pour le prochain DSI... avec la vue sur les Alpes et, un peu plus tard, un coup d'oeil bien placé pour voir la base de Saint Dizier de 8.000 m. Finalement, s'il y a bien un luxe, c'est celui d'écrire en altitude ;o)

T&A n°10 sur les rotatives

Et voilà, le 10ème numéro de Technologie et Armement est bouclé.

Au menu du prochain numéro et entre autres, un reportage sur l'exercice Guibert 2007, l'industrie aéronautique chinoise et son évolution ; les conditions techniques nécessaires à l'établissement d'une défense antimissiles de territoire, une analyse de la nouvelle UAS Roadmap ; celle de l'évolution des sous-marins suédois ; un topo complet sur les nouvelles structures françaises en matière d'exportation d'armement et quelques (bonnes) surprises en prime.

C'est aussi l'occasion pour la rédaction de vous remercier de votre fidélité : vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire non seulement en France mais aussi dans les 42 pays où il est distribué en kiosque et en librairie.

Le 90mm est-il une affaire d'Etat ?

Votre serviteur a été contacté hier par la rédaction du Morgen, qui a lu La Libre d'avant-hier. Le résultat est un article paru aujourd'hui sous le poétique titre de "90 mm kanonnen en de wet van Darwin". Vous aurez compris que je fait là référence à la question de l'adaptation.

En attendant, le dossier a connu des développements dans la journée d'hier : De Crem a été questionné à la Chambre par l'ancien ministre de la défense sur le fait qu'une décision d'annulation de contrat doit se prendre en Conseil des ministres.

P. De Crem (en déplacement à Auschwitz mais qui a répondu par l'intermédiaire d'un autre ministre) l'a reconnu. Ce qui amène Le Soir à écrire qu'il ne semble plus remettre en cause le contrat. Reste, cependant, qu'un des prochains Conseils risque - justemment - de voir un peu d'animation : le ministre n'a pas dit qu'il avait tort sur le fond et, jusqu'ici, la décision a été prise par un autre gouvernement, qui avait passé outre l'avis défavorable de la Cour des comptes...

jeudi 24 janvier 2008

Ils n'y croyaient pas... mais ils vont peut-être commencer à y croire

La prochaine visite de N. Sarkozy en Inde pourrait avoir des répercussions directes sur les exportations du Rafale. Ainsi, le contrat MRCA porte 126 avions pour l'Indian Air Force, plus d'autres pour la marine. Les offres seront déposées en mars mais l'attribution de ce contrat de 10,2 milliards sera longue - une caractéristique des marchés indiens.

Sur les rangs, le Rafale n'est pas seul : il fera face au Mig-35 (présenté en exclusivité par T&A), au très coûteux F-35, au Typhoon et au Gripen.

«Nous allons faire une excellente offre, supérieure à celles des Américains. On a des chances », a affirmé çà l'AFP M. Dupont, dont le groupe est associé à Dassault Aviation et à MBDA. Dassault « travaille à une réponse à l'appel d'offres », a confirmé Yves Robins.

Il y a un an, Dassault ne croyait pas à ce contrat et avait proposé directement à l'Inde 40 Rafale. L'offre était sollicitée, de sorte que «nous n'avons pas reçu de réponse», selon Y. Robins. Sauf que, l'offre est bel et bien sollicitée, A suivre.

Déclarations du CEMAT au CEMA : interview

Il n'y a pas qu'en Belgique que le monde de la défense est en ébullition. La preuve par l'article d'Arnaud de La Grange, "Budget, le cri d'alarme du patron de l'armée de Terre". Concrètement, un certain nombre de "petits" programmes (aux grands effets potentiels) ou l'entraînement tendent à être minorés face au manque de budget, ce qui pose un problème qui ne fera que s'accroître avec le temps.

Je suis bien d'accord avec le général Cuche, que nous avions interviewé dans DSI n°21 (novembre 06) et je le dis dans une petite interview par Pascal Dervieux, de France-info, qui devrait tourner sur les ondes dès cet après-midi.

90mm : le buzz (3)

Les déclarations d'un certain nombre de responsables politiques hier soir à la RTBF (je ne parle évidemment pas de Denis Ducarme ou de Pieter De Crem) sont à prendre avec des pincettes et laissent songeur.

Lorsque P. Monfils évoque la survie de l'industrie wallonne de défense, tout connaisseur saura que les canons de 90mm n'en représentent qu'une part infime. Le 90, de fait, ne s'est vendu qu'au Koweit, au Qatar et à la garde nationale saoudienne : moins de 200 exemplaires au total. Comparativement, la FN équipait l'armée US en Minimi (version locale) et multipliait les contrats ; Techspace aero se porte bien, MECAR dit elle-même que le 90 n'est pas un standard et qu'il ne représente pas un contrat structurant.

Au final donc, je m'inquiéterais plus pour la sécurité de nos hommes et les capacités de nos forces que pour une industrie wallonne de la défense qui, sur le 90mm, a surtout commis une erreur de prospective industrielle, gommée avec la mise au point du CT-CV 105mm.

Et lorsque les commentateurs de la RTBF parlent du "scud" PS/MR du jour, il y a aussi de quoi être interloqué : le dossier est loin d'être neuf, il avait déjà suscité des débats. Dès 2005, avant la commande. Aussi, lorsque l'on parle de pénalités, de fait, on se dit que si ces débats avaient eu le même retentissement qu'aujourd'hui, on n'aurrait pas à les payer. CQFD...

Je suis aussi interloqué par les sous-entendus du Standaard, sur le fait que MECAR soit installée à proximité de Nivelles, fief de l'ancien ministre de la défense. La localisation géographique est bonne mais, fondamentalement, l'enjeu n'est pas tant MECAR que CMI, firme liégeoise. Un certain réflexe régionaliste dans la prise de décision gouvernementale à joué (ce qui explique pour partie les déclarations de L. Onkelinx (une "ancienne" liégeoise), de D. Reinders et P. Monfils (d'"actuels" liégeois).

Bref, tout cela pour dire qu'il est temps de recentrer le débat sur la vraie question : la sécurité des hommes. Ce qui valait bien une opinion dans La Libre Belgique de ce jour, à lire en ligne sur le site du quotidien.

Update : toujours sur la question d'une bataille PS/MR qui viendrait juste d'éclater, relire le programme du MR (en page 5) pour les élections de juin 2007 est éclairant. On y parle texto d'achat de Leopard 2 d'occasion chez nos voisins. Cette histoire n'a donc strictement rien d'une bataille de "politique politicienne". Ici, l'on parle de programme, de doctrine, pas d'intérêts particuliers...

mercredi 23 janvier 2008

Résilience : pas en Belgique

Quelques nouvelles de la Commission de l'intérieur où la problématique de la communication durant la dernière alerte terroriste a été discutée. Selon le ministre, nous sommes "contre la méthodologie britannique" dès lors qu'il existe un plan de communication.

Pas, donc, d'effet-levier de la communication comme instrument de la lutte anti-terroriste ; pas de meilleure éducation aux questions stratégiques ; pas de réponses aux questions des gens (selon le Pr.Verleye, 70% des Flamands sont insatisfaits de l'information qui leur est donnée) ; pas de levier supplémentaire de la lutte contre l'extrême-droite. Bon. C'est une réponse qui a le mérite d'être claire.

Dès qu'elles sont en ligne, je posterai un lien vers les minutes de la Chambre.

90mm : le buzz (2)

Etant actuellement en France, la RTBF-TV ne pourra pas m'interviewer. Par contre, elle le fera avec Denis Ducarme. Dans le même temps, De Standaard (qui remet également en question le rôle de l'acuel chef d'état-major, August Van Daele), Vers l'Avenir ou Le Soir (La Libre Belgique l'avait fait hier) sont revenus sur l'annulation du contrat. On apprend également qu'une task-force a été mise en place pour étudier le dossier AIV.

Résilience : le ministre belge de l'intérieur questionné

Pour ceux qui ont suivi le dossier (voir www.rmes.be et la note d'analyse que j'avais écrite à ce sujet), la résilience présente une série d'avantages comparatifs intéressant, aptes à compléter (avec nos SR et les services de sécurité) un dispositif anti-terroriste :

- Il ne s'agit pas uniquement de communiquer "dans la transparence et par honnêteté pour la population" : il s'agit aussi de préparer la population face à des événements dont il est prouvé qu'ils causeraient des troubles à l'ordre public et une montée de l'extrême droite, comme ce fut le cas aux Pays-Bas, après l'assassinat de Théo van Gogh ;

- la résilience par l'information, est aussi une des modalités de dissuasion du terrorisme. Elle revient à dire au terroriste : "si vous passez au travers de nos SR, vous frapperez. Mais nous ne serons pas atteints parce que vous ne nous surprendrez pas, vous ne nous soumettrez pas". C'est d'autant plus important que l'hyper-terrorisme pourrait connaître des formes adaptatives dans les prochaines années et muter vers un méso-terrorisme (Cf. DSI n°18, septembre 2006), voire un techno-terrorisme. Comme les moyens affectés aux services ne suivent pas nécessairement, la nécessité s'en fera d'autant plus sentir.

- la population, bien informée, est susceptible de participer aussi à sa propre sécurité. Renforcer la cohésion entre les autorités et les gens, c'est fertiliser le terreau d'un sol hostile au terrorisme. Un gouvernement qui communique bien, c'est aussi un gouvernement qui assume totalement (au-delà des services de renseignement et de police) la sécurité - et le contrat social liant fondamentalement les populations à leurs autorités

- et... ça ne coûte pratiquement rien (soyons tout de même un peu pragmatique).

Tout ceci pour vous dire que Denis Ducarme (re-)passe à l'attaque aujourd'hui, en Commission de l'intérieur cette fois. But de la manoeuvre, comprendre le flop communicationnel de décembre/janvier dernier et mettre en évidence le danger que ledit flop fait courrir à notre capacité de résistance. Comme d'habitude, je vous tiens informé de la suite.

mardi 22 janvier 2008

"Aucune utilité"

En visite à la 7ème Brigade de Marche, Pieter De Crem est revenu sur la question du calibre, descendu en règle ("c'est comme grimper le Mont Ventoux avec un triporteur" ou encore "aucune utilité" - La vidéo est visible ici).

Au final, nos cavaliers auront donc du 105 ou du 120 mm. Avouez que ça soulage !

Un premier hip hip hip pour le ministre, un second pour le contrôle parlementaire et un troisième pour DSI, qui avait révélé le schmilblick.

