Selon la Marine nationale, le jeudi 22 mai 2008 à 10h34 locale, un Rafale de la 12F de l’Aéronautique navale qui venait de prendre la mission de permanence opérationnelle est sorti de la piste ouest de la base aéronavale de Lann-Bihoue (piste 25 en service, en photo, copyright Marine nationale). Le pilote s’est éjecté et a été récupéré conscient pour être évacué sur l’hôpital Bodelio de Lorient où il est placé en observation. L’avion qui est resté dans le périmètre de la base a été sécurisé par les services techniques de la Marine. Les causes de l’événement ne peuvent être établies pour le moment et devront être déterminées par une enquête technique.
jeudi 22 mai 2008
Le jour de vérité
Bonjour l'Europe. Avant de me remettre à la guerre biologique, juste quelques lignes histoire de se rappeler que c'est aujourd'hui que le Livre Blanc doit être présenté aux parlementaires français.
Qui, par ailleurs, on déjà fait connaître un certain nombre de points de vue : ils veulent donner la priorité à l'aéromobilité aux aux frégates FREMM, tandis qu'un consensus semble se dégager pour considérer que la numérisation de l'espace de bataille n'est pas une priorité. Ce qui pose donc bon nombre de questions pour l'avenir de l'opération Scorpion, par ailleurs largement abordée dans le prochain hors-série de DSI.
Pour le reste, les grandes lignes du LBDS sont connues : à l'intérieur, emphase sur la protection du territoire (y compris l'inclusion bienvenue de la résilience) ; à l'extérieur, emphase sur le renseignement et diminution du volume des forces. Point sympa, l'appel à un meilleur financement de la R&D. Mais la mesure apparaît comme un contrepoids aux processus de réduction/étalement des commandes : garder les bureaux d'étude ouverts et opérationnels est un moindre mal.
Reste, néanmoins, comme un petit goût d'échec : sursaturer le maillage sécuritaire intérieur ne garantira jamais qu'aucun attentat ne se produira, alors que disposer des instruments d'une manoeuvre de crise offre une plus haute probabilité de succès.
Encore une fois, le repli sur soi - parce que c'est fondamentalement ce qui se prépare - dans les conditions stratégiques actuelles est une mauvaise posture. A travers l'histoire, ce type de défensive s'est toujours montré dépassé... et l'est encore plus dès lors que la France entend toujours jouer un rôle important.
On ne peut séparer les dimensions diplomatiques des militaires (j'ai toujours eu en horreur cette fixation journalistique pour une dichotomie entre "solution politique" et "solution militaire", alors que la "solution militaire" est sans doute la plus politique qui soit !). Or, la résilience nous permettait d'en jouer comme d'un "bouclier" nous permettant de se concentrer sur la "lance", à savoir la défense elle-même.
Au contraire même, la tendance de l'époque est à une meilleure coordination des lignes d'opérations. Irions-nous donc droit dans le mur ? Malheureusement, il y a des chances. Les demis-mesures se sont succédées et les économies n'ont pas nécessairement été réalisées aus bons endroits. Prenons, par exemple, la composante aéroportée de la dissuasion : elle avait une signification certaine dans le jeu sémiotique de la guerre froide. En a-t-elle encore une ? Au risque de fâcher certains, non.
Peu d'Etats sont en mesure de distinguer l'arrivée d'un ASMP-A de celui d'un M-51. Et leur réaction en cas d'explosion d'une charge nucléaire sur leur territoire ne sera pas modulée du fait du vecteur porteur. D'autant plus que nous sommes sensés nous attaquer aux centres décisionnels - qui sont le plus souvent des centres urbains - et qui ne seront donc pas en mesure de décider s'il s'agissait d'un vecteur aéroporté ou balistique. Et de toute façon, en cas de besoin - un show of force, par exemple - rien n'empêche de faire sauter une TNO dans un désert.
En attendant, des avions sont trop souvent mobilisés pour ces missions et l'entretien des armes coûte cher. Dans le même temps, trop peu de missiles de croisière - un véritable outil de manoeuvre de crise - sont disponibles et l'armée de l'Air voit ses effectifs descendus en flamme. Parce que, honnêtement, vous pensez réellement que l'on re-commandera des Rafale après 2020-30, une fois que les Mirage 2000 seront arrivés au terme de leur vie (et dans quel état !) ? Maintenir la chaîne de production opérationnelle va être un vrai casse-tête, d'autant plus que les exportations ne suivent pas.
Qui, par ailleurs, on déjà fait connaître un certain nombre de points de vue : ils veulent donner la priorité à l'aéromobilité aux aux frégates FREMM, tandis qu'un consensus semble se dégager pour considérer que la numérisation de l'espace de bataille n'est pas une priorité. Ce qui pose donc bon nombre de questions pour l'avenir de l'opération Scorpion, par ailleurs largement abordée dans le prochain hors-série de DSI.
