mardi 27 avril 2010

AirSea Battle

Juste un passage en vitesse pour vous inciter à jeter un oeil sur le concept d'AirSea Battle - ce qui doit constituer la réponse américaine aux capacités d'interdiction navale chinoise et iranienne (au moment même où se déroule cette belle démonstration de techno-guérilla navale qu'est Grand Prophète 5). A lire ici.

jeudi 22 avril 2010

DSI n°59 - petit coup d'oeil



Le Rafale est à l'honneur dans le prochain DSI... mais pas uniquement. Gregory Boutherin revient sur le nouveau concept d'emploi des forces, la question des SATCOMs est passée au crible et le chef d'état-major de la marine grecque nous a accordé une interview exclusive. Entre autres. Rendez-vous donc le 3 mai !

mercredi 21 avril 2010

Terminator, oeuvre clausewitzienne

Une belle analyse d'une oeuvre de fiction (spéciale dédicace à Alain) : Does Skynet dream of electric Clausewitz ?

Parlons géographie... projetable

EADS Defence & Security (DS) et Thales ont été notifiés par la DGA du contrat de réalisation et de soutien de deux ensembles de MGP (Modules Géographiques Projetables), pour un montant de 26,1 millions d’euros, au profit du 28ème Groupe Géographique de l'armée de Terre. Cette opération, dont la maîtrise d’œuvre est confiée à EADS Defence & Security, vise au développement d’un système projetable et réactif en termes de production, d’entretien et de diffusion des informations de géographie militaire.

Les MGP permettent de fournir des données géographiques mises à jour sur le terrain aux forces opérationnelles terrestres à travers un guichet cartographique unique. En complément du programme DNG3D (Données Numériques Géographiques et 3 Dimensions), qui a développé en métropole des moyens de production de masse d’information géographique, les MGP sont destinés à l’enrichissement de données directement sur les théâtres extérieurs.

Ils permettent d’approvisionner une force opérationnelle terrestre en information géographique adaptée, de façon réactive et dans un délai compatible de celui des Opérations. Ils apportent, en outre, un appui spécialisé à l’État-major pour l’aide à la décision.

Un prototype sera livré d’ici à la fin de l’année et un ensemble de MGP devra être opérationnel pour être utilisé dans le cadre de la NATO Response Force en 2012.
Avec les MGP, c'est un véritable système de production de données qui va être mis en œuvre sur le théâtre. Des métiers jusqu'alors réservés à la métropole (gestionnaire de SIG, cartographe, contrôleur qualité, imprimeur) vont apparaître sur le théâtre mais avec des particularités liées au contexte d'emploi : espace confiné, travail sous stress, nombre important de données à stocker et à manipuler, capacité de reconfiguration.

Engagés au sein des éléments terrestres, ces modules seront au cœur du service d’alimentation en données géographiques pour assurer au plus près du besoin : le recueil de l'information géographique, la transformation des données sources, la gestion des produits et leur diffusion à l'attention des forces.

Plusieurs modules peuvent être déployés à divers endroits du théâtre d’opération. Chaque module est autonome et intègre l’ensemble du matériel nécessaire pour exercer sa mission (PCs, imprimantes, unités de stockage, etc.). Les données récoltées peuvent ensuite être synchronisées entre les différents modules et mises en cohérence pour éditer des cartes parfaitement à jour. Cette innovation va considérablement modifier l’appréhension de l’environnement par les forces opérationnelles, en leur permettant de constituer et gérer une base de connaissance géographique.

mardi 20 avril 2010

Quelle posture stratégique pour la France ? Colloque

COLLOQUE IRSEM
Mardi 4 mai 2010
(Amphi des Vallières, Ecole militaire – 1, Place Joffre 75700 Paris SP07)