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Note à André Flahaut : si le 105 ou le 120 sont les reflets d'une conception de droite, militariste, de la défense, oseriez-vous dire que le Portugal et l'Espagne (qui ont commandé des Leopard 2) en sont revenus aux régimes de Salazar et Franco ?

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Re-note à mes lecteurs, pour finir sur une touche plus raisonnable : vous avez fait franchir la barre des 50 000 visiteurs à ce blog, merci pour votre fidélité !

Colloque 30 ans d'opérations aériennes : le compte-rendu

Organisé par les Cercles de Brienne et le CESA en en partenariat avec l’université Paris IV-Sorbonne et le magazine DSI, le colloque s'est tenu le jeudi 17 janvier 2008 à l'Assemblée nationale. Un compte-rendu incluant des interventions orales est disponible.

Sauvez (ce qu'il reste de) la recherche belge !

La Belgique fait décidément face à des tensions complexes et à des marchandages douteux.

Cette fois, certains proposent de définitivement scinder la recherche scientifique, au risque de perdre évidemment des crédits mais, plus encore, de raboter ce grand multiplicateur de force scientifique qu'est la collaboration interuniversitaire.

Je ne suis pas vraiment fan des pétitions. Mais celle-ci me semble valoir définitivement un post de quelques lignes : http://www.save-belgian-research.be/

Un modèle occidental remis en question

Good morning Europe, il est 0925 et la météo est exécrable sur Aix comme sur Bruxelles. Ce qui appelle donc logiquement un peu de lecture et en particulier la dernière Note d'analyse du RMES et en l'occurrence de Mr. T. Un peu de hauteur donc avec Défis identitaires et culturels en ce début de 21ème siècle.

Stay tunned !

lundi 21 janvier 2008

Contre-terrorisme en Belgique : interview

Roland Planchar, de La Libre Belgique, m'a interviewé hier, dans le cadre du dossier du quotidien portant sur "un mois d'alerte terroriste en Belgique" (état de la situation ici). En découle un édito que je trouve très juste.

L'OCAM, dans la version "papier" du quotidien, s'interroge quant à lui sur la polémique entourant les mesures (assez exceptionnelles) décidées face à l'alerte du 21 décembre. Pour ma part, il n'y a pas vraiment polémique, il y a plutôt débat.

Ce qui n'est pas plus mal : les Belges doivent se réapproprier leur sécurité, ils en seront d'autant plus résilients en cas de problème. Après tout, si nos services sont bons même s'ils manquent cruellement de moyens, rien ne garantit que rien ne se passera jamais. Tout l'enjeu est là.

dimanche 20 janvier 2008

Jacques Sapir sera dans le prochain DSI

Pour les chercheurs travaillant sur les questions de défense, J. Sapir leur rappelera certainement deux excellents livres, le premier sur Le système militaire soviétique et un autre sur l'expérience soviétique en Mandchourie.

Directeur de recherche à l'EHESS, il est également l'auteur de plusieurs articles qui ont fait bouger le domaine. Ce sont notamment ses travaux sur la notion de culture technologique qui m'ont amené à étudier cette question dans ma thèse.

Et bien, Jacques Sapir a lu le dernier ouvrage du général Desportes et en a tiré quelques réflexions qui valent leur pesant d'attention. A lire début février, avec quelques autres articles assez sympathiques, dont un dossier "technologie" sur l'utilisation de l'aviation dans les opérations COIN ;o)

samedi 19 janvier 2008

90mm : le buzz

Juste un petit mot pour vous dire que Denis Ducarme revient sur les AIV et les 90mm en citant votre serviteur, ce qui ne gâche rien ;o)

CVF britanniques : deux ans de retard

Le gouvernement britannique a réduit de 1,5 milliards de livres le budget de défense durant les 3 prochaines années, en dépit de l'augmentation décidée en juillet. En fait, le budget britannique de la défense a un déficit de 2 milliards cette année et en aura un de 5 milliards les 3 suivantes.

De la sorte, le programme des deux CVF sera postposé de deux ans, les bâtiments devant dès lors entrer en service en 2016 et 2018.

Mais d'autres programmes pourraient également être touchés, le Trésor britannique demandant l'abandon de la modernisation de la dernière tranche de 88 Tornado, la réduction des commandes en F-35 (138 sont pour l'heure plannifiés), le décommissionnement de 4 frégates Type 22 et celui d'une Type 23. La Royal Navy ne disposera dès lors plus que de 20 bâtiments d'escorte.

vendredi 18 janvier 2008

Galula, le Clausewitz de la contre-insurrection

Ce n'est pas moi qui le dit, mais le général Petraeus, dans la préface qu'il a donné à la traduction française de Counter-insurgency warfare: theory and practice que je viens juste de recevoir et qui va sans doute occuper mes soirées de ce week-end. Contre-insurrection, théorie et pratique, Coll. "Stratégie et doctrines", Economica, 2008. Miam-miam... et critique de lecture dans le DSI de mars !

D'ici là, dans celui de février, nous aurons un autre poids-lourd de la stratégie : Colin S. Gray, pour la critique de La guerre au 21ème siècle. Un autre siècle de sange et de feu, toujours chez Economica, toujours dans la même collection. Re-miam miam.

Bonne lecture tout le monde !

jeudi 17 janvier 2008

Questions/réponses à P. De Crem : les minutes

Comme promis, les minutes des réponses de P. De Crem sont disponibles sur le site de la Chambre (voir les pp. 37-38 du PDF). Ceci dit, lorsqu'il indique que le 105 pose un problème de sécurité sur AIV, je suis quelque peu interloqué : quelque chose cloche. D'une part, sur le fait que le calibre maximal devait être de 90mm, selon le Plan directeur de 2003 (je ne savais pas que l'appel d'offre était ouvert au 105, comme le dit le ministre).

En effet, manifestement, d'après CMI, le 105mm a été essayé sur Piranha. C'est du moins ce que tendent à indiquer les photos sur la brochure visible ici (Cf. photos des pp. 14 et 15), l'industriel ayant publié en outre des communiqués de presse selon lesquels le 105 avait été testé sur des véhicules concurrents du Piranha IIIC, comme l'AMV ou le Pandur 2.

Dans ce cas, aurait-on choisi le 90mm en fonction du Piranha IIIC ? Pourquoi - alors que nombre de nos officiers spécialistes des blindés n'étaient pas favorables au 90 - avoir choisi le Piranha, manifestement plus cher ?

Des Rafale à Kandahar

Trois Rafale devraient être déployés à Kandahar "d'ici 15 jours".

La nouvelle livraison des Cahiers du RMES est en ligne

Alain "A bomb" De Neve m'annonce que la nouvelle édition des Cahiers du RMES (Vol IV, n°2) est à présent en ligne avec un programme pour le moins intéressant :

Le Parlement européen et la PESD
Par André Dumoulin

Belgian Intervention Policy in the DRC: Causes and Consequences of the Reorientation, 1999 - 2006.
By Catherine Kelly

Sociétés militaires et de sécurité privée: les mercenaires des temps modernes?
Par Jean-Didier Rosi

Une "Révolution civile dans les Affaires Militaires"? La "Transformation" entre volonté idéologique et rivalités institutionnelles.
Par Stéphane Taillat

The Importance of Space from A Security and Defence Perspective, Military Applications of Space Technologies and Excpected Technological Developments.
By Alain De Neve

Bonne lecture !

Le boulet des compensations


Sur le fond, l'idée était bonne : tout achat de matériel à l'étranger pour le compte de l'armée belge doit profiter aux industries belges. Mais, comme l'indique le Pr. Wally Struys dans l'ouvrage consacré à la Belgique et à la PESD qu'il avait co-écrit avec André Dumoulin et Philippe Manigart, le système coûte aussi... très cher.

Après tout, pour l'industriel maître d'oeuvre, il faut bien répercuter les surcoûts.

Dans le cas de nos 138 AIV - et selon les estimations basses (contrat de 500 millions) ou hautes (700 millions, De Standaard de ce jour) - le prix unitaire varierait de 3,623 à 5,0724 millions d'euros. Notez que les 32 tourelles ORCWS-30 ont fait l'objet d'un contrat séparé avec Rafael pour 40 millions d'euros.

Comparaison n'est pas raison mais examinons ce qu'ont payé nos voisins (source : communiqués de presse constructeurs récupérés sur Defense Industry Daily) :

- La Finlande pour un CV9030 (chenillé, canon de 30 mm - en photo) : 2,6 millions
- Le Portugal pour un Pandur II (8x8) : 1,0769 millions
- La Croatie pour un AMV (8x8) : 1,333 millions
- L'Irelande pour un Piranha IIIH : 2 millions d'euros

Recordman du genre : le Puma allemand, véhicule de combat d'infanterie le plus lourd d'Europe (chenillé, 43 tonnes, canon de 30 mm, système d'autoprotection intégré - en fait, la Rolls-royce des IFV... et le plus cher) : 7,3 millions d'euros.

Reste, tout de même, à savoir pourquoi à l'unité, nous payons 1,6 millions d'euros en plus que nos camarades irlandais... Vous aviez dit "bonne affaire" ?

mercredi 16 janvier 2008

P. De Crem en commission de la défense : les AIV et les 90mm "inadaptés"

La séance de la Commission de la défense belge vient de se terminer il y a une petite heure et Denis Ducarme y a posé ses questions. Je ne manquerai pas de mettre le lien vers les minutes de la commission lorsqu'elle seront mises en ligne.

En attendant, le ministre a effectivement confirmé le fait que les AIV étaient inadaptés. Il a indiqué que si la première tranche était effectivement commandée, il allait analyser l'ensemble du dossier et ses conditions. Il a également indiqué que, pour raisons de sécurité, un 105 mm ne convenait pas sur AIV - le véhicule étant trop léger - mais qu'en tout état de cause, le 90 mm était lui aussi inadapté.

L'affaire est donc à suivre quant à ses conséquences.

DSI avait été le premier magazine de défense, en février 2005, à pointer la problématique du remplacement des Léopard.