Pour le reste, les grandes lignes du LBDS sont connues : à l'intérieur, emphase sur la protection du territoire (y compris l'inclusion bienvenue de la résilience) ; à l'extérieur, emphase sur le renseignement et diminution du volume des forces. Point sympa, l'appel à un meilleur financement de la R&D. Mais la mesure apparaît comme un contrepoids aux processus de réduction/étalement des commandes : garder les bureaux d'étude ouverts et opérationnels est un moindre mal.
Reste, néanmoins, comme un petit goût d'échec : sursaturer le maillage sécuritaire intérieur ne garantira jamais qu'aucun attentat ne se produira, alors que disposer des instruments d'une manoeuvre de crise offre une plus haute probabilité de succès.
Encore une fois, le repli sur soi - parce que c'est fondamentalement ce qui se prépare - dans les conditions stratégiques actuelles est une mauvaise posture. A travers l'histoire, ce type de défensive s'est toujours montré dépassé... et l'est encore plus dès lors que la France entend toujours jouer un rôle important.
On ne peut séparer les dimensions diplomatiques des militaires (j'ai toujours eu en horreur cette fixation journalistique pour une dichotomie entre "solution politique" et "solution militaire", alors que la "solution militaire" est sans doute la plus politique qui soit !). Or, la résilience nous permettait d'en jouer comme d'un "bouclier" nous permettant de se concentrer sur la "lance", à savoir la défense elle-même.
Au contraire même, la tendance de l'époque est à une meilleure coordination des lignes d'opérations. Irions-nous donc droit dans le mur ? Malheureusement, il y a des chances. Les demis-mesures se sont succédées et les économies n'ont pas nécessairement été réalisées aus bons endroits. Prenons, par exemple, la composante aéroportée de la dissuasion : elle avait une signification certaine dans le jeu sémiotique de la guerre froide. En a-t-elle encore une ? Au risque de fâcher certains, non.
Peu d'Etats sont en mesure de distinguer l'arrivée d'un ASMP-A de celui d'un M-51. Et leur réaction en cas d'explosion d'une charge nucléaire sur leur territoire ne sera pas modulée du fait du vecteur porteur. D'autant plus que nous sommes sensés nous attaquer aux centres décisionnels - qui sont le plus souvent des centres urbains - et qui ne seront donc pas en mesure de décider s'il s'agissait d'un vecteur aéroporté ou balistique. Et de toute façon, en cas de besoin - un show of force, par exemple - rien n'empêche de faire sauter une TNO dans un désert.
En attendant, des avions sont trop souvent mobilisés pour ces missions et l'entretien des armes coûte cher. Dans le même temps, trop peu de missiles de croisière - un véritable outil de manoeuvre de crise - sont disponibles et l'armée de l'Air voit ses effectifs descendus en flamme. Parce que, honnêtement, vous pensez réellement que l'on re-commandera des Rafale après 2020-30, une fois que les Mirage 2000 seront arrivés au terme de leur vie (et dans quel état !) ? Maintenir la chaîne de production opérationnelle va être un vrai casse-tête, d'autant plus que les exportations ne suivent pas.
mardi 20 mai 2008
Grumble, Gargoyle et Growler
Allez, avouez. Franchement. Honnêtement.
Vous aussi, vous êtes aussi perdu que moi lorsqu'il s'agit de vous y retrouver dans la foultitude des désignations de SAM russes ? Carlo Kopp, une excellent analyste australien vient de poster son petit guide perso sur ces engins.
Vous aussi, vous êtes aussi perdu que moi lorsqu'il s'agit de vous y retrouver dans la foultitude des désignations de SAM russes ? Carlo Kopp, une excellent analyste australien vient de poster son petit guide perso sur ces engins.
Au revoir, Air Dominance ?
L’Air Force Association, un puissant lobby pro-US Air Force semble avoir radicalement changé de rhétorique. Dans une vidéo postée sur son site, elle indique ainsi que la suprématie aérienne américaine – qui n’a plus été disputée depuis la guerre de Corée – fait face à une situation de crise, le niveau qualitatif comme quantitatif des forces US tendant à s’éroder.
Ainsi, les nouvelles générations de missiles russes – en particulier les SA-21 et SA-22 – ont des enveloppes d’engagement plus importantes et connaissent une véritable prolifération. Dans le domaine du combat aérien, les solutions proposées par la Chine et la Russie – comme le Su-35 – sont considérées comme posant un réel problème.
Peu coûteuses, elles peuvent avoir l’avantage du nombre et elles sont de plus en plus fréquemment équipées de contre-mesures électroniques efficientes, tandis que les missiles air-air voient leurs capacités augmenter rapidement.