Après le Livre blanc : penser la posture stratégique de la France

Dans la Crise des fondements, Lucien Poirier soulignait l’existence d’une question ontologique sous-jacente à la rédaction de tout Livre blanc sur la défense : qu’est-ce que la France en tant qu’acteur politico-stratégique ? Autrement dit, définir le nouvel environnement ainsi que les nouveaux enjeux de sécurité aboutit à définir une représentation de ce qu’est le rôle de la France dans l’actuel système international. Le modèle des années 60 utilisait la figure des trois cercles pour ordonner les divers intérêts qui déterminaient le projet politique français : le cercle métropolitain (ou l’espace sanctuarisé), le cercle européen et le cercle « reste du monde ». Le modèle définissait un spectre d’enjeux, de menaces et de conflits de moins en moins intenses en fonction de l’éloignement du sanctuaire. Ce modèle n’était plus opératoire à l’heure du second Livre blanc de 1994. Il tend à s’étioler encore plus en 2008. Les fonctions retenues sont aujourd’hui au nombre de cinq : connaissance et anticipation, prévention, dissuasion, protection et intervention, actualisables tous les 4 ans. Comment la posture stratégique de la France a-t-elle été élaborée ? Quels sont les premiers enseignements que l’on peut retirer eu égard aux événements auxquels la France fut confrontée depuis 2008 ? Quels sentiers peut-on proposer ?

Programme de la journée

9h : Mot d’accueil

Frédéric Charillon, directeur de L’IRSEM

9h15-10h45 : Table ronde I

L’élaboration d’une posture stratégique : regards comparatifs sur les Livres blancs français

Modérateur : Marie-Christine Kessler, directrice de recherche émérite au CNRS

· Laurence Badel, professeur des Universités en Histoire contemporaine, Université de Strasbourg, membre de l’IUF,

· Eric de la Maisonneuve, Général (2S), président de la Société française de stratégie, Président de la Revue Agir

Pause

11h-12h30 : Table ronde II

Prospective et posture stratégique

Modérateur : Jean Dufourcq, directeur d’étude à l’Irsem

· Nicolas Tenzer, président de l’Initiative pour le développement de l’expertise française à l’international et en Europe (IDEFIE),

· Louis Gautier, professeur associé à l’Université Jean Moulin Lyon 3, chercheur au CLESID (sous réserve)

14h – 15h30 : Table ronde III

Des leçons apprises depuis 2008

Modérateur : Jean-Christophe Romer, directeur d’études à l’Irsem

· Etienne de Durand, directeur du Centre d’études de sécurité, IFRI,

· Colonel Michel Goya, directeur d’études à l’Irsem

Pause

15h45-17h15 : Table ronde IV

De nouvelles perspectives pour la posture stratégique française

Modérateur : Frédéric Ramel, directeur scientifique de l’Irsem

· Contre-amiral (2s) Jean Dufourcq, directeur d’études à l’Irsem, rédacteur en chef de la Revue défense nationale,

· Colonel Benoît Durieux, commandant du deuxième régiment d’Infanterie de Nîmes

17h15 : Conclusions

Vice-amiral d'escadre Richard Laborde, directeur de l’EMS et de l’IHEDN

Inscriptions : inscription.irsem(at)defense.gouv.fr

lundi 19 avril 2010

Le F-35 peut-il nous apprendre à mieux communiquer ?

Alors, je ne suis pas spécifiquement un fan du F-35. Par contre, jetez un oeil sur cette vidéo et sur l'utilisation qui est faite du vecteur image. Fondamentalement, on n'y apprend rien de neuf. Mais les images sont jolies et ce qui touche à la vue est sans doute le grand media de notre civilisation - bien plus que l'ouïe. De quoi nous apprendre à mieux affiner nos stratégies d'influence ?

vendredi 16 avril 2010

Le X-37, petite révolution sur le pas de tir ?

Spéciale dédicace à Jean-Luc, c’est le 19 avril que devrait être été lancé pour la première fois la navette réutilisable X-37B OTV (Orbital Test Vehicle), depuis un lanceur Delta V de l’US Air Force. Lancé dans les années 1990, le programme a connu plusieurs rebondissements : un prototype d’une échelle inférieure (le X-40) a été testé en vol afin d’évaluer ses qualités aérodynamiques. Mais le programme avait ensuite été annulé, avant que la NASA ne le reprenne à son compte.

Ensuite abandonné, il a été poursuivi discrètement par l’Air Force, qui ambitionne d’en faire un véritable instrument de stratégie spatiale. Pratiquement, l’appareil est lancé par une fusée. Emportant son carburant, il est en mesure de mener des missions de plusieurs mois, tout en étant capable d’effectuer plusieurs changements d’orbite. Il revient ensuite sur Terre de façon automatique – comme durant le premier vol de la navette Buran – pour être remis en condition avant un nouveau vol.