Mise à jour : j'ai reçu le communiqué de presse de Denis Ducarme. Morceaux choisis :

"le Député a demandé au Ministre si les contrats relatifs à l’achat des AIV et des 40 tourelles pour les 90 mm pouvaient être remis en question totalement ou en partie". De fait, la formule est punchy, après un argumentaire technique qui fait du bien : "Bref, au jour où la Belgique ne dispose pas encore des AIV, celui-ci fait déjà figure de véhicule du passé". Et d'ajouter que "le Ministre s’est engagé à ré-ouvir le dossier et à analyser les différentes clauses du contrat afin de voir si il était possible d’éviter de faire subir cette erreur à notre armée. Le Député a demandé au Ministre De Crem que la seconde phase du contrat relative à l’achat des 104 AIV, conditionnelle celle-là, soit gelée dès que possible".

Quelques news

Ca y est, Tanguy Struye - a.k.a. le Mr. T. du paradigme réaliste en relations internationales - vient de lancer son propre blog, Realpolitik. Au menu : analyses et décryptages de la complexité contemporaine. Tout ce qu'il faut !

Et puis, le CESA a mis en ligne une synthèse de ma conférence du 11 décembre. A lire ici.

Et pour finir la matinée en beauté, ça y est, le DSI n°34 (février 08) est terminé, pile à temps pour pouvoir fignoler quelque peu le nouveau T&A... qui en est (déjà !) à sa 10ème parution.

mardi 15 janvier 2008

Exclusif : Belgique, vers un abandon des AIV et des 90 mm ?


La vente de 71 blindés belges au Liban pour 3,5 millions d’euros – dont 43 Leopard 1A5BE pose question à certains égards : sachant qu’il en existait 132 et que 52 sont en ligne, seront-ils prélevés sur ceux en dépôt ou viendront-ils des unités de première ligne, sachant que les AIV dotés de tourelles en 90mm arriveront dans les unités dès, théoriquement, 2011 ? 3,5 millions d’euros, n’est-ce pas peu en fonction du volume de la commande ? Par ailleurs, la vente, conclue avec le chef d’état-major libanais, le général Sleimane – candidat à la présidentielle libanaise – n’est-elle pas une façon d’acheter la sécurité des Belges affectés à la FINUL II ?

Fraîchement nommé vice-président de la commission défense de la chambre des représentants belges, le député Denis Ducarme va interroger ce mercredi le nouveau ministre de la défense, Pieter De Crem, à ce sujet.

Dans le même temps, il posera également la question de savoir dans quelle mesure les commandes en AIV (en fait, des Piranha IIIC) – et plus particulièrement les tourelles de 90 – peuvent être annulées.

Dans le débat roue/chenilles et tenant compte des expériences australiennes (ASLAV) comme américaines (Stryker), le 8x8 pose un problème de mobilité et son blindage apparaît comme faible face à la prolifération des différentes évolutions du RPG.

Dans le même temps, le choix du 90 mm avait, en son temps, surpris. Si le calibre est considéré comme standard OTAN, il n’est pour l’heure utilisé que sur les ERC-90 français et n’est en rien comparable à un 105 mm (CMI, qui le fabrique, indiquant qu’il peut être efficace sur T-62 au maximum) ou à un 120 mm.

En fait, la décision du gouvernement belge signifiait clairement la fin de la capacité à traiter des chars adverses, au moment même où même des armées qui avaient décidé d’abandonner le char de bataille (comme l’Australie et le Canada) revenaient sur leur choix. Si elle avantageait les industries wallonnes (CMI étant, avec ENGESA, la seule à fabrique ce calibre), le plus piquant est que la même CMI fabrique également un 105mm.

On notera que le nouveau ministre de la défense, alors qu’il était dans l’opposition, avait critiqué le choix du 90mm et qu’une controverse – certes, j’y étais pour quelque chose – s’en était suivie, appuyée d’ailleurs par un professeur de balistique de l’ERM. Autrement dit, le nouveau ministre (si je ne m'abuse officier de réserve... dans les blindés) est susceptible d'amender sérieusement la politique de défense développée par son prédécesseur, André Flahaut.

Pour rappel, la Belgique a commandé 138 AIV (pour un montant supérieur à 500 millions d’euros, certaines sources parlant de 700 millions), 32 tourelles téléopérées ORCWS-30 de 30 mm pour 40 millions et, probablement – CMI ayant été discret – 40 tourelles de 90 mm (prix inconnu). A terme, la cible est de 242 AIV.
Précision a posteriori : on me fait très justement remarquer que P. De Crem n'était pas officier dans les blindés, contrairement à A. De Decker.

lundi 14 janvier 2008

Back to France

L'Europe a ceci de fantastique qu'elle est un espace très petit - quelque chose que nos décideurs devraient méditer. Une petite heure vingt de vol - à peine moins qu'un Paris-Bruxelles - et j'étais à Marseille, pour deux semaines de bouclage à la rédaction. Les frontières, de ce point de vue, ont disparu plus vite que ce que le voulait, sans doute, le monde politique... En tirera-t-il les conséquences ?

samedi 12 janvier 2008

Un peu de zénitude...

Beaucoup d'amis français se montrent assez inquiet de l'évolution de la situation belge. Si j'ai certes pu fournir des réponses académiques à leurs interrogations, j'en rajouterais une petite couche avec TV Belgiek, show quotidien complètement décalé et qui révèle quelques petites perles d'humour (éventuellement belge), dont le petit dernier est consacré à la problématique des vols au départ de Zaventem. Riante cité s'urbanisant sans cesse - mais dont les habitants ne semblaient pas avoir remarqué qu'un aéroport se trouvait à côté - son dossier, comme tout bon dossier belge, a gaillardement été "communautarisé". A voir sans modération, parce qu'après tout, le week-end, c'est le week-end.

jeudi 10 janvier 2008

Gowind bulgares : ajournées

La Bulgarie a ajourné l'achat de quatre corvettes françaises Gowind au profit à ce stade de deux frégates belges d'occasion et d'un démineur, annonce le ministre de la défence Vesselin Bliznakov.

L'achat de quatre corvettes à DCNS, pour un prix de 700 à 780 millions d'euros, a été reportée par manque de ressources. Elle a par contre acheté deux frégates belges d'occasion et un démineur pour un montant total de 54 millions d'euros. "La première frégate, et peut-être même les trois bateaux, sera livrée à l'été 2008", a-t-il ajouté. Sofia avait acheté une frégate belge en 2005, son premier navire militaire aux normes de l'Otan.

Toujours selon le ministre bulgare, "nous ne pouvons pas finaliser l'achat, et continuer avec ce projet, car nous n'avons pas de quoi payer les 20% d'avance", tout en ajoutant que la Bulgarie ne renonçait pas définitivement à cet achat, mais que le budget de la défense (2,1% du PIB en 2008) ne le permettrait pas dans les trois prochaines années.

Chine : légère augmentation du nombre de patrouilles sous-marines

Souvent présentée comme en pleine croissance, la marine chinoise n’en fait pas moins face à des problèmes opérationnels importants. L’on a ainsi appris de l’US Navy que, tout en disposant de 55 sous-marins de toutes classes et de toute catégorie, Pékin n’a mené que 6 patrouilles avec ses bâtiments en 2007 (contre 2 en 2006 et…0 en 2005).

Aucune patrouille de dissuasion nucléaire n’a été menée durant la même période. Depuis 1981, la Chine n’aura mené plus de 5 patrouilles qu’en 2000 et 2007 et, depuis 26 ans, elle n’aura mené que 56 patrouilles. Comparativement et toujours selon la même source, la Russie a mené 7 patrouilles en 2007.

Reste, cependant, que les navires ne restent pas au port pour autant : la définition que la Navy donne à une « patrouille » est toujours considérée comme secrète (car susceptible de dévoiler ses sources et ses méthodes de renseignement).

Concrètement, elles recouvriraient des déploiements opérationnels à des distances permettant de menacer des flottes US ou amies. On notera par ailleurs que la modernisation de la flotte sous-marine chinoise ne s’accompagne pas d’une augmentation quantitative.

En réalité, elle est en déclin, 2/3 des bâtiments ayant été perdus depuis 1985. D’un point de vue qualitatif, entre 2000 et 2006, lorsque la Chine a reçu une douzaine de Kilo et de Song, le nombre de patrouilles à décliné, soulignant la difficulté pour la marine de l’APL d’intégrer ses nouveaux bâtiments.

mercredi 9 janvier 2008

Contre-terrorisme en Belgique, l'heure de la stratégie

Dans la foulée du débat dominical auquel m'avait été donné l'occasion de participer, je me suis dit que l'alerte terroriste que nous avions connu en Belgique à la fin 2007 devait être source d'enseignements. D'où une opinion parue dans La Libre Belgique d'aujourd'hui et que je me permet de reproduire :

Cessez de respirer, nous pourrions être attaqués !

Bien des leçons sont à tirer de la récente alerte terroriste. Surprenante dans un pays où l'on a systématiquement minimisé les risques d'attaque, elle a certes démontré la réactivité de l'OCAM - le nouvel organe chargé de l'évaluation de la menace - et de la police. Mais elle a également démontré notre dénuement en matière de stratégie contre-terroriste. On ne peut, en effet, se limiter à disposer de services de renseignement et d'une police ostensiblement déployée sur le terrain dans l'espoir de dissuader des attaques (1) . L'expérience le montre, l'effet dissuasif d'une présence policière ou encore de caméras est minime face à des kamikazes déterminés. Si l'on me rétorquera qu'il fallait bien faire quelque chose, je ferai néanmoins remarquer que, dans l'observation de comportements suspects, un policier en civil correctement formé - ce qui est encore loin d'être le cas - sera quasi-systématiquement toujours plus efficace. C'est une première leçon.

Deuxième leçon, notre communication de crise en connaît une particulièrement aigüe. L'on a voulu communiquer, bredouillant des projets d'évasion de N. Trabelsi puis évoquant d'autres menaces, sans guère clarifier. Soit, en communication contre-terroriste, la pire des configurations. L'expérience britannique en matière de gestion de la résilience montre en effet que, face à une menace, il est nécessaire de communiquer, de façon à réduire les effets néfastes d'une attaque sur la population. Si l'on ne pouvait éviter les effets physiques (les explosions), il reste possible de limiter les impacts psychologiques. Or, ces derniers sont liés à la surprise provoquée par les attentats, et plus on communique, moins la surprise est importante. De ce point de vue, la Belgique revient de loin : à force d'avoir minimisé durant des années la probabilité que le pays puisse être la cible d'attentats, nous devons à présent rattraper le retard en toute urgence, au risque de provoquer une paranoïa... qui aura surtout démontré la victoire des terroristes.