Selon l’AFA, il ne faudra ainsi que quelques années avant que le F-35 soit incapable de dominer de tels appareils, alors que la majeure partie des appareils US encore en ligne seront des F-16 et des F-15 non seulement considérés comme déjà dépassés mais aussi comme quantitativement insuffisants.
Par ailleurs, l’AFA met également en garde contre des opérations aériennes combinées qui viseraient à la destruction des réseaux informatiques mais aussi des capacités spatiales américaines.
Si le document s’avère parfois alarmiste à outrance, surestimant un certain nombre de capacités, russes ou chinoises, il n’en demeure pas moins qu’il pourrait bien marquer un tournant dans la rhétorique US, en faveur de systèmes plus simples mais aussi plus nombreux.
Si l’on y discernera un argumentaire – caché – en faveur du F-22, il n’en reste pas moins que l’avantage comparatif des forces aériennes occidentales est immanquablement appelé à s’éroder.
Ainsi, les nouvelles générations de missiles russes – en particulier les SA-21 et SA-22 – ont des enveloppes d’engagement plus importantes et connaissent une véritable prolifération. Dans le domaine du combat aérien, les solutions proposées par la Chine et la Russie – comme le Su-35 – sont considérées comme posant un réel problème.
Peu coûteuses, elles peuvent avoir l’avantage du nombre et elles sont de plus en plus fréquemment équipées de contre-mesures électroniques efficientes, tandis que les missiles air-air voient leurs capacités augmenter rapidement.
Selon l’AFA, il ne faudra ainsi que quelques années avant que le F-35 soit incapable de dominer de tels appareils, alors que la majeure partie des appareils US encore en ligne seront des F-16 et des F-15 non seulement considérés comme déjà dépassés mais aussi comme quantitativement insuffisants.
Par ailleurs, l’AFA met également en garde contre des opérations aériennes combinées qui viseraient à la destruction des réseaux informatiques mais aussi des capacités spatiales américaines.
Si le document s’avère parfois alarmiste à outrance, surestimant un certain nombre de capacités, russes ou chinoises, il n’en demeure pas moins qu’il pourrait bien marquer un tournant dans la rhétorique US, en faveur de systèmes plus simples mais aussi plus nombreux.
Si l’on y discernera un argumentaire – caché – en faveur du F-22, il n’en reste pas moins que l’avantage comparatif des forces aériennes occidentales est immanquablement appelé à s’éroder.
En preview...
Juin 2008 verra une nouvelle édition d'Eurosatory. L'occasion pour nous de revenir in extenso sur les Marines mais aussi sur les hélicoptères de manoeuvre... avec en particulier un très bon article de J-L. Promé sur la problématique induite par le TTH-90.
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Vers une réduction de commande des Rafale ?
Selon Les Echos, Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale, qui sera présenté aux députés et sénateurs mercredi, préconiserait une réduction importante du nombre d'avions de combat.
Dans le cadre du "format 2015", il était prévu que l'armée de l'Air puisse aligner, à cet horizon, 300 de "type Rafale" (incluant des Mirage 2000 modernisés) et la marine un groupe aéronaval, soit une quarantaine d'appareils. Soit 340 avions au total prêts à décoller pour remplir tous les types de missions. Ce qui supposait un parc total d'environ 400 avions pour pallier les besoins de formation ou de réparation.
Or le Livre blanc, qui s'inscrit dans un horizon de temps de deux lois de programmation militaire, préconise que l'armée de l'Air et l'aéronavale ne disposent plus - en tout et pour tout - que de 300 avions de combat vers 2020 ou 2021...
Doit-on en déduire que le nombre de commandes de Rafale prévues, 294 aujourd'hui, sera fortement revu à la baisse ? Seule certitude, sur les 86 2000D en service, une soixantaine devraient être modernisés, pour étendre leur durée de vie au-delà de 2020.
Ce qui nous laisse comme hypothèse :
- 40 Rafale Marine + 60 2000D + 200 Rafale Air
- 50 Rafale Marine + 60 2000D + 190 Rafale Air
- 60 Rafale Marine + 60 2000D + 180 Rafale Air
Du coup, le calendrier des commandes du Rafale devrait subir d'importants décalages. L'avionneur devrait quand même livrer, in fine, la totalité des Rafale mais il faudra attendre que le dernier Mirage soit retiré du service...
Dans le cadre du "format 2015", il était prévu que l'armée de l'Air puisse aligner, à cet horizon, 300 de "type Rafale" (incluant des Mirage 2000 modernisés) et la marine un groupe aéronaval, soit une quarantaine d'appareils. Soit 340 avions au total prêts à décoller pour remplir tous les types de missions. Ce qui supposait un parc total d'environ 400 avions pour pallier les besoins de formation ou de réparation.
