vendredi 7 mars 2008
Nuit chaude à Schaerbeek
Après deux explosions dans ma rue, vers 2 heures du matin, une voisine débarque : 2 voitures sont en feu juste devant mon immeuble. Selon un pompier, plusieurs incidents du genre se sont produits la nuit passée dans la commune, le chiffre de 16-17 voitures incendiées circule. Si cela s'avérait exact, ce serait la plus grosse flambée que le pays n'ait jamais connu. Pourtant, ce matin, rien dans les médias... Si quelqu'un a des informations, elles sont les bienvenues.
jeudi 6 mars 2008
Le PS français affine sa position sur la défense
Je viens de lire un article du Figaro d'hier, de la plume de Louis Gautier (qui avait écrit un très bon livre, Face à la guerre), François Lamy et Paul Quilès ; article qui leur permet de rendre compte de leur position en regard du prochain Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité. L'article est intéressant à plusieurs titres.
Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.
Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.
Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.
Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.
Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.
Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.
Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.
Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.
Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.
Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.
Happy birthday, Global Hawk !
A propos de l'affaire Belliraj
Thomas Renard, du Front asymétrique, vient de faire paraître un article sur l'affaire Belliraj, où il dresse les rétroactes de cette affaire, qui a vu le démentelement d'un réseau marocain dirigé par Abdelkader Belliraj, citoyen belgo-marocain. Au passage, la constitution du réseau tend à démontrer l'existence d'une connexion entre le terrorisme djihadiste et le Hezbollah (un correspondant de la chaîne Al-Manar a ainsi été arrêté) (1).
Thomas pose un constat alarmant :
- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;
- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.
Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.
Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.
Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.
Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...
(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.
Thomas pose un constat alarmant :
- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;
- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.
Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.
Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.
Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.
Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...
(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.
mercredi 5 mars 2008
"COIN Break"
Vous vous sentez pris au piège, quelque part à Kandahar, tel le héros de Prison Break ("j'ai pas le temps") ? L'Army Magazine a sorti le Hooah guide du COIN (en anglais). Intéressant et ludique.
Le King's College blogue sec
Le King's College Department of War Studies représente un véritable exemple en matière d'études stratégiques à proprement parler (à savoir l'étude de l'art de la guerre) mais aussi de disciplines connexes comme l'histoire ou la sociologie militaire.
Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.
Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.
Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.
Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.
Y'a sondage ! (2)
La question est déchirante. Cornélienne. Comme choisir entre les croquettes aux crevettes de chez Vincent et celles de la Taverne du passage.
Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.
Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.
Bon vote !
Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.
Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.
Bon vote !
La réaction taïwanaise....
...Aux déclarations chinoises et au rapport du Pentagone ne s'est pas fait attendre. Le président Shen a en effet annoncé une hausse de son budget militaire, qui atteindra cette année 11,27 milliards de dollars (US). Ce qui représente 3% du PIB, contre 2,85% en 2007 et 2,6% en 2006.
DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.
DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.
Le budget militaire chinois (2)
Bernard Bridel, du 24 Heures (Lausanne) m'a posé hier quelques questions en rapport avec les annonces relatives au budget chinois de la défense. Les réponses sont en ligne ici.
mardi 4 mars 2008
Chine : nouvelle augmentation du budget militaire
Plusieurs sources confirment que le budget de l'armée chinoise augmentera de 17,6% en 2008, comparativement à l'an passé. L'annonce avait été faite par le porte-parole du Parlement, qui se réunit à partir de demain à Pékin pendant deux semaines.
Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.
Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.
Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.
Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.
L'US Navy lance des Tomahawk contre Saleh Ali Saleh
Un nombre inconnu de missiles Tomahawk ont été lancés hier par des bâtiments américains contre "des cibles d'Al Qaïda connues" se trouvant à proximité de la ville de Dobey, sur la frontière kényane. En l'occurrence, Saleh Ali Saleh Nabhan semble avoir été visé.
Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.
Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.
DSI sur tous les fronts
La rédaction est en ébullition ! Bien sûr, nous poursuivons les éditions "classiques" du DSI et de Technologie & Armement. Rien de bien neuf. Mais cette année, nous avons décidé de gâter nos lecteurs.
Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.
Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.
Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.
Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.
Stay tuned !
Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.
Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.
Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.
Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.
Stay tuned !
lundi 3 mars 2008
Inde : hausse record du budget de la défense
L’Inde a dévoilé son nouveau budget militaire, montrant une augmentation de 10 %, soit l’accroissement le plus important depuis l’indépendance du pays. Concrètement, le budget indien passera ainsi de 24 à 26,4 milliards de dollars.
Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.
Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.
dimanche 2 mars 2008
Le N°2 des FARC éliminé
François Durant, qui connait bien le pays (je dois encore répondre à sa seconde question sur les concepts de l'armée), en fait une analyse très intéressante sur son blog. J'en profite pour le féliciter pour le dépassement du fatidique stade des 100 posts.
Petite précision
Je viens de refuser un commentaire. Je pense que ce doit être la première fois que cela m'arrive mais j'en profite pour faire une petite précision qui me semble saine.
Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.
Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)
Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !
Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.
Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)
Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !
samedi 1 mars 2008
KC-45 : Northrop Grumman/EADS décroche le gros lot

La décision est tombée hier, c'est l'offre commune à NG et à EADS (KC-30) qui l'a emporté sur celle de Boeing. Les 179 prochains ravitailleurs en vol de l'USAF seront donc européens... mais construits aux Etats-Unis, où l'on estime que 25 000 emplois vont dépendre de ce contrat.
On s'en doutera, la nouvelle tombe plutôt bien pour EADS qui réalise là une percée qui n'était pas a priori évidente. Et de facto, Boeing pourrait être tenté de remettre en question le choix de l'Air Force pour un appareil aux plus grandes capacités d'emport tant en cargo qu'en carburant (et qui présente également des performances plus importantes en termes de débit à la perche, augmentant l'Optempo) que le KC-767.
Surtout, la commande ne devrait en toute logique que représenter une première tranche, certaines estimations tablant sur un besoin total de 500 appareils. Et certains, y compris au sein de l'USAF, d'évoquer un "mix" avec le KC-767, options apparement discutée il y a quelques mois et qui pourrait refaire surface.
On s'en doutera, la nouvelle tombe plutôt bien pour EADS qui réalise là une percée qui n'était pas a priori évidente. Et de facto, Boeing pourrait être tenté de remettre en question le choix de l'Air Force pour un appareil aux plus grandes capacités d'emport tant en cargo qu'en carburant (et qui présente également des performances plus importantes en termes de débit à la perche, augmentant l'Optempo) que le KC-767.
Surtout, la commande ne devrait en toute logique que représenter une première tranche, certaines estimations tablant sur un besoin total de 500 appareils. Et certains, y compris au sein de l'USAF, d'évoquer un "mix" avec le KC-767, options apparement discutée il y a quelques mois et qui pourrait refaire surface.
Reste que le KC-767 connaît aussi un certain nombre de problèmes. Japonais et Italiens n'ont guère apprécié les retards et problèmes techniques divers de l'appareil, suspectant Boeing de leur faire essuyer les plâtres technologiques... au plein bénéfice de l'USAF. Cependant, il faut également indiquer que le B-767 devrait logiquement être la plateforme multifonctions de l'USAF, comme l'avait été le B-707 (décliné en E-3, E-6, E-8, RC/WC/OC/NC/NKC/EC-135). Ce qui pose donc la question de la diversification du parc US.
Mais cette dernière ouvre aussi des possibilités phénoménales pour l'avionneur européen. Eprouvé, l'A-330 est apprécié des pilotes, facile à maintenir et... dispose d'un gros potentiel de croissance : la place en cabine, son volume utile ne manque pas. Et sa réserve de puissance est importante.
En attendant, ne boudons pas notre plaisir : le matériel européen est bon (l'USAF suit en cela le choix de la RAF, de la RAAF, des Emirats et de l'Arabie saoudite) et le succès au rendez-vous. Un contrat évalué à 30 milliards de dollars, ça ne tombe pas tous les jours...
En attendant, ne boudons pas notre plaisir : le matériel européen est bon (l'USAF suit en cela le choix de la RAF, de la RAAF, des Emirats et de l'Arabie saoudite) et le succès au rendez-vous. Un contrat évalué à 30 milliards de dollars, ça ne tombe pas tous les jours...
vendredi 29 février 2008
"Think EU"...
"So I am here today in Paris to say that we agree with France – Europe needs, the United States needs, NATO needs, the democratic world needs – a stronger, more capable European defense capacity". C'est l'une des petites phrases prononcée par Victoria Nuland, ambassadrice des Etats-Unis à l'OTAN, le 22 février au Press Club de Paris. Quelques autres :
- "one of the most important things French leaders can do for global security is to strengthen and build the capacities of the EU" - non, ce n'est pas une blague, les Américains semblent sortir du paradigme Albright (pas de duplication, etc.) ;
- "our first stop is often at the European Union. Of course to the 27 member states but increasingly to the institution itself"
- "in Chad the EU is discovering that even to conduct a relatively modest peace support operation, you need desert capable helicopters, long range transport aircraft, you need sophisticated intelligence, surveillance and reconnaissance assets and modern interoperable communications equipment" ;
- "President Sarkozy is right – "NATO cannot be everywhere"" ;
- "we need a stronger EU" ;
- "Europe needs a place where it can act independently, and we need a Europe that is able and willing to do so in defense of our common interests and values" ;
- Cerise sur le gâteau qu'appréciera Londres, "But If Washington and Lafayette could join forces to drive off the red coats".