Si le programme perdure, les missions dans lesquelles l’engin pourrait être engagé pourraient aller de la reconnaissance à la réparation de satellites en orbite. S’il ne semble plus en être question aujourd’hui – la Maison Blanche se positionnant contre l’arsenalisation de l’espace –, des schémas publiés dans les années 1990 le montraient larguant des munitions.

Or, derrière la posture déclaratoire de l’administration Obama, se cachent de réels problèmes : de plus en plus d’États disposent de capacités spatiales et certains, comme la Chine ou l’Inde, pourraient assez rapidement disposer de capacités antisatellites. Ce qui, en retour, pose la question de la disposition par les États-Unis de capacités similaires, domaine dans lequel le nouvel appareil pourrait avoir une utilité certaine, en bénéficiant d’une souplesse que les solutions utilisant des intercepteurs lancés depuis la Terre n’ont pas.

Toutefois, le système n’a pas encore été commandé et ses essais en vol ne font que commencer : seul l’avenir dira quelles sont les intentions américaines concernant le X-37.

jeudi 15 avril 2010

DSI hors série n°11 - le sommaire !



DSI Hors Série n°11, avril-mai 2010
Spécial sous-marins



Feuilleter le magazine



En kiosque le 15 avril
Editorial

Problématiques et enjeux

La révolution sous-marine
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Torpille ou missile pour frapper les navires ? Les sous-mariniers veulent les deux !
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Encadré : La marine française renouvelle ses torpilles

Encadré : Le Pentagone privilégie l'évolution

Encadré : Yu-6: le rattrapage chinois?

Encadré : Le nec plus ultra allemand

Propulsion nucléaire ou Diesel ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Les SNA du pauvre ? Les sous-marins à propulsion anaérobie
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Damn, the topedoes ! Les systèmes de contre-mesures antitorpilles
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Carte : les sous-marins dans le monde

Quel emploi pour les sous-marins d’attaque aujourd’hui ?
Par le capitaine de frégate Alban Lapointe, commandant de sous-marin, stagiaire au Collège Interarmées de Défense

Les sous-marins doivent communiquer…mais sans se rendre vulnérables!
Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

De l’emploi opérationnel du sous-marin
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Encadré : Les sous-marins au cœur de la guerre des Malouines

Encadré : Vu d’un ancien

Et si jamais... Le sauvetage des sous-marins
Par Véronique Sartini, journaliste

Sous-marins en France

Du sous-marin, de ses doctrines d’emploi et de la puissance
Questions à l’amiral François de Lastic commandant le Centre d’Enseignement Supérieur de la Marine.

Classe Suffren. Le point
Par Véronique Sartini, journaliste

SNLE : la dissuasion au quotidien.
Par Frédéric Lert, journaliste spécialiste des questions de défense

Encadré : Une fois le goulet de Brest franchi...

Crédibilité, invulnérabilité. Deux mots qui pèsent lourd
Entretien avec le vice-amiral d’escadre Jean-François Baud, commandant la Force Océanique Stratégique

Les sous-marins dans le monde

Les forces sous-marines américaines en 2010
Par Alexandre Sheldon-Duplaix, chargé de recherche et de conférence, service historique de la défense

Moscou face à ses forces sous-marines
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Europe du Nord : le sous-marin des mers fermées
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Encadré : Les Pays Bas

Encadré : L’Allemagne

Encadré : La Grande-Bretagne

Encadré : La Norvège

Encadré : La Suède

Encadré : La Pologne

Asie du Sud-Est et Océanie : la prolifération
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Encadré : L’Australie

Encadré : Le Pakistan

Encadré : L’Inde

Encadré : Singapour

Brasilia veut son SNA. Paris accepte de l'aider
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Asie du Nord-Est. La Chine affiche de sérieuses ambitions
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Encadré : Les Etats-Unis

Encadré : La Chine

Encadré : La Russie

Encadré : Le Japon

Encadré : La Corée du Nord

Encadré : La Corée du Sud

Le paradoxe méditerranéen
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Encadré : L’Espagne

Encadré : L’Italie

Encadré : La Turquie

Encadré : Israël

Le sous-marin dans le futur. Petit essai de prospective
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

mardi 13 avril 2010

Avions de combat : le chantier de la sixième génération est lancé

L'Air Combat Command de l'US Air Force n'a pas encore reçu ses premiers F-35 qu'il travaille déjà à la génération suivante. Ayant mis en place un "Bureau de la sixième génération", il pose les premières balises de ce que devrait être l'aviation de combat dans les années 2040-2050.