Or le Livre blanc, qui s'inscrit dans un horizon de temps de deux lois de programmation militaire, préconise que l'armée de l'Air et l'aéronavale ne disposent plus - en tout et pour tout - que de 300 avions de combat vers 2020 ou 2021...
Doit-on en déduire que le nombre de commandes de Rafale prévues, 294 aujourd'hui, sera fortement revu à la baisse ? Seule certitude, sur les 86 2000D en service, une soixantaine devraient être modernisés, pour étendre leur durée de vie au-delà de 2020.
Ce qui nous laisse comme hypothèse :
- 40 Rafale Marine + 60 2000D + 200 Rafale Air
- 50 Rafale Marine + 60 2000D + 190 Rafale Air
- 60 Rafale Marine + 60 2000D + 180 Rafale Air
Du coup, le calendrier des commandes du Rafale devrait subir d'importants décalages. L'avionneur devrait quand même livrer, in fine, la totalité des Rafale mais il faudra attendre que le dernier Mirage soit retiré du service...
Des F-16 pour la Roumanie
Le Pentagone a informé le Congrès de son intention de vendre à la Roumanie 48 F-16, dans le cadre d'un contrat pouvant atteindre jusqu'à 4,5 milliards de dollars.
Cette vente, menée dans le cadre des Foreign Military Sales, sera composée pour moitié de modèles neufs F-16C/D Block 50/52, et pour moitié d'appareils d'occasion de type F-16C/D Block 25, qui seront modernisés. La vente inclut les moteurs, les radars, kes systèmes de communications, les systèmes de navigation, des systèmes de guerre électronique et de contre-mesures.
La vente signe aussi, sans doute, la mise au rancart des Mig-21 Lancer, modernisés par les Israéliens.
Cette vente, menée dans le cadre des Foreign Military Sales, sera composée pour moitié de modèles neufs F-16C/D Block 50/52, et pour moitié d'appareils d'occasion de type F-16C/D Block 25, qui seront modernisés. La vente inclut les moteurs, les radars, kes systèmes de communications, les systèmes de navigation, des systèmes de guerre électronique et de contre-mesures.
La vente signe aussi, sans doute, la mise au rancart des Mig-21 Lancer, modernisés par les Israéliens.
lundi 19 mai 2008
DSI Dossiers et Documents n°1 - Le sommaire

DSI – Dossiers & Documents n°1
Apport des capacités navales dans le système de défense et de sécurité nationales
Apport des capacités navales dans le système de défense et de sécurité nationales
L’espace maritime – une zone d’intérêts stratégiques
1. Les océans – un rôle central pour les flux commerciaux et d’information
2. Le littoral – concentration de populations, de richesses et de crises
3. Les espaces océaniques – lieu de cohabitation et de confrontation des puissances
4. L’espace maritime français – un espace de souveraineté, des intérêts à protéger
2. Le littoral – concentration de populations, de richesses et de crises
3. Les espaces océaniques – lieu de cohabitation et de confrontation des puissances
4. L’espace maritime français – un espace de souveraineté, des intérêts à protéger
L’apport des capacités navales
1. Dissuader – la force océanique stratégique, pilier principal de notre dissuasion
2. Prévenir – les capacités navales, vigies avancées de notre sécurité
3. Protéger – du plus loin au plus près de nos côtes
4. Intervenir – efficacité et souplesse pour la projection de puissance et de forces
5. Des moyens polyvalents – répondant à de multiples besoins capacitaires de défense et de sécurité
2. Prévenir – les capacités navales, vigies avancées de notre sécurité
3. Protéger – du plus loin au plus près de nos côtes
4. Intervenir – efficacité et souplesse pour la projection de puissance et de forces
5. Des moyens polyvalents – répondant à de multiples besoins capacitaires de défense et de sécurité
Entretien avec l’amiral Pierre-François Forissier – CEMM
Un socle industriel et technologique indissociable de la cohérence capacitaire
Un socle industriel et technologique indissociable de la cohérence capacitaire
1. Préserver – une base industrielle et technologique nécessaire à l’entretien et la modernisation de capacités navales effectives
2. Un socle industriel – dépassant la simple fourniture d’équipement
3. Une industrie – tournée vers la satisfaction des besoins de la Marine nationale au meilleur prix
4. Un socle industriel – et technologique de qualité
2. Un socle industriel – dépassant la simple fourniture d’équipement
3. Une industrie – tournée vers la satisfaction des besoins de la Marine nationale au meilleur prix
4. Un socle industriel – et technologique de qualité
Entretien avec Bernard Planchais, directeur général délégué de DCNS
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dimanche 18 mai 2008
"Nous allons vers l'armée italienne"
Voilà ce que vient de me dire un général 3 étoiles français, ce matin.