Un sous-entendu désagréable - ou est-ce moi qui ne suis pas très en forme ce vendredi - se dégage toutefois : faute d'avoir investi suffisament en leurs capacités au profit de l'OTAN, les Européens sont-ils renvoyés à leurs propres paturages, dans un remake du "grandissez d'abord, évitez de transformer les instances OTAN en zone de bataille politique et, ensuite, nous pourrons travailler" sous couvert d'une plus grande ouverture à l'institution européenne ?
- "one of the most important things French leaders can do for global security is to strengthen and build the capacities of the EU" - non, ce n'est pas une blague, les Américains semblent sortir du paradigme Albright (pas de duplication, etc.) ;
- "our first stop is often at the European Union. Of course to the 27 member states but increasingly to the institution itself"
- "in Chad the EU is discovering that even to conduct a relatively modest peace support operation, you need desert capable helicopters, long range transport aircraft, you need sophisticated intelligence, surveillance and reconnaissance assets and modern interoperable communications equipment" ;
- "President Sarkozy is right – "NATO cannot be everywhere"" ;
- "we need a stronger EU" ;
- "Europe needs a place where it can act independently, and we need a Europe that is able and willing to do so in defense of our common interests and values" ;
- Cerise sur le gâteau qu'appréciera Londres, "But If Washington and Lafayette could join forces to drive off the red coats".
Un sous-entendu désagréable - ou est-ce moi qui ne suis pas très en forme ce vendredi - se dégage toutefois : faute d'avoir investi suffisament en leurs capacités au profit de l'OTAN, les Européens sont-ils renvoyés à leurs propres paturages, dans un remake du "grandissez d'abord, évitez de transformer les instances OTAN en zone de bataille politique et, ensuite, nous pourrons travailler" sous couvert d'une plus grande ouverture à l'institution européenne ?
jeudi 28 février 2008
FM 3-0 : précisions
Le général Caldwell a tenu une conférence le 26 février avec des bloggeurs américains, précisant quelque peu les contours donnés aux prochain manuel FM 3-0 (ancien FM 100.5). Military.com dresse une synthèse... très synthétique des chapitres :
-- Chapter 1 establishes the context of land operations in terms of a global environment of persistent conflict, the operational environment, and unified action. It discusses the Army's expeditionary and campaign capabilities while emphasizing that it is soldiers who accomplish missions.
-- Chapter 2 describes a spectrum of conflict extending from stable peace to general war. From that spectrum, it establishes five operational themes into which various joint operations fit. Borrowing heavily from emerging NATO doctrine, this chapter helps Army leaders to understand where diverse operations such as peacekeeping and counterinsurgency fit and shape supporting doctrine.
-- Chapter 3 is the most important chapter in the book; describing the Army's operational concept -- full spectrum operations. Full spectrum operations seize, retain, and exploit the initiative through combinations of four elements: offense, defense, and stability or civil support operations. Mission command is the preferred method of exercising battle command.
-- Chapter 4 addresses combat power, the means by which Army forces conduct full spectrum operations. It replaces the older battlefield operating systems ("BOS") and elements of combat power with six warfighting functions tied together by leadership and employing information. Combined arms and mutual support are the payoff.
-- Chapter 5 reviews the principles of command and control and how they affect the operations process -- plan, prepare, execute, and assess. The emphasis is on commanders and the central role that they have in battle command. Commanders understand, visualize, describe, direct, lead, and continually assess.
-- Chapter 6 discusses operational art, offering Army commanders a bridge between military theory and practice.
-- Chapter 7 is about information superiority, particularly information operations. Information operations divide into five Army information tasks, with particular emphasis on information engagement. -- Chapter 8 addresses the significance of strategic and operational reach to the force, articulating how the Army capitalizes on unique expeditionary and campaign qualities to promptly deploy forces into any operational environment worldwide, even the most austere regions.
NB : Stéphane Taillat m'indique que le document est paru sur le site de l'Army. Bon, ben maintenant je sais quoi lire ce soir ;o)
Re-NB : l'analyse de Stéphane me semble très pertinente, en particulier dans sa relation à une relecture moins biaisée, moins "utilitariste" et plus en profondeur, de Clausewitz. Elle montre aussi une convergence doctrinale de facto avec le FT-01 français (une version en langue anglaise est maintenant dispo). Plusieurs militaires français ont d'ailleurs conseillé les Américains - une excellente chose.