De là découle une troisième leçon. La permanence de la menace impose d'accepter un certain nombre de réflexions pour le moins désagréables. Ainsi, si nos services, malgré leurs efforts, ne détectent aucune activité, cela ne veut pas pour autant dire que rien ne se passe. Dès lors, il faut accepter la possibilité qu'une cellule ne soit pas démantelée à temps et qu'elle réussisse un attentat. De ce point de vue, certifier à la population que jamais rien ne se passera est aussi irresponsable que les atermoiements quant à l'attribution à la Sûreté ou au SGRS de nouvelles ressources. Par ailleurs, cette permanence de la menace nous impose de nous organiser en conséquence. C'est une tâche complexe qui passe autant par une prise de conscience - au travers, notamment, de l'enseignement - que par une formation adéquate de la police ou des pompiers (par définition plus à même que le niveau politique à gérer une communication de crise sur le terrain), par une meilleure offre d'information aux citoyens (via des sites internet, par exemple) ou par des simulations régulières impliquant le niveau politique (la clé de l'efficacité du maire de New York, le 11 septembre).

L'expérience britannique en matière de résilience, de ce point de vue, est riche. Mais, malgré un coût dérisoire, elle semble délibérément déconsidérée en Belgique, la complexité institutionnelle faisant bien souvent obstacle à son déploiement : une politique de résilience impose en effet des coopérations entre les ministères fédéraux, des régions et des communautés. C'est encore sans compter sur les lourdeurs bureaucratiques et l'inertie. Ce n'est ainsi qu'en 2007 que le Parlement européen a mis en place un contingency plan examinant différents scénarios lui permettant de continuer à travailler en situation de crise. Combien d'entreprises en disposent ? Nos principales institutions en ont-elles développé ? Là aussi, on le voit, une stratégie contre-terroriste intégrée et efficace ne peut se contenter de s'appuyer sur les services de renseignement et la police.

La quatrième leçon devrait être évidente mais ne le semble pourtant pas : il faut continuer à vivre. Euthanasier l'économie en tendant vers l'imposition de ce qui s'apparente à un embryon de couvre-feux - par exemple, en fermant le marché de Noël sur la Grand - Place à 18 heures - n'aidera en rien la lutte contre le terrorisme. Premièrement, sauf à vider les rues des passants, vous n'empêcherez pas une frappe. Vous n'empêcherez pas non plus le terroriste de frapper avant la fermeture des commerces (sans doute, d'ailleurs, plus fréquentés un samedi à 15 heures qu'un mardi à 19 heures). Deuxièmement, vous contribuerez à instaurer un climat de peur qui, historiquement, n'a jamais été propice à la consommation. Or, ajouter au terrorisme le marasme économique ne me semble pas être une bonne solution ni au financement de nos services ni à l'obtention d'un climat harmonieux de "vivre-ensemble". Au final, si des mesures aussi spectaculaires que la fermeture des commerces où l'annulation d'un feu d'artifice "donnent l'impression de faire quelque chose", l'usage de techniques de filtrage eût sans doute été préférable.

A cet égard, en matière de contre-terrorisme, le "summum de l'art" consiste à impliquer la population dans sa propre sécurité. Or, l'attitude du gouvernement a quasi-systématiquement consisté, ces dernières années, à indiquer qu'il se chargeait de tout au travers des services de sécurité. Or, la population a également un rôle à jouer, ne fût-ce qu'en facilitant le travail des services, en comprenant leurs actions, en ne les entravant pas et en ne les surchargeant pas. Ainsi, à la suite des attentats de Londres en juillet 2005, le nombre de colis suspects signalés aux services de pompiers et de police bruxellois a augmenté de 600 pc, les appels étant le plus souvent de bonne foi, soulignant ainsi la paranoïa naissante d'une population que l'on n'a jamais formé à faire face à ce genre de situation. De ce point de vue, en annulant des événements populaires, l'on coupe la population de sa propre sécurité face à une menace qui n'est pas totalement avérée.

A ce rythme, un décalage risque de rapidement se faire sentir entre des événements annulés et des événements autorisés. Comment faire l'arbitrage ? Au moindre signe de menace - on l'a vu, toujours latente - devons-nous cessez de respirer et nous enfoncer dans la paranoïa ? Devons-nous donner aux terroristes la plus belle des victoires, celle qui consiste à terroriser et à soumettre sans même avoir à frapper ? Des réactions trop linéaires - fermetures et déploiements massifs de forces de l'ordre - sont sans doute le signe d'une réflexion insuffisante. Ces mesures peuvent être nécessaires dans certains cas de figure, mais elles ne sont pas la panacée. Si soutenir le développement de nos services de renseignement fait à présent l'objet d'un consensus (quoique, certains me diront, peu suivi dans les faits) et que l'on reconnaît - enfin ! - que nous ne sommes pas moins visés qu'un autre Etat, il faut encore apprendre à vivre avec la réalité du monde.

Il est temps : nous sommes plus de 6 ans après le 11 septembre... et nous n'aurons pas toujours la chance de ne pas voir de bombes éclater durant une aussi longue période.

(1) Evidemment, ces mesures possèdent d'autres avantages... mais pas dans la prévention d'une attaque.

mardi 8 janvier 2008

Une nouvelle UAS Roadmap

La lecture de l’UAS Roadmap 2007-2032 (définissant l’évolution des systèmes de drones du Pentagone) parue le 10 décembre 2007 permet de se rendre compte que la politique poursuivie par Washington envisage une diminution des ambitions technologiques poursuivies.

Ainsi, quatre grandes directions de recherche et développement sont dégagées en matière de des drones – aériens, navals et terrestres – seront la reconnaissance et la surveillance ; l’identification et la désignation d’objectifs ; les opérations de déminage et la reconnaissance CBRNE (Chemical, Biological, Radiological, Nuclear, Explosive).

Mais si les appareils pourront être affectés à des missions de frappe – notamment dans le cadre d’opérations de suppression de défense aériennes adverses – ils ne seront pas, selon Dyke Weatherington, directeur adjoint de la task-force « Unmanned Aircraft Systems », capables de mener des combats aériens.

Ainsi, « il n’y a vraiment aucun moyen pour qu’un système piloté à distance puisse effectivement opérer dans des combats aériens défensifs ou offensifs ». Reste l’option d’un système totalement autonome mais là « nous n’avons pas encore ce niveau d’autonomie et, franchement, venir à bout de cette Roadmap va prendre de nombreuses années ».

Back in Begium : le retour du retour 2

Bon, finalement, le débat n'est pas consultable dans son intégralité sur le site de RTL. Cependant, le journal télévisé a résumé assez succintement le débat - assez animé par ailleurs - juste ici.

samedi 5 janvier 2008

Back in Belgium : le retour du retour

Après mon retour en Belgique suivant le mode télétravail, c'est le retour sur les ondes. Après un petit tour dans un sujet de N. Bouria hier soir au 19 heures de RTL-TVI, c'est une invitation, demain, de midi à 13 heures, sur le plateau de "Controverses", toujours sur la même chaîne, sur la question de la menace terroriste en Belgique. Beaucoup de choses sont, en effet, à dire, d'autant plus que nous avons été placés en alerte "4" (maximale)... sur base de rien, au risque de dévoiler notre stratégie. Je tâcherai de mettre le lien vers la rediffusion internet.

vendredi 4 janvier 2008

Livre blanc sur la défense et la sécurité : point d'étape par N. Sarkozy

Sans attendre les conclusions du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale, Nicolas Sarkozy a saisi jeudi l'occasion d'un "point d'étape" de la commission chargée de son élaboration pour esquisser le nouveau visage de la défense. En résultent plusieurs avancées :

1) Pas de NSC à l'américaine mais une solution intermédiaire

Celui-ci conjuguera effectivement les deux dimensions de la défense et de la sécurité nationale, une approche post-11 septembre mêlant enjeux nationaux et internationaux, civils et militaires. En découle la création d'un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale, deux fonctions assurée jusqu'ici par des institutions distinctes auprès du président. "Le périmètre du nouveau conseil, élargi à la sécurité par rapport aux actuels Conseils de défense actuels, est lié à la réforme constitutionnelle à venir", précise-t-on de source proche du dossier.

Ce nouveau conseil s'appuiera lui-même sur "un Conseil consultatif dont les membres seront nommés par le chef de l'Etat", a précisé l'Elysée. Il s'agira d'experts choisis en dehors du cercle habituel des décideurs de la défense. Le candidat Sarkozy envisageait en mars 2007 un ambitieux Conseil national de sécurité à l'américaine. Mais la solution finalement retenue sera "plus conforme à notre Constitution et à notre pratique", fait-on valoir.

2) Le tempo : des retards

Avant d'annoncer ces nouvelles orientations, M. Sarkozy a reçu jeudi le président de la Commission du Livre blanc, Jean-Claude Mallet, pour un "point d'étape" de ses travaux. La publication du Livre blanc lui-même, prévue dans un premier temps début mars, est désormais annoncée pour le "début du printemps 2008", après les élections municipales. La méthode est conservée mais, comme nous en faisaient part plusieurs observateurs, le timing était trop serré, de sorte que ce "retard" était finalement nécessaire.

Notons que d'ici là, d'autres points d'étape devraient être réalisés.

3) Les fonctions stratégiques : bonjour l'anticipation, au revoir la projection

La présidence a par ailleurs souligné que le nouveau Livre blanc, après celui de 1994 qui tirait "les enseignements de la fin de la guerre froide", sera "celui de la mondialisation". Dès à présent, ajoute l'Elysée, M. Sarkozy a également "validé" une nouvelle "organisation de la sécurité nationale" qui ajoute à quatre grandes fonctions stratégiques (dissuasion, protection, prévention, intervention), celle de la "connaissance et de l'anticipation, incluant le renseignement". On notera que la projection est évincée - assez justemment, comme le démontrait Hervé Coutau-Bégarie dans le DSI 31 - des catégories de fonctions.

4) Europe et OTAN ; transparence envers le législatif

Le Président veut aussi "renforcer les politiques de l'Union européenne (...) et en même temps à rénover le lien transatlantique", considérant "ces deux objectifs comme complémentaires d'une même politique de sécurité et de défense".

Autre innovation : la Commission du Livre blanc qui comptait déjà pour la première fois dans l'histoire de ces documents, quatre parlementaires parmi ses membres, présentera sa copie "devant les commissions compétentes des deux assemblées, avant que le chef de l'Etat n'arrête définitivement ses choix". De plus, "une fois le texte arrêté, les orientations principales seront exposées aux assemblées par le Premier Ministre".