En l'occurrence, le maître-mot pour l'heure touche à la furtivité : celle des appareils certes mais également celle de leurs transmissions. Les liaisons de données sont devenues un facteur crucial dans le combat aérien contemporain mais opérer au sein d'environnements denses en menaces SAM dont la portée comme les moyens de détection ne cessent de s'étoffer va impliquer, pour les Américains, d'obtenir un niveau de discrétion inédit et dans toutes les dimensions. Les recherches portent également sur l'investissement de nouvelles portions du spectre électromagnétique, ambitionnant d'utiliser un système comme la Liaison-16 afin de diffuser des émissions radars à faible probabilité d'interception.

De même, l'attaque électronique (brouillage offensif) ne serait plus limité à des appareils spécialisés - comme l'EA-18G Growler - mais équiperait tous les appareils, tout comme les capacités d'attaque de réseau (dont un système comme le Sutter, qui aurait permis aux Israéliens de pénétrer les réseaux radar syriens en 2007). Les capacités de frappe électromagnétique - via des impulsions électromagnétiques - seraient également mobilisées.

Reste que si ces développements sacrent la place prise par l'avionique dans la conception des appareils modernes, la plateforme n'étant plus guère qu'un "ascenseur à capacités", de telles conceptions posent question. Quel pourrait donc être le coût de ces appareils "de sixième génération", alors même que les forces aériennes occidentales voient leur nombre d'appareil en ligne fondre ? Des percées sont-elles à ce point attendues dans le domaine électromagnétique (et dans la gestion des interférences qui vont de pair) ?

Par ailleurs, la terminologie même d'une "sixième génération" pose question : fondamentalement, elle ne ferait que pousser un peu plus loin les logiques déjà à l'œuvre dans la cinquième sans véritablement introduire les ruptures que l'on avait pu observer avec la généralisation de la furtivité dans les design, l'utilisation de radars AESA ou encore les capacités de supercroisière.

jeudi 8 avril 2010

NPR et évolution (?) de la stratégie nucléaire américaine

Récemment présentée au public, la nouvelle édition de la Nuclear Posture Review américaine, a été publiée dans un contexte très spécifique - la signature à Prague du nouveau traité START avec la Russie et une grande conférence sur la question nucléaire à Washington - la nouvelle NPR n'induit guère de changements dans la ligne stratégique américaine. Fondamentalement, le principe de la dissuasion reste cardinal.

Le non-emploi d'armes nucléaires contre des Etats qui n'en sont pas dotés et qui sont membres du Traité de Non-Prolifération (TNP) reste une constante - là où la plupart des médias ont parlé, de façon inappropriée, de "restriction d'emploi" - considérée comme faisant partie de la pratique politique (et non de la doctrine) depuis les années 1990.

Il n'est plus officiellement question d'employer des armes nucléaires en représailles à une attaque chimique ou biologique. Par contre, cette "option de révision" pourrait être levée en cas de nécessité - la nuance, comparativement à la position de l'administration Bush, est donc assez mince.

Assez logiquement au vu des différentes éditions des Quadriennal Defense Review, la possibilité du terrorisme nucléaire est évoquée à 35 reprises dans le document, la prévention, la coopération multilatérale (dont la Global Initiative to Combat Nuclear Terrorism), le programme Nunn-Lugar, étant notamment mises en avant afin de limiter le risque. Sur le plan des moyens, en continuité avec les administrations précédentes, aucun nouveau type d'arme nucléaire ne sera conçu, priorité étant donnée à l'entretien des capacités actuelles.

Toutefois, les vecteurs sont considérés comme devant être modernisés et le nouveau programme de sous-marin nucléaire lanceur d'engins, dont le premier exemplaire doit remplacer les Ohio, est confirmé. Face au terrorisme nucléaire, les mesures de Homeland Security (dont la Container Security Initiative) sont mises en avant.