De facto la parution de plusieurs éléments sur le Livre Blanc (qu'il semble avoir eu en main) laissera plus que sceptique :
- des réductions en pagaille, alors que toutes nos autres armées augmentent le nombre de leur effectif ;
- paradoxalement, la volonté de gagner une place centrale dans le processus d'influence de l'OTAN alors même que le nombre de soldats (re-)devient une variable importante dans l'établissement de cette même influence ;
- des choix technologiques hasardeux alors que les budgets sont évidemment contraints ;
- ultimement, la réduction de notre capacité d'action sur les crises et conflits.
Quelles en sont les raisons ?
- l'obsession sécuritaire, qui conduit à affecter 10 000 hommes à Vigipirate alors que police et Gendarmerie en allignent 240 000. Ces 10 000 sont une paille pour la protection du territoire, ils ne le sont pas pour l'AdT, qui reste le principal effecteur politique dans les opérations ;
- l'incapacité à comprendre le monde contemporain et à retirer des débats stratégiques contemporains des leçons utiles à la structure des forces comme à la définition de leurs missions. La vraie défense du territoire ne s'opère pas en son sein mais loin, très loin. L'Allemagne me semble aussi menaçante que l'Estonie ou le Lesotho. Les vrais problèmes qui risquent de nous impacter un jour ne sont pas ici mais ailleurs. De ce point de vue, nous sommes vraissemblablement dans une situation comparable à celle des années 30, alors que les débats étaient vifs mais qu'aucune leçon ne sera tirée, les forces restant accrochées à des modèles qui seront anéantis sur le terrain ;
- la confusion entre stratégie industrielle et stratégie des moyens. Il paraît évident que maîtriser certains domaines technologiques en toute souveraineté est plus qu'utile. Mais faut-il tous les maîtriser ? Manifestement et au prix qu'ils font payer à un budget encore une fois contraint, non. L'exemple suédois est éclairant : à force de neutralité et de pression de l'industrie de défense, certains programmes devront être annulés et... les forces largement réduites ;
- des demis-choix (en matière de positionnement des unités, par exemple), trop influencés par une politique intérieure dont nos adversaires potentiels n'ont pas grand chose à faire ;
- sans doute, l'ancrage excessif dans des modèles dépassés continuant à nous hypnotiser : comme la puissance, l'indépendance est une question d'attitude, non de moyens que l'on parvient, de toute façon à se procurer. L'admiration pour Colbert ou de Gaulle est tout à fait légitime. Mais elle est historiquement très spécifique. Doit-elle imposer des postures qui, in fine, vont parvenir à réduire cette indépendance ?
De facto la parution de plusieurs éléments sur le Livre Blanc (qu'il semble avoir eu en main) laissera plus que sceptique :
- des réductions en pagaille, alors que toutes nos autres armées augmentent le nombre de leur effectif ;
- paradoxalement, la volonté de gagner une place centrale dans le processus d'influence de l'OTAN alors même que le nombre de soldats (re-)devient une variable importante dans l'établissement de cette même influence ;
- des choix technologiques hasardeux alors que les budgets sont évidemment contraints ;
- ultimement, la réduction de notre capacité d'action sur les crises et conflits.
Quelles en sont les raisons ?
- l'obsession sécuritaire, qui conduit à affecter 10 000 hommes à Vigipirate alors que police et Gendarmerie en allignent 240 000. Ces 10 000 sont une paille pour la protection du territoire, ils ne le sont pas pour l'AdT, qui reste le principal effecteur politique dans les opérations ;
- l'incapacité à comprendre le monde contemporain et à retirer des débats stratégiques contemporains des leçons utiles à la structure des forces comme à la définition de leurs missions. La vraie défense du territoire ne s'opère pas en son sein mais loin, très loin. L'Allemagne me semble aussi menaçante que l'Estonie ou le Lesotho. Les vrais problèmes qui risquent de nous impacter un jour ne sont pas ici mais ailleurs. De ce point de vue, nous sommes vraissemblablement dans une situation comparable à celle des années 30, alors que les débats étaient vifs mais qu'aucune leçon ne sera tirée, les forces restant accrochées à des modèles qui seront anéantis sur le terrain ;
- la confusion entre stratégie industrielle et stratégie des moyens. Il paraît évident que maîtriser certains domaines technologiques en toute souveraineté est plus qu'utile. Mais faut-il tous les maîtriser ? Manifestement et au prix qu'ils font payer à un budget encore une fois contraint, non. L'exemple suédois est éclairant : à force de neutralité et de pression de l'industrie de défense, certains programmes devront être annulés et... les forces largement réduites ;
- des demis-choix (en matière de positionnement des unités, par exemple), trop influencés par une politique intérieure dont nos adversaires potentiels n'ont pas grand chose à faire ;
- sans doute, l'ancrage excessif dans des modèles dépassés continuant à nous hypnotiser : comme la puissance, l'indépendance est une question d'attitude, non de moyens que l'on parvient, de toute façon à se procurer. L'admiration pour Colbert ou de Gaulle est tout à fait légitime. Mais elle est historiquement très spécifique. Doit-elle imposer des postures qui, in fine, vont parvenir à réduire cette indépendance ?
vendredi 16 mai 2008
Apportez leur l'enfer !