5) Moderniser

?. Sarkozy a en outre demandé que les armées disposent de moyens modernisés et adaptés à leurs missions ; qu’un effort spécifique soit entrepris pour que les équipements soient entretenus au meilleur niveau ; et que les militaires et leurs familles voient reconnue la nature spécifique de leur engagement.

A cet égard, il a rappelé l’objectif de maintien d’un effort de défense de la nation de l’ordre de 2% du PIB. Il a précisé que, compte tenu du cadrage d’ensemble des finances de l’Etat, ces objectifs seront atteints au terme d’un processus de réforme et de rationalisation exemplaire.

mercredi 2 janvier 2008

DSI n°33 - janvier 2008 - le sommaire



Editorial
Agenda et nominations
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques :

ONU : Le embargos : efficaces ?
Chili : les Leopard 2A4 débarquent
Etats-Unis : Lockheed Martin : le blues du F-35 ; Sécurité : recrudescence des attaques par botnets ; Techno-terrorismes et techno-guérillas de plus en plus probables ; US Army : le retour des lasers anti-IED ; US Army : le blues de l’Army aviation ; US Army : l’adieu au chimique ; US Air Force : des F-16 dans des opérations antimissiles ; US Air Force : le prochain bombardier aura une capacité nucléaire ; US Air Force : les robots vont étancher leur soif ; US Navy : l’adieu aux chasseurs de mine ; US Marine Corps : moins de MRAP que prévu
Allemagne : augmentation du budget de la défense
France : exportations d’armement en hausse, parts de marché à la baisse ; poursuite de la coopération transalpine
Grande-Bretagne : des obus intelligents pour la Royal Artillery ; Gibraltar, nouvelle base aéronavale
Grèce : les derniers Mirage 2000 livrés
Italie : 4 FREMM de plus en 2008
Irlande : hausse du budget de défense
Pays-Bas : diète pour les forces blindées
Russie : suspension effective du traité FCE ; retour des patrouilles en Méditerranée
Suède : un nouveau bâtiment SIGINT
Suisse : programme de combattant du futur
Afghanistan : la plaie (béante) des hélicoptères
Emirats Arabes Unis et Koweït : 10 milliards de dollars d’achats
Inde : nouveaux sous-marins ? ; l’avancement des projets de bâtiments furtives ; attrition problématique dans l’aéronavale ; retards dans la réception des Phalcon ; (gros) mouvements d’humeurs de la marine ; la cavalerie indienne se renforce
Iran : encore un nouveau missile
Japon : retraits successifs ?
Golfe : Les membres du Conseil de Coopération du Golfe veulent renforcer leurs liens
Liban : réarmement en cours
Pakistan : sécurisation des armes nucléaires
Turquie : programme de satellite de renseignement toujours en cours
Australie : des élections décisives pour l’engagement de Canberra en Irak ; le retour du F-22 ; la nouvelle monture des forces terrestres ; premiers NH90 pour l’Australie
Afrique : Les budgets d’équipement africains susceptibles d’augmenter

La chronique de Carl von C. : Il y a de la vodka dans le gaz

Sécurité

La guerre informatique, talon d’Achille de nos Etats ?
Entretien avec David J. Lonsdale, maître de conférence en études stratégiques à l’Université de Hull, auteur de The Nature of Warfare. Clausewitzian Future et Alexander the Great. Lessons in Strategy.

« Les moyens humains ont été démultipliés par 7 depuis 2001 »
Entretien avec Jacques Le Guillou, sous-directeur de la sûreté et de la défense à la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC)

Stratégie

La guerre probable. Premier effet du retour de l’histoire.
Entretien avec Vincent Desportes, général de division commandant le Centre de Doctrine d’Emploi des Forces de l’armée de Terre, auteur de La guerre probable. Penser autrement.

L’arme non létale dans l’architecture de la Transformation
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, membre de l’Institut de Prospective et de Sécurité de l’Europe (IPSE)

La difficile équation colombienne
Par Véronique Sartini, journaliste

L’action intégrale en Colombie
Entretien avec l’amiral Jesus Alberto Bejarano Marin, chef de l’action intégrale conjointe du commandement général des forces armées colombiennes

Armées

Taiwan face à son détroit. Les dilemmes de la marine de Taipeh
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la marine taiwanaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Indiscrétions en toute discrétion. La Direction du Renseignement Militaire (DRM)
Par Véronique Sartini

Les mutations du renseignement militaire
Entretien avec le général de brigade Jean-Paul Staub, chargé de mission à la DRM

Technologie et armement

L’industrie de défense sud-africaine. Entre héritages et modernités
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le missilier des antipodes survivra-t-il ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Des blindés solidement réputés
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Boeing B-52G/H Stratofortress/Le B-52 ou l’esthétique de la puissance
HAPC IMI Achzarit/ le HAPC, spécificité israélienne ?
Frégate classe Maestrale/Des Lupo aux Soldati, chronique d’un succès

Critiques de lecture

Mes jeunes années de Winston Churchill
La richesse révolutionnaire de Alvin et Heidi Toffler
La guerre probable. Penser autrement de Vincent Desportes
A la recherche du cinquième élément : du feu à l’espace, une brève histoire de conquêtes de Jean-Luc Lefebvre
Naval War College Review, Vol. 60, n°4, Autumn 2007
Les forces spéciales : concepts et histoire, actes du colloque des 11 et 12 juin 2001, CEHD

mardi 1 janvier 2008

Confirmation de la vente de chars belges pour le Liban

Comme nous l'annoncions précédemment ici, la Belgique a officiellement conclu la vente de 71 blindés à destination du Liban :
- 43 Leopard 1A5BE
- 16 AIFV/25 mm
- 12 M-113

La transaction a finalement été conclue pour 3,5 millions d'euros.

Bonne année tout le monde !

Back online... tout comme Ludovic Monnerat dont le blog avait connu quelques pépins informatiques. Vous pouvez le retrouver ici.

samedi 29 décembre 2007

Saint Idesbald, ses crevettes, ses plages...

Et nous voilà à la fin de l'année, que j'espère avoir été bonnes pour toutes et tous. L'occasion pour moi de passer quelques jours avec des amis à Saint Idesbald, charmante commune de la côte belge, à quelques encablures de la frontière française (à voir : musée Paul Delvaux et base aérienne - 40th Sqn. SAR). Opérations croquettes aux crevettes, raclettes (a.k.a. "si c'est noir et que ça fume, c'est que ça doit être cuit") et, pour le réveillon, salade folle (où comment prendre 5kg en moins de 5 minutes sans porter de casque) et, probablement, biche à la bourguignonne (j'espère ne pas avoir perdu la main - la recette est classée secret défense).

Le tout pour une reprise des opérations le 2 janvier, cette fois depuis Bruxelles : votre serviteur passe en mode "télétravail". C'est l'occasion de tester jusqu'où peuvent aller les technologies de la communication (je serai en contact temps réel quasi-permanent avec Aix et pourrai donc martyriser la rédaction). C'est à la fois générateur de temps (et pour nos lecteurs, de qualité) et de beaucoup d'interviews exclusives. Je n'en dit pas plus pour l'instant.

D'ici là, le DSI de janvier est sorti des rotatives. Avec un programme qui me semble assez sympathique, avec entre autres :

- Le point sur les opérations informatiques stratégiques avec l'excellent David Lonsdale (je recommande d'ailleurs son ouvrage sur la nature de la guerre et ses deux autres sur Alexandre le Grand - David a été l'assistant de Colin S. Gray) ;
- Une (très bonne - et il n'y a pas que moi qui le dis !) interview du général Desportes, au sujet de ses deux derniers ouvrages ;
- Une interview de l'amiral Bejarano Marin, en charge de "l'action intégrale" en Colombie ;
- Une rubrique unité consacrée à la Direction du renseignement militaire ;
- Une rubrique "armées" consacrée aux forces navales taiwanaises ;
- Une rubrique technologie sur les équipements sud-africains.

Et les rubriques traditionnelles : veilles, bibliothèque stratégique, le passage de Carl (qui a fait un cauchemard, ce mois-ci), sécurité, fiches techniques, agenda et, comme on dit à Saint Idesbald, en zo on.

Alleï, bonne année, gelukkig nieuwjaar, happy new year, santé, joie, bonheur et prospérité et pour répondre à Mr. T d'emblée : non, pas de bain de minuit dans la Mer du Nord. L'occasion aussi de vous remercier pour vos commentaires et votre fidélité !

vendredi 21 décembre 2007

Rudolf le renne à la source de la 5ème guerre mondiale


Que faire lorsque vous disposez d'une floppée de satellites DSP Block 14, de radars comme les FPS-117, le Pave Paws, la Pine Tree line ou le Cobra Jaws ? Suivre le Père Noël.
Comme tous les ans, le NORAD a mis en place son site de suivi de la trajectoire du Père Noël. La rédaction de DSI espère qu'un processeur ne va pas griller et considérer le nez de Rudolf le renne - lequel a une signature thermique appréciable en raison de sa vitesse de vol (si, si, l'office du tourisme ouzbek le confirme) - comme la signature d'un SS-27.
Deux hypothèses en découlent : 1) Rudolf et le Père Noël font les frais d'un essais grandeur nature de la Missile Defence ; 2) elle ne marche pas et l'oncle George, en s'étouffant avec un bretzel, décide de lancer une riposte tous azimuts. La rédaction de DSI préconise donc de faire ralentir Rudolf, d'éviter les lâchers intempestifs de cadeaux ressemblant à des frappes MIRV et, ainsi, d'augmenter la durée des réveillons comme des vacances.
D'excellentes fêtes de fin d'année à tous !

jeudi 20 décembre 2007

Le Japon est le 3ème pays à disposer d'ABM exo-atmosphériques, mais...

... il ne dispose pas d'une stratégie afin de contrer une invasion d'extra-terrestres. Ne rigolez pas, ça a vraiment fait l'objet d'une question de la part de l'opposition selon la Beeb. Je connais quelques gouvernements qui adoreraient avoir une opposition pareille.

Fred Kagan : "la NCW, c'est has been"



Nos excellents confrères de DTI (non, rien à voir avec DSI, on me l'a déjà faite) notent avec un certain soulagement que la guerre réseaucentrée tend à empêcher les forces de penser, en offrant une réponse toute prête, sorte de mantra de la certitude informatique.