La NPR revient également sur la question de la présence d'armes nucléaires américaines en Europe, indiquant qu'elles contribuent à la sécurité des pays-membres de l'OTAN et à la cohésion de cette dernière. Tout en indiquant qu'il s'agit d'armes "non-stratégiques" - alors pourtant que le document indique plus haut que les armes nucléaires ne seraient utilisées que dans des situations exceptionnelles - le document se positionne également à leur égard.

En l'occurrence, si le futur de leur maintien en Europe est lié, selon le Pentagone, aux décisions qui seront prises dans le cadre du prochain Concept stratégique de l'Alliance, il est clairement indiqué que le F-35 disposera effectivement d'une capacité nucléaire. Dans le même temps, la possibilité de projeter sur un théâtre - en Europe, en Asie ou au Moyen Orient - des armes nucléaires est maintenue.

mardi 6 avril 2010

« Lorsque le ciel se rapproche du sol : le retour de la guerre »

Jeudi 15 avril 2010 : Gérard Dubey, MCF à l’Institut Telecom, membre du Centre d’Étude des Techniques des Connaissances et des Pratiques (université Paris I), et Caroline Moricot, MCF à l’université Paris I, membre du CETCOPRA :

« Lorsque le ciel se rapproche du sol : le retour de la guerre »

En Afghanistan, les sociétés de l’information se trouvent brutalement confrontées aux limites du principe de fluidité sur lequel repose leur maîtrise du monde. La confusion entre combattants et non-combattants, l’imbrication des amis et des ennemis, l’omniprésence d’une menace difficile à identifier, renvoient à une tout autre « grammaire de la guerre ». Pour l’arme aérienne, cela signifie d’autres manières de faire. L’imbrication avec les forces au sol oblige par exemple à réviser les tactiques de combat en réactualisant parfois d’anciennes figures. La nécessité de se rapprocher le plus près possible des combattants exige de revenir à certaines aptitudes de base du pilotage. C’est le cas de la tactique du show of force qui consiste à descendre à grande vitesse (900 km/h) depuis un point invisible avant de dégager face au soleil. C’est ce retournement que nous proposons d’interroger sur la base d’un travail d’enquête socio-anthropologique dans les escadrons de chasse de l’armée de l’Air française.

Séminaire pluridisciplinaire IRSEM – EHESS
« Mutations et révolutions militaires »
Co-animé par André Brigot, Laurent Henninger et Maurice Ronai
Les séances se tiennent de 17 h à 19 h à la Maison des Sciences de l’Homme,
54 boulevard Raspail, 75006 Paris ; salle 242, 2e étage
(Attention : contrairement aux années précédentes, nous ne sommes plus au 105 boulevard Raspail…)

mercredi 31 mars 2010

DSI n°58 - avril 2010 - Le sommaire !


Sommaire DSI n°58 – avril 2010
Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Le bateau qui fait « boum » »

Sur le vif

« L’union fait la force » : une nécessité devenue dogme
Par le capitaine de corvette Philippe Kossowski, stagiaire de la promotion « Maréchal Lyautey » du Colège Interarmées de Défense

Afghanistan : Faut-il brûler Galula ?
Par Fabrice Ribere, expert en questions de défense

Stratégie

La guerre des Malouines ( 5 avril – 7 juillet 1982)
Par le Capitaine de corvette Joffrey Guerry, stagiaire de la promotion « Maréchal Lyautey » du Collège Interarmées de Défense

Le quart d’heure balistique
Par le capitaine de corvette Guillaume Garnoix, stagiaire de la promotion « Maréchal Lyautey » au Collège Interarmées de Défense.

De nouvelles armes absolues ? Le bel avenir du concept de dissuasion
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

CAS en Afghanistan. L’obligation d’une approche plus optimisée
Entretien avec Thierry Brignon, lieutenant-colonel, fusilier commando de l’air

Armées

ROK Army. Modernisation en profondeur au pays du matin calme
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : les forces terrestres sud-coréennes
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Afghanistan. La « générale » se passe à Canjuers
Par Véronique Sartini, journaliste

Donner les moyens de vaincre au combat
Entretien avec le colonel Richard Lakin, chef de corps du 1er RCA
Le parc d’entraînement de Canjuers. L’urgence opérationnelle a pris le pas
Par Véronique Sartini, journaliste

Technologie

Terminator versus talibans. Ou savoir verser le sang pour se défendre
Par le chef de bataillon Cédric Fayeaux, stagiaire de la promotion « Maréchal Lyautey » du Colège Interarmées de Défense

Chasseurs de cinquième génération. Ou en est le PAK FA indien ?
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Les fantassins du futur belge et néerlandais
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Encadré : le VOSS

Fiches techniques

Bell Helicopter/Textron AH-1Z Viper/ Le paradoxe de la doctrine des Marines en matière d’hélicoptères

Char léger PT-76/Le renouveau du char léger au sein de l’armée rouge

Corvette classe Steregushiy/ Quelle marine russe pour 2020 ?