Le Truman est un navire réellement impressionnant. Mais, massif de prime abord, il s'avère étroit vue de l'intérieur. L'accueil, extrêmement chaleureux - comme toujours avec les Américains - nous vaut aussi quelques surprises. Outre un petit tour dans l'une des baies du hangar (poser à côté d'un F/A-18E, ça le fait), nous avons eu droit à une conférence de presse dans la passerelle navigation.
Pas mal de presse locale et peu de presse "pro". A nous donc de relever le niveau. L'occasion d'en savoir un peu plus sur les activités du PA. Pas de déploiement en vue pour le Liban - juste des exercices avec la Marine nationale impliquant des appontages et catapultages de Rafale et de Hawkeye - mais, précise le commandant du Carrier Strike Group 10, "nous restons flexibles".
En fait, le Truman - dont la devise non officielle est "apportez leur l'enfer" - revient de 5 mois dans le Golfe et, après ses exercices avec la Royale, rentre sur Norfolk. Autre précision - le reste sera à suivre dans T&A - le navire peut monter à 200 sorties par jour, chiffre théorique. En temps de guerre, de 70 à 80 est fatiguant mais tenable sur quelques semaines. Le plus généralement, il faut tabler sur 40-50 sorties quotidiennes.
Pas mal de presse locale et peu de presse "pro". A nous donc de relever le niveau. L'occasion d'en savoir un peu plus sur les activités du PA. Pas de déploiement en vue pour le Liban - juste des exercices avec la Marine nationale impliquant des appontages et catapultages de Rafale et de Hawkeye - mais, précise le commandant du Carrier Strike Group 10, "nous restons flexibles".
En fait, le Truman - dont la devise non officielle est "apportez leur l'enfer" - revient de 5 mois dans le Golfe et, après ses exercices avec la Royale, rentre sur Norfolk. Autre précision - le reste sera à suivre dans T&A - le navire peut monter à 200 sorties par jour, chiffre théorique. En temps de guerre, de 70 à 80 est fatiguant mais tenable sur quelques semaines. Le plus généralement, il faut tabler sur 40-50 sorties quotidiennes.
Votre burger, toasté par un F-18 ?
Bon, c'est vrai, ça n'arrive pas tous les jours, un porte-avions US fait relâche à Marseille. Le Truman est arrivé ce matin à 10h.
L'occasion pour votre joyeuse rédaction préférée d'embarquer pour une visite privée et une petite discussion avec l'amiral, cet après-midi. De fait, les 320 m de la bête, ses 102 000 tonnes et ses 80 appareils ont peut-être bien quelque chose à voir avec ce qu'il se passe au Liban.
Photos et interview dans le prochain T&A, comme il convient !
L'occasion pour votre joyeuse rédaction préférée d'embarquer pour une visite privée et une petite discussion avec l'amiral, cet après-midi. De fait, les 320 m de la bête, ses 102 000 tonnes et ses 80 appareils ont peut-être bien quelque chose à voir avec ce qu'il se passe au Liban.
Photos et interview dans le prochain T&A, comme il convient !
jeudi 15 mai 2008
La sécurité nous terrorise-t-elle ?
J'avais eu l'occasion de participer à l'enregistrement de l'émission "Opinion publique" consacrée à la question de la sécurité dans son rapport à l'espace public.
L'occasion de revenir sur la thématique du rapport de l'homme à la technologie mais aussi sur celle de la résilience. Qui semble avoir reçu un accueil tèrs favorable, d'ailleurs, de l'OCAM ou du bourgmestre (maire) de Liège.
L'émission sera diffusée ce soir, sur La Une, à 22h. Pour ceux disposant du satellite, ils peuvent la capter via RTBF Sat (voir les dates de diffusion).
L'occasion de revenir sur la thématique du rapport de l'homme à la technologie mais aussi sur celle de la résilience. Qui semble avoir reçu un accueil tèrs favorable, d'ailleurs, de l'OCAM ou du bourgmestre (maire) de Liège.
L'émission sera diffusée ce soir, sur La Une, à 22h. Pour ceux disposant du satellite, ils peuvent la capter via RTBF Sat (voir les dates de diffusion).
Conférence : la résilience au Parlement Européen
Terror as a Global Problem. What are the counter-terror measures taken by the EU/ Israel?
How can we be better prepared to a terror attack?
J'aurai le plaisir de donner une conférence sur le sujet avec le général (Ret.) Efraim Lapid, membre du directoire de l'Intelligence and Terrorism Information Centre" (ITIC), ancien porte-parole de l'IDF et ancien expert en renseignement de Tsahal.