Pour Kagan, "paradigm lasted longer than it should have by about five years. It was conceived as a transformation program suitable for a strategic pause and designed for warfare very different from the conflicts of the past six years. The strategic pause, if there ever was one, is over". Je ne suis pas toujours d'accord avec l'auteur mais il me semble viser juste.

In fine, toujours selon Kagan, les forces US s'exposent à des résultats qui feront mal : à force de ne pas penser, elles pourraient bien n'avoir rien à dire aux Congressmen leur demandant pourquoi il est nécessaire de financer tel ou tel équipement. Alors me direz-vous, Kagan est-il "anti-technologique" (le genre de choses que l'on peut parfois entendre de ce côté-ci de l'Atlantique) ?

Et bien, que nenni. Le fait que DTI soit gratuit et vive, du même coup, entièrement de la publicité ne l'empêche pas de publier de tels commentaires dans ses pages ET sur son tout aussi excellent blog. Une belle leçon de déontologie en journalisme de défense et surtout la marque d'un système stratégique qui s'est ménagé une importante et très sous-estimée liberté de manoeuvre intellectuelle.

mercredi 19 décembre 2007

US Air Force : Northrop veut un bombardier-laser capable d’infiltrer des SF



Au cours de l’Advanced Concepts Experiment 07, Northrop a présenté dans le cadre de cette simulation un bombardier stratégique doté d’un laser défensif à haute puissance qui a été engagé dans des scénarios présentés comme allant au-delà des fonctions traditionnelles de frappe à grande distance.

En plus d’utiliser son laser dans des frappes d’interdiction, l’appareil a également lancé – toujours virtuellement – des missiles de croisière pressurisés permettant d’infiltrer des membres des forces spéciales.

Egalement doté de missiles anti-radiation et de leurres autonomes, l’appareil a été capable (virtuellement...) d’effectuer ses différentes missions tout en rendant inopérantes les défenses adverses. Relevant du pur domaine conceptuel, l’appareil en question met toutefois en exergue un certain nombre de questionnement quant au futur des forces aériennes.

Premièrement, sur la validité de la furtivité, peu mise en évidence durant l’ACE. Deuxièmement, sur la diversification des armes emportées, qui ne se limiteraient plus aux seules bombes ou missiles de croisières. Troisièmement, sur la fonction des bombardiers dans le cas d’opérations de frappe.

Agissant tout aussi bien dans des missions de Close Air Support que de frappes stratégiques (une évolution déjà notable lors des opérations menées en Afghanistan en 2001), il est également perçu comme une véritable base de projection de puissance – y compris par l’emport de forces spéciales – capable également de protéger des appareils de combat plus léger, de servir de nœud de communication à l’ensemble des forces projetées sur un théâtre.

mardi 18 décembre 2007

De la décadence du journalisme

Vous n'avez pas pu y échapper hier, le Président a une nouvelle petite amie. Certes, grand bien lui fasse, on a toujours besoin d'être soutenu lorsque l'on porte de telles responsabilités.

Mais, entre-nous, le bruit médiatique de cette affaire (il s'agit bien de "bruit" et non d'information, par essence utile) ne signe-t'il pas la décadence d'un journalisme obsédé par les tirages, le compassionnel et le sensationnalisme ? Le glissement vers la culture du scoop et, ultimement, de la forme sur le fond n'est-il pas le signe d'une dégénérescence profonde, ontologique, de mes confrères journalistes (j'ai moi aussi, une carte de presse même si je me définis d'abord comme chercheur) ?

Certes, journaux et émissions se poseront la question de savoir si l'on n'en fait pas trop. Ca en est presque obscène tellement la ficelle est grosse. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les rédactions qui définissent quelles thématiques sont abordées. Si elles choisissent de les traiter, qu'elles aillent au bout. Si ça leur pose un problème en terme d'absence de fond, qu'elles mènent leurs débats en interne et qu'elles ne perdent pas de précieuses pages ou un précieux temps d'antenne à nous faire part - assez hypocritement - de leurs états d'âmes sur des thématiques qu'elles ont choisi d'aborder.

Essayez, après ça, de dire que vous vous battez pour la qualité de l'information et posez-vous la question de savoir si une rédaction, de nos jours, passerais encore en première page le "J'accuse" d'un hypothétique nouveau Zola. Que le président se mette en scène ne change rien à la donne : peut-on faire confiance à une presse qui défend des confrères travaillant dans des conditions autrement plus dures, sous la férule d'un pouvoir pas très sympathique, lorsque l'on tombe soi-même dans le panneau des stratégies de communication ?

J'ai donc fini ma journée de travail en regardant Al Jazeera en anglais. C'était sanglant - un reportage extrêmement bien fait sur la Somalie, par un journaliste somalien avec un accent à couper au couteau - et critique. Tout le monde y est passé sans complaisance. Le sujet suivant était consacré à la question palestinienne. Là aussi, tout le monde en a pris pour son grade. C'était blindé de chiffres, de graphiques, de commentaires d'universitaires et de politique.

Vous voulez que je vous dise ? C'était jouissif.

IOC de la défense antimissile japonaise

Au-delà de la mise en service des « destroyers » Kongo et Atago (Cf. la fiche technique que nous leur avions consacré mais aussi l'article de fond paru dans le DSI de septembre) et des deux commandes de missiles SM-3, le développement de la défense ABM japonaise vient de connaître une évolution notable avec le premier test en condition opérationnelle de cette combinaison.

D’une valeur de 55 millions de dollars, ce test a permis au Kongo d’intercepter avec succès un missile de moyenne portée lancé depuis Kauai (Hawaii). Le bâtiment est ensuite retourné au Japon et, selon les autorités, va à présent participer activement à la protection de l'archipel.

lundi 17 décembre 2007

La minute publicitaire

Cette fois, vous êtes cerné. Vous n'avez plus le choix, il faut trouver des cadeaux de Noël sympas et, si possible, utiles sous peine d'être de corvée vaisselle le restant de l'année voire, pire, de vous faire reprocher le restant de vos jours la splendide lampe de bureau imitation tôle ondulée pour sous-marin soviétique ou la boussole kirghize qui ne marche que lorsqu'une source radioactive est a proximité.

Palcez-vous du côté du camarade récipendaire opprimé que nous avons tous été : Après tout, il dispose peut-être encore de 10 pose-plats, de 25 gants décorés de broderies représentant des pingouins à jugulaire et permettant de sortir les plats du four. Pire, on lui a peut-être offert un magnifique nain de jardin en imitation porcelaine, évidemment made in China et qui semble ressembler à Gerhardt Schroeder.

La bonne idée (sourire pepsodent) ? Des abonnements à DSI et T&A, évidemment ! D'accord, je suis un commercial exécrable. Mais, plus sérieusement, l'abonnement est une option intéressante :

Pour un an de DSI en France métropolitaine, il ne vous en coûtera que 45 euros (étudiants, militaires, policiers sur présentation de vos documents) ou 50 euros (autres personnes). Pour deux ans, le tarif est respectivement de 85 et 95 euros. Pour 1100 pages (un an) ou 2200 (deux ans), vous avouerez que c'est difficile de faire mieux.

Pensez aussi aux abonnements "couplés" DSI/T&A ou DSI/Diplomatie. Toutes les offres sont disponibles sur www.areion.fr/boutique. L'intégrale de nos publications est aussi disponible, sur CD-Rom : tous les DSI d'une année sur un CD, pour 40 euros. Celui de 2007 ne devrait pas tarder à sortir.

Alors, on dit merci à qui ? ;o)

US Navy : quel dimensionnement ?

Dans la foulée de la nomination de l’amiral Roughead et sa présentation de la nouvelle stratégie américaine, l’amirauté US a rendu public trois scénarios futurs de structuration de ses forces devant servir d’alternative au plan de construction navale à 30 ans actuellement en cours de mise en œuvre. Les options présentées dans Three Futures, One Navy, A Portfolio Analysis, un document de 26 pages, peuvent être résumées comme suit :

Catégorie : Major combat operations Shaping force Balanced force
Porte-avions : 12 : 6 : 9
Amphibies à ponts continus 13 : 24 : 23
Amphibies 26 : 48 : 46
Croiseurs et destroyers 81 : 48 : 57
Corvettes 54 : 161 : 132
Sous-marins (SSN, SSGN et SSBN) 56 : 32 : 32
Auxiliaires 32 : 15 : 15
Patrouilleurs 0 : 200 : 160
Escadrons de guerre fluviale 0 : 30 : 20
Total 263 : 534 : 474

Bien que constituant un document de travail, Three Futures, One Navy, A Portfolio Analysis n’en met pas moins en évidence une série de tendances lourdes dans les conceptions américaines. Le renforcement des capacités amphibies et le maintien d’une attention forte portée aux opérations littorales est patent, de même que la tension vers la réduction de la flotte sous-marine… et de la sacro-sainte aéronavale, en particulier dès lors que les amphibies à pont continus sont susceptibles de recevoir des F-35.

Reste cependant que l’établissement de ces scénarios sont d’office biaisés, utilisant des unités comptables (un porte-avions à 5 milliards de dollars, des amphibies, des croiseurs et des destroyers à 1 milliard, des corvettes à 500 millions et des patrouilleurs à 100 millions) dont le coût semble déjà dépassé.

De sorte que plusieurs commentateurs ont indiqué que les scénarios proposés n’étaient pas réalistes, tandis que les Marines indiquaient qu’en dessous de 30 bâtiments amphibies, ils n’étaient pas en mesure de projeter deux brigades partout dans le monde. De fait, la question des coûts est devenue centrale, au point que des propositions ont été effectuées dans le sens d’une fusion des programmes Littoral Combat Ship (Navy) et National Security Cutter (Coast Guard).

Seul ennui : pour réinventer la frégate, les garde-côtes US se sont heurtés à une gestion déficiente du programme, des surcoûts majeurs, des délais importants et… des questionnements sur la qualité finale des bâtiments.

vendredi 14 décembre 2007

A vos agendas !

Entrée libre dans la limite des places disponibles... d'où une inscription obligatoire à l'adresse suivante : manifestation.cesa@inet.air.defense.gouv.fr

jeudi 13 décembre 2007

Le T&A n°9 est paru !


Technologie & Armement - n°10 - décembre 2007-janvier 2008

Editorial
News

Point de vue

« Traité de Lisbonne et PESD : le chemin sans surprise »
Entretien avec André Dumoulin, attaché à l’ERM (Bruxelles), chargé de cours adjoint à l’ULg, membre du RMES.