Lance-grenades automatique Mk19 Mod. 3/Une arme de saturation

Enquête

Lutte ASM. La marine française dans le trio de tête mondial
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Encadré : l’hélicoptère ennemi mortel du sous-marin !

Des sous-marins français à l’ouïe de plus en plus fine !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Les ATL-2 vont retrouver la pleine forme ASM
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Thales n°1 mondial pour l’exportation des sonars
Entretien avec Philippe Portalier, directeur de la stratégie pour la lutte sous la mer chez Thales Underwater Systems

Critiques de lectures

Res Militaris. De l’emploi des forces armées au XXIe siècle de Michel Goya

Les cycles de Mars. Révolutions militaires et édification étatique de la Renaissance à nos jours de Michael Fortmann

Haute-Silésie 1920-1922. Laboratoire des « leçons oubliées » de l’armée française et perceptions nationales de Rémy Porte

Weapons of Choice. The Development of Precision Guided Munitions de Paul G. Gillepsie

Pakistan’s Nuclear Future: Reining in the Risk de Henri Sokolski (Ed.)

Security in Iraq. A Framework for Analysing Emergent Threats as US Forces Leave de David C. Gompert, Terrence K. Kelly, Jessica Watkins

La stratégie spatiale militaire chinoise de Alain De Neve

Armes de précision du monde de Philippe Poulet

Armes d’assaut du monde de Philippe Poulet

jeudi 25 mars 2010

Les archives Nafziger sur le net

Et non, pas de choses croustillantes sur la vie cachée de Paris Hilton : juste quelque chose de beaucoup plus intéressant relevé par Laurent. En l'occurrence, un travail gigantesque de recoupement d'ordres de bataille mené le capitaine Nafziger et à présent librement disponible sur le site du CARL : à lire ici. Titanesque : 7 985 ORBATs allant du 16ème siècle à la fin de la 2ème Guerre mondiale.

mardi 23 mars 2010

L'ASM français à l'honneur



Ca y est, il est presque sur les rotatives : le prochain DSI sera pour partie consacré aux évolutions de la lutte ASM en France mais comprendra également un reportage sur la FOB de Canjuers, l'évolution des forces terrestres sud-coréennes, des questionnements sur le concept de dissuasion ou encore une excellente interview du LCL Brignon sur les problématiques touchant au domaine TACP/JTAC.

FRES Scout : GD et l'Ascod l'emportent

Le MoD britannique a finalement tranché : dans le cadre du programme FRES Scout (remplacement des véhicules de reconnaissance Scimitar), c'est l'Ascod de General Dynamics qui l'emporte sur le CV90 de BAE Hagglünds.

L'Ascod est actuellement en service en Espagne (Pizarro) et en Autriche (Ulan) et verra une mise à niveau de son châssis, de même que l'intégration d'une tourelle de 40 mm à munitions téléscopiques (développée entre autres par Nexter), Lockheed Martin s'occupant de l'intégration. Sa masse passera à 42 tonnes.

Le contrat a sa petite importance : à terme, il s'agit de 600 véhicules pour environ 2 milliards de livres.

lundi 22 mars 2010

Prix d'histoire militaire 2009

Le prix d'histoire militaire 2009 sera remis le 24 mars à :

- Nicolas Cadet pour sa thèse de doctorat « Un paradis habité par des diables : la guerre de Calabre de 1806-1807. Expérience combattante et violence de guerre sous le Premier Empire », soutenue à l’école des hautes études en sciences sociales (EHESS) sous la direction du professeur Stéphane Audoin-Rouzeau

- Benoist Bihan (que les lecteurs de DSI connaissent maintenant bien) pour son mémoire de master « Le renouveau de la cavalerie dans les armées occidentales à l'époque moderne. Le cas du développement des unités de hussards en France 1693-1763 », soutenu à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne sous la direction de Bernard Gainot.