Dans le cadre de la journée "Victims of Terror – Rehabilitation and Resilience. The life after Terror attacks. Ways to deal with the pain, human and property lose. 11 Juin 2008, PE,
Room A5E-3, 15.00 – 18.00.
Les personnes intéressées peuvent s'inscrire chez Yann Gall : (yann.gall(arobase)enf-eu.com) avant le 6 juin en communiquant leur nom et prénom ; leur date de naissance ; leur n° de carte d’identité ou de passeport ; leur ville et pays de résidence.
How can we be better prepared to a terror attack?
J'aurai le plaisir de donner une conférence sur le sujet avec le général (Ret.) Efraim Lapid, membre du directoire de l'Intelligence and Terrorism Information Centre" (ITIC), ancien porte-parole de l'IDF et ancien expert en renseignement de Tsahal.
Dans le cadre de la journée "Victims of Terror – Rehabilitation and Resilience. The life after Terror attacks. Ways to deal with the pain, human and property lose. 11 Juin 2008, PE,
Room A5E-3, 15.00 – 18.00.
Les personnes intéressées peuvent s'inscrire chez Yann Gall : (yann.gall(arobase)enf-eu.com) avant le 6 juin en communiquant leur nom et prénom ; leur date de naissance ; leur n° de carte d’identité ou de passeport ; leur ville et pays de résidence.
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mercredi 14 mai 2008
Wanted : journalistes spécialistes des questions techniques
Technologie & Armement est appelé à muer assez profondément au cours de ses prochaines éditions. Depuis quelques temps en effet, nous analysons, décryptons et décortiquons vos attentes. Beaucoup de choses en ressortent et nous allons le mettre en oeuvre.
Dans ce cadre - et voilà une utilisation de ce blog que je n'aurais jamais imaginé ! - je cherche des journalistes pigistes (donc, rémunérés), ce qui va me permettre de disposer d'une réserve dans laquelle je pourrai puiser, en fonction de votre spécialisation, pour la rédaction ponctuelle d'articles pour le T&A.
Alors, de quoi parle-t'on ? D'abord, de quelqu'un qui sait écrire (entendons, de façon claire, précise et ayant le soucis du détail) et qui a déjà écrit. Vous pouvez être journaliste, chercheur ou ingénieur. Il va de soi que je refuserai toute candidature de quelqu'un issu de l'industrie de défense qui viendrait à traiter de ses propres matériels : la publicité est faite pour ça.
Les sujets traités sont très vastes et ont tous un point commun - les questions technologiques. Vous pourriez être à même de définir en deux pages les principes d'un radar AESA ou d'une rétine artificielle. Vous pourriez tout aussi bien tâcher de montrer les évolutions de l'architecture navale en Russie ou de cerner les percées pouvant se produire en matière de transmissions à saut de fréquence ou en matière de nanotechnologies.
Vous l'avez compris, nous cherchons plus que des journalistes : nous cherchons des experts. Quelque soit votre spécialité, deux qualités sont essentielles. La première est le respect des délais et la seconde, le respect des consignes (en terme, par exemple, de nombre de signes - qui peut aller de 3 500 à 14 000).
Tenté par l'expérience et envie de transmettre du savoir dans plus de 40 pays et à 65 000 lecteurs ? Il suffit juste de m'envoyer votre CV (avec liste des publications et la liste de vos spécialités à henrotin(arobase)areion.fr
Dans ce cadre - et voilà une utilisation de ce blog que je n'aurais jamais imaginé ! - je cherche des journalistes pigistes (donc, rémunérés), ce qui va me permettre de disposer d'une réserve dans laquelle je pourrai puiser, en fonction de votre spécialisation, pour la rédaction ponctuelle d'articles pour le T&A.
Alors, de quoi parle-t'on ? D'abord, de quelqu'un qui sait écrire (entendons, de façon claire, précise et ayant le soucis du détail) et qui a déjà écrit. Vous pouvez être journaliste, chercheur ou ingénieur. Il va de soi que je refuserai toute candidature de quelqu'un issu de l'industrie de défense qui viendrait à traiter de ses propres matériels : la publicité est faite pour ça.
Les sujets traités sont très vastes et ont tous un point commun - les questions technologiques. Vous pourriez être à même de définir en deux pages les principes d'un radar AESA ou d'une rétine artificielle. Vous pourriez tout aussi bien tâcher de montrer les évolutions de l'architecture navale en Russie ou de cerner les percées pouvant se produire en matière de transmissions à saut de fréquence ou en matière de nanotechnologies.
Vous l'avez compris, nous cherchons plus que des journalistes : nous cherchons des experts. Quelque soit votre spécialité, deux qualités sont essentielles. La première est le respect des délais et la seconde, le respect des consignes (en terme, par exemple, de nombre de signes - qui peut aller de 3 500 à 14 000).