« Quelle disponibilité pour les appareils de l’armée de l’air ? »
Par Véronique Sartini,

Air

« Wedgetail : l’AWACS de poche à la conquète des marchés »
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

« Le système Brahmos : où frappera-t-il ? »
Par le professeur Vijav Sakhuja, chercheur invité à l’Institut des Études d’Asie du Sud-Est de Singapour

« F-117 : l’adieu au furtif »
Par Joseph Henrotin

« Le RS-24 : un nouveau cheval de bataille pour les forces stratégiques russes »
Par Joseph Henrotin

Terre

« MRAP : Quels véhicules pour quel usage? »
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

« Chars chinois : la fin de la longue marche ? »
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

« Imaginer une NEB 2.0? »
Par Véronique Sartini

« MILIPOL 2007 : sous le signe de la haute technologie »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

« Obusiers légers de 155mm : tractés ou motorisés? »
Par Jean-Jacques Mercier

Mer

« Le développement des SLBM soviéto-russes »
Par Joseph Henrotin

« Les sous-marins nucléaires d’attaque britanniques »
Par Jean-Jacques Mercier

« Les LP-X Dokdo : pierres d’angle de la capacité amphibie de Séoul »
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit

Clear for take-off

Et voilà : 48 petites heures peuvent être le tournant d'une vie, mine de rien. Et, en l'occurrence, le fait d'avoir passé avec succès l'étape de la défense privée - et d'y avoir encore appris - et de filer droit vers la publique me donne presque... l'impression d'être en vacances malgré une fin de bouclage !

dimanche 9 décembre 2007

Anchors aweigh !

Cette fois-ci, nous y sommes. Une petite journée de travail ce lundi, histoire de peaufiner le DSI de janvier - qui contient quelques (bonnes) surprises - et je serai en route vers Paris. Un petit passage au CESA pour une conférence sur le coup de midi puis dégagement sur Bruxelles : même la RATP semble y avoir mis du sien et rien ne pourra m'empêcher (enfin, j'espère) de passer ma défense de thèse privée mardi à 18 heures, avant-dernière étape avant de me voir conférer le grade de docteur en science politique.

C'est un sentiment étonnant. J'ai passé une partie du week-end à revoir une série de points "sensibles" de la thèse - elles en contiennent toutes. Je suis dans un état d'esprit calme, quelque part entre Yoda (version Star Wars ou Andy Marshall, au choix) et le bouillonement intérieur assez typique d'un gars qui va devoir résumer 6 ans de travaux en 30 minutes : j'ai l'impression d'avoir lancé un "chkdsk" au MS-DOS de mon cerveau.

C'est aussi le sentiment assez particulier d'arriver à un tournant de ma vie. Lorsque j'ai repris les études en 2001 - un peu avant le 11 septembre, d'ailleurs - j'avais fait un pari audacieux : démissionner d'un travail bien rémunéré mais consommateur en temps pour me lancer dans une sorte d'ascèse intellectuelle qui sera plutôt féconde. Depuis 2002, je n'ai plus cessé d'écrire. Il y a eu des hauts et des bas. Attaquer une thèse sans financement en travaillant 8 heures par jours en intérim - avant d'arriver, il y a maintenant plus de 2 ans, à travailler full time sur mes chères questions stratégiques - exige pas mal de discipline. Pourtant, c'est assez amusant, je n'ai jamais cru que je n'y arriverais pas.

Sans doute était-ce parce que j'avais le feu sacré. Mais, plus encore, j'ai été soutenu - magnifiquement soutenu - par un tas de gens : de mon directeur de thèse à mes collègues, de mes ami(e)s - à commencer par la mystérieuse Louloutte - qui ont tout vu de l'intérieur (je me suis promis un jour d'écrire les mémoires de ces 6 dures mais formidables années) à ma famille, des gens croisés au hasard de mes périgrinations à un bon paquet d'auteurs de DSI, de gens jamais revu depuis une discussion dans un train ou un colloque à ceux avec qui j'essaie de maintenir une correspondance suivie.

A tout bien regarder, le titre leur reviendra à eux aussi en partie. D'où ce petit conseil sans prétention à celui ou celle qui veut se lancer dans une thèse touchant aux sciences sociales : l'argent n'est qu'un prétexte. S'il est préférable d'être financé, absolument rien, sur le fond, ne vous empêche de vous lancer. Bon, sur ce... reprise des posts mercredi... et anchors aweigh !

samedi 8 décembre 2007

Quelle guerre probable ?

Vincent DESPORTES. La guerre probable. Penser autrement. Economica, Coll. « Stratégies et doctrines ». Paris, 2007, 202 p.

Auteur combinant expérience, culture et liberté de l’esprit, Vincent Desportes propose au lecteur une synthèse remarquable des questionnements stratégiques faisant débat en proposant sa vision de la « guerre probable ».

Prenant acte des tendances de l’art de la guerre, l’auteur montre des conflits longs, éminemment complexes où le politique n’aura jamais été aussi présent, où la stabilisation sera la phase réellement décisive et qui, sans être « a-technologiques » ne se résoudront pas par le seul usage de notre supériorité matérielle.

En effet, traversant l’ouvrage, le principe du « contournement » montre avec sagesse que même un adversaire technologiquement avancé ne pourra plus nous confronter de façon idiote – c’est à dire frontale et en jouant avec nos propres règles – et que l’action « hors limite » va devenir la norme. Dans un tel contexte, V. Desportes montre que l’attention portée à la technologie est sans doute excessive, résolvant des problèmes déjà résolus.

L’auteur n’est pour autant certainement pas anti-technologique et prévient même : l’adversaire asymétrique pourra utiliser de plus en plus des technologies avancés, tandis que nos réseaux sont vulnérables, nous mettant à portée de victoire d’une puissance qui serait loin d’avoir l’étendue de nos moyens.

Mettant en garde contre la surprise stratégique – ajoutera-t-on, celle qui a fait perdre les guerres de 1870 et 1940 -, sa réflexion, étayée et brillement argumentée prend directement appui dans l’actualité stratégique et laisse des passages qui donneront bien du grain à moudre aux partisans d’une guerre par trop formatée par la technologie : enjoignant de ne pas confondre l’outil et la pratique, il invite le lecteur à une remise en question qui sera nécessairement dure mais qui ne pourra être que salvatrice.

De ce point de vue, l’ouvrage sera sans doute source de polémiques voire de mauvais procès. Ce qui tombe même plutôt bien : hors réflexion, point d’innovation. Et même s’il a ses petits défauts – une déconsidération parfois excessive de la puissance aérienne – cet ouvrage est tel que celui qui ne l’aura pas lu sera immanquablement en retard d’une guerre.

vendredi 7 décembre 2007

Russie : le retour des patrouilles en Méditerranée

La Russie nourrit, historiquement, une tentation méditerranéenne, cherchant à pousser son influence vers les « mers chaudes ». Avec la montée en puissance des ambitions russes – dysphasique comparativement à celle de ses moyens – la marine retrouve ainsi des eaux qu’elle avait abandonnées, que ce soit par la modernisation de la base navale de Tartous (Syrie)que l'on avait évoqué dans DSI mais aussi par la reprise de ses patrouilles dans l’Atlantique et en Méditerranée, annoncée par le ministre russe de la défense, Anatoly Serdyukov.

Concrètement, si le niveau de préparation des forces navales russes ne permet pas d’envisager à court terme – ni même dans le moyen terme – la reprise de patrouilles permanentes, le mouvement n’en est pas moins significatif sur le plan politique :

- D’une part, parce qu’il permet de signifier clairement à l’OTAN que l’Europe peut être maritimement encerclée de toute part, rompant symboliquement le lien avec le continent américain. Dans le même temps, cette rupture signifie également le désenclavement de la flotte d’une mer Noire devenu, au fil des ans, un « lac de l’OTAN ».

- D’autre part, la déclaration a une valeur plus immédiate dans le contexte politique russe. Intervenant quasi-immédiatement après des élections russes ayant sacralisé la manoeuvre de V. Poutine – ne pas quitter le pouvoir suprême en (re-)devenant Premier ministre – la déclaration se situe en droite ligne de la politique, volontiers paranoïde, de renaissance de la puissance poursuivie par Moscou.

mercredi 5 décembre 2007

Chercheurs, à vos plumes !

Le prix de stratégie maritime « Amiral Daveluy », récompense chaque année des travaux riches d’enseignements pour le présent et pour l’avenir, dans le domaine de la pensée navale, de l’histoire et de la stratégie maritime française ou européenne.

Crée par le chef d’état-major de la Marine, il vise à encourager et promouvoir des travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, politique, juridique, technique ou autres, propres à faire progresser les connaissances dans ce domaine. Il s’adresse aux étudiants et chercheurs français et européens.

Le prix peut comporter jusqu’à trois récompenses :- thèse de doctorat ou travail équivalent (5 000 euros) ;- mémoire de fin d’études supérieures (2 000 euros)- mention spéciale pour thèse ou mémoire (2 000 euros).La date limite de réception des travaux est fixée au 29 février 2008. La date d’attribution des prix est fixée au mois de juin 2008.

Documents demandés : deux copies des travaux en langue française, dont une sur support numérique. Une synthèse, sur support numérique, de 25 000 à 40 000 caractères pour une thèse, de 15 000 à 25 000 caractères pour un mémoire, susceptible de faire l’objet d’une édition au sein de la publication du Centre d’enseignement supérieur de la marine : le Bulletin d’étude de la Marine.

Contact : Enseigne de vaisseau Thibault RichardCentre d’enseignement supérieur de la MarineBP 08 – 00300 Armées
Tèl : 01 44 42 56 72 – Fax : 01 44 42 82 06

Noël approche : quelques idées de lectures (4)

Hervé Coutau-Bégarie. L’océan globalisé. Géopolitique des mers au XXIe siècle. Economica, Coll. « Bibliothèque stratégique ». Paris, 2007, 316p.

En plus d’être l’un des meilleurs théoriciens de la stratégie, Hervé Coutau-Bégarie est sans aucun doute le navaliste français contemporain le plus productif et le plus brillant. Après une Evolution de la pensée navale en 8 tomes qu’il a dirigé, il nous le prouve une fois de plus en publiant ce premier ouvrage d’une série qui devrait en compter trois et qui cherche à dresser la carte de la puissance navale contemporaine.