Reste, cependant, Stéphane le souligne mais j'insiste, la délicate question de la perénnité d'un éventuel changement organisationnel. Historiquement, depuis 1982, l'évolution du 100.5 a toujours tendu vers une plus grande prise en considération tant des OOTW que des LICs. Mais... l'application qui en était faite restait marquée par les biais "classiques" de l'organisation : focalisation excessive sur un combat placé au stade de référent identitaire ; pression au résultats quantifiables et, ultimement, tendance à la technologisation (à ne pas confondre avec la technicisation, moteur des Transformations/modernisations ;o)
En d'autres termes, reste à voir quel sera le destin "pratique" du document : Joe Cerami me disait ainsi que, depuis le Vietnam "l'armée n'a rien appris et n'a rien changé". Et, de fait, à relire quelques ouvrages sur le traitement de la COIN au Vietnam (dont la si particulière méthode d'alimentation de Nagl), si l'armée a, en réalité, appris sur le terrain, elle a ensuite effectivement oublié, revenant alors à ce qu'elle estimait être son core business. Rendez-vous après les retraits d'A-stan et du "sandbox" ?
Bon, allez, m'en retourne à mon petit dernier, moi. Bonne soirée tout le monde !
-- Chapter 1 establishes the context of land operations in terms of a global environment of persistent conflict, the operational environment, and unified action. It discusses the Army's expeditionary and campaign capabilities while emphasizing that it is soldiers who accomplish missions.
-- Chapter 2 describes a spectrum of conflict extending from stable peace to general war. From that spectrum, it establishes five operational themes into which various joint operations fit. Borrowing heavily from emerging NATO doctrine, this chapter helps Army leaders to understand where diverse operations such as peacekeeping and counterinsurgency fit and shape supporting doctrine.
-- Chapter 3 is the most important chapter in the book; describing the Army's operational concept -- full spectrum operations. Full spectrum operations seize, retain, and exploit the initiative through combinations of four elements: offense, defense, and stability or civil support operations. Mission command is the preferred method of exercising battle command.
-- Chapter 4 addresses combat power, the means by which Army forces conduct full spectrum operations. It replaces the older battlefield operating systems ("BOS") and elements of combat power with six warfighting functions tied together by leadership and employing information. Combined arms and mutual support are the payoff.
-- Chapter 5 reviews the principles of command and control and how they affect the operations process -- plan, prepare, execute, and assess. The emphasis is on commanders and the central role that they have in battle command. Commanders understand, visualize, describe, direct, lead, and continually assess.
-- Chapter 6 discusses operational art, offering Army commanders a bridge between military theory and practice.
-- Chapter 7 is about information superiority, particularly information operations. Information operations divide into five Army information tasks, with particular emphasis on information engagement. -- Chapter 8 addresses the significance of strategic and operational reach to the force, articulating how the Army capitalizes on unique expeditionary and campaign qualities to promptly deploy forces into any operational environment worldwide, even the most austere regions.
NB : Stéphane Taillat m'indique que le document est paru sur le site de l'Army. Bon, ben maintenant je sais quoi lire ce soir ;o)
Re-NB : l'analyse de Stéphane me semble très pertinente, en particulier dans sa relation à une relecture moins biaisée, moins "utilitariste" et plus en profondeur, de Clausewitz. Elle montre aussi une convergence doctrinale de facto avec le FT-01 français (une version en langue anglaise est maintenant dispo). Plusieurs militaires français ont d'ailleurs conseillé les Américains - une excellente chose.
Reste, cependant, Stéphane le souligne mais j'insiste, la délicate question de la perénnité d'un éventuel changement organisationnel. Historiquement, depuis 1982, l'évolution du 100.5 a toujours tendu vers une plus grande prise en considération tant des OOTW que des LICs. Mais... l'application qui en était faite restait marquée par les biais "classiques" de l'organisation : focalisation excessive sur un combat placé au stade de référent identitaire ; pression au résultats quantifiables et, ultimement, tendance à la technologisation (à ne pas confondre avec la technicisation, moteur des Transformations/modernisations ;o)
En d'autres termes, reste à voir quel sera le destin "pratique" du document : Joe Cerami me disait ainsi que, depuis le Vietnam "l'armée n'a rien appris et n'a rien changé". Et, de fait, à relire quelques ouvrages sur le traitement de la COIN au Vietnam (dont la si particulière méthode d'alimentation de Nagl), si l'armée a, en réalité, appris sur le terrain, elle a ensuite effectivement oublié, revenant alors à ce qu'elle estimait être son core business. Rendez-vous après les retraits d'A-stan et du "sandbox" ?
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