Tenté par l'expérience et envie de transmettre du savoir dans plus de 40 pays et à 65 000 lecteurs ? Il suffit juste de m'envoyer votre CV (avec liste des publications et la liste de vos spécialités à henrotin(arobase)areion.fr
lundi 12 mai 2008
DSI Dossiers et Documents n°1
Nous avons le plaisir de vous faire part de la naissance de notre petit dernier, DSI Dossiers et Documents, de 68 pages, pour 14,95 Eur.
Contrairement aux autres DSI, il n'est pas disponible en kiosque mais peut-être commandé par courriel, à l'adresse suivante : commande@areion.fr
Par ailleurs, ne manquez pas, à partir de début juin, le DSI Hors-Série n°3. Consacré aux forces terrestres, avec l'intervention de nombreux experts, il marque aussi un tournant pour notre rédaction : les Hors-Série paraîtront en effet tous les deux mois, en alternance avec Technologie & Armement.
Colloque : 50 ans de politique industrielle en France
Le Club Participation & Progrès organise, en partenariat avec DSI et T&A, un colloque intitulé "La Vème République, 1958-2008 : 50 ans de politique industrielle de Défense", le 24 juin 2008.
Il se tiendra de 9h00 à 18h00, à l'amphithéâtre Raymond Aron, Université Paris-Dauphine – Paris (Place du maréchal de Lattre-de-Tassigny - 75116 Paris).
Entrée libre. Renseignements et inscriptions : Club.Participation-Progres@wanadoo.fr
Il se tiendra de 9h00 à 18h00, à l'amphithéâtre Raymond Aron, Université Paris-Dauphine – Paris (Place du maréchal de Lattre-de-Tassigny - 75116 Paris).
Entrée libre. Renseignements et inscriptions : Club.Participation-Progres@wanadoo.fr
dimanche 11 mai 2008
Le défilé du 9 Mai
La Russie a procédé a son plus grand défilé militaire depuis la fin de la guerre froide : Moscou est de retour et veut le montrer, y compris sans doute à Medvedev lui-même. Russia Today l'a mis en ligne, en version intégrale :
samedi 10 mai 2008
Chronique des jours qui passent
Il s'appelait Michael Batthia, il vient d'être tué en Afghanistan. Certes, ce pourrait être un nom comme un autre sur la liste de ceux qui ont été tués au combat. Je ne le connaissait pas. La seule différence entre lui et un soldat "traditionnel" est qu'il était académique - il préparait sa thèse et était chercheur en relations internationales à la Brown University et envoyé en mission sur place.
Il indiquait, à l'égard de ses recherches en Afghanistan, que "The program has a real chance of reducing both the Afghan and American lives lost, as well as ensuring that the US/NATO/ISAF strategy becomes better attuned to the population’s concerns, views, criticisms and interests and better supports the Government of Afghanistan".
L'occasion de rappeler à certains - si, si, il y en a - que le fer de lance d'une opération militaire reste la stratégie et que les académiques ne sont pas uniquement des rats de bibliothèques boutonneux, coincés dans leurs bouquins, n'ayant aucune connaissance du terrain et envoyant d'autres humains dans des opérations dont ils ne connaîtraient rien.
Il indiquait, à l'égard de ses recherches en Afghanistan, que "The program has a real chance of reducing both the Afghan and American lives lost, as well as ensuring that the US/NATO/ISAF strategy becomes better attuned to the population’s concerns, views, criticisms and interests and better supports the Government of Afghanistan".
L'occasion de rappeler à certains - si, si, il y en a - que le fer de lance d'une opération militaire reste la stratégie et que les académiques ne sont pas uniquement des rats de bibliothèques boutonneux, coincés dans leurs bouquins, n'ayant aucune connaissance du terrain et envoyant d'autres humains dans des opérations dont ils ne connaîtraient rien.
vendredi 9 mai 2008
FRES : le Piranha V l'emporte sur le VBCI

Le ministère britannique de la défense a annoncé hier la sélection du Piranha V de General Dynamics UK dans le cadre du segment "utility" du programme FRES.
On notera que le véhicule choisi n'existe pas encore : c'est le Piranha IV (en photo, copyright GD UK) qui a été utilisé durant les "trials of thruth" ayant abouti à la décision britannique. Les premiers Piranha V, d'une masse devant à terme atteindre les 30 tonnes, sortiront d'usine en 2009.
On notera que le véhicule choisi n'existe pas encore : c'est le Piranha IV (en photo, copyright GD UK) qui a été utilisé durant les "trials of thruth" ayant abouti à la décision britannique. Les premiers Piranha V, d'une masse devant à terme atteindre les 30 tonnes, sortiront d'usine en 2009.
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