La tâche, on le comprendra, est utile, nécessaire et urgente, tant la stratégie navale n’a guère bénéficié ces dernières années du regain de théorisation qu’aura connu la stratégie terrestre ou la stratégie aérienne. Aussi, après un cadrage de la question sous un angle maritime – incluant donc la question du transport, des ressources et de la construction navale – l’auteur examine la « nouvelle stratégie maritime, proposant une grille de classification des marines de même que des réflexions sur l’évolution des missions ou encore des moyens.

Dans une seconde partie, il examine des « matériaux pour une géostratégie des mers au XXIe siècle » qui lui font examiner l’application à la marine US de la Transformation ; la notion de sauvegarde maritime ; un état de l’art très complet sur la question du porte-avions ; le pilier naval de la défense européenne et, enfin, l’industrie navale militaire européenne (de façon d’ailleurs très complète).

La tâche que s’est assigné Hervé Coutau-Bégarie est, on le comprendra, immense. Mais il l’accomplit parfaitement et dans un style d’écriture à la fois nuancé et clair. Au passage, il démontre toute la nécessité d’une théorisation, trop souvent négligée, de la stratégie navale : à bien des égards, beaucoup trop peu à été dit sur cette question et le mérite de l’auteur, à cet égard, est d’ouvrir des voies de réflexions plus que jamais nécessaires.

Des F-16 en opération antimissiles

Qu’est-ce qui est nettement moins cher qu’un laser aéroporté sur B-747, qui vole déjà, est déjà amorti et peut détruire des missiles balistiques engagés dans leur boost phase, soit les 2-3 minutes suivant leur décollage ?

Des F-16.

Les Etats-Unis ont testé un nouveau concept, le Net-Centric Airborne Defense Element (NCDE), en engageant 2 missiles AIM-9X Sidewinder contre une fusée de recherche Orion sur le site de White Sands.

A terme, des AIM-120 modifiés pourront également être utilisés, de sorte qu'un F-16 se situant dans un rayon de 160 km d'une zone de lancement sera capable d'engager une cible. Notons que fusée Orion a des caractéristiques de masse, de taille et d'impulsion au décollage similaires aux LCR et aux SRBM.

mardi 4 décembre 2007

So, you say yout want F-35 in your air forces ?

La presse néerlandaise fait actuellement grand bruit autour des déboires subis par le développement du F-35, entraînant, dans la foulée, un nouveau débat au parlement. Selon les révélations du journaliste (et CEO de Bever Software) Johan Boeder, il apparaît, en fait, qu’au cours du 19ème vol de l’appareil, le 3 mai 2007, ce dernier a effectué un virage à 360° dû à une mauvaise conception de son système électrique et à des problèmes majeurs au niveau de ses actuateurs. L’appareil a alors effectué un atterrissage d’urgence à 350 km/h, certaines surface de contrôle étant inutilisables. Au final, les actuateurs devront être revus de fond en comble.

Depuis mai 2007, plus aucune date n’a été donnée pour le 20ème vol de l’appareil. Pire pour la suite du programme, le système de production électrique du F-35C (la version navale) ne serait en mesure de produire que 65 % de la puissance requise. Du coup, la configuration du réacteur F-135 devra être revue, de sorte qu’il ne sera pas prêt avant fin 2009. Dans la même veine, un essai au sol d’un F-135 a abouti à l’explosion d’une partie du moteur pour cause de surchauffe.

Et la série noire de continuer : un officier d’une force aérienne européenne travaillant comme officier de liaison a indiqué que les retards dans le développement des logiciels permettant l’utilisation des armements sera tel que l’appareil ne pourra, au mieux, ne disposer de sa capacité multirôle qu’après 2015.

Au final, entre les surcoûts et les délais, Lockheed annonce que son financement pour le projet sera épuisé fin 2008, la firme proposant, afin de « rester dans les clous » budgétaires, de construire deux prototypes de moins que prévu et d’éliminer 800 des 5 000 heures de vol prévues par le programme. Soit une proposition qui n’est pas prête de rassurer des forces aériennes dont toute la puissance dans les 40 prochaines années devrait entièrement dépendre du nouvel appareil.

lundi 3 décembre 2007

La Belgique réarme le Liban

Dans la foulée des opérations menées à Nahr el Bared contre le Fatah al Islam, l’armée libanaise s’est engagée dans un processus de réarmement en bonne et due forme.

Elle a ainsi accepté la proposition belge de vente de 40 chars Leopard-1A5BE et de 32 véhicules de combat d’infanterie YPR-765, pour un montant symbolique de 10 millions de dollars.

La transaction est toutefois suspendue à la formation d’un nouveau gouvernement fédéral en Belgique.

DSI 32 est paru !

Défense & Sécurité Internationale, n°32, décembre 2007

Editorial
Agenda et nominations
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes

Nos veilles stratégiques :

Flash : AW-139 ; A-109 ; pavot en Afghanistan ; téléphone rouge sino-américain ; dernier satellite DSP ; budget du renseignement US
Guerre électronique : c’est en Suisse que ça se passe
Brésil : hausse de 50 % du budget de défense
Colombie : les narcos poursuivent leurs efforts sous-marins
Etats-Unis : nouvelles ventes de F-15 en perspective ; prévoir les insurrections ; le Prompt Global Strike boosté ; défense antisatellite : qu’est-ce qui est le plus efficace ? ; MRAP : commandes monstres ; percées de Thales ; faire dans le léger ; nouvelle stratégie maritime ; vers l’annulation du CVN-78 Ford ? ; après l’annulation du LCS-4, quelle stratégie littorale ? ; avec un baril à 100 dollars, le CG(X) pourrait être nucléaire ; de nouveaux F-22 ? Blackwater poursuit le développement de ses activités
Europe : le bouclier ABM, fait pour protéger l’Europe selon la MDA
Allemagne : réforme des services de renseignement ; un 3ème SAR-LUPE en orbite ; on livre à domicile
Belgique : imbroglio politico-militaire
Croatie : un don de F-16 d’occasion ?
EADS : retards pour l’A400M
Espagne : programme majeur de remplacement des véhicules de combat
Estonie : bientôt à la pointe de la cyber-défense ?
France : retrait du programme AGS
Grande-Bretagne : des vaisseaux-mère pour 2020 ?
Pays-Bas : lancement du programme d’OPV
Roumanie : bientôt des Typhoon ?
Russie : de nouveaux membres dans le Klub
Afghanistan : très fortes pertes civiles
Arabie Saoudite : rupture dans la politique d’armement
Le Caucase sous tension
Chine/Japon : La course aux étoiles migre à l’Est
Chine : le SSBN classe Jin ; des 737 à usage militaire
Corée du Sud : Séoul veut un appareil de la 5ème génération… ; …tandis que le SAM-X sera opérationnel en 2010 ; des lasers antimissiles pour 2010 ?
Inde : accord avec la Russie sur le PAK-FA ; l’état du potentiel chimique inquiète ; surcoût pour le futur porte-avions
Irak : une violence en recul structurel ? ; l’armée du Mahdi combattait « camée »
Israël : développement des défenses ABM ; l’urbanisation du M-113 ; commande massive de munitions ; méfiez-vous du rouge
Iran : des projets peu clairs
Kazakhstan : développement de la marine
Liban : le Hezbollah en manœuvre… sans armes ni uniformes
Singapour : nouveaux F-15SG
Taiwan : une bombe au graphite ; Taiwan se prépare à une Chine aéronavale
Thaïlande : montée en puissance de la force aérienne
Afrique du Sud : le centre de recherche nucléaire de Pelindaba attaqué
Maroc : pas de Rafale mais une FREMM
Darfour : l’Europe à la rescousse
Somalie : les Ethiopiens peinent à contenir les islamistes

La chronique de Carl von C. : « Sortir d’Irak, c’est un peu comme sortir en boîte »

Sécurité

Faut-il envahir le Myanmar ?
Par Francis Nantha, rédacteur en chef d’Asian Defence & Diplomacy, Kuala Lumpur

« Les petits plaisirs du communisme »
Entretien avec Bettina Röhl, portraitiste de la République Fédérale d’Allemagne

Stratégie

De la guerre... au milieu des populations
Entretien avec Sir Rupert Smith, général d’armée (Ret.) de l’armée britannique. Rupert Smith a dirigé la division britannique durant Desert Storm (1991), la FORPRONU en 1995, le théâtre irlandais de 1996 à 1999 et a été Deputy Supreme Allied Commander of Forces in Europe (D-SACEUR).

David Galula : la pacification en Algérie 1956-1958
Par Bruce Hoffman, vice-directeur de la RAND Corporation

Roger Trinquier, portrait du « Centurion »
Par Bernard B. Fall, correspondant de guerre, docteur en sciences politiques et professeur de relations internationales.

Armées

Un porc-épic en mer de Chine. Les forces terrestres taiwanaises à l’aube du 21e siècle
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : les forces terrestres taiwanaises
Par Philippe Langloit, Chargé de recherche au CAPRI

Unités

History in the making : la France au Comité militaire de l’OTAN
Par Véronique Sartini, journaliste

Les 4 grandes directions d’études du Comité militaire de l’Alliance atlantique

La participation française au budget de l’OTAN

La participation française actuelle aux opérations de l’OTAN (chiffres au 10/09/07)
La représentation des officiers français au sein de l’alliance :

Technologie & armement

Destroyers : le premier instrument de la stratégie navale contemporaine ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Les destroyers Arleigh Burke : de la « Blue Water » à la « Brown Water »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le Forbin enfin à l’horizon. La marine française ouvre le parapluie !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Destroyer LCF classe De Zeven Provincien / Tromp, Van Heemskerck et Kortenaer : en avance sur leur temps
General Atomics R/MQ-1A/C Predator/Sky Warrior / Une histoire opérationnelle bien remplie
Obusier automoteur BAE Land Systems AS-90 / Faut-il encore construire des automoteurs d’artillerie chenillés ?

Critiques de lectures

L’océan globalisé. Géopolitique des mers au XXIe siècle d’Hervé Coutau-Bégarie
Suicide Bombers in Iraq. The Strategy and Ideology of Martyrdom de Mohamed Hafez
Des principes de la guerre par le Maréchal Foch
Achever Clausewitz par René Girard
Atlas de l’islam radical présenté par Xavier Raufer
Parameters. Vol. XXXVII, n°3, Autumn 2007

Disponibles dans tou(te)s les bon(ne)s kiosques/librairies ou sur www.areion.fr/boutique