Félicitations !

Quelques nouvelles de l'ISC

Mon passage à Paris m'a permis de faire le plein d'infos mais aussi d'ouvrages. D'où deux petites nouvelles - qui ont leur importance.

D'une part, l'Institut de Stratégie Comparée (ISC), l'Institut d'Histoire des Conflits Contemporains (IHCC) et la Commission Française d'Histoire Militaire (CFHM) sont engagés dans un processus de fusion, qui devrait déboucher prochainement sur l'Institut de Stratégie et des Conflits - Commission Française d'Histoire Militaire (ISC-CFHM).

La nouvelle n'est pas mince : au total, le nouvel organisme représente 650 publications, soit plus de 10 000 pages. C'est, tout simplement, le plus gros pôle éditorial de France en études stratégiques et en histoire militaire.

A propos de publications, justemment, vous vous souviendrez peut-être que le numéro quadruple de Stratégique dédié aux stratégies irrégulières était tombé en rupture de stock. Alors, pas de nouveau tirage mais un ouvrage, qui reprend les contributions du Stratégique, de même que des articles inédits - soit 43 contributions au total. Vous pouvez le commander ici.

Signalons également la parution d'un nouveau numéro (97-98), consacré à Clausewitz et permettant de publier un très intéressant texte d'Herbert Rosinski sur la structure de la stratégie. Bref, à vos bibliothèques. Bonne lecture !

samedi 20 mars 2010

Belgique-Côte d'Ivoire : le match

Ou quant un canular téléphonique se fait révélateur de l'hybridation entre bureaucratie tâtillone et nationalisme. A écouter ici.

Clés géo-linguistiques :

Dilbeek - municipalité flamande ne bénéficiant pas du régime de facilité linguistique (pour résumer - éternel pardon à mon prof. de droit constitutionnel - bilinguisme des fonctionnaires, dans ce contexte)
Ja - oui
Nee - non
Ik magt niet - Je ne peux pas

vendredi 19 mars 2010

DSI, c'est pas mal pour faire des livres...

C'est ce que me montrent plusieurs auteurs, dans leurs ouvrages, lorsqu'ils citent l'un ou l'autre article qui aurait retenu leur attention. Pour un auteur, c'est sain de citer ses sources - mes notes de bas de page sont d'ailleurs une source de migraine de nombre de mes éditeurs - et ça permet de rendre à César ce qui lui appartient, ce qui n'est jamais qu'une preuve d'honnêteté avant d'être l'une des caractéristiques d'un travail scientifique.

Toutefois, il y a des limites à l'exercice, notamment lorsqu'un historien militaire publie un ouvrage sur l'Afghanistan et pompe allègrement sur les contributions parues dans nos pages, sans même citer une fois les auteurs les ayant produites, alors pourtant que la structure de l'ouvrage fait appel à un système de référence. On peut ne pas aimer DSI - après tout, on ne peut pas aimer tout le monde, dit un adage qui montre surtout le rôle des préconceptions mal attifées.

Mais de là à, en tant qu'académique, ne pas avoir le respect le plus élémentaire à l'égard des auteurs qui vont publier (dans quelque support que ce soit, d'ailleurs), ça me dépasse. Bien malheureusement, je pense qu'il s'agit là d'une tendance lourde qu'il convient de combattre avec la plus grande énergie.


Edit du samedi matin : on me pose la question de savoir ce que recouvre exactement le "pompage" en question. En fait, ce n'est pas du plagiat stricto sensu (soit un copié-collé exact sans citation de l'auteur) ; il s'agit plutôt de paraphrase qui n'est pas systématique (de facto, je n'ai lu que 15-20 pages environ - mais j'y ai trouvé trois occurrences qui m'ont fait sursauter) mais qui tend, par la structure des phrases et l'usage de synonymes, à rappeler de façon troublante ce qui a été écrit par quelqu'un d'autre. En somme, c'est l'idée qui est copiée sans citation plus que le texte.
Vous me direz que ce n'est pas la première fois qu'un auteur a une idée similaire à celle de quelqu'un d'autre - à la relecture de Seapower, j'ai d'ailleurs eu la blague, qui sera dûment rectifiée. C'est vrai. Mais parfois, c'est troublant.